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B. ALTÉRATIONS DE TEXTURE

2053. Je dois surtout parler des altérations de texture qu’offre le péritoine (5), et qui lui sont commupes avec les autres membranes séreuses.

Cette membrane est souvent le siège d’une inflammation plus ou moins étendue, qui devient la source d’adhérences plus ou moins larges et solides. Ses phlegmasies ont aussi pour résultat de produire, soit dans son feuillet externe, soit dans son feuillet interne, une induration, un épaississement, souvent très considérable, et qui peut aller jusqu’à plusieurs lignes. Cette altération est surtout déterminée par l’inflammation qui se prolonge beaucoup. On peut en rapprocher une autre, qui dépend de la même cause , et qui appartient presque en propre au péritoine; c’est le développement, sur sa face Interne, d’une multitude de petites élévations semblables à celles de la miliaire.

(1) N cuba uer, Deseript. anat. rarissimi perltonæi conceptaculi tcnuia intcstina a reliquis abdom. vise, scclusa tenenlis, Iéna, 1776- — Van der Kolk, Diss, exhibens observ. varii argumenti, Groningue, 1793. — Lawrence, toc. cil.

(2) Meckel, Handbuch der patlwlogischen Anatomie , t. II, p. /\&y. — Cooper, Uebcr Bruche, p. 96.

(3) Meckel, Ilandbuch der palliologisclien Anatomie , t. II, p. 45o.

(4) Clarke, Discases of femates , tab. îv.

(5) J. -G. Walter, De morbis perltonæi, Berlin, 1787. — Goelicke, De mesenterii affectibus, Halle, 1742. — Stock, loc. cil. — Reebmann, loc. cil. — llalder, De morbis omenti, Gœttingue, 1786. — A. Portai, Observations sur les tumeurs et engorgemens de l’épiploon; dans Mém. sur plus, maladies , t. I, iSoo, p. 67. — Scoutetten, Mémoire sur l’anatomie pathologique du péritoine; dans Archiv. gèn. de méd., t. III, p. 497; t. IV, p. 586; t. V, p. 5 .7. — D.-V. Van Leuwen , De perilonceo ejusque in/lammalione , Utrecht, 1819

La cavité abdominale est très fréquemment le siège de l’hydropisie,qui y prend le nom d 'ascite. Le plus ordinairement, la sérosité occupe la cavité tout entière; dans quelques cas rares, elle ne remplit que les épiploons.

Il se développe quelquefois des masses de graisse considérables à la face interne du péritoine , même chez les sujets qui n’ont pas beaucoup d’embonpoint. Le grand épiploon offre surtout des exemples fréquens de cette anomalie, et l’on a vu alors son poids s’élever jusqu’à trente livres (i).

Les ossifications sont rares à la face externe du péritoine ; mais on en rencontre très souvent, de distance en distance , dans son feuillet interne, notamment à la surface de la rate. L’épiploon offre quelquefois une dégénérescence semblable ^2).

Il se développe rarement aussi à la face interne du péritoine des masses cartilagineuses et osseuses, arrondies, semblables à celles qu’on trouve dans les articulations, et qui finissent par devenir libres, en se débarrassant de leurs attaches.

On rencontre plus rarement encore des poils dans l’épiploon.

Il n’est pas rare de trouver, sur les deux faces du péritoine et dans les épiploons, des kystes séreux et des amas plus ou moins considérables d’hydatides. Les kystes séreux se détachent quelquefois aussi, et deviennent flottans (5).

Le feuillet externe, plus souvent l’interne, en particulier les épiploons et les mésentères, sont assez fréquemment le siège de formations accidentelles , de substances blanchâtres, plus ou moins solides, qu’on a décrites sous les noms d’athérômes, de stéatômes , etc., et qui acquièrent souvent un poids supérieur à celui dont j’ai parlé plus haut pour les tumeurs graisseuses.

Le déchirement des réservoirs que contient le bas-ventre donne lieu à un épanchement de bile, de sang, ou du contenu, soit des intestins , soit de la matrice, dans sa cavité.

(1) Portai, Anat.mèd., t. V, p. 127.

(2) Mongin, Sur la pétrification de l’épiploon , Paris, 1735.

(3) Desbas, De livdrope pcritoncei sacr.ato, Gœttingue, 17 61

L’air qui remplit quelquefois la cavité du péritoine, ou seulement celle des épiploons, provient de la même source dans certaines circonstances. Mais telle n’est probablement pas toujours son origine, car il peut se faire aussi, quoiqu’à la vérité fort rarement, que ce fluide soit exhalé par les vaisseaux, dont le mode d’action se trouve changé.

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