A. REINS
2378. Les vices de conformation primitifs des reins (1), qui dépendent plus ou moins évidemment d’une suspension de développement (2), sont :
i° "L'absence d’un de ces organes ou de tous les deux.
a" La petitesse , cas dans lequel il arrive souvent, mais non toujours, lorsque cette anomalie existe d’un seul côte , qu’elle se trouve compensée par le volume plus considérable du rein de l’autre côté.
3° La différence plus ou moins considérable de volume entre les deux reins.
4° Le volume excessif de ces deux organes.
5° Leur réunion en un seul. Cette anomalie offre plusieurs différences, sous le rapport du degré et de la qualité.
Les différences relatives à la qualité roulent principalement sur la situation. Tantôt il n’existe aucune trace indiquant qu’un rein ait jamais existé dans l’endroit où l’on n’en trouve pas: le rein unique occupe l’emplacement accoutumé, suit la direction ordinaire , et l’on reconnaît qu’il doit naissance à la réunion des deux, non seulement parce qu’il est plus gros que dans l’état normal, mais encore parce qu’il offre un rétrécissement à .<■ a partie moyenne, et parce qu’on y observe aussi multiplication dans les vaisseaux, la scissure, le bassinet et l’uretère. Tantôt les deux moitiés de la masse unique sont situées chacune dans l’endroit ordinaire.
A l’égard des différences relatives au degré , en général, les deux reins ne sont unis que par leur partie inférieure, et jusqu'à une hauteur plus ou moins considérable , de manière
(1) O. Heer, Derenum morbis, Halle, 1790.
(2) Voyez, sur ces vices de conformation, mon Handbuch der patholugischen Anatomie, t. I, p. 6io.
DE L’APPAREIL l'RINAIRE.
qu’ils représentent une masse demi-circulaire, dont la concavité regarde en haut et ia convexité en bas. Il est plus rare que la réunion s’étende à leur hauteur tout entière, cas dans lequel ils se trouvent convertis en une masse ronde ou carrée.
6° La forme plus alongée qu’à l’ordinaire.
y° La situation du bassinet sur la face antérieure.
Ces deux anomalies coïncident ordinairement avec l’excès du volume; maison les rencontre aussi quelquefois sans qu’il y ait aucune trace d’hypertrophie.
8° La structure lobuleuse, qui est portée quelquefois jusqu’au point de donner naissance à plusieurs reins séparés.
9° La situation plus déclive qu’à l’ordinaire , et telle même quelquefois qu’on trouve les deux reins dans le bassin.
2379. Plusieurs de ces anomalies se développent aussi dans le cours de la vie seulement : c’est ce qui a lieu en particulier pour l’hypertrophie et l’atrophie. Il n’est pas rare, en effet, que les reins augmentent de volume, quelquefois même à un point énorme , quoique , à la vérité , en changeant de texture, ou qu’au contraire ils disparaissent et s’effacent presque entièrement. Dans ce dernier cas, tantôt ils diminuent beaucoup de volume, mais leur masse demeure solide ; tantôt ils conservent leur volume , ou même en acquièrent un plus considérable, mais leur substance se détruit presque en totalité, et ils se trouvent convertis en un sac à parois minces. L’atrophie de la première espèce survient à la suite d’une maladie de l’organe; la seconde ne reconnaît pas toujours pour cause une maladie antécédente, et dépend souvent d’un obstacle àl’écoulement de l’urine qui existe au-dessous de la glande.
B. ÜHE1ÈHES.
238o. Les vices de conformation de l’uretère méritent surtout de fixer l’attention.
Les congéniaux sont :
i° U absence.
20 h' interruption, par fait d’occlusion sur un ou plusieurs points.
58o ANATOMIE SPÉCIALE.
3° La pluralité , qui provient de la non-réunion des branches du bassinet , et qui offre différens degrés (i).
Le plus commun de tous les vices consécutifs de conformation est la dilatation anormale , la distension , par suite d’un obstacle au cours de l’urine , ayant son siège soit dans l’uretère lui-même , soit dans une autre portion de l’appareil urinaire, ou même hors de cet appareil. Les obstacles du premier genre sont les calculs et les rétrécissemens ; ceux de la seconde espèce sont l’engorgement des glandes pelviennes, la tuméfaction des parties génitales internes, les adhérences de ces parties, soit entre elles , soit avec les organes voisins, etc.
L’uretère finit quelquefois par se déchirer à la suite d’une distension excessive.