MODE ^ORIGINE
25g6. Le problème du mode d’origine de l’embryon présente encore davantage de difficultés, et tout ce qui a été dit sur ce point de doctrine se réduit presque uniquement à des hypothèses, tenant lieu d’observations et de faits.
Cependant il est certain que l’embryon se trouve uni avec ses membranes dès sa premièie origine.
L’opinion contraire, celle qu’il prend naissance dans les eaux de l’amnios, sans avoir d’abord aucune adhérence, n’est pas soutenable. On l’appuie sur les argumens suivaus (2) :
i° Le système nerveux, qui se forme avant toutes les autre» parties, n’est jamais celle que l’on trouve unie avec l’œuf.
2° Il se développe peu à peu, au milieu de la liqueur amniotique, un nuage qui est le fœtus.
3° Le fœtus est droit, dans l’origine , quoique , d’après l’opinion générale, on pense qu’il est recourbé dès Je premier moment de son origine.
Tous ces argumens paraissent faciles à réfuter.
(1) El.phys., t. VIII , p. 61.
(2) C.-F. Burdach, De primis momentis formaiionis fœtâs, Kœnig» berg, 1814.
En effet, on n’a point encore déterminé rigoureusement quelle est la partie qui se forme la première. D’abord , il me paraît probable que le rudiment qu’on aperçoit d’abord est la base commune de plusieurs parties, de même que, chez les animaux inférieurs, un organe, et chez les plus inférieurs, la substance, en apparence presque homogène, de leur corps, représente à la fois plusieurs organes. En second lieu, on conçoit [très bien que, le système nerveux paraissant le premier, il soit d’abord en connexion avec les enveloppes de l’œuf.
Le fait sur lequel repose le second argument n’a pas lieu en réalité, et l’on ne voit pas pourquoi l’embryon ne pourrait pas tout aussi bien provenir droit que courbé d’une portion quelconque de l’œuf.
Enfin, une autre circonstance encore s’élève contre cette opinion, c’est que la membrane amniotique et le liquide qu’elle renferme paraissent bien certainement après l’embryon chez les oiseaux, et que l’embryon de ces animaux a des connexions avec l’œuf dès le premier moment de son apparition.
On ne peut pas douter que celui de l’homme ne soit dans le même cas. Il se développe donc aussi sur l’œuf, et aux dépens d’une de ses parties.
Une autre question se présente maintenant. Quelle est la partie de l’œuf aux dépens de laquelle il se développe, et de quelle manière s’opère ce développement?
Si l’on en juge d’après l’analogie avec les autres animaux vertébrés, il est extrêmement probable que l’embryon humain se développe sur la vésicule ombilicale , et à ses dépens. Mais l’analogie ne parle pas seule en faveur de cette hypothèse, à l’appui de laquelle on peut encore alléguer le volume plus considérable que la vésicule ombilicale offre dans l’origine, et l’implantation immédiate de la partie inférieure de l’embryon sur cette poche.