‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 4 sur 289 · DES NERFS LOMBAIRES ET SACRES · texte numérisé non relu

DES NERFS LOMBAIRES ET SACRES

nerfs sacrés diffèrent de tous les autres nerfs spinaux par la situation de leurs ganglions, qui ne s’anastomosent point à la sortie du nerf, mais dans le canal même de la colonne vertébrale, et sont d’autant plus dislans des trous sacrés que les nerfs auxquels ils appartiennent naissent plus bas, de sorte que les racines antérieures et postérieures de ces derniers se réunissent au dedans même du canal rachidien. Les troncs qui résultent de leur jonction se partagent, non loin de leur origine, et aussi dans l’intérieur du canal vertébral, en branches antérieures et postérieures, qui ne s’anastomosent ordinairement point ensemble dans ce canal, mais sortent, les premières, par les trous sacrés antérieurs, les autres, par les trous sacrés postérieurs. Il est incontestable que la réunion des racines antérieures et postérieures des nerfs sacrés dans le canal rachidien correspond à la soudure des fausses vertèbres du sacrum en un seul os, et qu’elle se fait d’après le même type que nous voyons se prononcer d’une manière si évidente dans le système vasculaire. Il se peut aussi qu’elle dépende en partie de la distance plus grande qui existe entre le point d’où les nerfs tirent leur origine et celui de leur sortie. Une circonstance parle en faveur de cette conjecture , c’est que les racines antérieures et postérieures se réunissent plus loin dans les nerfs inférieurs, dont le tronc est proportionnellement le plus long; mais cette circonstance est favorable aussi à la première opinion que j’ai émise, puisque les fausses vertèbres inférieures du sacrum se soudent aussi de meilleure heure que les supérieures.

Les branches antérieures de ces dix nerfs, qui grossissent beaucoup, forment un plexus, auquel on ne peut pas donner un nom plus convenable que celui de plexus fémoral ou crural ( plexus femoralis ). Ce plexus, de même que le brachia! et le cervical , est produit par l’accroissement et la multiplication des anastomoses entre les branches antérieures, qui se font en proportion de l’augmentation du volume des nerfs, etqui ont lieu tant dans le sens de la largeur, ou de dehors en dedans , que dans celui de l’épaisseur , ou d’arrière en avant.

On peut considérer isolément la partie supérieure et la partie inférieure de ce plexus , la première , sous le nom de plexus

lombaire , ou lombo-abdominal (i) , la seconde, sous celui de plexus sacré , ou sciatique , puisque, de chacune de ces deux parties, qui sont formées, la première, par les nerfs lombaires, la seconde, par les nerfs sacrés , naissent des nerfs dont la distribution n’est pas la même. Cependant, comme les principaux nerfs qui en proviennent se rendent tous aux membres inférieurs, il me paraît d’autant plus convenable de les regarder comme ne constituant qu’un seul plexus, que les nerfs lombaires inférieurs prennent une grande part à la formation du plexus sacré et des nerfs qui en émanent.

Ce plexus est indiqué, à la région dorsale, par les anses anastomotiques bien plus petites qui existent entre les branches antérieures, et qui se développent déjà d’une manière constante dans les paires thoraciques inférieures.

Parmi les nerfs qui concourent à sa formation, les supérieurs grossissent subitement beaucoup de haut en bas, et les inférieurs de bas en haut.

Les deux derniers nerfs sacrés sont les plus faibles , et fréquemment le dernier surtout est le plus petit de tous les nerfs spinaux. Vient ensuite le premier lombaire, puis le troisième sacré. Le second lombaire est un peu plus fort, et son volume est à peu près le même que celui du second sacré. Le troisième et le quatrième lombaire , qui sont à peu près égaux entre eux, surpassent un peu les précédens. Le cinquième lombaire et le premier sacré sont les plus gros de beaucoup.

De tous ces nerfs, qui se réunissent pour former le plexus crural, naissent, avant la réunion de leurs branches antérieures, à leur sortie des trous de conjugaison, des branches dorsales, beaucoup plus petites, qui se jettent directement en arrière, entre les apophyses transverses des vertèbres lombaires et du sacrum, passant ici par les trous sacrés postérieurs. Ces branches se distribuent à la partie postérieure des muscles du dos, au grand fessier, et à la peau qui les couvre.

Les branches postérieures, dorsales ou lombaires ( rarnipos tici, s. dorsales, s. lumbales ) des nerfs lombaires diminuent con-

(1) J. -A. Schmidt, De plexu lumbali , de nervis lumbalibus eorumque plcxu commentarius anatomico-pathologicus, Vienne, 1794.

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