Premier nerf cervical
1847- L e premier nerf cervical, appelé aussi sous-occipital * ou dixième nerf encéphalique ( nervus cervicalis primas , s. supremus , s. occipitalis , s. infra -occipitalis, s. decimus cerebri) (1) , est souvent le plus petit de tous les nerfs spinaux %
(1) G. -T. Ascii , De primo parc nervorum medullœ spinatis , Goettingue, lySo. — Sabatier, Sur les nerfs de la dixième paire ; dans Mcm. présentés , t. VII , p. 553.
puisqu’il n’est pas rare que son volume n’égale même pas celui du dernier sacré; toujours au moins est-il plus petit que les autres nerfs delà moelle épinière, à l’exception du dernier. Par sa situation, son mode d’origine et sa direction, il fait le passage des nerfs spinaux aux nerfs encéphaliques , car on le voit fréquemment chez un même sujet , et plus encore chez des sujets différons , se rapprocher des premiers par certains caractères, et des seconds par certains autres.
De là vient que, depuis long-temps , c’est-à-dire depuis Willis, on le considère comme un nerf encéphalique, comme le d'xième des nerfs cérébraux. Ce n’est que dans ces derniers temps qu’on s’est accordé généralement à le ranger parmi les nerfs spinaux, auxquels il ressemble en effet davantage qu’à ceux du cerveau.
Il naît, hors du crâne, de l’extrémité supérieure de la moelle épinière , entre la portion occipitale de l’os basilaire et la première vertèbre cervicale.
Très souvent, peut-être même dans le plus grand nombre des cas , quoique Huber considère l’existence de deux racines comme un fait constant (i) , il ne naît que par une seule racine antérieure , laquelle , comme celle du nerf hypoglosse, provient du cordon antérieur du prolongement rachidien (2).
Toujours, même lorsqu’il existe une racine postérieure, l’antérieure est beaucoup plus volumineuse qu’elle, et composée de deux à trois, jusqu’à sept faisceaux, rarement de huit, le plus souvent de deux à trois. Ces faisceaux, situés les uns au-dessus des autres, sont aussi formés de filets plus gros. La racine postérieure n’offre qu’un à trois, et très rarement quatre filets, beaucoup plus petits, dont l’inférieur, chose remarquable , a coutume d’être bien plus considérable que les autres ; ces filets se réunissent ordinairement en deux fais-
(0 De medullà spinali, Gœttingue, 1741» §• 12.
(2) Morgagni ( Ep . anat. , XVI, in-8°) dit aussi : Sepüesab co tempore ex quo semel anteriorcs tantum reperi , posteriores illas fibras quæsivi. Bis dubius luesi. Quater procul omni dubio nutlas omnino fuisse deprchcndi. Semel a dcxtris.... sed ne in eoquidem ipso.... ullam prorsus fibram c sinistris. — Voyez aussi Vicq-dJAzyr, Mèm. deParis , 1781 , p. 596. — Gordon,, p. 2 14. — Cloquet , p. 63i.
ceaux, qui se dirigent, le supérieur en dehors , et l’inférieur en haut.
Presque toujours , même lorsque la racine postérieure existe, le nerf n’est cependant formé, à sa partie antérieure, que d’une seule racine, l’antérieure, car cclle-ci remonte bien davantage que la postérieure.
Ordinairement la racine postérieure est située derrière le nerf accessoire ; mais quelquefois , ce qui d’ailleurs a lieu fort rarement, car je ne l’ai jamais observé , elle passe devant. Elle est donc, dans ce dernier cas, plus rapprochée de l’antérieure qu’à l’ordinaire, quoique le ligament dentelé l’en sépare toujours, même alors. Du reste elle est constamment plus rapprochée de la face antérieure que ne le sont les racines postérieures des autres nerfs spinaux.
Presque toujours la racine postérieure s’anastomose avec le nerfaccessoire. Il en arrive quelquefois autant à l’antérieure, mais dans des cas moins communs. Il n’est point rare que la postérieure ne s’unisse pas du tout avec l’antérieure, et qu’elle se rende uniquement au nerfaccessoire, cas dans lequel on voit ce dernier, après qu’il a produit un petit ganglion, dont l’existence n’est cependant pas constante , envoyer un ou deux filets à la racine antérieure du second nerf cervical.
Quelquefois , en place de la racine postérieure , on ne trouve qu’un plexus, qui s’anastomose avec le nerf accessoire, et dont les filets se rendent vers l’ouverture destinée au passage du premier nerf cervical (1).
Lorsqu’il ne s’opère pas d’anastomose entre la racine postérieure et le nerf accessoire, ordinairement on trouve un filet qui s’étend de celte racine à la racine postérieure du second nerf cervical; mais l’existence de ce filet n’est point constante.
La direction du premier nerf cervical est , la plupart du temps, transversale, depuis son origine jusqu’à sa sortie du canal rachidien. Il n’est pas rare non plus de le voir suivre une marche inverse de celle des autres nerfs cervicaux , c’est-
(i) Vicq-d’Azyr, loc. cil., p. 296.
à-dire se porter un peu de bas en haut et de dedans en dehors, comme les nerfs cérébraux.
Rarement les filets supérieurs de la racine postérieure se portent en haut, et les inférieurs en bas. Plus rarement encore les filets inférieurs des deux racines sont dirigés de haut en bas, tandis qu’au contraire , il est ordinaire que les supérieurs suivent cette direction.
On voit sans, peine que la petitesse, l’absence assez fréquente, et la situation en devant de la racine postérieure, sa séparation d’avec l’antérieure, l’anastomose de celle ci avec le nerf accessoire ou le second nerf cervical, et la direction du nerf entier, établissent une grande analogie entre ce dernier et les nerfs cérébraux, tandis que l’existence fréquente aussi de deux racines, et la situation de son origine , le rapprochent davantage des nerfs spinaux.
1848. Le tronc du premier nerf cervical passe entre la portion occipitale de l’os basilaire et l’apophyse transverse de l’atlas, situé dans l’échancrure latérale de la vertèbre, au-dessous de l’artère vertébrale, après avoir produit un ganglion très alongé, plus ou moins apparent, et souvent presque imperceptible. Vis-à-vis du bord postérieur de l’atlas, il se partage , comme à l’ordinaire, en eux branches, l’une postérieure, et l’autre antérieure.
La postérieure , plus volumineuse, marche obliquement en arrière et en haut, et se divise en sept ou huit filets rayonnans, destinés aux muscles petit oblique de la tête, grand oblique, petit droit, grand droit et complexus. Quelques uns pénètrent dans l’intérieur de l’apophyse mastoïde.
L’ antérieure , plus petite, se porte d’abord d’arrière en avant, le long de l’artère vertébrale, jusqu’à l’endroit où ce vaisseau sort du canal vertébral; puis elle monte ensuite entre l’apophvse transverse de l’allas et l’apophyse mastoïde. Elle se partage alors en quatre ou cinq rameaux.
Le premier se contourne sur l’apophyse transverse de l’atlas, en se dirigeant de haut en bas , et s’anastomose avec un ou deux filets ascendans de la branche antérieure de la seconde paire. Il fournil quelques filets qui s’unissent avec le nerf pneumo-gastrique, l’hypoglosse et le grand sympathique.
DES NERFS ENCÉPHALIQUES.
Le second est destiné au muscle temporal.
Le troisième entre dans le canal vertébral, se distribue à l’artère vertébrale, et envoie des filets au second nerf cervical.
Le quatrième et le cinquième naissent au-devant de l’apophyse transverse de la première vertèbre du cou, et vont se perdre dans les muscles grand et petit droits antérieurs de la tête.
Ce qu’il y a de particulier dans la distribution de ce nerf, c’est qu’étant situé à une grande profondeur, il ne distribue ses filets qu’à des muscles et à des vaisseaux, sans s’étendre jusqu’à la peau.