‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 42 sur 289 · C. Troisième branche principale · texte numérisé non relu

C. Troisième branche principale

1872. La troisième branche principale , branche inferieure ou postérieure de la cinquième paire , nerf maxillaire inférieur, maxillaire, Ch. ( ramus quinti paris lertius , s. inferior, s. poste rior, s. nervus infra-maxillaris ) (1), la plus grosse des trois, naît de la partie inférieure et postérieure du plexus ganglionnaire. Elle est formée principalement par la petite portion antérieure, ce qui a déterminé Palletta à considérer cette portion comme un nerf distinct (2). C’est celle des trois branches qui parcourt le trajet le moins long dans l’intérieur du crâne. Elle se dirige de haut en bas, un peu aussi d’arrière en avant et de dedans en dehors, et s’insinue dans le trou ovale'du sphénoïde, après s’être anastomosée, dans ce trajet, avec le ganglion caverneux du nerf sympathique, par des filets qui ne sont point constans (5).

Le nerf maxillaire inférieur se distribue aux muscles, aux tégumens et aux dents de la mâchoire inférieure , aux glandes salivaires inférieures et à la langue.

A l’endroit où il sort du crâne, il est couvert par le muscle ptérygoïdien externe. Ordinairement il se divise, non loin de là , en deux grosses branches, l’une supérieure et antérieure, l’autre inférieure et postérieure. Cependant celte bifurcation n’est pas constante , caron voit quelquefois le rameau produit par les deux branches naître immédiatement du tronc.

1873. La branche supérieure et antérieure, qui est bien plus petite que l’autre , se partage aussitôt après , et souvent même avant sa sortie du crâne, en cinq rameaux, qui s’écartent les uns des autres en manière de rayons. Ce sont le nerf massétérin, les nerfs temporaux profonds, interne et externe, le nerf buccal et le nerf ptérygo'idien.

(t) A.-F.-L. Fitzau, De tertio ramo paris quinti nervorum cerebris. nervo maxillari inferiori , Léipsick, 1811.

(2) De nervis crolaphitico et b uccinatorio , Milan, 1784.

(3) Laumonier, loc. cit. — Munniks, De origine nervi infercost. dans Obs. var. , Groningue, i8o5.

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Le nerf massétérin , sous- zygomatique , Ch. ( nervus rnasseterinus), qui naît presque toujours plus haut que tous les autres, et qui est constamment le plus extérieur, suit une direction transversale de dedans en dehors, immédiatement audevant de la surface articulaire de l’os temporal, se place au côté externe du muscle ptérygoïdien externe, endroit où il donne des filets aux ligamens de l’articulation temporo-maxillaire et à la partie inférieure du temporal , descend ensuite de dedans en dehors, entre ce muscle et le ptérygoïdien externe, gagne l’échancrure sigmoïde de l’os maxillaire inférieur, et, passant derrière le tendon du temporal, se glisse entre les deux couches du masséter, dans lequel il se perd presque entièrement.

Le second rameau , le nerf temporal profond externe , temporo-musculaire externe, Ch. (nervus temporalis profundus exter nus) , naît plus en devant et en dedans, provient souvent du précédent ou du buccal , et doit quelquefois naissance à un tronc qui lui est commun avec le suivant. Il se porte en dehors sous le muscle grand ptérygoïdien et sur le temporal, s’anastomose ordinairement avec le suivant, par un filet intermédiaire, et se dirige ensuite en haut et en dedans, pour pénétrer dans le muscle temporal.

Le troisième rameau, le nerf temporal profond interne, temporo-musculaire interne, Ch. ( nervus temporalis profundus internus), généralement plus gros que le précédent, suit la même marche que lui. Il se répand aussi dans le muscle temporal , mais envoie en outre des filets anastomotiques au nerf buccal. lien donne aussi d’autres plus en devant, qui vont s’anastomoser avec le buccal cutané et avec le lacrymal, au dehors et quelquefois même au dedans de l’orbite ; cependant l’existence de ces deux dernières anastomoses est devenue douteuse depuis les observations de Bock, qui considère les filets auxquels on les attribue comme des ramifications artérielles (1).

Le quatrième rameau , le nerf baccinateur , ou buccal, bucco- labial , Ch. (nervus buccinatorius ), est ordinairement

(i) Bock , toc. cit. , p. 44*

le plus gros des cinq, et quelquefois le tronc des trois précédons, lise porte en avant, entre les deux muscles ptérygoïdiens età travers l’externe, donne des filets à oes deux muscles, principalement â l’externe , gagne la partie inférieure du muscle temporal , descend ensuite entre ce dernier et le ptérygoïdien externe , arrive à la face externe du buccinateur , se distribue en grande partie dans ce muscle , le perce pour donner des filets ô la membrane et aux glandes buccales, s’anastomose avec les branches antérieures du nerf facial, et se termine dans les muscles qui relèvent et abaissent l’angle des lèvres.

Le cinquième rameau , le nerf ptérygoïdien , ptéry go-musculaire, Ch. ( nervus pterygoideus), est le plus petit de tous, ïl naît de la partie interne de la branche supérieure, passe entre les muscles ptérygoïdien et péristaphylin externes, et gagne la partie supérieure du ptérygoïdien interne, dans lequel il se consume entièrement.

1874. La branche postérieure et inférieure , qui est bien plus grosse que la précédente, etqu’on peut considérer comme la continuation proprement dite du tronc , se partage , aussitôt après sa naissance, en trois rameaux, le nerf temporal superficiel , le nerf dentaire inférieur et le nerf lingual.

Le nerf temporal superficiel , temporal cutané , Ch. fiervus tempo ralis superficialis), naît presque toujours par deux racines, plus rarement par trois, et plus rarement encore par une seule. De ces deux racines , l’inférieure, qui est la plus petite, provient du nerf dentaire inférieur, et se réunit avec la supérieure, de manière que l’artère sphéno-épineuse ou cérébrale moyenne passe entre elles.

Le tronc se dirige de dedans en dehors , au côté interne de l’articulation temporo-maxillaire, entre le condyle de la mâchoire et le ligament latéral, et se partage, en cet endroit, en cinq ou six branches. Deux ou trois de ces branches pénètrent, de dehors en dedans et d’arrière en avant, dans la glande parotide , et s’anastomosent tant avec le tronc qu’avec des ramifications du nerf facial. Quant aux autres, une ou deux d’entre elles , qu’on peut appeler nerfs du conduit auditif externe ( nervimea tus auditorii exlerni inferioret superior), se portent en arrière.

DU NERF TRIJUMEAU

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traversent la paroi antérieure de la portion osseuse du conduit auditif, et passent entre cette portion et la cartilagineuse. Leurs ramifications se répandent, les unes dans les tégumens de la partie interne de la conque de l’oreille, et les autres dans ceux du conduit auditif. On en voit une aussi qui va gagner la membrane du tympan, entre les deux feuillets de laquelle elle se glisse, et s’anastomose, par un ou deux filets, avec la corde du tympan (i).

La dernière branche du nerf temporal superficiel , qui est la plus considérable, traverse la glande parotide pour se portera l’oreille externe, et se termine dans lestégumens de la partie moyenne du crâne , en s’anastomosant avec des filets du grand nerf occipital et du nerf frontal de la première branche principale de la cinquième paire. Elle communique aussi avec des filets du rameau lacrymal externe et du nerf buccal cutané, qui pénètrent en dehors.

Les deux autres nerfs, fournis par la branche postérieure et inférieure du sous-maxillaire, ne constituent d’abord qu’un seul tronc, mais qui est très court.

Le nerf dentaire inférieur, maxillo-dentaire , Ch. ( nervus cilveolaris maxiïlœ inférions, ner vus maxillaris inferior), qui est placé entre les deux autres rameaux de la branche postérieure, et qui est presque toujours la plus grosse des ramifications fournies parle tronc du sous-maxillaire, naît quelquefois par deux racines qui embrassent l’artère maxillaire interne. Il descend de dedans en dehors et d’arrière en avant , d’abord entre les deux muscles ptérygoïdiens , puis entre l’externe et le condyle de la mâchoire. A peu de distance de son origine, il donne une petite branche très constante, le nerf mylo hyoïdien ( ne i vus rnylo-hyoideus ), qui descend d’arrière en avant, dans un sillon creusé sur la face interne de la branche de la mâchoire , fournit un rameau â la glande sous-maxillaire, se dirige vers la face inférieure du muscle mylo-hyoïdien, marche d’arrière en avant, entre ce muscle et le ventre antérieur du digastrique maxillaire, leur donne des filets à tous deux, mais surtout au mylo-hyoïdien , et, se réfléchissant de

(1) Bock, toc. cil., p. 49-

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bas en haul, sur le bord intérieur de la mâchoire .va se perdre dans les muscles du menton.

Le tronc du nerf dentaire inférieur entre dans le canal du même nom, qu’il parcourt d’arrière en avant. Mais ordinairement, à l’instant même où il y pénètre, il se partage en deux branches , l’une supérieure, plus petite, le nerf dentaire ■proprement dit ferons denlalis ) , l’autre inférieure, plus grosse, le nerf mentonnier ( ramus mentalis), qui marchent immédiatement l’une à côté de l’autre, et qui communiquent ensemble par un grand nombre de filets anastomotiques.

La branche dentaire estplacée au-dessous des dents, Â chacune desquelles , de même qu’à chaque racine des molaires , elle envoie un filet. Tous ces filets naissent bien plus en arrière que les dents auxquelles ils sont destinés. Entre chaque couple j de dents la branche donne aussi un filet à la gencive.

La branche mentonnière sort par le trou mentonnier. Elle se partage aussitôt, sous le muscle triangulaire des lèvres, en deux rameaux, les nerfs labiaux inférieurs {nervi labiales inferiores) , dont l’interne surpasse presque toujours plus ou moins l’externe en grosseur.

L 'externe se dirige en haut , donne des filets au muscle triangulaire des lèvres, mais principalement à la partie inférieure de l’orbiculaire , aux glandes de la lèvre inférieure et à la membrane buccale. Il s’anastomose avec des ramifications des branches inférieures du nerf facial.

L’interne , couvert par le muscle abaisseur de la lèvre inférieure , se dirige en avant et en haut, donne des filets à ce muscle, au releveur du menton, à la partie moyenne de l’orbiculaire des lèvres, à la peau du menton, aux glandes de la lèvre inférieure et à la membrane buccale , et s’anastomose avec le nerf marginal , fourni par le facial.

Le nerf lingual ( nervus lingualis , s. gustatorius ) , le plus antérieur des trois rameaux de la branche inférieure et postérieure du sous-maxillaire , tient le milieu entre les deux autres, sous le rapport de la grosseur. Il naît plus en dedans qu’eux, et il lui arrive souvent d’être réuni avec le précédent en un tronc commun d’une assez grande étendue. Il descend avec lui d’arrière en avant , ordinairement placé au côté in-

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