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A. MEMBRANE CADUQUE

2566. La membrane caduque, épichorion , Ch. ( membrana decidua, s. caduca , lunica e xterior ovi , membrana Hunteri, s. cribrosa ) (i), qui entoure les enveloppes de l’œuf appartenant au fœtus, tient, par sa face interne, au chorion, et, par l’externe, à la face interne de la matrice.

Elle est d’une tout autre nature que les autres membranes , plus épaisse , plus opaque , mais infiniment moins solide. Elle offre à peu près la consistance de la fibrine coagulée, à laquelle elle ressemble d’ailleurs par sa couleur jaunâtre.

Son épaisseur n’est pas la même dans tous les points de son étendue ; ordinairement elle est plus considérable à la région du placenta, et moins grande à la partie inférieure, vis-à-vis de l’orifice interne de la matrice , que dans tous les autres points.

Elle va toujours en s’amincissant depuis le moment de son origine , de sorte qu’elle finit par avoir à peine une demiligne d’épaisseur. Sa face externe est d’abord inégale et tomenteuse; mais, avec le temps, elle devient plus lisse, ainsi que l’était déjà sa face interne. Les liens qui l’unissent à la matrice sont beaucoup plus lâches dans les premiers temps que sur la fin de la grossesse.

Elle offre, dans une plus ou moins grande partie de son étendue, des perforations plus ou moins sensibles, qui lui donnent une apparence réticulée, et qui la font paraître comme criblée de trous.

Elle reçoit un nombre considérable de vaisseaux, qui sont des prolongernens de ceux de la matrice, et qui s’y enfoncent dans une direction oblique.

2567. La membrane caduque ne se borne pas à entourer

(1) Haller, Elan, phys., t. VIII, p. 1 83. — Osiander, Handbuch dcr Entbindungshunde, p. I, p. 191. — F. -J. Moreau, Essai sur la disposition de la membrane caduque, sa structure et ses usages , Paris , 1814.

simplement l’œuf ; elle forme une double couche autour de lui , et se comporte par conséquent à la manière des membranes séreuses.

En effet, outre la portion de cette membrane qui s’unit, par sa face externe, à la face interne de la matrice, il en existe une seconde qui se réfléchit sur la précédente, et qui se trouve conlenue dans son intérieur. Ce second feuillet est uni avec le chorion par sa face interne, et libre à sa face externe, tandis que l’autre feuillet est libre à sa face interne, et adhérent à la matrice par l’externe.

Le premier feuillet de la membrane porte le nom de caduque externe ou caduque vraie ( rnembrana decidua ex te ma , s. vera ) ; l’autre est appelé caduque interne ou caduque réfléchie [rnembrana decidua interna , s. reflexa ) ; on lui a donné aussi la dénomination assez impropre de chorion fongueux ( chorium fungosum ) .

Cependant la disposition de la membrane caduque diffère de celle des membranes séreuses , en ce que le feuillet externe non seulement se réfléchit pour se coller sur le chorion, mais encore, à partir du point où l’inflexion s’opère, se prolonge sur ce dernier, qu’il enveloppe par conséquent de toutes parts ( i).

C’est surtout la caduque réfléchie qui est mince et réticulée, beaucoup moins épaisse que le chorion. C’est elle aussi surtout qui s’amincit à mesure que l’œuf acquiert plus de volume. Elle se rapproche également dans la même proportion de la caduque externe, avec laquelle elle finit par devenir plus ou moins adhérente.

(1) Moreau (/oc. c/t., p. 16) ne partage pas cette opinion. Lorsque l’œuf est séparé delà matrice, il paraît effectivement enveloppé de tous côtés par la caduque; mais, suivant lui, comme le tissu floconneux qui recouvre le placenta, au troisième et au quatrième mois de la grossesse, n’existe pas dans le premier, et que, du cinquième au septième, il éprouve des altérations telles qu’il se métamorphose en un véritable tissu cellulaire, pour former la partie utérine du placenta, dans laquelle les vaisseaux du fœtus s’abouchent avec les veines utérines, on doit le considérer comme un tissu de seconde formation, analogue à la membrane caduque, avec laquelle il se continue , et non comme une partie ou comme une dépendance de cette membrane. ( Note des traducteurs.)

DE LA CONCEPTION DANS e’ÉTAT NORMAL. ?49

2568. La caduque externe ne s’étend jamais au-delà de l’orifice interne de la matrice. A partir de ce point , la matrice , ou le col, n’est rempli que d’un fluide gélatineux.

Suivant quelques observateurs , la caduque externe se prolonge jusqu’à une certaine distance dans les trompes, surtout du côté où s’est formé le corps jaune (i), et elle offre une ouverture, tant à l’endroit des orifices utérins des trompes, qu’à sa portion la plus inférieure , celle qui passe sur l’orifice interne de la matrice (2). Ces ouvertures existent peut-être dans l’origine , mais la membrane paraît se convertir de très bonne heure en un sac parfaitement clos, puisqu’on ne retrouve déjà plus l’ouverture inférieure dans le cours du premier mois (3), et que les deux supérieures sont également effacées dès le second (4).

256g. Il n’est pas très facile d’expliquer le mode de formation de la caduque réfléchie. Ce qu’il y a de plus vraisemblable, c’est que l’œuf, ou le fluide aux dépens duquel il se forme, pénètre dans la substance de la membrane caduque, qui est toujours très molle et très lâche, mais qui offre surtout ces caractères dans l’origine , que les vides qui résultent de là se referment ensuite , et qu’alors l’œuf se développe dans la cavité de la membrane (5).

(1) J. Hunter, dans Trans. for the improv., t. II, p. 67.

(2) G. Hunter, loc. cit ., p. 77.

(3) J. Hunter, loc. cit., p. 67.

(4) Lobstein, Sur la nutrition du fœtus, p, 4-

(5) Moreau admet que quand l’ovule débouche dans la matrice par la trompe, il ne fait que pousser devant lui la caduque déjà un peu organisée avant son arrivée; qu’il s’en revêt, comme tout viscère intérieur l’est par la membrane séreuse de la cavité splanchnique dans laquelle il est situé; que c’est elle qui le maintient en contact avec la portion do la matrice dans laquelle il doit pousser ses racines; qu’elle se réfléchit sur lui à partir du lieu qui doit former le placenta, et qui est la seule partie qu’elle ne recouvre pas ; que les trois ouvertures admises par Hunter n’existent pas ; en un mot, que la caduque se comporte absolument de même que toutes les membranes séreuses. Cette théorie, plus problable que l’ancienne, a été développée par Velpeau, qui l’a appuyée sur l’observation et la dissection d’une douzaine d’œufs humains.

( Note des traducteurs,)

ANATOMIE SPECIAIE.

Celte théorie se concilie avec les observations d’après lesquelles on a conclu que la caduque externe et la caduque interne sont distinctes l’une de l’autre dans l’origine, que l’externe se montre la première, à partir du fond de la matrice, sous la forme d’une membrane pourvue de vaisseaux sanguins longitudinaux, et paraissant par conséquent composée de bandelettes qui suivent la même direction, et que l’interne se développe ensuite, à partir de la face interne de la précédente, pourvue de vaisseaux horizontaux; de manière que l’œuf, en arrivant dans la matrice , tombe dans une cavité dont le toit et les parois sont formés par la caduque externe , tandis que le plancher l’est par la caduque réfléchie (1 ).

Au moins résulte-t-il de ces mêmes observations que l’œuf ne s’introduit pas dans la substance de la caduque à la même époque où cette membrane se développe sur la face interne de la matrice (2), puisque les phénomènes que je viens de rapporter ont été observés dans des cas où les œufs se trouvaient encore contenus dans les trompes (3).

2670. Malgré la précocité de sc*n apparition, la membrane caduque n’appartient point à l’embryon, et n’est pas indispensable pour son développement, puisqu’elle se forme également dans la matrice dans les cas de grossesse extra-utérine, et que le fœtus ne se développe pas moins bien alors, quoiqu’il en soit privé (4).

B. MEMBRANES DE l’kMBRYON.

2571. L’œuf comprend , au contraire , d’autres parties dont l’existence se rattache essentiellement à la formation de l’embryon. Ces parties sont 1 echorion, Yarnnios , la vésicule ombilicale et l’ allantoïde , dont je vais tracer l’histoire, sans égard à l’ordre dans lequel elles se forment , ni au rôle qu’elles jouent dans la vie particulière de l’embryon.

(1) Burns, Observations on the formation and structure of the human ovum; dans Edinb. med. and surg. Journal, vol. II, p. i-4- |j j (2) Huntcr, toc. cit., p. 81.

(3) Burns, loc. cit., p. 3.

(4) Chaussier, dans Bull, de la fac. de Paris, i8i4j n° 6» t. IV, p. 137.

DE EA CONCEPTION DANS e’ÉTAT NORMAE.

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