OVAIRES
2491. Les ovaires (1) ont d’abord, proportion gardée, et surtout eu égard aux autres organes génitaux, un volume bien supérieur à celui qu’ils présentent dans le cours des périodes subséquentes. Ils forment pendant long-temps la plus grande partie de la masse de ces organes, quoique, dès que la différence des sexes s’est prononcée d’une manière bien évidente, ils soient proportionnellement plus petits que les testicules, et que cette différence constitue même déjà auparavant un de leurs principaux caractères distinctifs. Dans les embryons du milieu du troisième mois , qui ont ù peu près deux pouces de long, leur longueur s’élève à peine à une ligne et un quart , leur hauteur à moins d’une demi-ligne, et leur épaisseur à un peu moins d’un tiers de ligne. Chez le foetus à terme , ils pèsent entre cinq et dix grains. Ils sont situés presque horizontalement à une grande distance au-dessus du petit bassin , mais leur situation horizontale fait que leurs extrémités supérieures ou externes ne s’élèvent point aussi haut que les testicules dans les embryons mâles du même âge, de manière qu’ils sont fort éloignés de toucher aux reins. Leurs extrémités internes sont, au contraire, tellement rapprochées l’une de l’autre , qu’il n’existe entre elles que le rebtum, à cette époque très étroit, et que cet intestin ne les sépare même pas complètement. Leur forme est très alongée , étroite, prismatique; c’est seulement à l’époque de la puberté qu’ils deviennent arrondis, et qu’ils acquièrent plus d’épaisseur en proportion de leur longueur. Leur capsule est très mince, non seulement chez le fœtus à terme, mais encore pendant tout le cours des premières années de la vie.
(i) Roscnmuller, Deovariis embryonum et fœtuum, Léipsick, 1802.
Leur tissu est plus simple jusqu’au milieu de la première année de la vie extra-utérine. Sous ce rapport je n’ai jamais pu y découvrir aucune trace des vésicules de Graaf avant l’âge de six mois. C’est vers cette époque seulement que se forment ces vésicules, et elles ont tout d’abord des dimensions proportionnelles très considérables.
Lorsque la femme a parcouru la moitié de sa carrière, les ovaires commencent à devenir plus durs et à s’atrophier. Ils perdent leur poli, et leur surface paraît plus ou moins inégale, parce que les dépressions qu’on y remarquait se sont converties en enfoncemens considérables. Cet effet tient principalement à la disparition du parenchyme; mais les vésicules subissent en même temps une dégénérescence/, elles se rapetissent, leurs membranes deviennent plus épaisses, enfin leur cavité s’efface tout-à-fait, et elles se convertissent en des corps jaunâtres , noirâtres, -ouvent fibro cartilagineux ou osseux. Les ovaires s’atrophient tellement chez les femmes avancées en âge, qu’on n’en retrouve quelquefois plus aucun vestige , et que les vaisseaux seuls indiquent la place qu’ils occupaient. Souvent alors il leur arrive de peser à peine vingt grains.
2492. Suivant plusieurs écrivains, tels par exemple que Malpighi (1), Vallisneri (2), Santorini (3), Bertrandi (4), Brugnone (5) et Buffon (6), la formation des corps jaunes ( corpora luteci) appartient aussi à l’histoire du développement des ovaires, parce qu’ils les ont trouvés, tant chez des filles vierges au physique, que chez de très jeunes femelles d’animaux. Mais, d’un côté, il n’est pas bien prouvé que ces corps eussent réellement la même origine et la même signification que les corps jaunes ordinaires; de l’autre, il est extrêmement vraisemblable que leur formation avait été précédée par une exaltation de
(1) Diss. ep. var largum.; dans Opp. omn., Leyde, 1687, t. II, p. 223.
(2) Von der Erzeugung des Menschen und der Thiere , p. 11 , c. 111, p. 262, 3ig.
(3) Obs. anat., c. xi, p. 32a.
(4) De glandutœ ovarii corporibus; dans Mise. Taur. t. I, p. io4-
(5) De ovarii eorumque corporibus luteis ; dans Mém. de Turin, 1790, p. 3g3.
(S) Ilist. nat., t. II, p. 2o3.
l’activité des organes génitaux,due à une cause quelconque. Je crois donc qu’il est plus à propos d’en renvoyer l’examen au chapitre dans lequel je parlerai des changemens que la grossesse fait éprouver aux parties génitales.