II. ÉTAT ANORMAL (l
2317. Vices de conformationprimitifs. Les poumons n’offrent que rarement, proportion gardée, des anomalies produites par un vice de première formation ; cependant ils en présentent plusieurs, tant sous le rapport de la quantité, que sous celui de la qualité-.
i° Les anomalies congéniales relatives à la quantité sont, là plupart du temps :
a. Des vices de conformation par arrêt de développement. Ici se rangent surtout.
a. L'absence de la trachée-artère, d’un poumon, ou des deux poumons. Cette dernière anomalie coïncide ordinairement avec La véritable acéphalie. La seconde, bien plus rare, se rencontre aussi chez des sujets dont la conformation est régulière d’ailleurs, et rappelle vivement la simplicité normale du poumon chez plusieurs serpens. Quant à l’absence de la trachée-artère , il est plus rare de l’observer seule qu’avec celle des poumons :
(1) Schmitt, loc. cit., p. i38.
(2) Jd. , ibid.
(3) Yan den Bosch, Commentatio exhibens analomiam systematis respitaiioni mservientis patliologicam , Harlem, iSoi.
lorsqu’elle a lieu, l’organe pulmonaire se trouve placé immédiatement à la suite du larynx, comme chez plusieurs reptiles aussi.
fi. L 'étroitesse et Y occlusion de la trachée-artère, qui a été observée avec l’absence du crâne (1).
y. La petitesse d’un ou des deux poumons. La première anomalie est ordinairement produite d’une manière mécanique par un obstacle-extérieur, en particulier par la présence des viscères abdominaux dans la cavité pectorale, chez un sujet atteint de hernie diaphragmatique. La seconde, qu’on trouve presque toujours réunie à l’étroitesse de la cavité thoracique^ dépend d’une anomalie dynamique primitivc'de l’activité plastique, et trtniôt elle a lieu chez des individus d’ailleurs bien conformés , tantôt elle est accompagnée d’autres vices de conformation par suspension de développement.
S. On doit également ranger ici la dénudation des poumons ou de la trachée-artère, qui a été observée quelquefois, puisqu’elle dépend de ce que la formation des parois de la poitrine s’est arrêtée à l’un des premiers degrés qu’elle parcourt dans son développement successif.
b,.. Le volume excessif d’un poumon, qu’accompagne ordinairement l’absence de l’autre , est le résultat d’un excès d’énergie de l’activité plastique.
2° Les vices de conformation congéniaux relatifs à la qualité , sont ; j, :)q . . .. 1
a. La division anormale , qui s’exprime, dans les poumons, par la présence d’un nombre de lobes supérieur à celui qu’on rencontre ordinairement , ou par la séparation plus profonde de ceux qu’on trouve toujours, et dans la trachée-artère, par sa division en trpis branches. Cette dernière anomalie, si l’on en juge d’après les faits recueillis jusqu’à ce jour, n’a lieu que du cqjé droit, et elle est remarquable en ce qu’elle offre la répétition de la structure propre aux ruminans et aux cétacés.
b. Une anomalie inverse a lieu quand les poumons ne sont point divisés en lobes comme à l’ordinaire, ou quand cette division n’est pas clairement indiquée.
(i) Otto, Monstr. sex. disq., p. îo, n.
c. L’inversion latérale consiste en ce que le poumon droit n’offre que deux lobes , tandis que le gauche en a trois. Cette anomalie ne se rencontre ordinairement qu’avec une inversion latérale générale.
Vices de conformation consecutifs. Les purs vices de conformation consécutifs, acquis ou accidentels, sont particulièrement les plaies , qui déterminent souvent la mort tout-à-coup, à cause du calibre considérable des vaisseaux, qui souvent aussi ne l’amènent qu’avec le temps, à la suite d’une inflammation et d’une suppuration que l’importance des organes rend très dangereuses, mais qui ne sont ni nécessairement, ni toujours mortelles.
Il faut encore ranger ici la communication anormale avec d’autres cavités , qui s’établît quelquefois «à la suite d’une destruction des parois. La plus remarquable est celle qui a lieu quand l’aorte est frappée d’anévrysme (1). En pareil cas, la situation respective des parties fait que l’ouverture correspond ordinairement à la partie inférieure de la trachée-artère ou à la bronche gauche.
23 1 8. A Itérations de texture. Ce sont :
i° L’inflammation , qu’on désigne sous le nom de pneumonie {jmeumonia ), bronchite ( tracheitis , s. bronchitis ) , et pleurésie [pleuritis ), suivant qu’elle envahit la substance entière du poumon, la membrane muqueuse de la trachée-artère ou la plèvre (2).
Les suites les plus ordinaires de la pneumonie sont :
a. U épaississement et l 'induration du tissu des poumons , par suite d’une exsudation , qui est portée souvent à un degré considérable, et qui constitue alors l’état désigné sous le nom d 'hépatisation ( hepatisatio ) (5). Ordinairement alors la sub-
(1) Richerand , Observations sur l’ouverture des anévrysmes de l’aorte dans la trachée-artère et dans les bronches; dans Mèm. de la soc. mèd. d’èmul. , t. IV, p. 545.
(2) G. Hastings, A treatise on inflammation of the mucous membrane of the lungs, Londres, 1820. — T. Alcock, Observations on the inflammation of the mucous membrane of the organes of respiration, Londres, 1820.
(3) Bricheteau, De l’ hépatisation pulmonaire; dans Journ. compl. des sg. mcd., t. IX, p. 106.
stance de l’organe est homogène, friable, cassante, d’un blanc grisâtre, beaucoup plus lourde que par le passé, et douée même quelquefois d’une pesanteur spécifique supérieureà celle de l’eau.
2° La suppuration. Presque toujours le pus se fraie une voie dans les bronches. Il s’épanche plus rarement soit dans la poitrine, ce qui constitue Vempyème ( empyema ), soit dans les organes voisins , par exemple dans le pharynx ou l’aorte (1).
La bronchite se termine tantôt par la suppuration, tantôt par la formation de membranes solides ou creuses , qui remplissent la cavité, et qui adhèrent rarement à sa face interne. Cependant il est très probable que le développement de ces membranes accidentelles n’est pas précédé de toute nécessité et toujours par une inflammation de la trachée-artère (2).
Les suites de la pleurésie , sont :
a. L’épaississement, l’induration de cette membrane.
b. L’exsudation d’une sérosité qui , lorsqu’elle ne jouit pas de la coagulabilité à un haut degré, détermine Vbydrothorax ,
(1) V. Laennec, De l’auscultation médiate, t. I. — Andral, Clinique médicale, t. II. — Louis, Observations relatives à la perforation du parenchyme du poumon; dans Archiv. gcn. de mcd. t. V, p. 3zi. — Bouillaud, Nouvelles observations sur la gangrène des poumons ; dans Revue médicale,
t. iv, p. 575.
(2) Cette proposition n’est point admissible. Elle repose sur un fait signalé d’abord par Bayle, et développé depuis par Andral, savoir qu’on rencontre quelquefois, chez des individus atteints de bronchite chronique, avec même expectoration puriforme, la membrane muqueuse à peine rosée, ou même parfaitement blanche dans toute son étendue. Mais ne doit-on pas admettre alors la décoloration du tissu après la mortf Au reste, il est remarquable que le ramollissement et les ulcérations sont bien plus rares dans la membrane muqueuse bronchique que dans celle des voies gastro intestinales, et que la fréquence des ulcérations va en décroissant de haut en bas. L’inflammation de cette membrane a aussi pour résultat fréquent de l’épaissir, ce qui produit le rétrécissement des bronches. L’hypertrophie s’étend même quelquefois plus ou moins aux tissus cartilagineux et fibreux extérieurs. Il ne faut pas confondre le rétrécissement des bronches, qui en résulte, avec celui qui provient de la Compression de ces canaux par une tumeur, entre autres par dés ganglions tuméfiés, cas assez commun surtout chez les enfans, ou par un
et qui, dans le cas contraire , produit l’adhérence mutuelle des surfaces contiguës de la plèvre ( i).
Les principales formations nouvelles qu’on rencontre dans les poumons sont les tubercules.
3° Les répétitions de tissus normaux dans les organes respiratoires sont un phénomène rare. Cependant il faut y rapporter les membranes accidentelles qui se développent à la suite de la pleurésie, parce qu’elles offrent la répétition du tissu cellulaire, elles ossifications accidentelles (2), qui reproduisent le tissu osseux. Ces ossifications se présentent assez souvent sous la forme de plaques minces et alongées, collées à la face externe de la plèvre. On les observe plus rarement à la face interne de cette membrane, sous l’aspect de corps arrondis , d’abord adhérens , mais qui finissent par se détacher. La prétendue cartilaginification de la substance pulmonaire n’est probabablement, dans le plus grand nombre des cas , qu’une induration , résultat de l’exsudation. Cependant il se développe réellement quelquefois du tissu cartilagineux accidentel dans l’organe pulmonaire.
25ig. Corps étrangers. Ce sont:
i° Des entozoaires , notamment des hydatides qui se forment dans la substance ou à la surface du poumon , et des hamulaires qui vivent dans la trachée-artère.
anévrysme de l’aorte. L’inflammation chronique a également pour résultat la dilatation des bronches, sur laquelle Laennec a appelé le premier l’attention, et qù’Andral a étudiée ensuite avec beaucoup de soin, ainsi que les diverses altérations de la sécrétion fournie par la membrane muqueuse bronchique. Consultez à ce sujet : Laennec, De L’auscultation médiate, Paris, 1819, t. I, p. 124. — Andral, Observations sur quelques altérations organiques des bronches; dans Archiv. gén. de méd., t. IV, p. 5 14. — — Id. Clinique médicale, t. II, p. i-85. — Bree, Recherches sur tes désordres de la respiration; trad. par Ducamp. Paris, 1819. — Desruelles, Traité théorique et pratique du croup, Paris , 1824.
(Note des traducteurs .)
(1) Laennec, Loc. cit., t. I, — Andral, Loc. cit., t. 'II. — Id., Observations sur l’inflammation de la plèvre diaphragmatique; dans Archiv. gén. de mcd., t. III, p. 246.
(2) Rullier, Note touchant un très grand nombre de pièces osseuses développées dans le tissu du poumon) dans Archiv. gén. de méd.. t. V, p. 2.71,.
2" Des substances étrangères qui se sont accidentellement introduites du dehors dans les voies aériennes.
ARTICLE III