‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 30 sur 289 · IV. NERF GT.OSSO-PH ARYNGIEN · texte numérisé non relu

IV. NERF GT.OSSO-PH ARYNGIEN

1857. Le nerf glosso-pharyngien ( nervus glosso-pliaiyngœus , Haller; s. lingualis pneumo-gastrici , Vicq-d’Azyr; s. octavus, Andersch) a été considéré , jusque dans ces derniers temps , comme la partie antérieure du pneumo-gastrique. En effet, si l’on considère son origine , les communications qui existent entre lui et ce nerf, tant dans l’intérieur du crâne qu’à son passage par le trou déchiré postérieur, enfin son mode de distribution, on reconnaît qu’il forme réellement une partie du pneumo-gastrique, qui a cependant pris assez de développement pour s’élever au rang de nerfpropre et distinct. II naît par cinq à six filets, faciles à séparer les uns des autres, dont les

T1U NERF G LOSSO - PHARYNGIEN.

antérieurs sont ordinairement plus petits queles postérieurs. Son origine est placée entre celle du pneumo-gastrique et celle du facial, àquelque distance derrière cette dernière, mais immédiatement devant les filets supérieurs du premier, dont on ne peut parvenir à séparer les siens. Il provient de la partie supérieure de la lace inférieure du prolongement inférieur du cervelet, de l’enfoncement situé entre ce cordon, l’olive et le bord postérieur de la protubérance annulaire, immédiatement derrière celle-ci, dont plusieurs de ses filets émanent quelquefois. Couvert par la touffe du cervelet, il se dirige en dehors, et d’abord un peu en devant, s’anastomose ordinairement, dans l’intérieur même du crâne, avec le pneumo-gastrique , par un gros rameau (1), et perce l’arachnoïde, après avoir parcouru un trajet de cinq ou six lignes. Il est rond , épais d’une demiligne ou de trois quarts de ligne à peu près , et sort du crâne par la partie antérieure du trou déchiré postérieur, immédiatement au-devant du nerf pneumo-gastrique , mais renfermé dans un canal particulier de la dure-mère. A quatre ou six lignes environ de son entrée dans ce canal, il se renfle en un petit ganglion oblong, arrondi , ordinairement très prononcé, et long d’à peu près cinq lignes, qui se prolonge jusque dans le canal de la dure-mère et la partie antérieure du trou déchiré.

Ce ganglion donne supérieurement un filet qui pénètre dans la caisse du tympan , où il se partage en deux branches : l’une monte le long du promontoire, envoie un petit filet à la membrane du trou rond, et traverse le rocher, pour aller se jeter dans le nerf pétreux superficiel ; l’au tre passe au-dessous de la portion osseuse de la trompe d’Eustache, et gagne le canal carotidien , où elle s’anastomose avec le nerf grand sympathique (2).

Indépendamment de ce filet , le ganglion en donne d’autres

(1) Andersch, Fragm. descript. nerv. cardiac. ; dans Ludwig , loc. cit. , t. II , p. nS.

(2) Roseninuller , Handbuch der Anatomie , iSr6 , p. 407. — Jacobson , dans Actareg. societ. Hafniensis medicce , t. V, Copenhague, 1 8 1 8 , p. 292. — Cette anastomose , révoquée en doute par Kilian , a été ree onnue par Lobstein.

encore, qui traversent le canal de la dure-mère , pour se porter au tronc du pneumo-gastrique, au nerf accessoire et au grand sympathique.

A sa sortie du trou déchiré postérieur, le nerf glosso-pharyngien est séparé du tronc du pneumo-gastrique par la veine jugulaire interne, au-devant de laquelle il se trouve. De là il se porte en bas et en avant, en passant sur l’artère carotide interne, descend, collé intimement d’abord, au côté externe, puis à la partie antérieure de cette artère, entre elle, la carotide externe et le muscle stylo-pharyngien, passe entre ce muscle et le glosso-pharyngien, puis entre ce dernier et Phyo-glosse, et arrive ainsi à la partie inférieure et postérieure de la langue.

En sortant du crâne, il euvoie un filet d’anastomose à la branche stylo-hyoïdienne ou à la branche digastrique du nerf facial, et un autre au tronc du pneumo-gastrique. Ensuite il en donne un ou deux , qui descendent le long des artères carotide interne et carotide primitive, s’anastomosent d’abord avec la branche pharyngienne du pneumo-gastrique, puis, se portant jusqu’à la partie inférieure du cou, communiquent avec des filets du nerf sympathique , notamment avec les nerfs cardiaques superficiels et même avec les moyens. Plus loin encore, il fournit trois ou quatre filets, destinés au muscle stylo-pharyngien, ainsi qu’aux constricteurs moyen et supérieur du pharynx et aux amygdales, et quelques autres qui vont se jeter dans le plexus pharyngien du pneumo-gastrique et le nerf ganglionnaire.

Le glosso-pharyngien passe ensuite entre les muscles styloglosse et hyo-glosse; puis, se plaçant dans la langue, au-dessous du nerf lingual de la cinquième paire, et au-dessus de l’hypoglosse, tous deux plus gros que lui, et avec lesquels il ne communique pas, du moins par des filets bien manifestes, il se distribue , d’un côté, dans les muscles de la langue, la membrane de la portion molle du palais et les amygdales, par plusieurs ramifications qui s’entrelacent en manière de plexus; de l’autre, dans les tégumens de la base de la langue , ses grosses papilles et la membrane muqueuse de l’épiglotte , par d’autres filets, qui, situés plus bas et plus près de la ligne mé-

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