‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 29 sur 289 · DU NERF PNEUM0 -GASTRIQUE · texte numérisé non relu

DU NERF PNEUM0 -GASTRIQUE

ou un pouce et demi au-dessus de l’origine de l’artère carotide primitive, mais un pouce plus haut du côté droit que du côté gauche , et à peu près dans le milieu du cou , des deux côtés , il fournit les nerfs cardiaques ( rarni cardiaci). Ceux-ci descendent de dedans en dehors et d’arrière en avant, sur l’artère carotide et le tronc innominé, s’anastomosent avec les nerfs cardiaques superficiels , et se répandent dans la crosse de l’aorte. On en trouve ordinairement au côté droit trois ou ou’qualre, dont le supérieur est le plus gros et le plus constant. Il n’y en a qu’un ou deux au côté gauche.

Ensuite le tronc du nerfpneumo-gastrique se dirige en avant, se place derrière la veine innommée, en passant, à droite, devant l’artère sous-clavière, à gauche, devant la crosse de l’aorte, arrive ainsi dans la poitrine, grossit considérablement, et se partage en deux moitiés, dont l’inférieure, plus volumineuse, est la continuation du tronc, et dont la supérieure, plus petite, porte le nom de nerf laryngé inférieur, ascendant ou récurrent, trachéal, Ch. ( nervus recurrens , s. adscendens , s. laryngeus inferior ).

Les deux nerfs récurrens naissent dans l’intérieur de la poitrine, le gauche beaucoup plus bas que celui du côté droit. Ils montent d’abord d’avant en arrière, puis verticalement, envoient des filets aux nerfs cardiaques du pneumo-gastrique, ainsi qu’aux ganglions cervicaux moyen et inférieur du grand sympathique, forment avec eux un plexus, se contournent ensuite d’avant en arrière, celui de droite sur l’artère sousclavière droite, et celui de gauche sur l’extrémité de la crosse de l’aorte, s’appliquent derrière l’artère carotide primitive et la thyroïdienne inférieure, entre la trachée-artère et la thyroïde , et s’élèvent jusqu’au larynx. Dans ce trajet, ils donnent d’abord des branches, appelées nerfs trachéaux supérieurs (rami trachéales superiores ), qui , descendant au-devant de la trachée-artère, s’anastomosent avec les précédentes, gagnent la bronche et le plexus pulmonaire de leur côté, se distribuent dans la membrane de la trachée-artère , le pharynx et le thyroïde, et communiquent avec des filets de la portion cervicale du nerf sympathique.

Enfin, à la hauteur du larynx, le nerf récurrent se répand

ANA.TOMIE SPÉCIALE.

dans le constricteur inférieur du pharynx et les muscles cricoaryténoïdiens, pénètre dans la cavité laryngienne , entre les cartilages cricoïde et thyroïde, et se termine dans le cartilage thyroïde, le muscle aryténoïdien et la membrane muqueuse du larynx, en s’anastomosant, par plusieurs rameaux, avec le nerflaryngé supérieur.

Le nerf récurrent est quelquefois double, mais cette disposition s’observe très rarement, et quand elle a lieu, c’est toujours du côté droit, si l’on en juge d’après les observations recueillies jusqu’à présent. Le nerf insolite, qui est plus petit que l’autre , naît du tronc, à quelques lignes de distance au-dessous de lui, se contourne, de même que lui, sur l’artère sous-clavière , monte entre l’œsophage et la trachéeartère, s’anastomose, par un rameau considérable, avec le nerf récurrent normal, et accompagne ce dernier dans sa distribution (1). Cette anomalie semble indiquer un effort tendant à établir une similitude parfaite entre le côté droit et le côté gauche, puisque le nerf récurrent gauche naît toujours plus bas que celui du côté droit.

Il est très vraisemblable , d’un côté, que le nerf récurrent est le résultat de la division plexiforme du tronc du pneumogastrique; de l’autre, que son existence se rattache à la brièveté primitive du cou , puisque le larynx est proportionnellement bien plus rapproché de son origine dans les premiers temps de la vie qu’aux époques subséquentes. D’après cette hypothèse, on expliquerait sa disposition de la même manière que l’origine élevée et le long trajet des vaisseaux spermatiques. On ne saurait d’ailleurs méconnaître l’analogie qui existe entre la distribution des nerfs et celle des vaisseaux, dans cette région du corps , puisque les nerfs laryngés supérieur et inférieur et les artères thyroïdiennes supérieure et inférieure se correspondent manifestement.

i856. Après avoir donné le nerf récurrent, le tronc du pneumo- gastrique se porte en arrière sur la face postérieure de la trachée-artère.

Là il fournil d’abord cinq ou six nerfs trachéaux inférieurs

(i) Wrisberg, De nervis nbdominis , Goettinguc , 1-80.'

OU NERF PNEEMO-GASTRIQFE,

{ rami trachéales inferiores), qui marchent les uns devant et les autres derrière la trachée-artère. Les premiers s’anastomosent, tant avec des filets des nerfs trachéaux supérieurs, qu’avec d’autres qui proviennent du ganglion cervical inférieur. Quelques uns descendent en devant sur les ramifications des bronches et de l’artère pulmonaire. Les autres pénètrent dans les tuniques musculeuse et muqueuse de la trachée-artère, des bronches et de l’œsophage, et se jettent dans le plexus pulmonaire ( plexus pulmonaris ).

Ce plexus commence immédiatement au-dessus de la bronche de chaque côté. Il résulte principalement de l’écartement des faisceaux du tronc du pneumo-gastrique , entre lesquels se développeur) tissu muqueux très vasculaire. Il s’étend, derrière les bronches, jusque dans la substance des poumons, et entoure les ramifications les plus déliées de l’arbre bronchique , à la tunique musculeuse, mais plus encore à la membrane muqueuse, duquel il distribue des filets. Indépendamment du tronc du nerf pneumo-gastrique, qui se développe pour lui donner naissance , il reçoit encore des filets , mais en nombre bien moins considérable, du ganglion thoracique supérieur et du ganglion cervical inférieur du grand sympathique.

De la partie inférieure de chacun des deux plexus pulmonaires naissent des faisceaux, dont on compte cinq ou six au côté droit , et deux ou trois seulement au côté gauche. Ces faisceaux sont d’abord placés à une grande distance les uns des autres, mais s’anastomosent fréquemment ensemble par des filets intermédiaires. Après un trajet de quelques lignes , ils se réunissent, de chaque côté, en un cordon qui est la continuation du tronc du pneumo-gastrique, et dont le droit est plus gros que le gauche. Ces cordons descendent, celui de gauche devant, celui de droite derrière et à côté de l’œsophage. Chemin faisant, ils établissent entre eux de nombreuses anastomoses, principalement dues à des filets antérieurs, qui descendent du cordon droit, envoient des filets à l’œsophage, en donnent d’autres plus petits à l’aorte, et pénètrent dans le bas- ventre avec l’œsophage, en traversant la fente œsophagienne du diaphragme.

Le nerf pneumogastrique se termine à l’estomac. Celui du côté droit, qui est le plus gros, gagne la partie droite et la face postérieure du viscère ; celui du côté gauche se répand dans sa partie gauche et sur sa face antérieure.

L g droit forme, autour du cardia, un plexus considérable , d’où émanent des filets nombreux, dont les uns se répandent sur la face postérieure de l’estomac; les autres, placés derrière l’artère coronaire stomachique, marchent le long de la petite courbure du viscère jusqu’au pylore, où ils s’anastomosent, tant avec ceux du nerf gauche qu’avec le plexus stomachique supérieur du grand sympathique ; quelques uns enfin, qui n’appartiennent point à l’estomac, passent derrière lui, gagnent la moitié droite du plexus solaire, ainsi que les plexus qui émanent de ce dernier au côté droit, et vont se distribuer à l’artère hépatique et à ses ramifications , à la veine porte, au duodénum et an pancréas.

Le gauche , arrivé au cardia, se partage en plusieurs branches , qui s’écartent en rayonnant , s’entrelacent moins les uns avec les autres, suivent la petite courbure de l’estomac de gauche à droite, envoient des ramifications à la face antérieure du viscère, s’anastomosent, vers le pylore, avec des filets du nerf pneumo-gastrique droit, et, abandonnant l’estomac , se jettent, au-devant du pylore, dans le plexus hépatique produit par le nerf ganglionnaire.

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