‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 40 sur 289 · DU NERF MOTEUR EXTERNE · texte numérisé non relu

DU NERF MOTEUR EXTERNE

linctcment séparées , l’une interne , et l’autre externe, ordinairement quatre fois plus grosse. Ilprovientde l’extrémité supérieure de la pyramide, du bord postérieur et de l’extrémité postérieure de la face inférieure de la protubérance occipitale, environ à deux lignes de distance de la ligne médiane, et à quatre ou cinq lignes plus en dedans que le nerf facial. En général on ne voit naître de la face inférieure delà protubérance annulaire que la racine interne , à laquelle il arrive quelquefois de ne point s’étendre jusqu’au bord postérieur, mais de s’arrêter à deux lignes de ce bord, et de tirer seulement son origine de la face externe de la protubérance, sans qu’on puisse la poursuivre plus loin, soit en arriére , soit en devant. La racine externe naît la plupart du temps aussi de l’extrémité antérieure de la pyramide. Ces deux racines , surtout l’interne, sont composées de plusieurs faisceaux, faciles à détacher les uns des autres.

Il est très rare que la racine interne (1) soit la plus grosse , ou que les filets par lesquels le nerf prend naissance ne se réunissent pas en deux racines distinctes l’une de l’autre.

Quelquefois le nerf provient seulement de la pyramide. Il n’est pas rare non plus de le voir naître aussi en partie de l’olive et de la bandelette transversale qui règne assez souvent entre les sommets des deux pyramides (2).

Cependant on parvient presque toujours , surtout en invoquant le secours de l’anatomie comparée, à démontrer qu’il naît de la moelle alongée, entre les olives et les pyramides , beaucoup plus bas qu’il ne s’en détache , et les différens filets qui proviennent des olives , des petites stries transversales et du pont de Varole, ou bien ne sont que des filets de renforcement, ou bien, ce qui s’applique surtout à ceux de la protubérance annulaire , n’ont l’apparence de racines spéciales que parce que les fibres de la racine principale du nerf sont écartées les unes des autres , à leur partie supérieure , par les fibres postérieures du pont de Varole (3).

(1) C’est ce' que j’ai vu rarement. Vicq.d’Azyr ( Mcm . de Paris , 1781 , p. 58q) , témoin irrécusable , assure aussi que cette disposition est rare. (ï) Vicq-d’Azyr, toc. cit. , p. 58p.

(a) Gall, toc. cit., p. 2of.

Les deux racines se réunissent presque toujours l’une avec l’autre avant leur passage à travers la dure-nacre. Cependant il leur arrive quelquefois, non seulement de passer chacune par une ouverture spéciale de cette membrane , mais de parcourir encore , avant de se joindre , un trajet de trois à quatre lignes, et même de se glisser sous un pont fibreux particulier, qui est tout-à-fait distinct de la dure-mère. Dans les cas où j’ai rencontré celte disposition, elle s’est toujours offerte à moi du côté gauche seulement , et le faisceau externe était le plus petit.

Ces faits, comparés à ceux qu’allègue Sœmmerring , semblent parler hautement en faveur de l’opinion qui représente le nerf ganglionnaire comme provenant de la portion centrale du système nerveux , et les nerfs cérébraux comme devant naissance ce que les branches d’un nombre de paires moins considérable que celui qu’on admet, s’élèvent au rang de nerfs propres et distincts , par le seul fait du développement plus considérable qu’elles acquièrent. S’il était bien constaté que la scission du nerf moteur externe a toujours lieu du côté gauche , cette circonstance serait fort importante , à cause de l’analogie qu’elle établirait avec la conformation du système vasculaire.

A partir du point où il se détache de l’encéphale, le nerf a une texture fibreuse et une enveloppe névrilemmatique. Il se porte directement en avant et en dehors , traverse la duremère, au-dessous de l’apophyse clinoïde postérieure, pénètre dans le sinus caverneux , dans l’intérieur duquel l’arachnoïde l’accompagne encore jusqu’à une certaine distance , et où il est séparé du sang par la membrane interne du sinus, et se place au côté externe de l’artère carotide interne, auquel il tient par un tissu cellulaire assez serré. En passant au-dessus de l’orifice antérieur du canal carotidien , il s’anastomose avec le nerf ganglionnaire par quelques fdets , qui forment un angle aigu avec son tronc. Plus en devant, il communique encore, par le moyen d’un filet , avec le ganglion sphéno-palatin , ou le nerf récurrent de la seconde branche du trijumeau. Il entre dans l’orbite par la fente sphénoïdale , au moyen d’une ouverture particulière que lui offre la dure-mère , pénètre dans celle

DU NERF TRIJUMEAU

cavité entre les faisceaux du muscle droit externe de l’oeil , intimement uni en cet endroit avec le nerf moteur commun et le nerf nasal de la première branche du trifacial, et, se plaçant au côté interne du droit externe, il se perd tout entier dans ce muscle.

Le nerf moteur externe n’est donc destiné qu’à un seul muscle. Il fournit très rarement la branche nasale de la cinquième paire (1), mais envoie plus souvent un filet au ganglion ophthalmique (2). Cette dernière disposition fait le passage de celle qu’on rencontre ordinairement à la première. Cependant ce filet anastomotique appartient sans contredit ,

du moins en partie , au système ganglionnaire.

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