OEGANF.S DE LA COPULATIOB
2421. Les organes de la copulation se composent, chez la femme , du vagin , du clitoris , des grandes lèvres et des petites lèvres. On donne aussi à ces trois dernières parties le nom de parties génitales externes ( pudendum , s. cunnus ) , par opposition avec les autres, qu’on appelle internes.
a. Vagin.
a. Configuration et dimensions .
2422. Le vagin ( vagina ) est un canal membraneux , à parois minces, ordinairement long de quatre pouces , sur un de large, et plus ample â sa partie supérieure qu’à l’inférieure , qui suit immédiatement la matrice.
Son extrémité supérieure, terminée en cul-de-sac, et appeléefond (fundus vaginœ ) , se continue avec la substance de la matrice, dont elle embrasse la portion inférieure ou vaginale (portio vaginalis ). L’autre extrémité , qui est la plus étroite, et qu’on nomme entrée du vagin ( aditus vaginœ ) , s’ouvre â l’extérieur, où elle se continue avec les grandes lèvres.
plication est très vague, sinon même tout-à-fait inintelligible. L’analogie, quand il n’y aurait pas d’autre motif que celui-là, ne permettrait pas de douter que la face interne de la matrice ne soit tapissée par une membrane. ( Note des traducteurs. )
(1) M. Naboth, De sterilitate mulierum , Léipsick , 1707.
fi. Situation et direotion.
2420. Ce canal est situé entre le rectum, la vessie et l’urèthre , parties auxquelles l’unit un tissu cellulaire très lâche.
Il n’a pas la même direction que la matrice , car il descend d’arrière en avant , de sorte que son axe correspond assez exactement à l’axe inférieur du bassin. Du reste sa paroi postérieure est un peu convexe, et l’antérieure concave.
y. Texture.
2424* Le vagin est formé de deux couches; l’une externe, très mince, solide, d’un blanc rougeâtre, qui correspond aux tuniques vasculeuse et musculeuse, se continue avec le tissu fibreux de la matrice, et devient peu à peu, de dehors en dedans, plus solide et moins riche en vaisseaux; l’autre interne , rougeâtre, est solidement unie â la précédente , dont on parvient cependant à la séparer. Cette dernière est la membrane muqueuse. Elle offre des rides nombreuses chez la femme qui a pris tout son développement , et surtout chez les vierges. Parmi ces rides, on en distingue principalement , sur chacune des faces antérieure et postérieure, une série de transversales et d’obliques , situées les unes au-dessus des autres ( columna rugartun anterior et posterior) , qui sont la continuation de eellcs qui existent dans le col de la matrice , où on les a désignées sous le nom d’arbre de vie.
Il y a des glandes mucipares considérables à la partie supérieure du vagin.
b. Hymen.
2425. 'L’hymen [hymen, s. valvula vaginis) (i) est une duplicature semi-circulaire de la membrane muqueuse des parties
(1) A Vater, De liymene , Wittemberg, 1727. — J. -J. Huber, De Itymeneelvagin.ee rugis, Leyde, 1742. — B. -S. Albinus, De hymcnc; dans Annul. acad. , Leyde, 1758, 1. IV, x. — Goering, De hymene , Altdorf, 176a. Lr. Tolberg, De varielate liymcnum, Halle, 1791. — B. -F. Osiander, Abliandlung iiber die Sckeidenklappe; dans ses Denkwiirdigkciten fur die Geburlskülfc, t. Il , cab. 1, p. 1.
génitales, formée Je Jeux feuillets réunis par du tissu cellulaire, qui occupe les parties latérales et la partie postérieure du contour de l’entrée du vagin, et qui laisse une ouverture plus ou moins considérable entre son bord concave antérieur et la partie antérieure du vagin. Il n’est pas rare que ce repli naisse de toute la circonférence du canal. Cependant , même alors, l’ouverture se trouve presque toujours en devant, et rarement dans le milieu. Il est très rare aussi que l’hymen soit épais, dur, solide et garni de fibres musculaires. Cette membrane établit une séparation entre les parties génitales internes et les externes, de même qu’entre les organes générateurs et l’appareil urinaire, puisqu’on aperçoit, en avant d’elle, l’orifice de l’urètre, entouré de petits replis semblables.
e. Clitoris.
a. Clitoris en lui-même.
2426. Le clitoris ( clitoris , s. membrum muliebre, s. coles foniinarum, s. nympha) (1) est un corps oblong, arrondi, situé au-dessous de la symphyse pubienne. Il naît de la partie supérieure de la face interne de la branche montante de l’ischion, par deux branches, longues d’un pouce environ , qui se réunissent à angle obtus. Il se termine en devant par un petit renflement alongé et arrondi , qu’on nomme gland du clitoris ( glans clitoridis ). Ce renflement est tapissé par une membrane muqueuse mince, et par un épiderme épais , mou , facile à détacher, et entouré par un repli triangulaire de la peau , qui l’enveloppe enitèrement. Ce repli cutané, appelé prépuce du clitoris ( prœputium clitoridis) , fermé en haut, ouvert ou fendu en bas, est mince, mou et humide sur ses deux faces, mais principalement sur l’interne. On y remarque un grand nombre de glandes sébacées, dans l’endroit surtout où le prépuce se continue avec la peau qui entoure le gland du clitoris.
En examinant les choses de plus près, on reconnaît que le gland n’est pas une continuation de la substance de la partie
(i) T. Tronchin, De nymphâ , Leyde, 1730.
616 AN ATOMIE SPÉCIALE.
postérieure du clitoris, mais qu’il ue tient à ce dernier que par du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs, et que la partie postérieure du clitoris se termine par une surface concave , destinée seulement à le loger.
2427. Le clitoris secoinpose d’une gaîne fibreuse extérieure, au-dessous de laquelle on trouve un tissu spongieux formé par de larges troncs veineux que réunissent de fréquentes anastomoses. Aussi donne-t-on à ses parties latérales le nom de corps caverneux ( corpora cavernosa , s. spongiosa clitoridis ). Après la réunion des deux branches par lesquelles il naît, on remarque, entre ses deux moitiés latérales, une cloison fibreuse perpendiculaire , qui les sépare l’une de l’autre, mais d’une manière incomplète, et qui se continue immédiatement avec l’enveloppe extérieure.
Il n’existe aucune trace de cloison dans le gland, qui, du reste , est formé d’un tissu semblable, mais plus fin.
Cette texture rend le clitoris susceptible de se goufler beaucoup.
Sur sa face dorsale marchent ses vaisseaux et ses nerfs , qui sont considérables, et qui, les derniers surtout, pénètrent dans le gland.
fi. Muscle ischio-caverneux.
2428. Les branches du clitoris sont couvertes , à la partie inférieure de leur circonférence, par un muscle pair considérable , qui naît, immédiatement au-dessous de leur extrémité inférieure , par de courtes fibres tendineuses , fixées à la face interne de la branche montante de l’ischion , et qui s’étend presque jusqu’ à leur autre extrémité. Ce muscle porte le nom d’ ischio-caverneux ou abaisseur du clitoris ( rnuscidi ischiocavernosi, s. directores , s . depressores clitoridis').
Il abaisse le clitoris, et peut contribuer à expulser le sang qui s'y accumule pendant l’erectipn.
cl. Petites lèvres.
2 |2(). Les petites lèvres , lèvres internes ou nymphes ( labia piulendi inter tue,?,, minore s, ^.nyrnphcp) s ont deux replis oblougs,
rouge5tres, ridés, semblables à des crêtes de coq, et fortement comprimés de droite à gauche, qui se confondent ensemble en arrière, et dont les extrémités antérieures se réunissent dans le gland du clitoris. La peau qui les revêt est très délicate, molle, humide, dégarnie de poils, et semblable à une membrane muqueuse, surtout à son côté interne. Leur face interne se continue avec le vagin , et l’externe avec les grandes lèvres. Elles sont formées par un tissu spongieux, appelé corps caverneux des nymphes et du gland ( corpus cavernosum nympharum et glandis), qui est plus fin que celui du clitoris, mais qui ressemble à celui du gland, dont il est la continuation immédiate. Les deux branches du prépuce se terminent vers l’extrémité antérieure et supérieure de ces replis, et se continuent en dehors avec eux.
Il résulte de là que les nymphes se divisent, à leur extrémité antérieure, en deux branches, dont l’interne, qui est la plus petite, se jette dans le gland, et l’externe, ou la plus grosse, se perd dans le prépuce, et que leur tissu spongieux fait corps avec celui du gland.
L’espace compris entre elles a repu le nom d evestibule (vestibulum ) .
e. Grandes lèvres.
243o. Les grandes lèvres , ou lèvres externes ( labia pudendi externa, s. magna), sont des replis considérables de la peau, dirigés d’avant en arrière, qui enveloppent les autres parties génitales externes. Leur feuillet externe est formé par la peau. L’interne l’est par une membrane muqueuse très mince, qui se continue avec celle des nymphes.
Elles se réunissent en devant et en arrière, donnant ainsi naissance aux commissures antérieure et postérieure. En devant elles se continuent insensiblement avec le mont de Vénus. Postérieurement elles sont unies, en dedans et au-dessus de la commissure postérieure, par un repli mince et transversal, qu’on appelle leur frein {frenulum pudendi).
L’espace compris entre le frein etla commissure postérieure porte le nom de fosse naviculaire ( fossa navicularis).
f. Cryptes muqueuses des parties génitales externes.
2431. Les parties génitales externes sont garnies d’un grand nombre de cryptes muqueuses considérables, qui abondent surtout à la circonférence de l’orifice uréthral et de l’entrée du vagin. Les premières ont été désignées sous le nom de prostate de Bartholin ( prostata Bartholinianà) (1).
g. Constricteur de la vulve.
2432. L’extrémité supérieure des parties génitales externes de la femme est entourée , à la hauteur des petites lèvres, par une couche musculaire mince, alongée et arrondie, qui se confond en arrière avec l’extrémité antérieure du sphincter externe de l’anus, et s’attache en devant aux branches et au corps du clitoris. C’est le muscle constricteur du vagin ( musculus constriclor cunni ).
Ce muscle contribue puissamment à rétrécir l’entrée du vagin.