ÉTAT ANORMAL
2324. Il arrive quelquefois , par l’effet d’un vice primitif de conformation , que la poitrine n’est pas parfaitement close dans une étendue plus ou moins considérable de sa circonférence. Lorsque cette anomalie intéresse la face antérieure ou les faces latérales, elle entraîne la dénudation des organes internes. Quand la paroi inférieure en est le siège , elle a pour résultat une communication anormale entre les cavités abdominale et pectorale , et ordinairement la pénétration dans cette dernière de quelques unes des parties qui devraient être logées dans l’autre.
Le même état peut être aussi déterminé plus tard par des plaies, des ulcères, etc.
Un vice congénial de conformation, qui n’est pas rare, consiste dans la petitesse anormale de la poitrine, qu’accompagne presque toujours un défaut correspondant dans le développement de l’organe pulmonaire , et une disposition à la phthisie tuberculeuse.
Les altérations de texture auxquels la poitrine est exposée sont principalement des tumeurs de diverses espèces dans le médiastin. Ces tumeurs acquièrent quelquefois des dimensions considérables, et compriment tellement les organes logés dans la
(1) Comparez les mesures qu’on trouve à ce sujet dans Lobstein, Sur la première inspiration de l’enfant nouveau-né; dans Journal de médecine y t. XXXV, p. 3ii-3i2.
cavité thoracique, qu’elles font périr le sujet par suffocation ou par suspension, soit de la circulation, soit de la nutrition (1).
ARTICLE IV
DES ORGANES GLANDULEUX PLACÉS AU VOISINAGE DES ORGANES DE LA VOIX ET DE LA RESPIRATION.
2325. Auprès des organes de la voix et de la respiration se trouvent deux glandes imparfaites (2), le thyroide et \e thymus, qui se rapprochent l’une^de l'autre, non-seulement parce qu’elles offrent les caractères généraux des glandes de leur espèce, mais encore parce qu’elles sont situées immédiatement sur la ligne médiane, derrière la face antérieure du corps, au-devant des organes respiratoires, et parce qu’elles se touchent même dans les premiers temps de la vie intra-utérine.
Ces deux glandes renferment une quantité considérable de vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles n’ont point de conduits excréteurs ; mais elles contiennent, dans les vides dont elles sont creusés, un fluide différent de leur propre substance, et qu’on aperçoit surtout d’une manière très distincte dans le thymus. La métamorphose d’une quantité considérable de sang , auquel elles font probablement subir une modification de nature particulière , et la formation du fluide qu’elles renferment , sont les seules fonctions qu’on puisse leur attribuer d’une manière bien précise. C’est donc à juste titre, qu’on les considère comme jouant, dans le système sanguin , un rôle analogue à celui que les glandes lymphatiques remplissent dans le leur, c’est-à-dire comme des organesqui contribuent au perfectionnement de l’hématose. Ce qui donne un certain degré de vraisemblance à cette conjecture, c’est que le
(1) Laennec , sur te rétrécissement de la poitrine à ta suite de certaines pleurésies; dans V Auscultation médiate , t. 1 , p. 36g.
(2) P. -H. Boecklen, De tliyroidece, tliymict glandutarum suprarenalium functionibus, Strasbourg , 1753. — J. -F. Meckel, Ucber die Schilddrüse, Nebennieren und einige ihnen verwandte Organe ; dans ses Abhandlungcn aus der menschticlien and vergleiclienden Anatomie, Ilalle, 1806, p. 1-277.
sang qui a traversé leur tissu, et le fluide qu’elles préparent, parcourent un trajet de peu d’étendue pour se rendre dans le torrent du sang veineux, et s’y jettent à très peu de distance de son confluent dans le poumon.