‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 136 sur 289 · PAT. AIS · texte numérisé non relu

PAT. AIS

a. Configuration.

2061. Le palais ( palatum ) forme la voûte de la cavité orale , qu’il sépare des fosses nasales. On y distingue deux parties, l’une antérieure, ou portion osseuse , l’autre postérieure, ou portion molle.

La portion osseuse se compose delà partie horizontale ou palatine des os maxillaires supérieurs et des os palatins, ainsi que de la membrane muqueuse étendue à sa surface. Cette membrane y renferme une couche de glandes mucipares beaucoup plus épaisse et plus complexe que celle qui couvre les deux régions précédentes.

2062. La portion molle , appelée aussi voile du palais {palatum molle, s. vélum palatinum) , forme une sorte de rideau tendu obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, qui se porte du bord postérieur de la portion horizontale des os palatins vers la base de la langue. Son bord inférieur, qui est libre, offre dans le milieu un prolongement arrondi, qu’on appelle la luette ( uvula ) (1), de chaque côté de laquelle régne

(1) Lisfranc, Considérations anatomiques , physiologiques et pathologiques sur la luette ; dans Revue médicale, t. XI, p. 233.

DES ORGANES DE RA BIGESTiON.

une échancrure. Ces deux moitiés échancrées du bord inférieur constituent les piliers inférieurs du palais ( areu s pala. tini inferiores). Un peu plus haut se trouvent les piliers supérieurs (areu s palatini superiorcs). Ces deux arcades se continuent avec la luette , sur la ligne médiane.

Le voile du palais est composé de deux couches de membrane muqueuse, qui revêtent sa face antérieure et sa face postérieure, et se continuent avec la membrane pituitaire, d’une couche très serrée de glandes mucipares fort considérables , qui sont logées entre les deux membranes, et de plusieurs muscles j dont les contractions modifient la configuration de Y isthme du gosier (isthmes Jaucium).

Le long de la face inférieure du voile du palais et de la partie supérieure de la luette, dans presque toute l’étendue de cet appendice, règne une saillie semblable à une cicatrice, qui est la trace de la séparation primitive de ce prolongement en deux moitiés.

b. Muscles du voile du palais.

2063. Les muscles du voile du palais sont distingués en ceux qui l’abaissent et en ceux qui le relèvent. Les premiers rétrécissent l’isthme du gosier, les autres l’agrandissent.

Les muscles qui rétrécissent l’istlnne du gosier sont situés dans les deux piliers. Les dilatateurs descendent de la base du crâne , et se dirigent de dehors en dedans.

a. Constricteurs de l’isthme du gosier.

2064. Les muscles constricteurs de l’isthme du gosier, sont au nombre de deux, le palato-pharyngien e t le glosso-pharyngien.

aa. Pa lato-pliaryngicn

2065. Le palato -pharyngien , ou c onstricteur supérieur de l’isthme du gosier ( musùulus palato-pharyngœus , s. constrictor isthrni faucium superior ) , naît de la partie supérieure de la paroi latérale du phrynx , où ses fibres se confondent avec

celles des constricteurs supérieur et moyen de cette portion du canal alimentaire. De là il s’élargit, se porte en haut et en dedans, pénètre dans le voile du palais, se partage en deux couches , l’une antérieure, l’autre postérieure , qui reçoivent entre elles le péristaphylin externe, s’étend jusqu’à l’extrémité postérieure de la portion osseuse du palais, et se confond, sur la ligne médiane , avec celui du côté opposé.

Il abaisse le voile du palais.

bb Gloseo pharyngien.

2066. Le glosso-pharyngien , ou constricteur inférieur de l’isthme du gosier ( musculus glosso-pharyngœus , s. constric toristhmi faucium minor, s. inferior , s. proprius ) , est beaucoup plus faible que le précédent, auquel il ressemble. Il monte de la base de la langue dans le voile du palais, au-devant du palato-staphylin, avec lequel il se confond , et gagne le pilier inférieur, où il se réunit avec celui du côté opposé , à la base de la luette.

Il abaisse le voile du palais et particulièrement la luette.

(i. Dilatateurs de l’isthme du gosier.

2067. Il y a également deux muscles dilatateurs de l’isthme du gosier, le péristaphylin interne et le péristaphylin externe.

aa. Péristaphylin interne.

2068. Le muscle péristaphylin interne , élévateur du voile du palais , pétro-salpingo-slaphylin , pétro-staphylin , Ch. {musculus levator palati mollis , s. petro-salpingo-staphylinus ), qui a la forme d’un carré long, presque arrondi , provient de la partie moyenne du bord antérieur du rocher et de la portion osseuse de la trompe d’Eustache, ainsi que de la partie postérieure du commencement de la portion cartilagineuse de cette dernière, par un tendon court, mais fort, se porte en dedans et en bas, s’élargit dans son trajet, en se confondant avec celui du côté opposé, et forme, dans le voile du palais, entre les deux couches du muscle palato-pharyngien ,

DES ORGANES DE LA DIGESTION. 3o?

une arcade, dont la convexité regarde en haut, et la concavité en bas.

11 élève le voile du palais, et l’étend dans une direction transversale.

bb. Péristapliylin externe.

2069. Le muscle pdristaphylin externe , tenseur du voile du palais, ptérygo-salpingo-staphylin , pterygo - stapliylin , Ch. ( musculus tensor palati mollis, circumflexus palali , plery g° salpingo-staphy lirais ) , est large , mince cl quadrilatère. Il naît, un peu en dedans et en avant, de l’extrémité supérieure de l’apophyse ptérygoïde , derrière la l'osse ptérygoïdienne, en dedans du trou ovale du sphénoïde; souvent aussi d’une étendue plus ou moins considérable du bord postérieur de la lame interne de l’apophyse ptérygoïde et du côté externe de la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache. lise porte en dedans et en bas, et dégénère en un tendon aplati, qui se contourne sur le crochet de l’apophyse ptérygoïde, entre lequel et lui on trouve une bourse muqueuse, s’attache ', par son bord antérieur, au bord postérieur de la voûte palatine, et se confond toujours avec le tendon de celui du côté opposé , pour former ainsi la partie supérieure du voile du palais.

Ce muscle tend le voile du palais, et le tire en dehors, de manière qu’il contribue , ainsi que le précédent , à dilater l’isthme du gosier.

e. Palato-staphylin.

2070. La luette, ou la partie moyenne du palais , celle qui se prolonge en pointe par le bas , est composée d’un nombre très considérable de glandes mucipares, qui entourent de toutes parts un muscle tantôt simple, tantôt double, mais toujours fort alongé, qu’on appelle azygos de la luette, palalo-staphylin, Ch. ( musculus uvulœ , s. azygos uvulæ ). Ce muscle descend de l’épine gutturale et de la face antérieure du tendon du péristaphylin externe, et raccourcit la luette lorsqu’il entre en contraction.

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