VESSIE
2360. La vessie ( vesica urinaria ) (2) est un réservoir alongé , arrondi, plus long que large et profond, qui se trouve placé dans l’excavation pelvienne , derrière la symphyse pubienne , en dehors du péritoine, au-devant du rectum chez l’homme et du vagin chez la femme, entouré de tous côtés par un tissu cellulaire très lâche (3).
(1) Coschwitz, De valvulis ureterum , Halle, 1723.
(2) J. Parsons, Description of the human urinary bladder and the parts belonging lo it , Londres, 1742- — A. -F. Walter, De colla vesicœ viritis , Léipsick, 1745. — J. Lieutaud, Observ. anat. sur la structure de la vessie; dans Mcm. de Paris , 1753. — J. Van Beekhoven de Wind, Diss. de urete ribus et vesicà urinaria . Leyde, 1784.
(5) L’opération de la taille recto-vésicale, dont le nombre des partisans augmente chaque jour, exigeant une connaissance tjès exacte des rap-
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On distingue dans la vessie une partie supérieure , arrondie, qu’on appelle : fond (f indus ) , une partie moyenne, nommée corps , et une partie inférieure, qui a reçu le nom de col ( cervix , s. collant vesicæ urinariœ).
On doit la regarder comme une dilatation commune très considérable des uretères, qui se recourbe de bas en haut à partir de l’extrémité inférieure de ces deux conduits.
Elle se continue à son extrémité inférieure avec Y urèthre , à son extrémité supérieure avec Yourcique , sorte de ligament qui monte vers l’ombilic, le long de la paroi antérieure de la face antérieure du péritoine, en s’amincissant peu à peu.
256i. La vessie est composée, dans toute son étendue, de trois couches superposées ; mais le nombre de ces couches
ports anatomiques de la vessie, nous croyons devoir reproduire ici la description détaillée qu’en a donnée Sanson [Des moyens de parvenir à la vessie par le rectum, Paris, 1817, p. i5.) Le bas-fond de la vessie , étendu d’arrière en avant, depuis la lame recto- vésicale du péritoine jusqu’à la naissance de l’urèthre, se continuant, sur les côtés, avec les régions latérales de l’organe, sans qu’aucune ligne de démarcation bien tranchée puisse servir à l’en séparer, et mesuré par des dimensions presque égales en tous sens, est uni, par des adhérences solides, aux uretlières, aux conduits déférens et aux vésicules séminales, qui, le parcourant obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans, le divisent ainsi en trois surfaces, dont deux sont latérales, convexes, plus larges en devant qu’en arrière , placées en dehors des vésicules , et correspondent à un tissu cellulaire abondant et graisseux qui les sépare des releveurs de l’anus, tandis que la troisième, moyenne, plaéée entre les deux réservoirs spermatiques, triangulaire., ayant une base, tournée en arrière, qui correspond au péritoine ,et un .sommet,, tourné en avant, qui correspond à la prostate, est immédiatement appliquée sur la portion moyenne du rectum, dont elle suit exactement la courbure jusqu’à la glande. Là elle s’en sépare, pour se diriger obliquement d’arrière en avant, et un peu de bas eu haut, jusqu’au col de la vessie, où elle se confond avec la paissance de l’urèthre, qu’on peut considérer en quelque sorte comme en étant la continuation; Celui-ci dont l’origine, embrassée par la prostate, et confondue avec le col de la vessie, n’est pas, à beaucoup près, aussi voisine qu’on paraît l’avoir cru jusqu’ici de la symphyse des pubis, puisque, placée sur une ligne qui s’étendrait de la partie inférieure de cette symphyse au sommet du coccyx, elle en est distante d’environ deux pouces, traverse d’abord la prostate, en se rapprochant un peu du rectum , puis, devenu libre, il se porte de suite vers la racine de la
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s’élève à quatre dans la partie supérieure de sa face postérieure.
La quatrième couche , qui est la plus extérieure , et qui ne revêt l’organe que dans l’endroit qui vient d’être indiqué, est la partie antérieure de la paroi inférieure du péritoine. Celte membrane, qui n’adhère à la tunique musculeuse sous-jacente que par un tissu cellulaire très lâche , se réfléchit de la vessie sur la partie supérieure de la face antérieure de la matrice. Le reste de la vessie, qui en fait la plus grande partie, n’est couvert que par une couche de tissu cellulaire peu serré, qui l’unit aux organes voisins.
La membrane musculeuse a une texture très complexe : cependant on peut la réduire, en général, à deux couches, qui
verge, en s’engageant au-dessous ne l’arcade pubienne , dont il reste éloigné d’environ quinze lignes; en même temps il s’éloigne de l’intestin, avec lequel il forme un angle ouvert du côté du périnée, La peau de cette région et le prolongement du sphincter en bas , l’urèthre en avant , et la dernière portion du rectum garnie par ce même sphincter en arrière , forment les trois côtés d’un espace triangulaire rempli par du tissu cellulaire graisseux, dont la hase répond au raphé, et au sommet duquel se trouve la prostate. Si, prenant pour point de départ la cavité du rectum , on examine , dans l’ordre où elles se présentent, et en suivant la ligne médiane du corps , les parties placées au-devant de l’intestin, on trouve : i° en partant de la portion moyenne, et en procédant obliquement d’arrière en avant et de bas en haut, la paroi antérieure de cette portion , une couche plus o u moins épaisse du tissu cellulaire lâche et contenant un lacis de petites veines, la paroi inférieure' de la vessie et la cavité de cet organe ; 20 en partant de la courbure que forme l’intestin au-dessous de cette région, pour se diriger vers l’anus, et suivant une direction plus rapprochée de l’horizontale : la paroi antérieure dû rectum, une couche de tissu cellulaire mince et serrée, la prostate traversée par la partie de l’urèthre dans laquelle on remarque la crête uréthrale et les orifices des canaux éjaculateurs; 3° enfin , en partant de la portion la plus inférieure de l’intestin, et suivant une ligne horizontale d’arrière en avant , la paroi antérieure du rectum , unie au sphincter, l’espace triangulaire dont il a été parlé plus haut, et, tout-à-fait en devant, le bnlbe de l’urèthre et la partie postérieure du muscle bulbocaverneux. De quelque point qu’on procède, en suivant celte direction , on n’ouvre aucun vaisseau, si ce n’est les anastomoses capillaires destinées à faire communiquer le système vasculaire d’un côté avec celui du côté opposé. {Nota des traducteurs.)
sont superposées, mais qui s’entrelacent cependant l’une avec l’autre de distance en distance.
La couche externe, qui est la plus forte et la plu&.dense, se compose de fibres longitudinales. Ces fibres montent de l’extrémité inférieure des faces antérieure et postérieure de la vessie vers le bas-fond de l’organe, où on les voit, en partie s’anastomoser les unes avec les autres, en partie aussi se jeter de dedans en dehors.
Les fibres externes postérieures se réfléchissent de haut en bas, à quelques lignes au-dessous de l’urèthre, se portent de là en avant et en haut, et se continuent ensuite , de dehors en dedans, avec la couche longitudinale antérieure.
Les faces latérales sont en grande partie dépourvues de fibres longitudinales.
La couche interne est presque entièrement composée de fibres obliques, qui marchent en sens inverse les unes des autres, de manière qu’elles s’entrecroisent et s’entrelacent fréquemment ensemble. Les inférieures sont tout-à-fait transversales et plus serrées les unes contre les autres. Elles forment le sphincter de la vessie ( musculus sphincter vesicœ urinariæ ). Les autres sont bien moins rapprochées, de sorte qu’elles représentent un réseau, à travers les mailles duquel on aperçoit les membranes internes, lorsque la vessie se trouve distendue.
Au-dessous de cette seconde couche, on trouve, sur plusieurs points , mais principalement en bas, des fibres musculaires plus minces, dirigées dans le sens de la longueur, qui forment une troisième couche en cet endroit.
2362. A la tunique musculeuse succèdent la membrane vasculeuse , qui est très mince , et la membrane muqueuse. Cette dernière est lisse en apparence, ou du moins n’est garnie que de villosités extrêmement déliées. Ordinairement on ne voit pas de glandes mucipares à sa face postérieure, le col de la vessie excepté ; cependant ces glandes sont quelquefois apparentes, lorsqu’elles ont acquis plus de volume , par suite d’un état pathologique.
2363. La face interne de la vessie est lisse dans presque toute son étendue, abstraction faite de saillies inconstantes ,
DE l’appareil URINAIRE, qui sont fréquemment produites par la couche musculaire interne.
Cependant la face postérieure du col offre une éminence qui part de l’orifice de chaque uretère , se dirige en bas et en dedans, se réunit inférieurement à angle obtus avec celle du côté opposé, sur la ligne médiane, et donne ainsi naissance à un angle saillant en bas, qu’on appelle trigone vésical ou de Lieutaud ( trigonus Lieutaudi ).
Cette éminence est formée par quelques faisceaux des fibres musculaires internes , qui sont accumulés en plus grand nombre sur ce point, dont les extrémités supérieures s’attachent à la circonférence des orifices des uretères , et qui , en se contractant, étendent ces oiiûces, les élargissent par conséquent, et facilitent ainsi l’afilux de l’urine dans la vessie (1).