DES DIFFÉRENCES PÉRIODIQUES DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION
2488. Jusqu’à la sixième semaine, il n’existe aucune trace des organes génitaux. Au moment de leur apparition ils sont construits absolument d’après le même type dans tous les embryons; leur forme, leur volume, leur situation sont les mêmes, et il n’y a par conséquent aucune distinction de sexe. Les parties génitales internes se composent:
i° De deux parties fort alongées, étroites, obliques de dehors en dedans et de haut en bas, qui sont situées très
(1) El. pliys., t. VII, p. 8.
haut, hors du bassin, et qui deviennent plus tard, soit des testicules, soit des ovaires;
20 De deux conduits qui ne sont pas beaucoup plus étroits , mais qui ont plus de longueur et d’épaisseur , les dépassent en haut , et descendent sur leur côté externe. Ils produisent ou les trompes ou les épididymes et les organes éducteurs du sperme , et se réunissent , hors du bassin , en un conduit cornmun, médian, qui devient, soit matrice et vagin, soit glande prostate, vésicule séminale et partie postérieure de l’urètre;
3° D’un corps considérable , triangulaire , un peu renflé à son extrémité antérieure , collé d’abord à la partie inférieure de la paroi antérieure du bas-ventre, et qui, plus tard, pend librement en avant. Ce corps est formé de deux moitiés séparées l’une de l’autre par un sillon qui marche le long de sa face inférieure. Avec le temps il produit soit la verge, soit le clitoris;
4° Il ne tarde pas à se développer, sur les parties latérales de ce dernier corps, et de chaque côté, un repli de la peau dirigé d’avant en arrière. Ces deux replis ne sont point réunis ensemble à la partie postérieure. Ils se convertissent soit en scrotum, soit en grandes lèvres.
2489. Home (1), Autenrieth (2) et Ackermann (3) avaient déjà reconnu cette identité primitive des organes génitaux dans tous les individus , quoiqu’ils aient peut-être indiqué avec moins d’exactitude et de précision les caractères de la forme primordiale et la manière dont s’établissent les différences. Tous les embryons de cette période, dont j’ai comparé au moins quinze, offrant exactement la conformation que je viens de décrire, il est plus exact de considérer, ainsi qu’on est dans l’usage de le faire, le raphé du scrotum et de la verge comme un vestige de la séparation qui existait d’abord , et qui disparaît peu à peu par l’occlusion de la fente d’arrière en avant, que d’y voir, avec Autenrieth , la preuve
j (1) Phil. trans., 1790.
(2) Infant is androgyni historia, Iéna, i8o5, p. 53.
(3) Ueber die Verschiedenkeit beider Geschlechter; dans Reil, Archiv fur die Physiologie, t. Ail, p. 88.
d'une tendance à cette séparation, qui ne se réalise que chez la femme. Aussi ai-je déjà dit , depuis long-temps , en raisonnant d’après les faits qui m’avaient été fournis par l’observation, que les parties génitales sont construites d’après un même type, en particulier d’après celui du sexe féminin (i). J’ai ensuite établi, toujours d’après l’observation, que leur caractère se rapprochait d’abord davantage de celui du sexe féminin dans tous les embryons (2) , et Tiedemann a confirmé ce résultat en décrivant avec beaucoup d’exactitude plusieurs embryons très rapprochés du moment de leur origine (3). Ces phénomènes sont remarquables sous deux points de vue :
i° En ce qu’il n’y a généralement pas non plus d’organes génitaux chez la plupart des animaux inférieurs , ou du moins que ceux qui existent correspondent aux parties génitales femelles de ceux chez lesquels il s’est établi deux sexes , de manière qu’ici encore c’est une même loi qui préside au développement de l’embryon et à celui de la série animale ;
20 En ce qu’ils expliquent pourquoi on rencontre plus de monstres femelles que de monstres mâles.
D’un côté, le volume considérable du clitoris, la petitesse de la matrice, peut-être une véritable connexion entre les ovaires et les trompes; de l’autre, la situation des testicules dans le bas-ventre, font, à la vérité, que les deux sexes continuent encore pendant long-temps d’avoir l’un avec l’autre plus de ressemblance qu’ils n’en ont dans la suite. Cependant, dès le troisième mois de la grossesse , les ovaires sont touj ours plus petits que les testicules; ils sont situés plus horizontalement, et la verge diffère du clitoris en ce que le sillon s’est effacé à sa surface.
(1) Abhandtungen aus der menschlichen und vergleichenden Anatomie, î8o6, t. II, J’y ai décrit six embryons de cet âge. — Beyirâge zur verg leiclienden Anatomie, 1808, t. I, cah. i, n° 5. J’y ai décrit douze embryons du même âge.
{2) Beytrâge zur vcrgtieclienden Anatomie, t. II , cah. 11, p. 170, Léipsick, 1812.
(3) Anatomie der hopftosen Missgcburten, 1 8 1 3 , p. 80.