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Vices particuliers

2iy3. Les vices particuliers de conformation primitifs sont:

1“ A l’estomac ;

a. L’absence du bas-fond, que j’ai observée sur un enfant

(1) Sandifort, Obs. anat. patli., t. III, p. n.

(î) Fleischmann , Leiclienôffnun gen, p. 100.

DES ORGANES DE Là DIGESTION.

de deux mois ? chez lequel le cul-de-sac pylorique offrait une capacilé bien supérieure à celle du cul-de-sac cardiaque, dont il existait à peine une légère trace.

h. La situation perpendiculaire, qui ne dépend pas toujours, à beaucoup près, du volume excessif du foie, ou de toute autre influence mécanique quelconque.

0° Au canal intestinal :

a. La procidence de ce canal dans la gaine ombilicale , en cas d’exomphaje. C’est surtout lintestin grêle qui offre des exemples de cette anomalie, parce, qu’il est aussi la portion du canal qui rentre la dernière dans le bas-ventre , lorsque le développement a lieu d’une manière régulière.

b. La persistance plus ou moins complète de ses connexions primitives avec la vésicule ombilicale (1).

Cette anomalie est susceptible de plusieurs degrés différons.

Tantôt la vésicule ombilicale se conserve au-delà du temps ordinaire, et communique avec l’iléum par un canal ouvert qu’accompagnent les vaisseaux omphalo-mésenlériques (a).

Tantôt il n’existe qu’un canal plus ou moins long, qui s’étend du même point de l’iléum à l’ombilic, oii il s’ouvre, et que les vaisseaux omphalo-mésentériques accompagnent également (3).

Tantôt enfin il ne se trouve en cet endroit qu’une saillie plus ou nioins forte, un appendice en cul-de-sac, un prolongement appelé diverticule ilial , accompagné souvent par les vaisseaux omphalo-mésentériques, qui flottent librement à son extrémité, ou qui vont s’attacher, soit à l’ombilic , soit à une autre région du canal intestinal, de manière à former une anse.

(1) Meckel, Beytràge zar vergleichenden Anatomie, t. I, cah. 1,1808. — Id., Ueber die Divertihcl; dans Reil, Archiv fur die Physiologie , t. IX, cab. ni. — Id., Handbuch der pathologisclicn Anatomie, t. I, p. 553 597. — Fulling, Diss. de diverticulo intestinali sex mensium embryonis herniam umbilicalem referente, Marbourg, 1807. — Régnault , Observation d’un cas singulier de volvulus ; dans Journ. unie, des se. méd. , t. 11 , p. 108. — P. Rayer, Cas mortel d’entérite et de péritonite , déterminé par un diverticule de l’iléon ; dans Archiv. gén. de mcd. , t. V. p. 68.

(2) Tiedemann, Anatomie der hopflosen Missgcburten , p. 66, tab, iv.

(3) Meckel, dans Reil , toc. cit., t. IX.

Ces trois productions anormales ne sont que des degrés différons d’un même vice de conformation. Ce qui le démontre, c’est l’identité du lieu dans lequel on les observe, leurs connexions avec les vaisseaux omphalo-mésentériques, et enfin les nuances insensibles que chacune d’elles offre également sous le rapport de la longueur et de l’ampleur.

La signification que je leur attribue est bien celle qui leur convient réellement. On en trouve la preuve dans le tableau que j’ai tracé du développement du canal intestinal , dans leur coexistence constante avec le cæcum et l’appendice vermiforme, et enfin dans cette circonstance , qu’elles ont toujours le caractère d’une formation primitive.

Ce qui prouve qu’elles dépendent d’une formation primitive, c’est qu’on lésa toujours observées au même endroit, qu’elles sont formées par toutes les membranes du canal intestinal, et qu’elles existent simultanément avec d’autres vices primitifs de conformation qui consistent en des arrêts de développement, ou qui du moins favorisent leur production.

Toutes ces circonstances réunies démontrent qu’il est impossible de voir en elles des productions purement accidentelles ( 1), de les considérer, soit comme des excroissances (2) , soit comme des rétrécissemens (3) ou des hernies (4) de l’iléum.

A la vérité on s’est servi des argumens suivans pour combattre ma théorie des diverticules iliaux:

a. Leur inconstance (5), leur rareté (6) , tandis que toutes les formations transitoires ne disparaissent pas de manière à ne plus laisser aucune trace, quand le développement se fait avec régularité , et qu’en outre le canal vitellin des oiseaux persiste toujours.

b. L’existence de plusieurs diverticules sur le même intestin,

(1) Oken, dans Jenaer Litcraturzeitung, i8i5, n° 35.

(2) Fleischmann, loc. cit.

(3) Littré, Méry, dans Mcm. de Paris, 1700, 1701.

(4) Fabricius et Morgagni, dans Morgagni, Ep. an. med. 34, a. 17.

(5) Oken, dans Jenaer Litcraturzeitung , i8i5, n° 26.

(6) Emmert ^Réflexions sur la vésicule ombilicale', dans Journ. corn pl . des sc. mèd. t. II, p . 369.

o» du moins celle de véritables diverticules sur des points du canal intestinal autres que Piléum (i).

c. Leur coexistence fréquente avec des vices de conformation par duplicité ou par arrêt de développement (2).

d. Leur ampleur considérable et l’épaisseur de leurs parois, qui, lors même qu’il aurait existé un canal de la vésicule ombilicale dans les premiers temps de la vie, annonceraient un excès d’activité de la part de la force plastique (5).

Mais j’avais déjà combattu la plupart de ces objections avant qu’elles eussent été reproduites, et il est facile de les écarter.

La première ne prouve rien, car plusieurs autres vices de conformation, dont l’essence consiste en des arrêts de développement, sont encore bien plus rares que les diverticules, et disparaissent sans laisser aucune trace, lorsque le développement se fait d’une manière régulière. Je citerai pour exemple la persistance de la membrane pupillaire, l’absence des membres, la persistance du canal artériel , de l’ouraque et des vaisseaux omphalo-mésentérique„ ~ux-mêmes, la scission delà matrice. L’analogie avec les oiseaux, que l’on invoque, est un argument sans valeur, puisque, même chez plusieurs oiseaux, tels que ceux de proie , le canal vitellin semble disparaître, toujours entièrement , et qu’il est très ordinaire de voir la trace des états primitifs se conserver plus long-temps chez certains animaux, surtout inférieurs, que chez d’autres, notamment quand ces derniers occupent un rang plus élevé dans l’échelle.

On peut alléguer contre la seconde objection la rareté excessive de l’anomalie qui lui sert de fondement. D’ailleurs on peut encore demander si, parmi ces cas extrêmement rares , il ne se trouve pas quelques faux diverticules ; si, dans d’autres, le vrai diverticule n’a pas été produit par distension; si d’autres ne tenaient pas à ce que la jonction du canal intestinal avec la vésicule ombilicale correspondait à un autre point que celui oû

(1) Emmert, loc. cit.

(2) Id. , ib.

(37 Id. , ib.

eHe s’observe régulièrement; si enfin le vice de conformation n’avait pas pu se développer, comme anomalie primitive, d’une manière différente de celle qui a lieu dans les cas ordinaires, sans qu’il fût possible d’en rien conclure contre cette dernière.

La troisième objection est favorable à mes vues, et contraire à la théorie en faveur de laquelle on la fait valoir, car il est très rare, dans le cas de duplicité du corps entier, que quelques organes offrent isolément la même tendance, que, par exemple, il se forme, en pareil cas, un doigt ou un œil surnuméraire, tandis qu’au contraire les formations incomplètes, celles surtout qui consistent en une suspension de développement, comme la scission de la colonne vertébrale, du crâne, du palais et du bas-ventre, les vices de conformation du cœur et du canal intestinal, par défaut , sont alors des phénomènes très ordinaires.

Quant à la quatrième objection , elle n’a pas plus de valeur que les trois autres, puisque la différence qui existe dans l’épaisseur des parois et l’ampleur de la cavité du diverticule dépend ou de l’époque à laquelle remonte la suspension du développement, ou d’autres circonstances accidentelles dont l’influence s’est fait sentir plus tard. Le trou ovale n’en est ! pas moins une anomalie pararrêt de développement, soit qu’il ait un pouce ou seulement une ligne de diamètre , et que des influences mécaniques accidentelles puissent quelquefois accroître son étendue pendant le cours de la vie.

c. La grandeur considérable de l’appendice vermiforme , tenant à ce qu’il continue de croître d’après le type du fœtus, quoique celte anomalie puisse aussi ne se développer qu’à une époque subséquente.

2194. Les vices de conformation dont l’essence consiste dans un excès d’énergie de la force plastique sont beaucoup plus rares que ceux dont je viens de m’oeçuper.

On doit vraisemblablement considérer comme tels la scission du duodénum en deux canaux, l’existence de deux appendices vermiformes, sans doute aussi la longueur insolite du canal intestinal, dont le gros intestin offre surtout des exemples , et qui a pour résultat de le rendre plus ou moins

flexueux, notamment de rendre le colon transverse pendant (1). Peut-être faut-il rapporter également à cette classe les véritables diverticules qui se rencontrent sur d’autres points que ceux dans lesquels on les observe ordinairement, quoique tout porte à croire qu’ils n’ont pas moins de droit à être considérés comme appartenant à la série des vices de conformation qui roulent sur la qualité.

2iq5. Les vices primitifs de conformation qui intéressent la qualité sont relatifs, soit à la forme, soit à la situation , soit à l’une et l’autre en même temps.

Parmi ces derniers, il faut ranger l’inversion latérale de l’estomac et du canal intestinal, puisqu’en pareil cas les parties ne sont pas seulement situées du côté opposé à celui qu’elles occupent ordinairement, mais encore présentent une figure inverse de celle qu’elles ont dans l’état normal.

Il est rare que la forme de l’estomac ou du canal intestinal présente des vices primitifs de conformation relatifs à la quantité, elles exemples qu’on en connaît peuvent être rapportés presque tous à des anomalies dans le diamètre.

La situation de l’estomac en offre quelquefois, ce viscère étant contourné sur lui-même, de manière que son bord convexe regarde en haut, et son bord concave en bas (2).

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