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ÉTAT PARFAIT BN GÉNÉRAI

2292. Les organes de la respiration ( systema respiratoriurn) (1) sont les poumons, qui communiquent avec le milieu ambiant par le moyen de la trachée-artère. Eux-mêmes se composent, indépendamment des prolongemens de la trachéeartère, des artères et des veines pulmonaires, de vaisseaux lymphatiques , de nerfs , de tissu cellulaire répandu entre ces diverses parties, et d’une membrane séreuse qui les enveloppe toutes , la plèvre.

a. Configuration.

2293. Les poumons ( pulmones ) , ont la forme d’un cône irrégulier, dont la base regarde en bas, et le sommet en haut. Leur base, qui s’appuie sur le diaphragme, est concave ;leur face externe est tournée vers les côtes et très convexe; l’interne, placée en regard avec le cœur, est concave.

Le bord antérieur est obtus, le postérieur tranchant..

Chaque poumon est partagé en deux lobes triangulaires, l’un

(i)'M. Malpighi. De pulmonibus epistol. I et II àd A. Borellum , Bologne, 1661. — Th. Barthnlin, De putmonum subslantiû et motu diatribe. Ace. Al . Malpigliii de pulm. obs. anat. , Leyde, 1672. — Helvetius, Observations sur te poumon de l’homme; dans Mcm. de Paris, 1718. — Wildrik, De fabricâ putmonum , Franeker, 1761. — Wohlfahrt, De broncliiis vasisque bronchialibus, Halle, 1748- — Hildebrandt, De pulmonibus, Gcettingue, 1786. — Reisseissen , De putmonum structura, Strasbourg, i8o3. — Scemmerring et Reisseissen, Ueber die Slructur dieVerrichiung and den Gcbrauch der Lungen, Berlin, 1808?

supérieur plus petit, l’autre inférieur plus gros, par une échancrure profonde qui s’étend obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, et qui le traverse dans toute son épaisseur. Entre ces deux lobes, le poumon droit en offre encore, en devant, un troisième, bien plus petit, qui se rétrécit beaucoup d’avant en arrière. Le poumon gauche diffère de celui du côté droitparce

Ique son bord inférieur est creusé d’une échancrure qui loge la partie inférieure du cœur.

Indépendamment de cette différence dans la configuration, le poumon droit est un peu plus volumineux, un peu moins élevé, mais plus large que le gauche, qui, en revanche, estunpeuplus alongé.

Considéré dans son ensemble, le poumon se trouve partagé en trois , cinq ou six lobules irréguliers sous le rapport de la forme et du volume, dans les intervalles desquels marchent des vaisseaux sanguins et lymphatiques , mais qui ne produisent point d’inégalités à la surface, ou du moins n’en produisent que de très légères.

2294. Le bord postérieur de chaque poumon est fendu dans la plus grande partie de sa longueur, et offre arnsi un enfoncement dont la moitié supérieure reçoit les bronches, les vaisseaux sanguins et les nerfs, tandis que l’inférieure donne attache aux ligamens de l’organe.

L’artère pulmonaire est située d’abord tout-à-faitau sommet, devant labronche, et envoie dès cet endroit une branche considérable au poumon; maïs elle ne tarde pas à se diriger en arrière, et à passer derrière la bronche.

Les veines pulmonaires sont situées tout -à-fait en bas et en devant , à l’exception des branches les plus petites et les plus inférieures , qui marchent derrière les ramifications les plus inférieures des bronches.

. ; ... . . ■ , uvw

b. Situation et attaches.

2295. Les poumons sont placés des deux côtés du cœur. Chacun d’eux est renfermé dans un sac séreux particulier, appelé plèvre, avec les parois duquel ils sont en contact parfaitsur tous les points, sans y adhérer ailleurs que dans l’endroit où cette

5l2 anatomie spéciale.

membrane se réfléchit sur elle-même pour tapisser leur face

externe.

Leur extrémité supérieure dépasse un peu la première côte.

c. Couleur.

Chez l’adultequi jouit d’une bonne santé, les poumons sont d’un gris rouge, plus ou moins tacheté de noir.

d. Texture.

2296. Parmi les diverses parties que j’ai dit entrer dans la composition du poumon, la trachée-artère est celle qui sert de base à toutes les autres, et la plus importante aussi, parce que l’air la traverse pour entrer dans le poumon et en sortir.

<x. Trachce-artère.

2297. La trachée-artère ( tracheia et arteria aspera ) est un canal long d’environ quatre pouces, sur neuf lignes de large, qui commence à la hauteur de la cinquième vertèbre cervicale, audessousMu larynx, et qui n’est couvert que par quelques muscles, en particulier le sterno-hyoïdien et le sterno -thyroïdien. Située exactement sur la ligne médiane, elle passe immédiatement audevant de l’œsophage, et descend en ligne droite dans la poitrine, entre les gros vaisseaux de la tête. Là elle s’incline peu à peu vers le côté droit, de manière que la portion gauche de sa circonférence correspond au milieu de la colonne vertébrale, et se partage, à angle obtus, derrière la crosse de l’aorte, à peu près en face de la troisième vertèbre dorsale, en deux branches latérales qu’on appelle bronches ( bronchi s. bronchiœ). La bronche droite, qui se détache sous un angle plus ouvert que l’autre, est plus courte qu’elle de près d’un pouce, et plus grosse. La gauche a ordinairement huit lignes de large , sur un pouce de long, et la droite a près d’un demi-pouce de large, sur deux pouces de long. Cette dernière suit aussi une direction moins perpendiculaire que l’autre ; elle est située entre la veine cave

DES ORGANES DE LA RESPIRATION. 5l3

supérieure et la veine azygos. La gauche se contourne audessous de la crosse de l’aorte, pour se porter en avant.

Chaque bronche, tapissée par la plèvre, rnarcheobliquement de haut en bas et de dedans en dehors, vers le poumon qui lui correspond, et dès qu’elle l’a atteint, se partage en deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure, dont chacune est destinée à un lobe. La branche inférieure de la bronche droite ne tarde pas à se subdiviser elle-même en deux rameaux, l’un supérieur plus petit, l’autre inférieur plus gros , pour le lobe moyen et le lobe inférieur.

Ces canaux se ramifient prodigieusement dans l’intérieur du poumon, et représentent un arbre, terminé en cul-de-sac sur tous les points de la surface de l’organe , le long duquel se répandent toutes les autres parties qui entrent dans la composition de l’organe pulmonaire. Les dernières ramifications, celles qui sont les plus déliées , et qui se terminent en cul-de-sac, ont reçu le nom de cellules pulmonaires ( cellulœ pulmonares'}.

2298. Des parties très différentes les unes des autres, savoir, du tissu fibreux, des cartilages, des fibres musculaires et une membrane muqueuse, se réunissent pour produire la trachéeartère.

aa. Tissu fibreux.

2299. Le tissu fibreux se compose de faisceaux longitudinaux qui ne constituent pas une membrane continue, mais qui laissent entre eux une multitude de vides oblongs. Il forme la circonférence extérieure de la trachée-artère, et adhère d’une manière intime à la membrane muqueuse sous-jacente. Ses vaisseaux sont plus nombreux que ceux qui existent dans les autres organes fibreux, aussi se rapproche-t-il peut-être de la tunique fibreuse des artères.

L’élasticité considérable que ce tissu possède fait que la trachée-artère, après avoir été distendue dans le sens de sa longueur, revient à ses premières dimensions lorsqu’on cesse d’exercer des tractions sur elle.

bb. Cartilage,,

a5oo. Le tissu fibreux de la trachée-artère et de ses ramifications renferme des pièces cartilagineuses placées à la suite les unes des autres de haut en bas, sur les deux faces desquelles il passe, en y adhérant d’une manière intime. Cependant il ne couvre pas immédiatement la surface de ces cartilages, qui sont entièrement enveloppés par un périohondre propre.

La forme, les dimensions et la situation de ces pièces cartilagineuses ne sont pas parfaitement les mêmes dans toute l’étendue de la trachée-artère et de ses ramifications.

Dans la trachée-artère, elles forment des anneaux imcomplets, ouverts à leur partie postérieure, et qui entourent les parties antérieure et latérales du conduit. Ces anneaux ont à peu près deux lignes de haut sur une demi-ligne d’épaisseur et un pouce etdemi de long. Ils circonscrivent les deux tiers environ de la trachée , lorsqu’elle se trouve dans le plus grand état possible de distension , et plus des trois quarts de sa circonférence quand elle est affaissée sur elle-même.

Le nombre de ces cartilages varie depuis seize jusqu’il vingt.

Leur forme est plus régulière et plus constante à la partie moyenne delà trachée-artère qu’à ses extrémités supérieure et inférieure. Dans la plus grande partie de la longueur de cecanal, ils forment, pour la plupart, des anneaux d’une égale étendue, et dont la hauteur est à peu près la même.

Le premier de tous est au contraire bien plus haut que les autres; il offre surtout une hauteur beaucoup plus considérable à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure. Cette disposition établit une correspondance assez remarquable d’avant en arrière entre lui et le cartilage cricoïde , qui se comporte d’une manière inverse.

Dans le même temps cet anneau est presque toujours soudé avec le second par ses extrémités postérieures, d’où résulte un rapprochement qu’on ne saurait méconnaître avec le tj pe de la formation du larynx.

Il existe quelquefois une adhérence semblable entre le troi-

sième anneau et le quatrième, soit des deux côtés , soit d’un côté seulement, ce qui est plus ordinaire.

Quantauxanneaux inférieurs, il leur arrive assez souvent, a;.i contraire , d’offrir, sur l’un ou l’autre côté , une Assure plus ou moins longue, c’est-à-dire qui tantôt s’étend jusqu’à leurexlrémité, et tantôt s’arrête en deçà. Souventalors, mais non toujours, on remarque du côté opposé un petit segment de cercle incomplet et correspondant à l’une des deux moitiés produites par la scission, ou un anneau fendu de l’autre côté , ce qui compense en quelque sorte le défaut de symétrie. Mais il est tout aussi commun d’y rencontrer un anneau ordinaire, complet, ou même à demi fendu de la même manière et du même côté.

Les anneaux de la portion libre des bronches ressemblent en général aux derniers arceaux cartilagineux de la trachée-artère.

Leur nombre ne s’élève ordinairement qu’à huit dans la bronche droite, tandis qu’il y en a onze ou douze dans la gauche. A mesure qu’ils se rapprochent des poumons, Ms deviennent plus irréguliers, et se fendent ou se confondent avec les anneaux voisins.

Le nombre des pièces cartilagineuses diminue tout-à-coup, et de beaucoup, dans l’intérieur des poumons, de manière que les ramiAcations des bronches y deviennent plus membraneuses. Mais, en même temps, ces cartilages perdent leur forme régulière ; ils cessent de représenter des anneaux, et ne ressemblent plus qu’à des lames irrégulièrement quadrilatères, triangulaires, etc. Du reste, on en trouve sur tous les points de l’étendue de l’arbre trachéal.

Ils deviennent de plus en plus petits et rares, en proportion du rétrécissement graduel des ramiAcations bronchiques. Les derniers qu’on aperçoit ont une forme arroudie.

On n’en trouve plus aucun dans les ramifications réduites à environ un tiers de ligné de diamètre, ou du moins ils y sont extrêmement petits, et l’on peut à peine les y apercevoir

iïnfin , les dernières ramifications bronchiques sont simplement membraneuses, et à quelques lignes de profondeur audessous de la surface du poumon on ne trouve plus aucune trace de cartilage.

anatomie spéciale.

cc. Fibres musculaires.

23o i . La partie postérieure de la trachée-artère est formée par une membrane musculeuse (1), dont l’épaisseur s’élève à une demi-ligne environ lorsqu’elle est retirée sur elle-même. Cette membrane se compose uniquement de fibres transversales qui s’attachent aux anneaux cartilagineux et au tissu fibreux placé dans leurs intervalles, de manière à couvrir la face interne de ces anneaux et de ce tissu dans une étendue d’une à deux lignes.

Dans l’intérieur du poumon , là où les pièces cartilagineuses sont disposées sans régularité, et éparses sur toute la circonférence de l’arbre bronchial , ces fibres musculeuses entourent aussi tout le tube aérien. Elles augmentent en proportion inverse des cartilages, et l’on peut les poursuivre plus loin que ces derniers.

dd. Membrane muqueuse.

ü3o2. Le tissu fibreux et le tissu musculaire de la trachéeartère sont tapissés dans toute leur étendue par une membrane muqueuse mince, qui forme un sac continu, et adhère d’une manière intime aux parties qui l’entourent.

Sa face postérieure offre, dans toute la circonférence de la trachée-artère, des glandes mucipares , serrées les unes contre les autres, dont le nombre et le volume sont plus considérables que partout ailleurs à la partie inférieure de la trachée , à l’endroit de sa bifurcation , et dans la portion des bronches située hors des poumons. Elles sont très rapprochées sur ces divers points, et leur volume y égale souvent celui d’une lentille.

Elles forment une couche continue, placée en grande partie derrière la membrane musculeuse, entre les fibres de laquelle s’insinuent leurs conduits excréteurs, qui sont très courts. Cette couche s’étend d’une manière uniforme sur la

(1) Ebcrliard , Diss. de muscutis bronchialibus corumque in statu sano velmorboso aclione , Marbourg, 181 7.

DES ORGANES DE LA RESERVATION. 5l r

portion de la trachée-artère que forment les fibres musculaires, tandis qu’en devant les glandes sont principalement accumulées entre les anneaux cartilagineux , de sorte qu’après avoirenlevé ces derniers, oïl reconnaît sans peine le lieu qu’ils occupaient, aux vides qui existent dans la couche glanduleuse.

Il faut bien distinguer de ces glandes mucipares les glandes lymphatiques appelées bronchiques ( glctndulœ bronchiales ) , qui se trouvent dans les mêmes endroits.

25o3. La membrane muqueuse est la dernière partie visible parmi celles qui concourent à la formation de la .trachéeartère et de ses ramifications, quoique le raisonnement et l'observation se réunissent pour démontrer que son irritabilité s’étend au-delù des points où l’on cesse d’apercevoir aucune trace de texture musculeuse.

Les ramifications les plus déliées de la trachée-artère, qui sont formées par une substance homogène , se terminent en cul-de-sac, et ne se continuent pas, comme Helvétius le prétendait, avec le tissu cellulaire qui réunit les divers élémens organiques du poumon. La trachée-artère forme un arbre creux, dont les rameaux communiquent ensemble par les branches, et celles-ci par les troncs résultant de leur réunion, mais non par l’intermédiaire du tissu muqueux interposé entre toutes ces ramifications. Cette vérité est bien établie par les dissections et par de nombreuses expériences.

Les ramifications les plus déliées de l’arbre bronchique , lorsqu’elles ont été remplies d’air, ou d’un autre fluide quelconque, offrent toujours la même forme et la même délimitation exacte, soit qu’on les contemple à l’œil nu, soit qu’on les examine au microscope. Si l’on pousse de l’air ou tout autre fluide dans une bronche, de manière à injecter, par exemple, un lobe pulmonaire entier, et qu’on lie ensuite un de ses rameaux secondaires, la partie du poumon dans laquelle ce dernier se répand demeure gonflée et distendue, tandis que celle dont le rameau bronchique n’a point été lié s’affaisse aussitôt sur elle-même.

ANA'ÎOMIE spéciale.

(3. Vaisseaux sanguins des poumons .

a3o4- Les vaisseaux sanguins des poumons sont de deux sortes. Ceux qui forment la partie la plus considérable de l’organe sont les artères et les veines pulmonaires , dqnt les premières charrient du sang veineux, tandis que les veines ramènent au cœur gauche ce fluide, auquel le contact de l’air a communiqué les caractères du sang artériel, sur la limite des deux systèmes.

Les troncs de ces vaisseaux entrent dans le poumon et en sortent par le même point.

Dans l’intérieur même de l’organe , les veines pulmonaires accompagnent les ramifications bronchiques de plus près que les artères.

ü3o5. Le second ordre de vaisseaux sanguins comprend les artères et les veines bronchiques ( vasa bronchialia ), qui sont en rapport avec la nutrition de l’organe pulmonaire. J’ai fait connaître leur origine précédemment. Ces vaisseaux se répandent dans la substance du poumon, le long des ramifications des bronches, à la surface desquelles ils sont collés immédiatement, et qu’ils entourent de leurs nombreux lacis. Après avoir pourvu le tissu musculaire et le tissu fibreux, ils pénètrent jusqu’à la membrane muqueuse , dans laquelle ils envoient une multitude de ramuscules aux membranes des vaisseaux pulmonaires, aux nerfs des poumons, et forment un réseau très délié et très complexe à la surface de toutes ces parties, au-dessous de la plèvre.

Ce qu’il y a de très remarquable, c’est que des anastomoses ont lieu, non seulement dans ce lacis vasculaire, mais encore entre des branches et des rameaux considérables des vaisseaux pulmonaires et bronchiques.

Les veines bronchiques se jettent même en grande partie dans les pulmonaires. Celles de la racine des poumons sont les seules qui se réunissent en petits troncs, lesquels vont se dégorger dans la veine azygos, ou dans la veine cave supérieure, ou dans des rameaux subalternes du système des veines du corps.

11 résulte donc de cette disposition :

i° Que , même dans l’état normal , des communications très considérables ont lieu , au milieu de la substance pulmonaire, entre le système vasculaire du sang noir et celui du sang rouge.

2° Que les communications analogues qui se présentent ailleurs avec tous les caractères d’une anomalie , comme l’abouchement des veines coronaires du cœur dans le ventricule gauche, l’insertion d’une ou plusieurs veines pulmonaires dans la veine cave , l’existence d’une grosse artère pulmonaire naissant de l’aorte descendante, etc., ne sont qu’un développement plus marqué de ce type.

5° Que, dans les cas où l’artère pulmonaire se trouvait soit oblitérée, soit bien plus étroite qu’à l’ordinaire , quoique les sujets qui offraient un semblable vice de conformation eussent poussé très loin leur carrière, ces anastomoses avaient probablement acquis assez d’ampleur pour pouvoir conduire le sang dans les artères pulmonaires. En effet, on a trouvé les vaisseaux bronchiques très dilatés dans un cas de cette nature (i).

y. Vaisseaux et glandes lymphatiques,

2306. J’ai fait connaître précédemment ce qu’il y a de plus important à savoir au sujet de la distribution des vaisseaux lymphatiques dans la substance du poumon , et des glandes lymphatiques qui existent le long des ramifications de la trachée-artère.

S. Nerfs.

2307. Les nerfs des poumons proviennent du pneumogastrique. Ils sont très petits , proportion gardée , mais fort nombreux , et l’on peut les suivre très loin sur les ramification s des bronches. Ils se partagent en deux ordres. Les uns se distribuent à l’arbre bronchial, et les autres se répandent dans les vaisseaux pulmonaires. Les premiers pénètrent jusqu’à la

(1) Jacobson, dans Deulsches Archiv fur elio Physiologie , t. II, p. 1 34 .

5ao

membrane musculeuse et à la membrane muqueuse. Les seconds entourent les vaisseaux, et s’enfoncent soit dans la substance des gros troncs, soit dans les capillaires. Quelques uns se portent jusqu’à la plèvre.

e. Plèvre.

2008. La plèvre [ pleura) est une membrane séreuse dont la portion externe . appelée plèvre costale [pleura costalis), tapisse la face interne de la cavité pectorale, tandis que le feuillet interne ou réfléchi, qu’on nomme plèvre pulmonaire [ pleura pulnionalis ), recouvre la face externe du poumon.

Elle adhère moins aux parois de la poitrine qu’à la surface du poumon ; cependant ou peut aussi la détacher facilement de ce dernier organe.

Elle se compose de deux sacs, l’un à droite, l’autre à gauche ( sacci pleurer), qui sont tout-à-fait distincts et séparés l’un de l’autre.

Les parois internes du feuillet externe ne s’attachent point aux parois de la cavité pectorale, mais sont tournées l’une vers l’autre, et forment une cloison dirigée de haut en bas et d’avant en arrière, qui partage la poitrine en deux moitiés, l’une droite, l’autre gauche.

Cependant ce9 deux parois internes ne se touchent nulle part. Elles sont séparées l’une de l’autre, dans le milieu et dans la plus grande étendue de la cloison qu’elles produisent, par le cœur; en arrière par l’aorte, l’œsophage, la veine azygos et le canal thoracique; en devant par le thymus, des graisses et les gros troncs vasculaires. Un tissu cellulaire très lâche les unit dans tous ces points. C’est à leur partie moyenne qu’il règne entre elles la plus grande distance. La portion de la cloison située devant et derrière le cœur porte le nom de médiastin antérieur et postérieur [ rnediaslinum anterius et posterius).

Le médiastin antérieur descend entre le cœur et la partie antérieure moyenne de la cavité pectorale. Sa direction n’est pas perpendiculaire, mais oblique de gauche adroite. En outre, il ne correspond pas parfaitement à la ligne médiane,

5ai

mais se trouve déjeté un peu à gauche, car le bord antérieur du feuillet droit s’attache au bord gauche du sternum, et celui du feuillet gauche au cartilage des côtes gauches ; de là le médiastin descend sur la face antérieure du péricarde.

Le médiastin postérieur , plus perpendiculaire que l’antérieur, est situé entre la face antérieure de la colonne vertébrale et la base du cœur.

Entre les deux médiastins, le feuillet externe de la plèvre de chaque côté se réfléchit sur lui-même, pour passer sur la face inférieure et sur la face supérieure des pou'mons. A cet effet , il se contracte autour des vaisseaux pulmonaires et des bronches, et descend du milieu du bord postérieur vers le poumon. En haut, en devant et en arrière, il se resserre tout-à-coup et de toutes parts vers ce point ; mais, inférieurement, on remarque, de chaque côté , un prolongement considérable, triangulaire, terminé par un bord inférieur demicirculaire , qui commence au diaphragme , et s’attache au bord postérieur du lobe inférieur du poumon. Ce prolongement porte le nom de ligament droit et gauche du poumon ( ligamentum pulmonis dextrum etsinislrui/i). Celui du côté gauche est beaucoup plus considérable que celui du côté droit.

La plèvre pulmonaire tapisse toute la surface du poumon, couvre même ses lobes, mais ne pénètre pas entre les lobules, qui ne sont séparés les uns des autres que par du tissu cellulaire.

Ç. Poids du 'poumon.

aa. Pesanteur absolue.

23og. Le poumon sain de l’homme adulte pèse, terme moyen, environ quatre livres, avec tout le sang et l’air qu’il contient. Quand on le retire du corps, la pression de l’air extérieur, que la protection des parois de la poitrine n’empêche plus d’agir sur lui , en fait sortir une portion considérable de l’air qui y était resté après la dernière expiration.

Son poids est donc à celui du corps entier à peu près dans la proportion de 1 : 35.

hb. Pesanteur spécifique.

23io. Considérée en elle-même , la substance pulmonaire est plus pesante que l’eau, car le poumon de l’enfant qui n’a point encore respiré s’enfonce dans ce liquide. Mais lorsque la respiration a commencé , l’organe acquiert une pesanteur spécifique inférieure à celle de l’eau, parce que l’air qui y pénètre n’en est pas chassé tout entier, à beaucoup près , pendant l’expiration. On ne parvient même pas à le faire sortir par une pression extrêmement forte exercée sur une tranche du poumon; car alors, après avoir déchiré les ramifications bronchiques, il se répand dans le tissu cellulaire, de sorte qu’à la fin de l’expérience la substance pulmonaire se trouve encore plus légère que l’eau, quoique un peu plus pesante cependant qu’elle ne l’était auparavant (i).

n. Capacité du poumon.

25 1 1. La capacité du poumon n’est pas la même dans toutes les circonstances de la vie. Elle varie beaucoup, suivant que l’organe se trouve dans l’état de distension, à la fin de Yinspiration ( inspiratio ) , ou dans celui de resserrement, à la fin de Y expiration ( expiratio ).

Les évaluations données par les auteurs sont toutes discordantes, ce qui peut provenir tant d’une différence réelle dans la capacité du poumon, que de la nature des moyens employés pour la mesurer.

Sous le premier point de vue , il existe des différences individuelles très considérables, qui sont en grande partie congéniales, mais qui peuvent aussi être acquises , lorsque l’action pulmonaire est habituellement peu exercée, comme, par exemple, chez les personnes qui se livrent aux travaux intellectuels.

Ou détermine la capacité du poumon en additionnant la quantité d’air qui en sort pendant l’expiration, avec celle qui

(i) Allen et Pepys , Second paper on respiration ; dans Phil. trans. ,

y reste après l’accomplissement de cet acte. Ce calcul peut être fait de plusieurs manières différentes.

Trois procédés peuvent être mis en usage pour déterminer la quantité d’air qui pénètre dans le poumon à chaque inspiration :

i° On mesure l’ampliation que la poitrine acquiert dans l’inspiration, et le resserrement qu’elle éprouve après l’expiration.

2* On calcule les changemens survenus, pendant l’inspiration et l’expiration, dans l’état d’un fluide dont l’individu qui respire se trouve entouré.

3° On mesure la quantité elle-même d’air inspiré et expiré , en inspirant dans un vase d’une capacité déterminée , et expirant dans un autre , dont la capacité est également connue ,

( ou en se bornant à cette dernière épreuve ( î).

Maintenant les évaluations de la quantité d’air introduite et j expulsée à chaque respiration varient beaucoup , depuis trois pouces cubes jusqu’à quarante. En effet, Abildgaard la fixe j à trois pouces (2), Wurzer (3) et Lametherie (4) à huit ou dix ;

! Keutsch (5) entre six et douze; Abernethy (6) , Lavoisier et Séguin (7), et Davy (8) à treize ; Borelii (g) et Goodwyn (10)

I à quatorze; Kite ( 1 1 ) , Allen et Pepys(i2) à dix-sept ou dix-

(1) Jurin,dans Haller, El. phys., 1. VIII, s. ni.

(2) Neuc Versuche iiber das Ailimen und den Nutzen desselbcn ; dans Nordisches Archiv fur Nalur-und Arzneyvoissenschaft, t. I, cah. 1 , p. 2. — Cependant Abildgaard dit, dans un autre endroit {ibid. , cah. n , p- 206), qu’il pénètre de deux à sept , et quelquefois même quinze pouces cubes,

(3) Gunther, Darstcllung, p. 28.

(4) Journ. de physique , t. XLVI, p. 108.

(5) De act. gaz oxygéna per pulm. resp. , Copenhague, 1800.

(6) Essais, Londres, 1793, t. II, p. 144.

(7) Mémoire sur la respiration , etc.

(.8) Researches conccrning nilrous oxyde, Londres, 1800, p. 4 33.

(9) Demotu animalium, p. n , prop. 81.

(10) Recherches expérimentales sur les effets que produisent sur les uni maux iivans la submersion, la strangulation , etc., trad. par Halle, Paris ,

(11) Ucbcr Wiederherstellung scheinbar todtcr Mcnsclwn, p. 19.

(t 2) Loc, cit.

5î4 ANATOMIE SPÉCIALE.

huit; Herholdt (i) entre vingt-cinq et vingt-neuf; Gavallo(ü), Jurin (5) , Sauvages (4) , Haies (5) , Haller (6) , Chaptaï (7) , Bell (8) , Fontana (9), Menzies (10) et llicherand (11), entre trente et quarante.

Quant à la détermination de la quantité d’air qui reste dans le poumon après l'expiration* il faut avoir égard, sous ce rapport, aux considérations suivantes :

x° Après l’expiration, tant que la poitrine n’est pas ouverte, et que les poumons n’en ont point été retirés, ces organes renferment une quantité d’air plus considérable que celle qu’on y trouve quand on les a isolés du corps, parce qu’ils s’affaissent après l’ouverture de la cavité pectorale, et chassent ainsi beaucoup de l’air qu’ils contenaient.

20 L’air qui demeure dans leur intérieur est très difficile à en expulser, et l’on ne parvient jamais à les en débarrasser complètement, même en les soumettant à la plus forte pression possible dans le vide.

On a proposé plusieurs méthodes pour évaluer cette puantité d’air qui reste dans les poumons après l’expiration.

i° Après avoir fixé le diaphragme autant que possible, en liant le bas-ventre , et déterminé l’affaissement des poumons sen pratiquant une ouverture aux parois de la poitrine, on • remplit le vide qui existe entre ces parois et l’organe avec de , l’eau, dont on prétend que la quantité doit être égale à celle : de l’air expulsé du poumon tant par la pression que ce liquide ‘J occasione, que parcelle qu’avait déjà exercée l’air extérieur introduit dans la poitrine par la plaie faite à ses parois.

(1) Nordisclies Archiv., t. I, cah. 11, p. 207.

(2) Ueber Anwendung der Gasartcn.

(3) Diss. phys. math., Londres, 1732, diss. IV; dans Haller, De part, corp. hum. fab., t. VI, p. 325.

(4) dans Haller, El. phys., t. III, p. 234*

(5) Statical essays, t. I , p. 238.

(6) El. phys., t. III, loc. cit,

(7I Chetnie; dans Bostocli, Ueber das Athmcn, p. 189.

(8) Analomy, vol. II, p. 193.

(9) Phil. Irons., 179g, -p. 349.

(10) De respiralione, Edimbourg, 1790.

(11) Physiologie , t. I, p. 374.

2“ On reçoit l’air qui sort du poumon, au moment où l’on ouvre la poitrine, dans une vessie adaptée à la trachée-artère, et on le mesure lui-même (1) ; puis on plonge dans l’eau le poumon , dont la pesanteur spécifique est à peu près égale à icelle de l’eau distillée, et dont la pesanteur absolue est connue; on pèse la quantité de liquide qu’il déplace, et on détermine d’après cela la quantité cubique d’air qu’il renferme encore.

D’après ces deux méthodes, on peut évaluer à environ cent dix pouces cubes, terme moyen, la quantité d’air qui reste dans le poumon d’un adulte, après une expiration complète. En effet, Goodwyn a introduit de quatre- vingt-dix à cent vingt pouces cubes d’eau dans l’intervalle compris entre la poitrine et le poumon. Dans les expériences d’Allen et Pepys, la quantité d’air recueillie en premier lieu s’est élevée à 5i,58o pouces cubes; les poumons, qui pesaient quatre livres, et I qui , en raison de l’égalité de pesanteur, occupaient autant d’espace qu’une égale quantité d’eau, déplacèrent six livres de liquide, de sorte qu’il devait y avoir encore, dans leur intérieur, une quantité d’air équivalente à une once d’eau , c’est-à-dire 59, 554 pouces cubes. Ces deux sommes, additionnées ensemble, donneraient un peu plus de quatre-vingtonze pouces cubes pour la quantité d’air demeurée dans le poumon après l’expiration ; mais on peut très bien en admettre à peu près cent dix , à cause de la pression que l’eau exerce sur la masse pulmonaire, et de la température plus ! élevée pendant la vie.

Si l’on ajoute à ces cent dix pouces cubes d’air qui demeurent dans le poumon après une expiration ordinaire , trente pouces environ qui sortent de cet organe à chaque expiration ordinaire d’un homme en pleine santé (2), on aura cent quarante-cinq pouces pour la capacité des poumons dans l’inspi-

(1) Cline, dans Allen et Pepys, loc. cit.

(2) Je prends ce nombre pour terme moyen : il me paraît qu’une évaluation inférieure doit être attribuée à une petitesse insolite du poumon ou à une méthode peu rigoureuse d’expérimentation, et qu’une plus considérable dépend d’un développement extraordinaire de la poitrine, ou de ce que la respiration est très profonde. Au reste, je dois faire observer que l’air est dilaté d’environ un sixième par la chaleur du corps.

ration ordinaire , de sorte que la différence de capacité entre l’état de dilatation et celui d’affaissement de cet organe est à peu près de trente-cinq pouces.

Mais cette différence s’accroît de beaucoup lorsque, la respiration étant plus profonde, le poumon éprouve une dilatation et un affaissement plus considérables qu’à l’ordinaire, parce qu’il y entre et en sort plus d’air à chaque fois.

Ainsi Séguin absorba , dans une respiration très profonde, cent trente pouces d’air (i) , que la chaleur du corps dut dilater jusqu’à cent cinquante, de manière qu’alors la capacité pulmonaire s’éleva chez lui jusqu’à deux cent soixante pouces cubes. Rite évalue cette capacité à trois cents pouces cubes. 1 2 3 4 5 D’un autre côté, Jurin expira deux cent vingt pouces cubes (2) et Herholdt deux cent huit (3). Si l’on admet ici que ces expirations eurent lieu après une inspiration pleine et entière, il en résulterait qu’on devrait réduire la capacité du poumon jusqu’à cinquante-deux et même jusqu’à quarante pouces cubes, évaluation qui s’accorde parfaitement avec celle à laquelle Davy est arrivé par une autre méthode (4). En opposant l’une à l’autre les mesures données par Séguin et Jurin, et n’ayant aucun égard à la diminution de volume de l’air expiré , on trouve une différence de deux cent vingt entre la plus grande dilatation et le plus grand affaissement du poumon , c’est-à-dire que ce dernier état est à l’autre dans la proportion de 1 : 6,5.

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