‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 28 sur 289 · DU NERF PNEUMO-GASTK1QUE · texte numérisé non relu

DU NERF PNEUMO-GASTK1QUE

dir davantage son origine , configuration qu’elle présente d’une manière fort remarquable chez divers mammifères, en particulier dans les ruminons. Ces filets naissent principalement vers le bord antérieur et inférieur du prolongement postérieur du cervelet, dans le sillon qui sépare ce prolongement de l’éminence olivaire. Ils ne s’étendent pas tout-à-fail aussi haut que celte dernière, et cessent, en bas, bien avant ceux du nerf hypoglosse. Il arrive souvent à quelques uns d’entre eux de s’anastomoser avec les stries médullaires transversales du plancher du calarnus scriptorius (1) , de manière que ces stries semblent concourir à leur formation (2). D’autres, principalement quelques uns des inférieurs, proviennent de l’extrémité inférieure de l’olive (3).

La plupart du temps ces filets sont simples, non fendus à leur partie interne. On les trouve tantôt séparés et tantôt réunis, dès leur origine, en plusieurs faisceaux, dont le nombre s’élève à trois ou quatre. Les inférieurs sont ordinairement unis d’une manière très intime au nerf accessoire. Les supérieurs communiquent presque toujours avec le glosso-pharyngien , dans l’intérieur même du crâne, par le moyen du filet transversal.

Ces filets et faisceaux se réunissent en un tronc aplati , large d’une ligne et demie environ , épais d’un quart ou d’un cinquième de ligne , et toujours plus gros à sa partie supérieure, dans lequel ils ne sont point entrelacés les uns avec les autres. Ce tronc se dirige en dehors et en arrière. îl s’engage dans un petit canal de la dure-mère , à travers lequel il sort du crâne par la partie antérieure du trou déchiré, devant l’origine de la veine jugulaire interne. 11 est séparé de celte veine par une saillie osseuse provenante du rocher, ou de l’occipital, ou des

(1) Santorini, Septemclecim tabula} , p. 27. — Girardi^ Ibid. — Vicqd’Azyr, dans Mèm. de Paris , 1781 , p. 594.

(2) Desmoulins, Sur le rapport qui unit le développement du nerf pneumo- gastrique à celui des parois du quatrième ventricule; dans Journ. de pli y s. expérimentale , t. III , p. 362.

(2) Vicq-d’Azyr, loc. cil. , p. 59/1 . — C’est à tort que Bichal et Gall nient l’existence de cette communication.

t>2 ANATOMIE SPECIALE.

deux os à la fois, et du nerf accessoire, ainsi que du glossopharyngien , par la dure-mère.

C’est seulement dans l’intérieur de ce canal que les faisceaux, jusqu’alors distincts, se réunissent tout-à-fait en un cordon arrondi. Celui-ci, à sa sortie du trou déchiré, est uni d’une manière très intime, par du tissu muqueux , avec le nerf glosso-pharyngien, l’hypoglosse et la branche ascendante du ganglion cervical supérieur. Il est d’abord placé derrière le glosso-pharyngien et devant l’hypoglosse ; mais bientôt il passe derrière ce dernier , se trouve séparé du glosso-pharyngien par la veine jugulaire interne, abandonne le nerf hypoglosse sur l’apophyse transverse de la première vertèbre cervicale, et descend en dehors et un peu en arrière, devant l’artère carotide primitive, entre elle et la veine jugulaire interne, uni intimement à ces deux vaisseaux par un tissu muqueux dépourvu dégraissé, collé d’une manière plus lâche aux filets intermédiaires du nerf sympathique, qui sont situés derrière lui, et placé sur les muscles grand droit antérieur de la tête et long du cou (1).

En traversant le trou déchiré, le nerf pneumo-gastrique s’anastomose avec l’accessoire par quelques filets, et peu après qu’il s’est dégagé de cette ouverture, il communique aussi avec le nerf glosso-pharyngien et le ganglion cervical supérieur. Ensuite il donne une branche qui s’unit avec deux filets provenants de la branche interne du nerf accessoire, pour donner naissance au nerf pharyngien , ou pharyngien supérieur ( nervus pharyngeus , s. pharyngeus superior, s. primus ).

Ce nerf se dirige obliquement de haut en bas et de dehors en dedans , au côté interne de l’artère carotide interne , envoie un filet anastomotique au nerf glosso-pharyngien , se renfle un peu, et forme, à la hauteur du moyen constricteur du pharynx, un plexus considérable, appelé pharyngien ( plexus pharyngeus'). Ce plexus est fortifié par des filets du nerf laryngé, du glosso-pharyngien , et du ganglion cervical supérieur; ses filets se répandent principalement dans le constric-

(i) J. -H. Haase, De ner vo phrenico dextri lateris duplici parisque vag per coltum decursu , Léipsick , 1790.

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teur moyen du pharynx; quelques uns aussi se rendent au constricteur supérieur ; d’autres, moins nombreux, descendent le long de l’artère carotide primitive, où ils s’anastomosent avec des ramifications du glosso-pharyngien et du nerf cardiaque superficiel.

Immédiatement au-dessous du nerf pharyngien supérieur naît le nerf pharyngien inférieur ( nervus pharyngeus inferior s. minor ), dont l’existence n’est pas aussi constante. Ce nerf ne tarde pas à s’anastomoser avec le précédent, ainsi qu’avec un ou quelques uns des filets antérieurs du ganglion cervical supérieur, fournit des filets au plexus pharyngien, et se répand dans le constricteur moyen du pharynx.

A l’endroit où se détachent les nerfs pharyngiens , quelquefois aussi un peu plus haut, le tronc du nerf pneumo-gastrique s’épaissit beaucoup et prend une texture moins serrée , dans l’étendue d’un pouce; ses faisceaux s’écartent beaucçMüp les uns des autres , et il se dépose entre eux une substance rougeâtre , analogue à de la gélatine. Il forme donc un véritable plexus ganglionnaire. Ce qui reste encore de la branche interne du nerf accessoire, après qu’elle a envoyé son rameau anastomotique au nerf pharyngien , se jette dans ce plexus , vers le milieu de sa longueur à peu près, tantôt en une seule masse, tantôt aussi sous la forme de plusieurs filets diversement ramifiés et entrelacés , de manière que cette branche forme la partie inférieure du plexus, et qu’ainsi elle paraît appartenir au nerf pneumogastrique.

Le tronc du nerf pneumogastrique est, à la vérité , attaché d’une manière immédiate à ce ganglion, d’avant en arrière ; mais il lui arrive quelquefois, quoique rarement, de n’y tenir que par des filets de communication.

Un développement plus prononcé de cette dilatation plexiforme de nerf a lieu , quand il se partage en deux moitiés qui ne se réunissent plus qu’à la partie inférieure du cou ; mais une semblable disposition est extrêmement rare; elle n’a été observée qu’une seule fois, sur cinq cents cas, et on l’a rencontrée sur le côté droit (i),

(1) Wrisberg, Denervis pharyngis; dans Ludwig, toc. cit. , t. III, p.âj.

La plupart du temps, on voit se détacher de la partie supérieure de ce ganglion le nerf laryngé supérieur ( nervus laryngeus superior ), qui est ordinairement plus gros que l’inférieur.

Ce nerf descend entre l’artère carotide interne et le ganglion cervical supérieur, s’anastomose presque toujours avec ce dernier, le plexus pharyngien et le nerf hypoglosse, par un ou plusieurs filets, et se partage en deux branches, l’une externe, l’autre interne.

La branche externe se porte en dedans, et envoie aux muscles constricteur inférieur du pharynx, crico - thyroïdien , sterno - thyroïdien et hyo - thyroïdien , à la thyroïde et ;\ la membrane du larynx , des filets qui pénètrent dans la cavité laryngienne, entre les cartilages ericoïde et thyroïde.

La branche interne traverse la membrane hyo-thyroïdienne, entre l’hyoïde et le cartilage thyroïde. Elle répand ses filets mous et épais dans la membrane et les glandes de l’épiglotte , 3a membrane muqueuse du pharynx et du larynx, plusieurs petits muscles laryngiens, particulièrement les àryténoïdiens et le crico-thyroïdien , et s’anastomose avec des filets du nerf laryngé inférieur ou récurrent.

Après le nerf laryngé supérieur, on voit naître, soit du plexus ganglionnaire, soit immédiatement au-dessous de lui, des filets dont l’existence n’est pas constante, qui s’unissent à la branche descendante de l’hypoglosse , ainsi qu’au premier nerf cervical, et à des nerfs mous destinés à l’artère carotide interne.

Après avoir fourni ces branches, le tronc du pneumo-gastrique, qui s’est resserré beaucoup sur lui-même, descend de la manière que j’ai indiquée précédemment, sans donner aucune ramification. Il représente alors un cordon composé de faisceaux moins distincts, qui, la plupart du temps, n’offre que des inégalités produites par des espèces d’ineisures , mais dont la surface est entourée, de distance en distance, par des filets très déliés et entrelacés en manière de plexus (1). A un pouce

(1) Piochaska, De struct. nerv. , tab. II, fig. 7. 8. ee.. — Reil , De strnet. nerv. , tab 1 , fig. 2, 3, 4-

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