‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 149 sur 289 · C. DIMENSIONS · texte numérisé non relu

C. DIMENSIONS

2189. Le canal intestinal, considéré dans sa totalité, est d’autant plus court et plus étroit, qu’on l’examine chez des fœtus moins avancés en fige. D’abord sa longueur ne dépasse pas celle de la colonne vertébrale, sur la face antérieure de laquelle il se développe. Ensuite il acquiert plus d’étendue , et se porte, mais toujours en ligne droite, dans la gaine ombilicale. Lorsque sa longueur augmente encore, il devient flexueux , parce qu’il se trouve logé dans un espace étroit.

L’intestin grêle est d’autant plus large, en proportion du gros, que l’embryon est plus jeune. Sous ce rapport , il existe entre eux un rapport inverse de celui qui a lieu chez l’adulte ; car l’intestin grêle conserve, pendant long-temps , une ampleur supérieure à celle du gros ; et même encore chez le fœtus à terme, il arrive souvent que ce dernier n’est pas plus large que lui, ou du moins n’offre que des dimensions très peu supérieures aux siennes.

D’un autre côté, le gros intestin est d’autant plus long, en proportion du grêle, que l’embryon est plus jeune. Cette différence tient, sans contredit, à ce que l’intestin grêle est bien plus court, proportionellement au corps, dans les premières périodes que chez l’adulte.

Le cæcum et l’appendice vermiforme sont d’abord très petits, mais ils ne tardent pas à prendre un accroissement considérable, de telle sorte que, sous le rapport de la longueur et de la largeur, ils offrent des dimensions proportionnelles bien supérieures é celles qu’on leur connaît aux époques subséquentes. Ils ne sont point, dans l’origine, distincts l’un de l’autre de la même manière que chez l’adulte : le cæcum ne produit pas de renflement avant de se continuer avec son appendice ; celui-ci n’est pas non plus aussi étroit, mais représente l’extrémité du gros intestin, qui se prolonge en cul-desac au-dessus de l’iléum, en se resserrant seulement un peu sur lui-même.

Comme le cæcum se montre d’abord, chez l’homme, les mammifères et les oiseaux, sous la forme d’un petit tuber-

cule qui ne grandit que peu à peu, et dont il n’existe même pas la moindre trace dans le principe, celte seule circonstance démontre que sa formation n’a pas lieu de la manière indiquée par Oken, mais qu’il est produit par un renflement du gros intestin. Avant son apparition , il n’y avait aucun vestige de différence entre le gros intestin et le grêle. La valvule iléo-colique est également, dans l’origine, incomplète et très petite ; cependant on commence à l’apercevoir dès le troisième mois delà grossesse, et elle est parfaitement développée chez le foetus à terme.

d. FORME »

•j 190. Le canal intestinal offre, durant son développement, des différences considérables, tant dans sa configuration que dans la disposition de ses membranes.

J’ai déjà fait connaître, en parlant des différences relatives aux dimensions, celles qui se rapportent à la forme du cæcum. Je dois ajouter les considérations suivantes :

i° L’estomac est d’abord plus alongé et ensuite plus arrondi qu’après le développement achevé. Le grand cul-desac n’existe point dans l’origine, et plus tard il devient plus considérable que chez l’adulte.

a° La face externe du gros intestin est parfaitement uniforme jusque vers la fin du cinquième mois. Les bosselures, qui sont les sources de son excès d’ampleur, commencent à paraître dans le colon transversc.

Quant aux tuniques intestinales, l’interne est surtout celle qui offre des différences relatives au développement de l’organe.

i° Elle présente plus d’uniformité, dans les diverses régions du canal intestinal, pendant les premiers temps de la vie qu’aux époques subséquentes. C’est ce dont il est facile de se convaincre en examinant soit les valvules , soit les villosités.

a. On n’aperçoit pas de villosités avant le troisième moi? de la vie intra-utérine. A cette époque , elles paraissent d’abord dans toute la longueur du canal intestinal , sous la

forme de plis longitudinaux, dont la surface est tailladée, et dont le nombre va peu à peu en croissant , de même que celui des incisures. Telle est l’origine des villosités. Lorsqu’elles se sont développées de cette manière, elles existent aussi dans le gros intestin, jusqu’au septième mois de la grossesse, quoique leur longeur y soit déjà bien moins considérable, à trois mois, que dans l’intestin grêle, et qu’elle diminue de mois eu mois, ainsi que leur nombre, sous le rapport duquel il y avait d’abord une ressemblance parfaite entre les deux régions du canal intestinal.

b. Les valvules du jéjunum n’existent pas jusqu’au seplième mois; elles sont même encore, chez le foetus à terme, très peu saillantes et très faciles à effacer par la compression.

Ces deux particularités sont remarquables en ce qu’elles établissent autant d’analogies avec ce qui a lieu chez les animaux.

20 La membrane interne de l’estomac est plus épaisse et plus facile à détacher des autres dans les premiers temps de la vie intra-utérine qu’aux époques subséquentes; on parvient même aisément à l’isoler tout entière, sous la forme d’un sac parfait.

ARTICLE III

I)U CANAL INTESTINAL DANS l’ÉTAT ANORMAL.

2191. La portion abdominale du canal alimentaire est sujette à un grand nombre d’anomalies , tant dans sa configuration que dans sa texture (1).

(1) A. Monro, The morbid analomy ofthe human gullct, slomach and intestines, Edimbourg, 1811. — A.-D.Stone, A praclical treatise on tlie discases of the stotnach, anél of digestion, Londres, 1816. — T. -A. Hare , View of the structure, fonctions and disorders of the slomach and alimentary organes of the human body, Londres, 1821. — G. Law, Observations on derangements of tlie digestive organs , and somc views of their connexion ■witli local complaints, Edimbourg, 1821. — Scoutetten, Uc l’anatomie pathologique en général et de celle du canal digestif en particulier, Paris, 1822. — Andral, Recherches sur l’anatomie pathologique du canal digestif, Paris, 1820.

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