C. ÉTAT ANORMAL
2245. Parmi les anomalies que la rate peut offrir, on doit distinguer surtout quelques vices de conformation (1), qui sont remarquables.
Cet organe manque très rarement, par vice primitif de conformation, chez un sujet d’ailleurs conformé d’une manière normale, tandis que son absence est un fait presque général dans le cas de véritable acéphalie.
En vice de conformation qui appartient presqu’en propre à la rate, ou du moins qu’on observe en elle de préférence à tous les autres organes, consiste dans sa scission en plusieurs rates appelées accessoires ( lienculi , s. lienes accessorii). Ces corps accessoires sont situés toujours à la face interne, et la plupart du temps vers l’extrémité inférieure de la rate. Ils ont ordinairement, mais non pas toujours cependant, une forme arrondie, etleur nombre varie de un à vingt-trois. Cependant le dernier cas n’a été observé qu’une seule fois, et il est très rare de rencontrer plus d’une rate surnuméraire. Le nombre considérable de ces rates accessoires coïncide presque toujours avec d’autres vices de conformation. C’est ce qui avait lieu chez un sujet qui en offrit vingt-trois (2). Dans un autre, qui en avait sept, on trouva en même temps une inversion de
(1) C.-S. Heusinger, Mémoire sur tes monstruosités de la rate produites par le defaut de développement de ce viscère; dans Journ. compl. des sc, méd., t. X, p. 216.
(2) Otto, Handbuch der patliologischen Anatomie, p. 3oz.
tous les organes de la vie végétative (1). Chez un troisième, qui en possédait quatre, le trou ovale du cœur était largement ouvert (2).
Le volume des rates accessoires varie à un degré extraordinaire.
Un degré intermédiaire fort remarquable, entre cette anomalie et l’état normal, consiste dans l’existence d’un nombre plus ou moins considérable de scissures, souvent très profondes, sur le bord antérieur de la rate, principalement vers son extrémité inférieure, ou dans un sillon transversal, plus ou moins prononcé, qui parcourt toute l’étendue de sa face externe.
Parmi les vices de conformation acquis , il en est un qui consiste en un accroissement considérable de la rate, ordinairement compliqué d’induration, qui doit presque toujours naissance à une métastase d’une maladie générale (3).
Il n’est pas rare non plus de trouver la rate d’une dureté extraordinaire, sans qu’elle soit hypertrophiée, ou très molle. Ce dernier cas s’observe surtout dans les maladies accompagnées d’une grande faiblesse.
Il se développe rarement des formations nouvelles dans la rate. Les tubercules qu’elle renferme quelquefois ne sont vraisemblablement que les corpuscules blancs, devenus plus volumineux qu’à l’ordinaire. Peut-être doit-on considérer comme une formation particulière une masse d’un blanc jaunâtre, solide et inégale, qui se développe assez fréquemment dans la rate. Cependant elle paraît se rapprocher beaucoup du fongus hématode.
La capsule de la rate s’ossifie souvent, surtout dans l’âge avancé, à tel point même que, quand la substance osseuse a acquis une certaine épaisseur, en proportion de laquelle
(1) Heusinger, loc. cit. , p. 62.
(2) Baillie, Phil. irons., v. LXXVIII, p. 35o.
(3) G. -F. Heusinger, Ueber die Entziindung und Vergrôsserung der MHz, Eiseuach, 1820. — S. Grottanelli, Adacutce et chromcce splenitidis historiam animadversiones, Fioi’ence, 1821. — C.-H. Schmid, Commentatio de pathologiâ lienis, Goettingue, 1816.
l’organe s’atrophie toujours, on serait tenté de croire que ce dernier s’est lui-même converti on os.
ARTICLE Y
DES VAISSEAUX ET DES NERFS DE LA PORTION ABDOMINALE DES ORGANES DIGESTIFS.
2244. Les vaisseaux de la portion la plus importante et la plus volumineuse des organes digestifs naissent pour la plupart de trois troncs, les artères coeliaque, mésentérique supérieure et mésentérique inférieure, qui proviennent eux-mêmes immédiatement de l’aorte ventrale , et qui s’anastomosent mille et mille fois ensemble. L’extrémité inférieure du rectum reçoit aussi des branches de l’artère hypogastrique.
Les veines, si l’on excepte celles de la partie inférieure du rectum , qui se jettent dans les il iaques , forment la veine porte par leur réunion, de manière que tout le sang qui revient de ces organes traverse le foie avant de se rendre au cœur, et de là dans les poumons.
Les nerfs naissent, en grande partie, du grand sympathique. Cependant ceux de l’estomac proviennent principalement du pneumo-gastrique, et ceux du rectum des paires sacrées.