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Vices généraux

i° Absence. Ce vice de conformation intéresse principalement :

a. L 'estomac, notamment dans la véritable acéphalie, où l’on voit presque toujours le canal intestinal se terminer en cul-de-sac sa partie supérieure , et où il est extrêmement rare qu’il offre un renflement en cet endroit. Quelquefois aussi il manque une portion de l’estomac, spécialement la valvule pylorique, soit qu’elle n’existe pas du tout, soit qu’une partie seulement de sa circonférence n’ait pas pris de développement.

b. L 'intestin grêle. Il manque en partie ou en totalité dans la véritable acéphalie , dans laquelle on observe souvent qu’il n’existe que le gros intestin, ou seulement la partie inférieure du grêle.

c. L. 'appendice vermiforme , qui manque quelquefois, maïs rarement, même lorsque le reste du canal ne présente aucune trace d’anomalie.

d. La valvule iléo-colique , qui est alors remplacée simplement par des fibres musculaires renforcées.

e. Le gros intestin. Ici l’anomalie est susceptible de plu-

(1) Fleischmann, Leichcnuff'nungcn , p . 100-102.

sieurs degrés différens , qu’on a coutume de réunir à V imperforation de l’anus ( atresia ani ) , parce qu’ils s’accompagnent effectivement presque toujours de ce dernier vice de conformation.

Le cas le plus rare est l’absence totale du gros intestin, qui n’existe que sous la forme d’un petit appendice en cul-de-sac de l’intestin grêle. Vient ensuite, sous le rapport de la fréquence, le cas dans lequel il manque une petite portion du commencement du gros intestin, de manière que la communication se trouve interrompue entre les deux régions du canal; enfin celui dans lequel le gros intestin est développé jusqu’à l’entrée du bassin , mais où il n’y a point de rectum. Quelquefois le rectum existe en partie; mais il se termine en cul-de-sac, et il se trouve un vide entre lui et l’extrémité inférieure au colon, également fermée en cul-de-sac.

En pareil cas, le rectum s’ouvre quelquefois dans le vagin ( atresia vaginalis ), la vessie ( atresia vesicalis ) ( 1), ou l’urètre ( atresia urethralis ), de sorte qu’il y a en même temps formation d’un véritable cloaque.

20 Diminution du diamètre. Cette anomalie est susceptible de plusieurs degrés. Portée au plus haut point, elle constitue l’ imperforation ( atresia vera ). Elle se complique toujours de l’absence d’une partie, puisque c’est à cause de ce défaut que la partie qui existe se termine en cul-de-sac.

On la rencontre principalement à l’anus, où elle varie beaucoup sous le rapport du degré. Ta»tôt la cavité du rectum n’est bouchée que par une membrane mince, tantôt cet intestin est remplacé tout entier par du tissu cellulaire ou par un cordon plein et solide.

Vient ensuite le gros intestin, dont l’imperforalion existe à une hauteur plus ou moins considérable au-dessus de l’anus.

Il est plus rare que l’iléum et le gros intestin se terminent tous deux en cul-de-sac à leurs bouts correspondais.

Il l’est encore davantage que l’intestin grêle offre une inter-

(i)Cavenne, Observation d’une imperforalion de l’anus, avec ouverture de l’intestin dans ta vessie; dans Archiv. gêner, de méd., t. V, p. 63. — J. -G. Hassclmann, De ani intestinorumque atresia, Utrecht, 1819.

ruption semblable, soit dans son étendue, soit à son extrémité supérieure , que l’estomac en présente une qui l’empêche de communiquer avec l’intestin grêle, ou enfin qu’il en existe sur plusieurs points de la longueur du canal intestinal.

C’est aussi dans le rectum et à l’anus qu’on rencontre le plus souvent les simples rétrécissemens ( atresia spuria ) (1). Cependant, ils paraissent n’être point rares non plus à l’estomac, oû ils offrent des particularités remarquables. Le plus ordinairement, en pareil cas, l’estomac se trouve partagé, par un rétrécissement situé à peu près au milieu de sa longueur, en deux sacs; l’un à gauche, plus ample et plus arrondi; l’autre à droite, plus étroit et plus alongé. Ordinairement la partie supérieure du sac gauche n’est pas concave, mais très convexe, et les deux courbures, l’inférieure surtout, ont subi un grand changement dans leur forme, la seconde offrant une échancrure profonde. L’œsophage s’insère toujours à l’endroit accoutumé, et jamais le cul-de-sac n’a acquis une ampleur extraordinaire. Le degré de constriction varie beaucoup , depuis un demi-pouce jusqu’à cinq pouces, si j’en juge d’après cinq cas que j’ai sous les jeux ; mais presque toujours la moitié droite du viscère conserve sa direction normale. Cependant, je la vois , dans un cas , se contourner sur son axe , de manière que la convexité réponde en haut et en devant, et la concavité en bas et en arrière, où elle descend au-devant de la moitié cardiaque.

Il est plus rare que l’estomac soit partagé, par deux rétrécissemens, en trois sacs, dont alors le troisième doit naissance, sans contredit, à ce que la cavité pylorique se sépare davantage du reste de la cavité de l’organe qu’elle n’est dans l’usage de le faire.

Toutes ces anomalies sont remarquables comme analogies avec les animaux. On les rencontre principalement chez la femme.

Lorsqu’elles existent, la texture de l’estomac n’offre aucun

(i) Boyer, Remarques et observations sur quelques maladies de l’anus , dans Journ. compl. des sc. mèd., t. II, p. 24. — G. White, Observations on strict urcs of the rectum, Bath, 1820.

changement dans l’endroit du rétrécissement. Cependant cette circonstance ne suffirait pas pour justifier l’opinion émise au commencement du paragraphe, que cet état constitue un vice primitif de conformation, d’autant plus que, comme j’ai eu soin de le dire, l’estomac se rétrécit d’une manière passagère, précisément au même endroit, durant le travail de la digestion, et que des causes de plus d’une espèce pourraient fort bien rendre permanente une disposition qui ne doit être que transitoire. La fréquence plus grande de l’anomalie chez les femmes est également favorable aux deux opinions. Il est donc permis de penser que le rétrécissement en question ne s’établit pas toujours de la même manière, et ce qui rend cette conjecture encore plus probable, c’est qu’on le rencontre quelquefois congénial, et accompagné d’autres vices de conformation qui portent, à n’en pas douter, les caractères d’un arrêt de développement (1).

Il est plus rare que , par un vice primitif de conformation, l’estomac présente un calibre qui ne surpasse pas celui de l’intestin, cas auquel il n’est point susceptible de se dilater.

On doit vraisemblablement ranger encore ici un rétrécissement valvuliforme de l’orifice gauche de l’estomac, qui, chose très remarquable, se trouvait compliqué de l’absence de la valvule pylorique (2). Cependant, si cette anomalie n’était pas bornée à un rétrécissement pur et simple, on devrait plutôt la rapporter aux vices de conformation qui reconnaissent pour cause un excès d’activité plastique.

5° Brièveté. Le canal intestinal participe quelquefois tout entier à cette anomalie, mais le plus souvent elle n’intéresse que l’appendice vermiforme du cæcum.

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