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FORME

2597. A dater de son origine, le fœtus offre, tant dans sa configuration que dans sa structure, un nombre presque infini

DE LA CONCEPTION DANS t’ÉTAT NORMAL. ÇÇ?

de différences, dont j’ai déjà fait connaître les plus générales, soit dans l’introduction , en traçant l’histoire des huit lois de la formation organique, soit dans l’anatomie spéciale, en indiquant, à l’occasion de chaque appareil et de chaque organe, les particularités qui le caractérisent aux diverses époques de son développement.

Le corps de l’embryon a une forme plus alongée au moment où il commence à être visible qu’aux époques suivantes.

La portion de son corps qui paraît la première correspond presque exclusivement an tronc; on remarque seulement, à sa partie supérieure, une petite saillie, séparée du reste par une échancrure , et dont l’épaisseur n’égale pas , à beaucoup près, celle de la portion moyenne du corps. Cette saillie est le rudiment de la tête.

Il n’existe encore aucune trace des membres, non plus que des autres éminences, en particulier du nez, des oreilles et des parties génitales.

L’embryon a donc alors la forme d’un ver.

Il est tout-à-fait ou presque entièrement droit; on remarque seulement que la face dorsale est un peu convexe, et la face abdominale légèrement concave.

Il tient à la membrane interne de l’œuf, soit d’une manière immédiate, soit par le moyen d’un cordon ombilical très court, par son extrémité inférieure, ou parla partie de son corps située immédiatement au-dessus de cette extrémité.

Lorsque le cordon ombilical s’insère au-dessus de l’extrémité inférieure du corps, cette extrémité se recourbe un peu d’arrière en avant , sous la forme d’une queue.

Toutes les ouvertures qui existeront dans la suite sont complètement closes.

Peu à peu la tête acquiert un volume proportionnel considérable, et tel que, vers le commencement du second mois, elle fait presque la moitié du corps entier. Avant et après cette époque, elle est plus petite, du moins ordinairement.

Le corps de l’embryon se courbe beaucoup, tant à son extrémité supérieure qu’à son extrémité inférieure; la tête se continue avec le tronc sous un angle droit, et sa portion inférieure, celle qui correspond au menton, n’est attachée qu’au

ASATOMIE SPECIALE.

sommet de la poitrine; le tronc lui-même est tout-à-fait droit: jusqu’à la fin du second mois , on n’aperçoit aucune trace de cou à l’extérieur.

Jusque vers le milieu du troisième mois, l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale , recourbée d’arrière en avant et de bas en haut, fait saillie au-dessous de l’anus, et représente un rudiment de queue , d’abord assez long , qui se raccourcit peu à peu , et finit par disparaître entièrement, mais qui est toujours adhérent par sa face interne.

Les membres paraissent dans la cinquième semaine de la grossesse. Les supérieurs se montrent ordinairement un peu plus tôt que les inférieurs. Ils ont alors la forme de petits tubercules terminés par un sommet émoussé. Ils sont situés, les supérieurs immédiatement au-dessous de la tête, et les inférieurs immédiatement au devant de l’extrémité caudale. Les uns et les autres se dirigent d’arrière en avant, mais un peu aussi de dedans en dehors, à cause du développement considérable de la cavité abdominale. En outre il arrive quelquefois aux supérieurs de se porter un peu de haut en bas , et aux inférieurs de se diriger légèrement de bas en haut, mais cette disposition n’est pas constante, à beaucoup près; souvent aussi, ils affectent une direction tout-à-fait inverse, surtout les inférieurs.

Dans le courant de la sixième semaine à peu près, et jusqu'à sept semaines , le moignon qui a paru d’abord , et qui s’alonge peu à peu, est partagé en deux segmens, l’un périphérique, l’autre central : ces segmens correspondent à la main et à l’avant-bras, au pied et à la jambe.

Une à deux semaines plus tard , on en voit paraître un troisième, qui représente le bras et la cuisse.

Les segmens qui se forment en dernier lieu sont d’abord beaucoup plus courts que ceux qui existaient auparavant , quoique le contraire ait lieu lorsque l’embryon a pris tout son développement.

Vers l’époque à laquelle le moignon du membre commence à se partager en partie interne et partie externe, celle-ci s’arrondit et s’élargit à son extrémité libre, et, souvent du moins, il se développe à son sommet une éminence simple et en ma-

nière de bandelette, qui en est séparée par un enfoncement.

Cette éminence ne tarde pas à se fendre peu à peu pour produire les doigts, qui d’abord sont courts et épais, proportion gardée, et qui, jusqu’au troisième mois, sont encore unis les uns aux autres par une substance mince, semblable à la membrane qui existe entre les doigts des cétacés et des oiseaux palmipèdes , ou entre les rayons des nageoires , chez les poissons.

Cette substance unissante, cette membrane mince , disparaît peu à peu du sommet à la base des doigts et des orteils.

Les membres supérieurs paraissent avant les inférieurs; ils parcourent aussi tous leurs degrés successifs de formation avec plus de rapidité que ces derniers. Ils conservent pendant long-temps un degré de développement absolu plus considérable , de manière que les quatre membres ont presque toujours une longueur égale jusqu’à l’âge de cinqaus.

En même temps que les membres se montrent, on commence aussi à apercevoir les parties génitales externes, le nez, les yeux, les oreilles et la bouche, dont le développement successif suit une marche que j’ai indiquée en traitant de chacun de ces organes en particulier.

L’insertion du cordon ombilical remonte peu à peu. Cependant l’ombilic est encore, proportion gardée, bien plus rapproché de la symphyse pubienne dans le fœtus à terme que dans l’adulte, différence qui se rattache d’une manière immédiate au rapetissement graduel du foie.

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