‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 256 sur 289 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

2555. Avant d’entrer dans le détail des phénomènes que présente la conception , il est indispensable d’établir les corollaires suivans :

i° Le foetus est produit, et ne se borne pas à se développer, puisqu’on n’en aperçoit aucune trace avant le coït suivi de fécondation.

20 La plus générale de toutes les conditions nécessaires pour sa production est l’action de la liqueur fécondante normale du sexe masculin sur les organes génitaux de l’autre sexe, arrivés au terme de la maturité , et se trouvant dans un état d’exaltation vitale.

3" La plus importante des conditions spéciales est la nécessité d’un certain rapport, d’une certaine ressemblance, entre l’organisme masculin et le féminin (1).

Le premier problème A résoudre est celui qui concerne la manière dont la semence du mâle détermine la conception. A cet égard, il règne deux opinions :

i° Les uns admettent que le sperme arrive à l’ovaire parla matrice et la trompe de Failope, qu’il y opère d’une manière immédiate les changemens qui se passent dans cet organe, et même que sa substance se réunit plus ou moins, dans la matrice, avec le produit de l’ovaire, pour donner naissance au nouvel organisme.

20 Suivant d’autres, le sperme n’agit pas sur l’ovaire d’une manière immédiate, mais seulement d’une manière secondaire, au moyen d’un changement qu’il détermine, soit dans l’organisme entier, soit dans les organes génitaux, et ne contribue pas non plus, par sa propre substance, à la formation du nouvel organisme.

(i) Wolstein, (Jeter das Paaren itnd Verpaaren (1er Menschen und Thiere% Altona, 181 5.

DE LA CONCEPTION DANS l’ÉTAT NORMAL. ^35

Les principaux faits qu’on allègue en faveur de la première opinion sont :

i° La nécessité d’une voie ouverte à la semence pour que la fécondation ait lieu, puisqu’elle ne s’opère pas lorsque la cavité des organes génitaux de la femme offre une interruption quel-' conque.

2° Le sperme qu’on a trouvé dans la matrice et les trompes chez des femmes mortes pendant l’acte vénérien ou peu de temps après.

3° La nécessité de la copulation même pour qu’un nouvel organisme se produise, car il est difficile d’admettre que la fécondation puisse également se faire par toute partie du corps dénuée d’épiderme , ou du moins couverte d’un épiderme aussi mince que celui des parties génitales, comme on l’a prétendu (i).

4° L’analogie des animaux chez lesquels les œufs sont fécondés, à leur sortie du corps de la femelle, par la semence dont le mâle les arrose.

Mais ces faits ne suffisent pas pour démontrer l’exactitude de l’hypothèse à l’appui de laquelle on les invoque.

i“ Relativement au premier argument, il serait possible que la stérilité dépendît d’autres causes, et d’ailleurs il s’ensuivrait seulement qu’il faut nécessairement que la semence agisse sur un certain organe, par exemple la matrice ou le vagin, pour que la fécondation ait lieu.

2° Le liquide qu’on a trouvé dans la matrice et les trompes n’était peut- être pas de la semence, mais un fluide sécrété par les parties génitales de la femme, qu’on rencontre souvent dans la cavité de ces deux organes.

3° Le troisième argument prouve seulement que la semence doit agir sur un certain organe.

4° Le quatrième prouve tout au plus que la condition dont il s’agit est de rigueur chez les animaux qu’elle concerne; enéore même ne le démontre-t-elle pas, puisque les œufs de ces animaux sont entourés d’une couche épaisse de mucosité.

(i) Treviranus, Biologie, t. III, p. 407.

On peut encore citer contre celle hypothèse et à l’appui de la seconde :

Les expériences dans lesquelles on a observé au moins le développement des corps jaunes, quoique les trompes eussent été liées avec soin (1).

20 En faisant des expériences très soignées sur la génération, on n’a presque jamais trouvé de sperme dans la matrice, et les suites de. la conception ne se déclarent que plusieurs jours ou plusieurs semaines après la copulation.

5° La disposition des organes génitaux de la plupart des animaux est telle, à raison de leur longueur considérable, de leurs flexuosités chez les femelles, des saillies notables qui garnissent le col de la matrice, et de la brièveté des organes mâles, qu’il paraît presque impossible que le sperme arrive jusqu’aux ovaires.

4° La sensation générale de volupté et une foule de signes généraux qui accompagnent la fécondation.

Il résulte de là que l’influence du mâle se borne à exalter l’activité plastique de la femelle jusqu’au degré nécessaire pour la production du nouvel organisme. Cette exaltation se manifeste, comme je le dirai bientôt, par la formation immédiate, dans l’ovaire, d’un nouvel organe, d’un testicule temporaire, qui sécrète un fluide doué de la propriété de se développer spontanément.

ARTICLE PREMIER

UES CHANGEMENS QUE LA COPULATION ET LA CONCEPTION APPORTENT DANS LES ORGANES GÉNITAUX (2).

2556. L’acte vénérien imprime d’abord aux parties génitales externes un grand changement, qui consiste en ce que l’hymen se trouve ordinairement détruit, d’une manière plus ou moins

(1) J.Haighton, dans Phit. trans., 1797.

(2) .S. Pineau, De virginitatis notis, graviditate et partu, Leyde, 1 654-

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complète. Ses débris donnent naissance aux caroncules myrtiformes ( carunculœ myrtiformes), nom sous lequel on désigne trois ou quatre petites éminences, presque toujours triangulaires, qui sont placées sur les parties latérales et postérieures de l’entrée du vagin. Cependant la présence de l’hymen n’est point un signe certain de virginité physique; d’un côté, parce qu’on a trouvé assez souvent cette membrane conservée, non seulement chez les femmes qui avaient exercé plusieurs fois le coït (1), mais encore chez d’autres qui avaient mis au monde des embryons plus ou moins avancés, et même des foetus de sept mois (2) ; d’un autre côté, parce quelle peut avoir été détruite sous l’influence d’autres causes, et même ne point exister par vice primitif de conformation.

L’ampliation du vagin et l’effacement de ses rides sont deux caractères bien moins constans et moins sensibles encore.

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