C. VESSIE
238 1. Les vices primitifs de conformation de la vessie sont:
i° "L'absence , qu’accompagne ou non une anomalie semblable dans le reste du système urinaire.
2° La petitesse.
3° La scission. Cette anomalie , qui n’est pas très rare , porte le nom d 'exstrophie ou extraversion de la vessie ( prolapsus vesicæ urinariœ inversœ) (2). Ses principaux caractères sont les suivans :
A l’extrémité inférieure de la face antérieure du bas-ventre, au-dessus de la symphyse des pubis , se trouve une place rougeâtre, molle, arrondie, dont les bords se continuent avec les tégumens généraux, et au bas de laquelle on aperçoit deux saillies mamelonnées , dirigées l’une vers l’autre, d’où suinte continuellement de l’urine; c’est la vessie, ayant la forme non d’une poche, mais d’une lame, dont la face antérieure est ccnstituée par la membrane muqueuse vésicale. Derrière cette membrane se trouve la tunique musculeuse, couverte elle-même par le péritoine à sa partie supérieure. Les excroissances sont les orifices des uretères, qui s’insèrent
(1) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie , t. I, p. 715.
(2) Jrf.,loc. cit.
de l’appareil URINAIRE. 58 1
dans l’endroit accoutumé , et qui ne présentent ordinairement d’autre anomalie qu’une largeur considérable.
Immédiatement au-dessus de l’extrémité supérieure de la vessie, et par conséquent bien plus bas qu’à l’ordinaire , se trouve l’ombilic.
Presque toujours alors l’urètre s’ouvre au-dessus de la verge chez l’homme, du clitoris chez la femme; il est plus ou moins fendu et plus ou moins incomplètement développé.
Considérées d’une manière générale , les parties génitales externes semblent avoir été écartées l’une de l’autre à droite et à gauche.
Si l’on excepte au plus deux cas publiés jusqu’à ce jour, la symphyse pubienne est toujours plus ou moins imparfaitement fermée, circonstance d’où dépend la brièveté apparente du membre viril chez l’homme.
Duncan (1) prétend que cette anomalie appartient surtout au sexe masculin ; mais on pourrait augmenter de beaucoup le nombre des cas cités par cet écrivain , dans lesquels on l’a rencontrée chez des individus de l’autre sexe.
4° La bifurcation de la vessie, ou sa formation par plusieurs sacs adossés les uns contre les autres (2).
5° La persistance du canal de l’ouraque jusqu’à l’ombilic , par lequel l’urine s’écoule alors.
2382. Les anomalies suivantes sont, du moins presque toujours, des vices de conformation consécutifs ou acquis :
i° Le volume excessif. Dans ce cas, il y a tantôt simple dilatation, et tantôt accroissement de volume et de masse à la fois. Cette anomalie dépend la plupart du temps d’un obstacle au cours de l’urine, situé à la partie inférieure de la vessie ou dans l’urètre.
2" Le développement considérable de la tunique musculeuse , qu’on rencontre quelquefois sans dilatation, ou même avec rapetissement de la vessie, et qui tient surtout à la présence d’un corps étranger, par exemple d’un calcul, dans la vessie elle-même.
(1) Edinb. med. and surg. Journal, l8o5.
(2) J.-A. Ehrlich , Chirurgische Beobaclitungen , t. II. Léipsick, i8i5, p. 123.
3° Les hernies de la membrane interne de la vessie à travers la tunique musculeuse ( appendices , s. processus) (1) , qui sont très rarement congéniales , et qui proviennent presque toujours de la même cause que les vices de conformation précédens.
4° La déchirure de la vessie, qui est , la plupart du temps, le résultat de sa distension excessive.
5° Les déplacemens , les hernies de la vessie. Le plus souvent la vessie fait saillie par le bas, et donne naissance à la hernie vaginale , lorsqu’elle appuie sur le vagin , soit parcequ’elle est devenue très pesante, comme dans les cas où un calcul la remplit, soit lorsqu'elle? se trouve elle-même déprimée, par le fait du rétrécissement de l’espace qu’elle occupe , comme dans la grossesse. Elle détermine alors une inversion plus ou moins complète du vagin, à la suite de laquelle elle se précipite ellemême plus ou moins, surtout lorsque l’inversion était congéniale.
On rencontre aussi la vessie dans les hernies inguinales, mais beaucoup plus rarement (2).
6° Lorsque la chute du vagin et de la vessie se fait rapidement, il lui arrive quelquefois, mais très rarement, d’être accompagnée d’une inversion du réservoir de l’urine. L’urètre doit nécessairement être plus ou moins déchiré pour que cet accident survienne.