‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 26 sur 289 · II. NERF ACCESSOIRE · texte numérisé non relu

II. NERF ACCESSOIRE

i855. Le nerf ‘accessoire Ç5) , trache’lo-dorsal , Ch. ( nervus spinalis ad par vagum accessorius , accessorius W illisii) (4) , naît , par un grand nombre de filets , de la partie postérieure de la face latérale du cordon postérieur de la moelle

(1) Heuermano, Physiologie , t. II, p, 2g5.

(2) Sœrxunerring , Nerventchre , p. 262. — Scarpa, Tab. neurol. , Pavie, 3794 , p. 16-17. Deux cas.

(3) C’est à tort qu’on l’appelle souvent accessoire de Willis , puisqu’il avait déjà été figuré par Eustaclii et décrit par Coïter.

(4) J. -F. Lobstein, De nervo spinali ad par vagum accessorio , Strasbourg,, 1760. — A. Scarpa, Uber den zum achten Paare der Gclùrnnerven liinlaufenden Beinerven des Bûckenmarnes ; dans Abhandl. der Joscphsakad , t. I, p. 585. — Son origine a été parfaitement décrite par Iluber, Do mçdullct. spinali, speciatim de nervis ab câ prçvenientibus , Goettingue, i/4î .

§ vii-xi.

T) Il NERF ACCESSOIRE.

épinière , moule entre les racines postérieures des six nerfs cervicaux supérieurs et le ligament dentelé , plus près des premières que du second, par conséquent aussi plus rapproché des racines postérieures des nerfs cervicaux que des antérieures, pénètre dans le crâne par le trou occipital , derrière l’artère vertébrale, reçoit des filets des parties latérales de la moelle alongée, s’applique eu dessous contre le nerf pneumo- • gastrique , avec lequel il ressort du crâne par le trou déchiré postérieur, et vase répandre en partie dans la région supérieure du pharynx, en partie dans quelques muscles du dos.

Sa racine la plus inférieure , qui est aussi la plus faible , naît ordinairement à la hauteur du filet supérieur des racines postérieures de la septième paire cervicale ; la seconde à celle de la partie supérieure de la racine postérieure de la cinquième; la troisième et la quatrième, à celle de la partie supérieure de la quatrième ; la cinquième en face de celle de la troisième; la sixième entre la seconde et la troisième, et la septième vis-àvis de la racine postérieure de la seconde. Plusieurs de ces racines communiquent quelquefois, sur un ou plusieurs points, avec les filets anastomotiques des paires cervicales moyennes et supérieures.

Ordinairement aucune racine du nerf accessoire ne provient d’un point plus élevé de la moelle épinière. Cependant il arrive quelquefois que la racine postérieure du premier nerf cervical s’y joint tout entière , et forme avec lui un petit ganglion. Mais ce ganglion n’existe pas constamment dans le cas de la réunion dont il s’agit , et l’on doit même croire qu’il est extrêmement rare de le rencontrer, puisqu’il ne s’est jamais oflert à Haller , Ascii, Lobstein et Scarpa , qui 11’ont obscrvév qu’un léger épaississement du nerf (1). Je ne l’ai vu non plus, que quelquefois , malgré mes recherches multipliées.

Dans l’intérieur du crâne, il provient communément trois ou quatre racines de la face latérale du cordon postérieur de la moelle alongée, plus en arrière que les racines du nerf hypoglosse.

Ces dix ou onze racines augmentent peu à peu de longueur

t) Scarpa, (oc. cil. . p, 3qG.

et d’épaisseur de bas en haut , et se portent vers le tronc du nerf, sous des angles d’autant plus aigus qu’elles naissent plus bas. La plus inférieure est en grande partie cachée dans la pie-mère , à travers laquelle on la voit seulement percer. Dans le même temps , les racines spinales sont ordinairement simples , tandis que celles qui proviennent de la moelle alongée sont, la plupart du temps , composées de deux radicules courtes, unies à angle aigu, et naissant chacune par trois ou quatre filets. Ces radicules, dont l’une est supérieure et l’autre inférieure , et dont la seconde monte dans une direction plus rapprochée de la perpendiculaire , ne tardent pas à se réunir ensemble. En considérant la série entière des racines, on reconnaît que, de bas en haut , elles deviennent peu à peu plus antérieures.

Le nerf grossit en montant, se dirige insensiblement en dehors , et s’attache , en haut , par de courts filets , au tronc du pneumo-gastrique.

Jamais le nerf accessoire ne naît plus bas que le point dont j’ai donné l’indication. Il lui arrive, au contraire , assez souvent de commencer plus haut , vis-à-vis de la sixième vertèbre cervicale , quelquefois même , mais plus rarement , en face de la cinquième. Chez certains sujets il ne reçoit de la moelle épinière que deux ou trois racines , qui sont alors proportionnellement plus grosses.

Le nombre des filets qui proviennent de la moelle alongèe est quelquefois inférieur à celui que j’ai indiqué ; il leur arrive rarement de le surpasser , et peut-être même ce cas n’a-t-il jamais lieu. Quelquefois ils ressemblent , par leur simplicité, à ceux qui naissent de la moelle épinière.

Les endroits d’où le nerf accessoire prend son origine ne sont pas non plus toujours exactement les mêmes.

Dans des cas très rares , ce nerf est uni à la racine postérieure du second cervical, par le moyen d’un filet (i).

(1) Scarpa, toc. cit. , p. 3g5. Cet anatomiste n’a Observé cette jonction que deux fois dans ses nombreuses dissections. Je l’ai rencontrée une fois.

DU NERF ACCESSOIRE. 5g

II ne s’anastomose pas avec l’hypoglosse dans l’intérieur du crâne ( i).

Ordinairement il perce la dure-mère de concert avec le pneumo-gastrique ; mais quelquefois aussi il sort par une ouverture particulière , derrière ce dernier, avec lequel il ne tarde cependant pas â se réunir ensuite.

Toutes ces différences s’observent non seulement dans des sujets différens, mais encore assez fréquemment dans le même sujet, sur les deux côtés du corps.

En traversant la dure-mère , le nerf accessoire se trouve renfermé dans une gaine qui lui est commune avec le pneumo-gastrique; mais, dès avant sa sortie par le trou déchiré postérieur, il se partage en deux branches, l’une interne , l’autre externe.

La branche interne donne d’abord deux rameaux, qui s’unissent l’un avec l’autre, et avec un troisième descendant du pneumo-gastrique, pour produire le nerf pharyngien supérieur. Ensuite elle reçoit quelques filets du pneumo-gastrique, communique quelquefois avec l’hypoglosse , puis se réunit avec le tronc du pneumo-gastrique, pour produire un véritable ganglion.

La branche externe parcourt un trajet d’environ deux pouces en descendant profondément derrière la veine jugulaire interne , placée d’abord entre ce vaisseau et l’artère occipitale , puis entre lui et le sterno-cléido-mastoïdien. Elle se contourne un peu sur ce muscle, pour se porter en devant , le traverse quelquefois, lui donne des filets qui s’anastomosent avec ceux du troisième nerf cervical, continue ensuite de descendre , mais d’avant en arrière , en passant sur la veine jugulaire interne , augmente considérablement de volume par sa jonction avec deux rameaux anastomotiques , dont le supérieur provient de la branche antérieure du second nerf cervical , et l’inférieur de celle du troisième, passe sur l’angulaire de l’omoplate , s’anastomose avec les ramifications du quatrième et du cinquième nerfs cervicaux , et parvient à la face

t1) Scarpa (/oc. cit., p.397) s’élève contre cette assertion de Winslow. Je n’ai jamais vu non plus l’anastouiQse indiquée par ce dernier.

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ANATOMIE SPECIAtE.

interne du trapèze , dans lequel eile se répand. Ce muscle est le seul auquel elle envoie des filets.

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