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VIII. NERF TRIJUMEAU

1866. L & nerf trijumeau , ou trifacial, Ch., cinquième paire ( ncr vus trigeminus, s. divisas, s. mixtus, Gall , s. par quintum nervorum ) (5), qui est très gros, devient visible à environ six lignes au-devant du bord postérieur du prolongement inférieur du cervelet , trois derrière le bord antérieur de ce même prolongement , et neuf de la ligne médiane du pont de Varole. Là il se compose manifestement de trois racines , plus ou moins séparées les unes des autres, une postérieure , une moyenne et une antérieure. La postérieure est située non seulement un peu plus en arrière , mais encore plus en haut que la moyenne, comme aussi l’antérieure se trouve au-dessous et en dedans d’elle. Ces racines ont été décrites,

(1) Otto, Scllne Wahrnehmungen , 1 S 1 6 , p. 108.

(2) Petit , Mém. de Paris , 1727.

(3) J. -F. Meckel, De quinto parc nervorum , Gcettingue-, 174S.

A. -B. -R. Hirsch, Paris t/uinti nervorum encepliali disr/uisitio anatomica , Vienne, 1765. — H. -A. Wrisberg, Observationes anatomicœ de quinto pure nervorum et de nervis, qui ex eodem duram malrem ingredi falso dicuntur , Gcettingue, 1777. — A.-C. Bock, Bcischreibung des funflen Ngrvcnpaarcs itnd seine r V erbundung mit andern Nerven, vorziigticli dem Gangliensyslem, Meissen , 1817. — G. -R. Treviranus, Sur les nerfs de la cinquième paire, considères comme organes ou conducteurs de sensations ; dans Journ. compl. du dict. des sc. méd., t. XV, p. 207. — Magendie, Sur les fonctions de la cinquième paire denerfs ; dans Journ. de phys. cxp., t. IV, p. 176 et 5o2.

pour la première fois, d’une manière exacte par Santorini ( i) ; elles l’ont été depuis par Wrisberg (2) , Palletta (3), et Niemeyer (4).

1867. La racine moyenne est toujours beaucoup plus grosse que les deux autres, car elle a plus d’une ligne et demie de diamètre après sa sortie , tandis que celui de chacune des deux autres n’est que d’une demi-ligne environ Le nombre des faisceaux dont elle se compose est également plus considérable; mais ces faisceaux eux-mêmes sont plus petits que ceux des deux autres racines.

A l’endroit où elle sort, elle est un peu déprimée de haut en bas ; mais elle ne tarde pas à se renfler, devient ronde, et se resserre ensuite de nouveau.

Les fibres de la protubérance annulaire s’écartent sensiblement les unes des autres à leur base, de sorte qu’on peut déjà juger, d’après un examen purement superficiel , que la racine ne naît point en cet endroit, et qu’elle tire son origine d’une partie plus profonde.

Cette racine moyenne est composée de trente à quarante faisceaux, qui n’ont pas tous la même grosseur. Le nombre des filets qui constituent ces faisceaux s’élève environ à cent; quelques auteurs en indiquent moins; mais on doit présumer qu’ils ont décrit des faisceaux comme de simples filamens, ou négligé d’en décomposer plusieurs.

C’est principalement en poursuivant la racine moyenne qu’on parvient à démontrer, d’une manière bien évidente, que le nerf naît d’une partie plus profonde que l’endroit où on le voit se détacher de la protubérance annulaire. Santorini avait déjà reconnu parfaitement sa véritable origine (5); ses

(1) Obs. anat., Venise, 1724, p. 65.

(2) Loc. cit.

(3) De nervo crotapliitico et buccinatorio , Milan , 1784.

(JÏ) De origine paris quinli nervorum cerebri. Haies, 1812.

(5) Loc. cit., p. 65. C’est donc à Santorini qu’appartient l’honneur de cette découverte. Niemeyer semble l’attribuer à Winslow , et commet , par conséquent , une .erreur , car l’Exposition anatomique de Winslow a paru pour la première fois en 1732, tandis que les observations de Santo- j fini ont été publiées en 1724.

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observations ont été confirmées et rendues encore plus précises depuis par les travaux de Winslow ( , ), Sœmmerring (2)^ Gall (5). et Niemeyer (Zj).

Ici encore la partie postérieure et l’origine proprement dite du nerf sont couvertes par l’effet du développement con sidérable des parties cérébrales. A partir de l’endroit où il devient visible, il s’enfonce, de dehors en dedans, d’avant en arrière et de bas en haut, dans la substance du prolongement moyen du cervelet, à travers la fissure qu’on y remarque, est partagé plus ou moins complètement en plusieurs cordons par les fibres transversales de la protubérance annulaire, parvient ainsi derrière la jonction des trois pédoncules du cervelet, immédiatement sous le plancher du quatrième ventricule, passe sous le prolongement postérieur du cervelet, presque le long du bord externe de la protubérance annulaire, et s’avance vers le sillon qui règne entre les corps restiformes et les olives; c’est là que sa plus forte racine naît, en partie du sillon , et en partie des éminences olivaires.

Depuis ce point jusqu’à l’endroit où il passe entre les prolongemens postérieurs et latéraux du cervelet , il n’a pas une texture sensiblement fibreuse, et il est entouré de substance grise; mais depuis ce second point jusqu’à sa sortie de la protubérance annulaire , il est composé de fibres bien apparentes, et entouré d’une membrane fort mince. Dans tout son trajet, depuis son origine première jusqu’à peu de distance de sa sortie à la face externe du prolongemènt inférieur du cervelet, il augmente peu à peu de grosseur; mais, avant de quitter le pont de Varole , il se rétrécit un peu, pour se renfler encore considérablement après sa sortie.

Les faisceaux du nerf, alors bien plus prononcés, et entourés dune enveloppe névrilemmatique, occupent toute la circonférence du pont de Varole. Leur étendue se trouve beaucoup accrue, tant par leur écartement que par l’augmenta-

(1 ) Exp.anat. , ijâî, t. IV, p. 182.

(3) Ueberdas organ des Secle , Koenigsberg, 1796 , p . 36.

(4) Loc . cit., p. 211. *

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tien de leur substance. Une fois sorti, le nerf, qui est d’abord rond, mais qui s’aplatit peu à peu, se dirige en devant, vers le bord supérieur du rocher. ïl commence par être libre dans le crâne, entouré par un large prolongement de l’arachnoïde, qui ne le serre point ; mais parvenu au bord supérieur de la portion pierreuse du temporal, il s’engage dans une gaine arrondie et oblongue de la dure-mère , qui la plupart du temps est tout-à-fait séparée du sinus caverneux. Cette gaine l’entoure d’abord d’une manière assez lâche, mais s’applique ensuite avec force â sa surface. Il se dirige ainsi de haut en bas et d’arrière en avant, sur la face antérieure du rocher.

Dans ce trajet, le nerf trijumeau, examiné à l’extérieur, paraît être formé seulement de faisceaujx placés les uns à côté des autres. Cependant ces faisceaux communiquent ensemble dans toute son étendue, par de petits filets intermédiaires. Cette union, et la ramification des faisceaux q'ui en est le résultat, deviennent de plus en plus marquées d’arrière en avant, et, dans une largeur d’environ une ligne et demie à deux lignes, on voit les faisceaux se diviser en filets excessivement fins, et s’entrelacer à l’infini les uns avec les autres. Vers son extrémité antérieure, le tronc du nerf, qui , dans cet endroit, touche en dehors à la dernière courbure de l’artère carotide interne, s’anastomose avec des filets du grand sympathique.

L’extrémité antérieure de cette grosse racine principale prend tout-â-coup un aspect fort différent de celui du reste du nerf et de ses diverses branches.

En effet, parvenue à l’extrémité antérieure de la face supérieure du rocher, elle produit un renflement demi-circulaire, dont le bord concave est tourné en haut et en arrière, et le bord convexe en bas et en devant. Ce renflement , qui dépasse le niveau du tronc nerveux dans tous les sens, est long de six à dix lignes d’avant en arrière, large d’une de dehors en dedans, et haut d’une ligne et demie. On l’appelle ganglion semi-lunaire ou plexus ganglifornie ( ganglion semilunare, plexus ganglioformis , Vieussens; intumescentia ganglio affinis, Scarpa ; plexus rétif orrais , Santorini; teenia nervosa, Haller; intumescentia semi-lunaris , Wrisberg; Aggerlunatus, Ncubauer; Armilla, Malacarne). Il est transparent et de

DTJ NERF TRIJÜMEAC.

couleur rougeâtre. Dans l’ctendue d’un quart de ligne à une demi-ligne, il n’a point de texture déterminée, si l’on excepte quelques filamens qui parcourent scs deux faces, principalement la partie interne de l’inférieure; mais ensuite il reprend l’apparence fibreuse , de manière toutefuis qu’en sens inverse de ce qui venait d’avoir lieu , les filamens se réunissent de haut en bas en filets plus gros , et produisent ainsi des faisceaux formant encore un tronc large d’environ une ligne et demie à deux lignes , qui se partage ensuite en trois branches principales , dont la supérieure forme un angle très aigu avec la moyenne, et celle-ci un angle un peu ouvert avec la postérieure. Les branches, dont les faisceaux s’entrelacent encore les uns avec les autres, sont d’abord larges , mais elles s’arrondissent peu à peu en se rapprochant des ouvertures qui leur livrent passage.

Les filets plexiformes du tronc ne se continuent pas, du moins pour la plupart, avec les inférieurs, mais se terminent dans une gouttière creusée sur le bord supérieur et concave du ganglion. Les inférieurs naissent de toute la circonférence ' du ganglion, et s’étendent presque jusqu’au bord supérieur, à l’extérieur. Dans l’intérieur la substance du ganglion est homogène et absolument semblable à celle des ganglions nerveux proprement dits.

1868. Les petites racines du nerf trijumeau ne prennent aucune part à la formation du renflement ganglionnaire, quoiqu’il se trouve à la face inférieure, tant de ce dernier que de la grosse racine, un sillon produit par leur passage.

La supérieure pénètre, par une fissure particulière ,. dans le prolongement inférieur du cervelet, à unedislance de la grande racine moyenne qui varie depuis un quart de ligne jusqu’à deux lignes. Lorsque les deux racines sont très rapprochées l’une de l’autre, elles semblent entrer par la même fissure ; mais un examen attentif démontre que ce cas est extrêmement rare , si même il arrive jamais. La racine supérieure suit la même direction que la précédente , dans le prolongement inférieur du cervelet, et marche au-dessus d’elle; cependant on ne peut pas la poursuivre aussi loin. Aussitôt après sa sortie, elle se contourne sur la face supérieure et le bord interne

ANATOSIIE SPÉCIALE.

de la grosse, gagne sa faee inférieure, et, passant encore sur celle-ci , se porte peu à peu en dehors , oi'i elle se réunit avec la petite racine inférieure, après un demi-pouce de trajet. Elle est composée de trois à six faisceaux qui n’ont pas le même volume.

La petite racine inférieure est ordinairement moins éloignée de la moyenne que la supérieure. La distance qui existe entre elle et celle-ci est souvent à peine d’un quart de ligne, et s’élève rarement à plus d’une ligne entière. On ne peut certainement pas admettre la règle générale que Palletta établit en disant qu’elles sont toujours séparées par un intervalle de quelques lignes. Dans bien des cas elles proviennent évidemment de la même fissure. Constamment la portion de la petite racine inférieure qui est cachée dans la substance cérébrale , marche au-dessous de la grosse, dans la même direction qu’elle, et à une distance moins grande aussi que celle qui sépare cette dernière de la supérieure. Elle se compose ordinairement de faisceaux plus nombreux que ceux de la supérieure, puisqu’on en compte à peu près six ou huit. Elle sort de la protubérance annulaire à la face inférieure de la grosse racine, et se réunit avec la petite supérieure delà manière que j’ai indiquée , presque toujours à trois ou à quatre ligues de distance derrière le renflement ganglionnaire de la grosse. Le tronc du nerf crolaphito -buccal ( nervus crolaphico-buccinatorius ), qui résulte de cette réunion, passe d’abord sous la grosse racine, puis sous le renflement ganglionnaire et la troisième branche de la cinquième paire, se porte ainsi en dehors et en devant, ne s’anastomose, dans ce trajet, que par quelques filets inconstans, d’abord avec le tronc, ensuite avec la troisième branche de la cinquième paire, éprouve souvent , mais non toujours, un renflement longitudinal au-dessous du ganglion plexiforme, et, après avoir traversé le trou rond de l’os basilaire , va former à lui seul les nerfs temporaux et buccaux.

Ces deux petites racines forment la petite portion de la cinquième paire, qui est plus blanche et plus dure que la grosse.

Leur isolement d'avec le ganglion produit par la grosse portion est extrêmement remarquable en ce qu’il offre la répétition de la conformation propre aux nerfs de la moelle épinière.

DU NERF TRIJUMEAU

A. Première branche principale.

1869. La première branche, branche supérieure ou ophlhalrnique de la cinquième pairs ( ramus primus , s. superior , s. ophthalmicus ) (1), bien plus petite que les deux autres , naît de la partie supérieure du ganglion. Elle se dirige de bas en haut et d’arrière en avant , au côté externe du sinus caverneux, vers l’orbite, dans lequel elle pénètre de dedans en dehors, placée en dehors du nerf moteur commun , et au-dessous du moteur supérieur.

Dans ce trajet, elle ne donne jamais aucune ramification, si ce n’est, à une distance plus ou moins grande de son origine, un rameau anastomotique assez constant, qui va se réunir au nerf moteur supérieur, et un autre, moins constant, qui se jette dans le nerf ganglionnaire. Mais elle est unie, dans toute son étendue, avec le moteur supérieur , par un tissu cellulaire très serré.

Peu avant d’entrer dans l’orbite, elle se partage ordinairement en deux rameaux , plus rarement en trois, qui sont le nerf nasal, le nerf lacrymal et le nerf frontal. Dans le premier cas', le second rameau , plus gros que l’autre, est le tronc commun du nerf lacrymal du nerf frontal.

i°Le nerf nasal, naso-oculaire ou naso-ciliaire , naso-palpébral, Ch. ( nervus naso- ocularis , s. naso-ciliaris) , qui tient le milieu entre les deux autres pour la grosseur, s’anastomose postérieurement avec des filets du grand sympathique, et se partage en deux branches , la plupart du temps avant même d’entrer dans l’orbite.

La branche externe est la plus petite ( ramus ciliaris, s. ad ganglion) . Elle se porte au ganglion lenticulaire ou ciliaire ( ganglion lenticulare, s. ciliare) , situé sur le côté externe du nerf optique , et dont elle constitue la longue racine. Quelquefois elle s’anastomose auparavant avec le nerf moteur commun, par un ou deux filets (2). Il lui arrive rarement de donner un nerf ciliaire.

(1) Zinn , Descriptio ocuti lutmani, tab. vi. — Scemmerring, dans De mours , Traité des maladies des yeux , t. IV, p. 02 , pi. vi. fig. 1.

(2) Bock , foc. cit. , p. 11.

La branche interne , qui est la plus grosse, marche en devant et en dedans, sur le nerf optique, auquel elle est collée. Il n’est pas rare qu’elle fournisse quelques nerfs ciliaires qui marchent le long du nerf optique, gagnent l’œil, dont ils percent la capsule à sa partie postérieure, s'avancent entre l’enveloppe fibreuse et la choroïde, et arment à l’iris, membrane dans laquelle ils se répandent avec des filets analogues, mais plus nombreux , qui proviennent du ganglion lenticulaire , formant avec ceux-ci un total de cinq à dix nerfs, répartis la plupart du temps en deux, plus rarement en trois faisceaux, dont je décrirai la distribution à l’article de l’œil. Quant au ganglion lui-même, il reçoit en arrière plusieurs filets du nerf grand sympathique (1).

Le nerf, passant ensuite au-dessous des muscles droit supérieur et grand oblique de l’œil , continue de se porter en dedans et en devant, s’applique contre la paroi interne de l’orbite , et ne tarde pas à se diviser en deux branches, le nerf ethmoïdal et le nerf sous-trochlcaire.

Le nerf ethmoidal ou nasal interne , naso - lobaire , Ch. {nervus ethmo'idalis , s. nasalis FVinslowii, s. ophlhalmicus TVillisii , s. nasalis internus ), rentre dans le crâne par le trou orbitaire interne et antérieur, sort ensuite de cette cavité par un des trous antérieurs de la lame criblée de l’ethmoïde, pénètre dans la fosse nasale, donne des filets à la membrane muqueuse du cornet supérieur et de la cloison, en distribue d’autres à celle du sinus frontal, se glisse ensuite dans une gouttière de l’épine nasale du coroual et des os propres du nez, descend le long du bord antérieur de la cloison cartilagineuse des fosses nasales , sort de cette cavité , se termine sur le bout du nez, et donne des filets aux ailes de cet organe, à l’extrémité duquel il s’anastomose avec des rameaux de la seconde branche de la cinquième paire et de la septième (2).

Quelquefois le nerf ethmoïdal est partagé en deux troncs,

(1) Ribes, Sur quelques parties de l’œil; dans Môm.de la soc. mud. d’èm., t. VII, p. 86. — Bock, loc. cit. , p. 12.

(2) Hanter, Observations on different parts of animal œeonomy , Londres, 1792. — A description of sorne branches of the fifth pair of nerve/ p. 265.

DU NERF TRIJUMEAU

l’un antérieur, et l’autre postérieur, dont le second passe par le trou orbitaire interne et postérieur, et reste dans la fosse nasale, d’oû il ne sort point (i).

Le nerf sous-trochléaire , ou nasal externe ( nervus infra trochlearis ) , s’avance sous les muscles droit et oblique supérieurs de l’œil, le long de la paroi interne de l’orbite, passe immédiatement au-dessous de la poulie, où il donne un petit filet à la bourse muqueuse située en cet endroit, sort de l’orbite, et se partage, dans l’angle interne de l’œil, en deux branches principales, l’une supérieure et l’autre inférieure. Ces branches ne tardent pas à se subdiviser elles-mêmes plusieurs fois en rameaux , par le moyen desquels le nerf se répand dans la conjonctive, la caroncule lacrymale, le sac lacrymal, le muscle orbiculaire des paupières, le muscle frontal et la peau du nez. Il s’anastomose en haut avec le nerf sus-trochléaire, puis avec des filets du facial, et, plus en devant, avec la seconde branche de la cinquième paire.

Quelquefois la longue branche du ganglion lenticulaire ne provient pas du nerf nasal, mais seulement de la troisième paire. Une disposition analogue est celle, bien plus rare, qui consiste en ce que le nerf nasal naît de la sixième paire, (2) et non de la cinquième.

2° Le nerf frontal, palpébro-frontal, Ch. ( nervus frontalis ), la plus considérable des trois branches de l’ophthalmique, marche, au milieu des deux autres , d’arrière en avant et de dehors en dedans , sur le muscle releveur de la paupière supérieure, immédiatement au-dessous de la voûte orbitaire. Il est d’abord étroitementuni avec le nerf moteursupérieur.

A peu près vers le milieu de son trajet, il fournit, en dedans et en devant, une petite branche, qui s’anastomose avec le nerf sous-trochléaire, et qui envoie des filets dans le sinus frontal, soit immédiatement, soit médiatement, par le moyen d’un petit ganglion.

Ensuite il donne un filet plus fort, le nerf sus-trochléaire (nervus supra-trochlearis), qui marche le long de la paroi

(1) Bock, toc. cit., p. 18.

(2) Otto, Sdlno Beobaclitunÿcn , Breslau , 1816, p. 108.

ANATOMIE GÉNÉBALE.

interne de l’orbite, passe au-dessus de la poulie du muscle grand oblique, et sort de la cavité orbitaire. Ce nerf, appelé aussi frontal interne, se réfléchit de bas en haut, répand ses ramifications dans le muscle sourcilier, la partie interne et supérieure de i’orbiculaire des paupières, le muscle frontal et la peau qui le couvre, et s’anastomose avec des filets du sous-trochléaire et du frontal proprement dit.

La continuation du tronc, le nerf frontal proprement dit, frontal externe, Ch. , ne donne aucune autre branche dans l’intérieur de l’orbite , sort de cette cavité , tantôt simple , tantôt déjà divisé en plusieurs troncs, par un trou sus-orbitaire simple ou multiple, se réfléchit aussitôt, du bas en haut, sur le bord supérieur de l’orbite, et va se répandre dans la peau du front et du vertex.

3° Le nerf lacrymal ( nervus lacrymalis ), qui tient le milieu entre les deux autres pour la grosseur, et qui est le plus extérieur des trois rameaux de la première branche delà cinquième paire, se porte en devant et en dehors, également appliqué contre la voûte orbitaire elle-même, et se partage bientôt en deux branches, l’une externe, l’autre interne.

L'externe se réunit avec un rameau du nerf sous-cutané malaire, provenant de la seconde branche principale de la cinquième paire. De ce tronc réuni, on voit partir ordinairement un filet, quelquefois double, qui , passant immédiatement à l’extrémité antérieure de la fente orbitaire antérieure, entre l’os jugal et le sphénoïde, se porte en dehors dans la fosse temporale, où il s’anastomose avec un rameau malaire du nerf facial, plus rarement avec le nerf temporal superficiel né de la seconde branche principale de la cinquième paire (1).

Cette branche externe envoie quelquefois un filet aux nerfs ciliaires qui sortent immédiatement du nerf nasal (2).

La branche interne se divise en plusieurs rameaux, anastomosés les uns aux autres , en manière de plexus , qui pénètrent dans la glande lacrymale.

Ces rameaux ne se consument pas entièrement dans la

(1) Bock, loc. cit. , p. ig.

(a) Bock, loc. cit. , p. ao.

Dû NERF TRIJUMEAU.

glande. II en est qui , après avoir traversé sa substance , parviennent au dehors, roû ils se distribuent, les uns dans la partie externe du muscle orbiculaire des paupières, les autres dans les téguinens de la région malaire , et s’anastomosent avec des filets, tant des branches postérieures du nerf facial que du nerf frontal et du sous-cutané malaire.

B. Seconde branche principale.

1870 La seconde branche principale de la cinquième paire, branche moyenne , nerf maxillaire supérieur , sus -maxillaire , Ch. ( rarnus quinti paris secundus , s. médius, ne nuis maxillaris superior ) (1), tient le milieu entre les deux autres pour la situationet levolume. Ellenaîtdela partie antérieuredu plexus ganglionnaire, seporte en devantd’une manière presque directe, ou du moins peu oblique de bas en haut, ne donne aucune ramification constante dans l’intérieur du crâne, quoiqu’elle s’y anastomose quelquefois avec un filet du nerf ganglionnaire (2), et sort de cette cavité, en dehors et en devant, par le trou grand rond du sphénoïde. Jusque là elle est plate; après sa sortie elle devient ronde.

A quelque distance de sa sortie du crâne, le nerf maxillaire. supérieur donne une petite branche , le nerf sous-cutané malaire ( nervus sub-culaneus malœ ) , qui remonte dans la fente sphéno-maxillaire. Cette branche pénètre dans l’orbite, au-dessous du muscle droit externe de l’œil, et s’anastomose, par un ou plusieurs filets , avec le rameau externe du nerf lacrymal. Elle fournil, plus en devant , une ou plusieurs ramifications qui pénètrent dans la glande lacrymale, dans le tissu de laquelle les unes restent , tandis que les autres , après l’avoir traversée, sortent de l’orbite, pour aller se répandre dans le muscle orbiculaire des paupières et la peau de la joue, où

(1) J. -F. Meckel, De quinlo pare nervorum ; dans Ludwig, Opp. min., Gœttingue, 1817. — A. Scarpa, Annot. acad. , 1. II, Modène , 1779, cap. iv, v, vi, tab. 1, 11.

(2) Laumonier, dans Roux, Journ. demèd. , t. XCIII, p. î5 9.

elles communiquent avec des filets du nerf facial et de la troisième branche principale de la cinquième paire. Enfin le nerf sous-cutané malaire sort de l’orbite, tantôt simple, tantôt divisé en plusieurs filets , par le trou malaire. Arrivé sur la face, il s’y distribue à la partie inférieure du muscle orbiculaire des paupières, ainsi qu’à la peau de la région malaire, et communique tant avec les rameaux du facial qu’avec ceux du sous-orbitaire.

Le nerf maxillaire supérieur se partage ensuite en deux branches bien plus considérables et d’un volume à peu près égal, qui marchent presque directement de haut en bas. Ce sont le nerf p té ry go -palatin et le nerf sous-orbitaire.

Le nerf ptérygo-palatin ( nervus pterygo-palatinus), tantôt forme un tronc simple, tantôt naît par deux ou trois filets distincts, qui deviennent les racines d’un petit ganglion arrondi, triangulaire on cordiforme, placé en dehors du trou sphéno-palatin , et nommé ganglion de Meckel ( ganglion Meckelii), du nom de l’anatomiste qui l’a découvert (i). On l’appelle aussi ganglion sphéno-palatin , sphénoïdal, Ch. ( ganglion spheno-palatinum). C’est de ce ganglion que naissent le nerf récurrent et le nerf palatin.

Suivant que le ganglion sphéno-palatin existe ou non , on observe des différences dans la disposition des branches fournies par le nerf ptérygo-palatin.

Lorsque le ganglion existe, il donne, de sa partie antérieure, les nerf nasaux supérieurs antérieurs , de la postérieure, le nerf récurrent, et de l’inférieure, le nerf naso-palatin.

Quand il n’existe pas, les nerfs nasaux supérieurs antérieurs naissent en partie du tronc du ptérygo-palatin , en partie du palatin, et le naso-palatin provient du ptérygo-palatin.

Du tronc du nerf du ptérygo-palatin , ou, quand il existe , du ganglion sphéno-palatin, émanent plusieurs petites branches.

Il s’en détache d’abord un filet qui entre dans le sinus sphé-

(1) J.-F. Meckel, Observation anatomique sur un nœud, ou ganglion du

second rameau de la cinquième paire des nerfs du cerveau nouvellement découvert avec l’examen physiologique du véritable usage des nœuds ou ganglions des nerfs ; dans Mem. de Berlin , iy4o > p* 84-io3 , tab. ht.

DU NERF TRIJUMEAU

noïdal, on qui, quand il est très développé, traverse cetle cavité pour aller gagner le nerf moteur externe , avec lequel il s’anastomose (1) ; quelquefois il distribue des ramifications au sinus sphénoïdal, ainsi qu’;\ la partie postérieure et la plus supérieure de la cloison des fosses nasales.

Viennent ensuite quatre ou cinq filets un peu plus gros , qui traversent la dure-mère tendue sur le trou ptérygo-palatin , se répandent dans la membrane muqueuse qui tapisse la partie postérieure du cornet le plus supérieur, du cornet supérieur et du cornet moyen du nez, et s’anastomosent avec les ramifications du nerf olfactif. Ce sont les nerfs nasaux supérieurs et anterieurs , ou sphéno-palatins [nervi nasales superiores et anteriores). Plus loin on aperçoit le nerf de la cloison , dont la description sera mieux placée à la suite de celle du nerf naso-palatin, et les nerfs nasaux supérieurs et postérieurs , qui cependant sont bien plus souvent des branches du nerf récurrent. /

Le nerf ptérygo-palatin se partage ensuite, dans le sommet de la fosse ptérygo-palatine , en deux branches , l’une récurrente , l’autre descendante.

La branche récurrente, nerf ptérygdidien , ou vidien ( ner vus cjuinti recurrens , s. anastomolicm , s. pteryçroideus , s. vidianus ) , est ainsi appelé à cause de sa direction; car il se porte en arrière, s’engage dans le conduit ptérygoïdien , et s’anastomose, par plusieurs filets, tant avec le nerf facial qu’avec le grand sympathique.

Ce nerf envoie d’abord en dedans et en bas deux ou trois filets, appelés nerfs nasaux postérieurs et supérieurs ( nervi nasales posieriores superiores), qui sont quelquefois réunis en un petit tronc, nommé par Bock nerf pharyngien ( minus pharyngeus). Ces nerfs tantôt sortent par la partie inferieure du trou sphéno-palatin , tantôt percent la paroi interne du conduit ptérygoïdien, traversent l’apophyse ptérygoïde , pénètrent en dedans , et se répandent dans la partie postérieure de la membrane muqueuse du nez, oii ils s’anastomosent avec les ramifications de l’ollactif, dans les muscles du voile

(1) Bock, loc, cit., p. 26.

AXAT0A11E SPÉCIALE.

du palais, dans la peau des parties molles du palais, et dans les environs de l’orifice antérieur de la trompe de Fallope.

Ensuite la partie externe du nerf, que est remarquable par sa mollesse et sa couleur rougeâtre, se partage, avant de quitter le conduit ptérygoïdicn , en deux branches , par lesquelles elle se termine , et qui demeurent quelquefois séparées jusqu’au ganglion.

Ces deux branches sont des nerfs anastomotiques.

La supérieure , ou superficielle , plus petite, porte le nom de nerf pétreux superficiel ( ne ru us petrosus superficialis). Le plus souvent simple, rarement bifurquée elle-même, elle traverse la masse fibro-cartilagineuse interposée entre le sphénoïde et le rocher, marche en arrière, en haut et en dehors, sous la troisième branche principale de la cinquième paire, dans un sillon creusé à la face supérieure du rocher, abandonne ce sillon pour pénétrer dans le canal de Fallope, s’anastomose, dans ce dernier conduit, avec le nerf facial qui le traverse , et envoie quelquefois des filets aux branches du nerf ganglionnaire qui entourent la partie supérieure de l’artère carotide en manière de plexus (1).

inférieure , ou profonde, qui est la plus grosse, et qui marche dans la même direction que le nerf récurrent, sort de l’extrémité postérieure du conduit ptérygoïdien, à travers la masse fibro-cartilagineuse interposée entre ie sphénoïde et le rocher, se porte en dehors et en arrière, perce la duremère, et se porte dans le canal carotidien, où elle s’anastomose avec l’extrémité supérieure du nerf ganglionnaire, conjointement avec un filet de la sixième paire, établissant ainsi une anastomose très constante et très évidente entre la cinquième paire et le grand sympathique.

L’exposé des différences qu’on observe quelquefois sous ce rapport sera mieux placé qu’il ne le serait ici à la suite de la description du grand sympathique. En effet il serait probablement plus exact de considérer la branche profonde du nerf récurrent comme une ramification de ce dernier.

La branche descendante ou le nerf palatin ( nervus palatin

(i) Bock, toc. cil., p. 28.

DU NERF TRIJUMEAU

nus ), qui est beaucoup plus grosse que la récurrente, se distribue à la partie moyenne et inférieure de la membrane muqueuse du nez, ainsi qu’à la membrane palatine. Il serait donc plus convenable de l’appeler nerf naso-palatin ( nervus nasopalatinus ).

De cette branche, ou du ganglion sphéno-palatin , ou enfin du tronc du nerf ptérygo-palatin , naît d’abord le nerf de la cloison du nez {nervus septi narium ), auquel Scarpa (i) donne le nom de nerf naso-palatin ( nervus nas o-palat inus) (2), qui lui convient moins.

Ce nerf pénètre dans le nez, avec les nerfs nasaux antérieurs et supérieurs, par le trou sphéno-palatin, se porte de dehors en dedans, en passant devant le sinus sphénoïdal, vers la cloison, sur laquelle il descend d’arrière en avant, entre le périoste et la membrane muqueuse , jusqu’aux trous palatins antérieurs, plus en avant du côté gauche que du côté droit, et gagne ainsi la membrane palatine. En traversant le canal palatin, les nerfs des deux côtés se réunissent ensemble , forment quelquefois un petit renflement , appelé ganglion nasopalatin ( ganglion naso-palatinurn ) , et se répandent sur une saillie située au-dessous du trou palatin antérieur.

Ensuite le nerf palatin se partage en une grosse branche antérieure, qui est la continuation du tronc, et en deux ou trois autres postérieures, plus petites, qui descendent toutes dans la fosse ptérygo-palatine. Ces branches sont le grand nef palatin ( nervus palatinus major ) et les petits nefs palatins ( nervi palatini minores ). Quelquefois elles proviennent immédiatement du ganglion, ou même , ce qui arrive surtout à la plus petite, de la seconde branche principale.

De la partie antérieure du grand nerf palatin naissent d’abord les nerfs nasaux postérieurs , moyen et inférieur ( nervi nasales posteriores , medii et inferiores ) (5).

Le nerf nasal postérieur et moyen ne tarde pas à se partager

(1 ) Loc.cit. , cap. v, Dcnervo naso-patatino.

(2) Scarpa, toc. cit., tab. 1.' — Hunter, Observations on different paris of animal œconomy , tab. xvn.

(5) Cloquet, toc cit., t. II, p. 687.

en deux branches , séparées quelquefois dès la naissance même du tronc. La supérieure se porte directement en avant dans la membrane muqueuse du cornet moyen; la seconde va se répandre dans la partie supérieure de celle du cornet inférieur.

Le nerf nasal postérieur et inférieur naît beaucoup plus bas, vis-à-vis de l’extrémité postérieure du cornet inférieur, vers lequel il s’avance directement, pour jeter ses filets dans la membrane muqueuse qui tapisse la face interne de cet os en devant.

Ces deux nerfs s’anastomosent avec des ramifications de l’olfactif.

La branche antérieure du grand nerf nasal envoie ensuite en arrière un petit rameau qui traverse l’apophyse ptérygoïde dans un canal particulier , et se répand dans la substance glanduleuse des parties molles du palais.

La branche elle-même, dont les faisceaux s’écartent les uns des autres, se porte en devant et en bas , dans le conduit ptérygo-palatin , et arrive, par le trou palatin postérieur, à la face inférieure de la voûte osseuse du palais, où elle se partage sur-le-cliamp en trois ou quatre branches considérables, qui, marchant entre la membrane muqueuse et le périoste, le long de la face interne du rebord alvéolaire, vis-à-vis des dents, se perdent dans la gencive.

Les deux ou trois petits nerfs palatins descendent l’un derrière l’autre et derrière le grand, d’abord dans la fosse plérygo-palatine, puis plus bas dans de petits conduits particuliers du rocher , à leur sortie desquels ils se jettent dans les amygdales , le muscle palato - staphylin , la substance musculaire et glanduleuse des parties molles du palais et la luette.

1871. Le nerf sous orbitaire ( nervus infra- orbital is ) , la seconde des deux branches dans lesquelles se divise le nerf maxillaire supérieur, se dirige d’arrière en avant, de dedans en dehors et de haut en bas , dans ia fente sphéno-maxillaire, pour gagner le canal sous-orbitaire.

Mais, avant d’arriver dans ce canal , il donne une branche considérable , appelée nerf dentaire ou alvéolaire postérieur et supérieur ( ramus dentalis, s. alveolaris posterior superior). Ce nerf se partage , tantôt dès sa naissance même , tantôt plus

1)V NEUF TRIJUMEAU. 97

lard, en deux branches, l’une antérieure plus petite, l’autre postérieure plus grosse.

La postérieure descend sur la partie postérieure de la paroi I externe du sinus maxillaire, au-dessous du muscle temporal, qui pénétre dans cette cavité par sa paroi postérieure , se répand dans sa membrane muqueuse ( t), et s’y anastomose avec le nerf dentaire antérieur. Elle se termine par des ramifications superficielles destinées au muscle buccal, et par d’autres profondes, qui s’engagent dans de petits canaux creusés sur la partie postérieure du corps de l’os maxillaire supérieur, et pénètrent dans les racines des trois grosses dents molaires postérieures. Chaque racine en reçoit une. On en voit une aussi , entre chaque couple de dents, qui va se perdre dans la gencive.

La branche antérieure se répand principalement dans la partie supérieure et postérieure du muscle buccal.

Après avoir donné le nerf dentaire postérieur supérieur , le sous-orbitaire entre dans le canal qui porte son nom.

En parcourant ce canal, il donne, tantôt plus tôt et tantôt plus tard, ordinairement plusieurs branches, mais toujours au moins une, qui surpasse les autres en volume, même lorsqu’elles existent : ce sont les nerfs dentaires antérieurs ( nervi dentales anteriores) , qui pénètrent dans la substance de l’os maxillaire supérieur, envoient des filets dans le nez, à bipartie antérieure du cornet inférieur, s’anastomosent avec les nerfs dentaires postérieurs par plusieurs filets, passent sur les racines des dents de devant, et se terminent par dos ramifications destinées aux incisives, aux canines, aux molaires antérieures et à la gencive. Celles qui appartiennent aux dents incisives et à la canine proviennent immédiatement du nerf dentaire antérieur; celles des molaires antérieures naissent de la jonction de ce nerf avec le dentaire postérieur.

Le nerf sous-orbitaire sort ensuite du canal par le trou sousorbitaire, dans l’intérieur duquel il se divise en deux branches principales, l’une interne, l’autre externe, et quelquefois même en tous les autres rameaux subalternes. Il arrive ainsi à la

(i) Suivant Bock (p. 02), le nerf ne se distribue pas à l.i membrane du sinus maxillaire; mais je l’ai vu bien clairement plusieurs fois lui donner .des filets.

face, oû il se partage en un nombre considérable de ramifications, qui se terminent dans la peau et les muscles, tant du nez que de la lèvre supérieure, et s’anastomosent avec celles delà première branche principalede la cinquième paire, ainsi qu’avec des filets du nerf facial.

Ordinairement les deux branches principales se subdivisent eu six ou sept rameaux, qu’on peut distinguer en supérieurs , antérieurs et inférieurs.

i° Rameaux supérieurs , ou palpébraux. Ordinairement il n’y a qu’un seul rameau supérieur, le nerf palpébral inférieur ( nervus palpebralis inferior). Ce nerf, le premier que donne le sous-orbitaire , dont il est quelquefois séparé dans l’intérieur même du canal, et qui sort souvent par un trou particulier, situé plus en dedans que le sous-orbitaire, monte surle-champ, de dehors en dedans, vers la partie inférieure du muscle orbiculaire des paupières, et se divise en deux ra- 1 meaux, l’un externe, l’autre interne.

L 'externe se porte en dehors, vers l’angle externe de l’œil, dans la partie inférieure du muscle orbiculaire des paupières, et distribue ses filets ù ce muscle. Il s’anastomose avec ceux du rameau interne et avec les nerfs temporaux du facial.

L 'interne se dirige vers l’angle interne de l’œil, donne à la peau du nez un rameau qui descend jusqu’au bout de cet organe, où il s’anastomose avec le rameau nasal delà première branche principale de la cinquième paire. Ensuite il s’anastomose lui même, dans la paupière inférieure, tant avec le rameau externe qu’avec un filet du nerf sous-trochléaire, et se termine dans le muscle orbiculaire des paupières , les tégumens de la paupière inférieure , la caroncule lacrymale et le sac lacrymal.

20 Rameaux antérieurs ou nasaux. Les rameaux qui se dirigent en devant, et dans le même temps un peu en dehors, sont les nerfs nasaux superficiels ou cutanés { nervi nasale ; fj( superficiales) , distingués en interne supérieur et externe inférieur. ,;e

L "interne et supérieur , presque toujours plus petit que î’autre, se réfléchit de bas en haut, sous le muscle releveur de 1; ;j lèvre supérieure , donne souvent naissance au précédent, e

DU NERF TRIJUMEAU

sc partage ensuite en deux ou trois filets, qui se dirigent en avant, au-dessous de ce muscle, le long de la partie moyenne du nez, répandant leurs ramifications dans le releveur de la lèvre supérieure, l’abaisseur de l’aile du nez et les tégumens des parties moyenne et inférieure du nez. Ils s’étendent jusque sur le dos et au bout de l’organe, et s’anastomosent en ce dernier endroit avec le rameau nasal de la première branche principale de la cinquième paire.

L 'externe et inférieur descend sous le muscle releveur de la lèvre supérieure, envoie souvent un filet ascendant à la paupière inférieure et à la partie inférieure du muscle orbiculaire des paupières, continue ensuite son trajet de haut en bas, reçoit souvent un filet du précédent, se porte en devant vers l’aile du nez, au-dessus du releveur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, donne des ramifications à ce muscle, ainsi qu’aux parties moyenne et supérieure de l’orbiculaire des lèvres, et se termine <\ la partie inférieure de la cloison et du bout du nez, où il s’anastomose avec le rameau nasal de la première branche principale de la cinquième paire.

Rameaux descendans ou labiaux. Les rameaux descen dans sont ordinairement trois ou quatre nerfs labiaux supérieurs (nervi labiales superiores), qui se suivent d’avant en arrière. On les distingue en interne, moyen et externe. Tous descendent d’avant en arrière, couverts d’abord par le releveur de la lèvre supérieure , se répandent dans ce muscle, la peau de la lèvre supérieure , la partie correspondante de l’orbiculaire des lèvres, et la partie inférieure des zygomatiques et du buccal. Ils percent même l’orbiculaire des lèvres, pour se porter à la membrane buccale et aux glandes de la lèvre supérieure.

4° En outre on trouve fréquemment un rameau externe du nerf sous-orbitaire, 1 e nerf palpébral externe. Ce rameau, qui est très petit , perce le muscle releveur de la lèvre supérieure, et se dirige en dehors, où, parmi ses filets, les uns se perdent dans l’orbiculaire des paupières, les autres s’anastomosent avec le nerf facial.

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