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PROPRIÉTÉS VITALES ET FONCTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L HOMME

247 1 • Les testicules sécrètent le sperme , et sont la partie la plus importante de l’appareil génital, puisqu’il n’y a que l’action de cette liqueur sur Je corps de la femme qui puisse déterminer la formation d’un nouvel organisme parfait.

C’est ce que démontre la stérilité qui résulte de l’extirpa-

tion, Je l’absence congéniale ou de la dégénérescence des testicules, quoique les aulres organes génitaux soient conformés d’une manière normale.

Le sperme, liquide blanchâtre et très odorant, est composé, sur iooo parties, d’eau environ 900, mucilage animal tio, phosphate calcaire 3o, soude 10 (1).

Les testicules jouent aussi un rôle fort important dans l’organisme individuel; car lorsqu'ils n’existent pas , ou qu’ils ont été enlevés , la nature du sujet , tant corporelle que spirituelle, s’écarte plus ou moins de la règle, et reste en-deçà de ses limites ordinaires, le larynx ne se développe pas , non plus que la voix, la barbe ne croît point, en un mot l’individu n’acquiert point les caractères distinctifs de son sexe.

Des testicules, le sperme est conduit, parle canal déférent, dans les vésicules séminales, où, se comportant comme Je font toutes les autres humeurs dans leurs réservoirs, il séjourne pendant un certain laps de temps, se perfectionne, se concentre par l’absorption de la portion aqueuse (2), et subit peut-être quelques modifications par son mélange avec une humeur sécrétée dans les parois des vésicules.

A la vérité, plusieurs anatomistes recommandables , notamment Wharton (5), Van Horne (4), Swammerdam (5) et Hunter (6), ont rejeté cette opinion généralement admise’, et prétendu que les vésicules séminales ne reçoivent pas la semence , qu’elles sécrètent seulement un liquide particulier,

(1) Vauquelin, Annales de chimie , t. IX, p. 64- — Berzelius annonce [Annales de chimie, t. LXXXVIII, p. n5) que le sperme est composé d’une matière animale particulière et de tous les sels du sang.

(2) G. Eitner, Scmen non resorbetur, Berlin,’ 1820.

(3) De vesicutis seminalibus; dans son Adenographia , cap. xxx , p. 208.

(4 ) Prodromus observation um suarum circa partes génitales in utroque se oc u , Leyde, 1668.

(5) Miraculum naturae, s. uteri muliebris natura, Leyde, 1672, p. 10.

(6) Observations on the glands situated belween the rectum and bladder, called vesiculce séminales; dans ses Observations on certain parts ofthe animal œconomy, Londres, 1786, 1792, p. 5i.- — Chaptal, Mcm. où l’on se propose de faire voir que les vésicules séminales ne servent pas de réservoir à la semence séparée des testicules; dans Journal de physique , 1787, p. 101.

qui se mêle à l’humeur fournie par les testicules , et que quelques uns , Whartonpar exemple, ont considéré comme la semence proprement dite. Ils se fondent sur les argumens suivans :

i° Les vésicules séminales et les conduits éjaculateurs n’ont pas de canal excréteur commun (1).

2° Leur structure est glanduleuse (2).

3° Un liquide injecté au fond de la vésicule séminale, pénètre dans le conduit déférent (3).

4° Plusieurs animaux, notamment les poissons, ont des vésicules séminales, mais sont privés de testicules (4)/

5° Le fluide contenu dans les vésicules séminales est différent du sperme , tant chez l’homme que chez les animaux ; il est beaucoup plus clair et plus liquide, et n’exhale pas l’odeur propre à la semence (5).

6° Le fluide qui sort quelquefois par l’urètre, lorsqu’on fait de violens efforts pour aller à la selle, se rapproche beaucoup de celui qu’on trouve dans les vésicules séminales (6).

7° Chez les hommes qui ont perdu un testicule (7) , ou dont un des testicules ne communique plus avec sa vésicule séminale, cette dernière , et même la partie inférieure du canal déférent du même côté, ont été trouvées, non pas rétrécies ou vides, mais au contraire plus grosses et plus pleines que celles du côté opposé (8).

8° Lorsque le coït n’arrive pas au but , c’est dans le testicule , et non dans les vésicules séminales, qu’on ressent de la douleur (9).

90 Les vésicules séminales sont aussi pleines chez les hommes âgés, ou qui ont été malades pendant long-temps, que

(1) Wharton, p. 209. — Van Horne.

(2) Ibid.

(3) Swammerdam, loc. cit., p. 10.

(4) Idem, dans Brugnone, Mctn. de Turin, 17 86, p. 619.

(5) Hunter, p. 32, 38, 39.

(6) Id., p. 33.

(7) Id., p, 35-36.

(S) Id., p. 57.

(9) Id., p. 3 7.

chez ceux qui sont morts subitement, ou chez les jeunes gens (1).

io° II n’y a réellement pas , chez plusieurs animaux, de communication entre les vésicules séminales et les canaux déférens (2).

ii° Les vésicules séminales sont remplies de liquide après l’accouplement, chez plusieurs animaux, en particulier les cochons-d’Inde (3).

12° On n’en trouve aucune trace chez divers animaux (4).

2472. Cependant plusieurs de ces faits sont ou peu concluans, ou même inexacts , de sorte qu’on parvient aisément à les réfuter, et à maintenir ainsi l’ancienne opinion (5).

1° Les vésicules séminales et les conduits déférens commu niquent réellement ensemble de la manière que j’ai indiquée précédemment.

20 La structure glanduleuse des vésicules prouve seulement qu’elles sécrètent, et non qu’elles ne reçoivent pas de semence.

3° La facilité avec laquelle les liquides qu’on y injecte pénètrent dans le canal déférent atteste précisément celle avec laquelle le sperme passe de ces derniers dans leur intérieur.

4° Les organes des poissons qu’on dit être des vésicules séminales, sont réellement des testicules.

5° La différence qui existe entre le liquide contenu dans les vésicules et la semence éjaculée, peut dépendre du mélange de leur sécrétion propre avec celle des testicules. D’ailleurs la semence éjaculée se compose de la liqueur des testicules réunie à celles des vésicules séminales, de la prostate, des glandes de Cowper, et de la membrane muqueuse de l’urètre.

(1) Id., p. 37-38.

(2) Id. , p. 38.

(3) Id., p. 39.

(4) Id-, p- 4o.

(5) De Graaf, Partium genitalium defensio, Leyde, 1673. — Needham, Croone et King, dans Birch, Hist. ofthe roy. society, vol. III, p. io3. — Brugnone , Observations anatomiques sur les vésicules séminales tendantes à en confirmer l’ usage ; dans Mém. de Turin , 1786-1787. — Sœmmerring, Anmerkungen ûber Hunter’s Aufsatz; dans Blumenbach, Medic. Bibt., t. III, p- 87.

6° Il ne suit point de là que le liquide éiaculé n’ait pas passé des testicules dans les vésicules séminales. Il se pourrait d’ailleurs que le fluide expulsé pendant les efforts pour aller à la selle, provînt de la prostate et d’autres parties encore, puisqu’on observe un phénomène semblable dans les chiens, qui n’ont pas de vésicules séminales (i).

y0 II serait possible que cet effet fût accidentel, d’autant plus que la vésicule biliaire, lorsqu’un calcul empêche la bile d’y pénétrer, se distend souvent à un degré énorme par l’accumulation du mucus qu’elle sécrète.

8° L’opinion dont il s’agit a souvent au moins l’expérience contre elle. D’ailleurs, quand il n’en serait pas ainsi, elle prouverait seulement que l’orgasme vénérien accroît aussi l’action des testicules , et que la semence éjaculée provient non seulement des vésicules , mais encore des glandes ellesmêmes.

90 Le fait n’est pas toul-ù-fait exa.ct, et il ne prouve rien. Les vésicules séminales, de l’aveu même de Hunter, prennent évidemmentpart à l’acte générateur, de sorte que leur réplétion uniforme dans diverses circonstances n’est pas plus surprenante , soit qu’on fasse provenir le fluide des testicules, soit qu’on le suppose sécrété par les vésicules mêmes.

io° L’absence des vésicules séminales chez plusieurs animaux ne prouve pas que la semence ne s’introduise point dans ces réservoirs, quand ils existent. D’ailleurs la communication entre les vésicules et les canaux déférens a lieu réellement chez plusieurs animaux auxquels Hunter la refuse, tels, par exemple , que le cochon-d’Inde et le cheval , et les prétendues vésicules séminales qui, chez d’autres, ne communiquent point avec les conduits excréteurs des vésicules, sont des prostates.

11° Rien ne prouve qu’une portion du contenu des vésicules séminales ne s’écoule pas pendant le coït.

12° Il ne s’ensuit pas non plus que la semence ne coule point dans les vésicules séminales chez les animaux qui sont pourvus de ces réservoirs.

(1) Biugnone, loc. cit., p. 622.

i5° Quelque position qu’on donne au corps, les liquides injectés par le canal déférent arrivent plus tôt dans la vésicule que dans le conduit éjaculateur (i).

i4° Les substances injectées dans la vésicule sortent presque toujours par le conduit éjaculateur avant d’être arrivées au canal déférent, et ne pénètrent souvent pas du tout dans ce dernier (2).

i5“ L’air et les sondes introduits par l’orifice du canal déférent pénètrent aisément dans la vésicule, et très difficilement dans le conduit éjaculateur.

Malgré cette réfutation de l’opinion de Hunter, il est impossible de disconvenir que la sécrétion propre des vésicules séminales paraît contribuer puissamment à élaborer le sperme.

2473. La liqueur spermatique arrive dans l’urètre, et immédiatement dans la prostate , où elle se mêle avec le fluide plus séreux et blanc jaunâtre que sécrète cette glande, et qui concourt encore à la perfectionner (3).

A partir de ce point, elle est lancée dans la verge par l’action principalement des muscles bulbo-caverneux.

2474- La verge possède à un haut degré la faculté de grossir et de s’alonger, par l’excitation de l’appétit vénérien. Elle devient en même temps dure et raide, ce qui dépend, sans contredit, de la dilatation et de la tension de son enveloppe fibreuse. C’est à la disposition particulière de ses vaisseaux qu’elle est redevable de pouvoir entrer en érection. La solidité qu’elle acquiert ainsi lui permet de pénétrer dans le vagin de la femme, de remplir plus ou moins ce canal, et de darder avec force la liqueur séminale dans les parties génitales internes, principalement dans la matrice. L’érection de la verge dépend de ce que l'action nerveuse étant vivement excitée, soit dans le système entier, soit dans les nerfs du membre viril, qui sont proportionnellement très volumineux, le sang se trouve apporté en plus grande quantité par les artères 3 et n’est pas repris, par les larges et nombreuses veines de l’organe, avec autant de rapidité qu’il y afflue. On a bien pré-

(1) De Graaf, loc. cit. — Brugnone, p. 620.

(2) Brugnone, loc. cit.

(3) Haller, El. phys., t. VIlï, p. 454. — Brngnone, loc. cit.

tendu que le phénomène de l’érection ne devait point être expliqué ainsi, par l’accumulation du sang(i); mais cette opinion est complètement réfutée par des expériences (2) qui ont appris qu’en coupant la verge en érection après avoir appliqué une ligature à sa base, on trouve ses plexus veineux gorgés de sang.

2475. Le premier des changemens qui déterminent l’éjacùlation du sperme se passe incontestablement dans le gland, puisque c’est la portion la plus riche en nerfs et la plus sensible, non seulement de la verge, mais encore de tout l’appareil génital. L’exaltation que l’action nerveuse éprouve dans cette partie se communique au système nerveux tout entier, particulièrement aux nerfs des organes générateurs, active la sécrétion des testicules, des vésicules séminales et des autres glandes, et détermine des mouvemens convulsifs dans les muscles bulbo-caverneux , qui compriment la liqueur spermatique, au moment où elle arrive à la partie postérieure de l’urètre, et la lancent par saccades dans le reste de ce canal, dont l’érection de la verge a effacé la courbure.

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