‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 51 sur 289 · I. PORTION CENTRALE · texte numérisé non relu

I. PORTION CENTRALE

1882. La portion centrale du nerf ganglionnaire se compose de plusieurs plexus ganglionnaires situés dans la cavité abdominale, et des nerfs qu’ils envoient tant aux organes qu’aux ganglions limitrophes. Voici quels sont ces plexus, en les considérant de haut en bas.

1883. Le plexus solaire , ganglion semi-lunaire, ganglion surrénal et plexus médian , ou opisto-gastrique , Ch. ( plexus Solaris, "Willis , ganglion, s. plexus semi-lunaris , abdorninalis , transversus , commuais , cerebrum abdominale ), mérite d’être étudié le premier, parce qu’il est réellement le centre du nerf, tant à cause de son volume qu’à raison de la constance de ses ganglions, d’où émanent tous les plexus abdominaux, et de ses connexions immédiates avec une multitude de ganglions limitrophes.

Il est situé au-devant de l’aorte abdominale , derrière le péritoine, entre les deux capsules surrénales , et il entoure le tronc de l’artère coeliaque.

Le nombre et le volume des ganglions qui se réunissent pour lui donner naissance sont sujets à varier. Cependant on trouve toujours deux ganglions au moins , un à droite , l’autre à gauche, qui sont beaucoup plus considérables que les autres, même lorsque le nombre total s’élève à plus de deux. Ils sont à peu près demi-circulaires, la plupart du temps longs de plus d’un pouce, larges de près d’un demi-pouce sur plusieurs points, en général dans le milieu, et épais de quelques lignes d’avant en arrière. Leur bord convexe est tourné en dehors, et leur bord concave en dedans.

Celui du côté droit est ordinairement beaucoup plus gros

que celui du côté gauche , plus large en proportion de sa longueur, anguleux et rhomboïdal. Il se trouve placé entre la veine cave inférieure et le pilier droit du diaphragme d’une part, l’artère rénale droite et l’extrémité supérieure de la capsule atrabilaire correspondante de l’autre.

Celui du côté gauche, plus petit, est, proportion gardée , plus alongé et plus demi-circulaire. Il est situé entre le pilier gauche du diaphragme , le pancréas, l’artère splénique et la capsule surrénale gauche.

Ces deux ganglions sont unis ensemble par un grand nombre de filets nerveux qui se portent transversalement du bord interne et des deux extrémités de l’un aux points correspondans de l’autre. Tous ces filets, ou du moins la plupart d’entre eux, se ramifient plus ou moins dans leur trajet, et s’anastomosent fréquemment ensemble.

Entre les deux ganglions principaux, notamment entre leurs extrémités inférieures, dans l’intervalle qui sépare les artères cœliaque et mésentérique supérieure, on en découvre presquetoujours plusieurs autres , au nombre de deux ou trois, qui sont plus petits, s’anastomosent, tant l’un avec l’autre qu’avec les deux gros, par des filets intermédiaires, et semblent appartenir plus particulièrement tantôt à celui du côté droit et tantôt à celui du côté gauche.

Il arrive quelquefois que les ganglions principaux, au lieu d’être plus épais et plus larges à leur partie moyenne, comme c’est le cas ordinaire , y sont au contraire fort étroits, tandis qu’ils se renflent beaucoup à leurs extrémités. Cette disposition est un premier pas fait vers une anomalie rare, qui consiste en ce qu’ils se divisent de haut en bas en un nombre plus ou moins considérable de renflernens qui communiquent ensemble par des filets nerveux. Ordinairement, alors les renflemens moyens qui résultent de cette scission sont les plus gros; mais, dans certains cas aussi, qui sont plus rares, ils ont un volume moindre que celui des supérieurs, et des inférieurs , ce qui éloigne encore davantage la disposition du nerf du type normal.

Les ganglions sont plus rapprochés les uns des autres dans le premier cas que dans le dernier, où il leur arrive même

DU NEUF GANGLIONNAIRE

d’être réunis par plusieurs filets nerveux entrelacés en manière de plexus. Quelquefois il se forme en dehors, en haut et audessous d’un des deux ganglions principaux, ou de tous deux, plusieurs petits ganglions subalternes , dont le nombre varie depuis trois jusqu’à onze, et d’où naissent tant les filets qui se rendent aux plexus voisins , que ceux qui contribuent à former le grand nerf splanchnique. Ordinairement alors le ganglion principal du même côté se rapetisse plus ou moins , de sorte que cette conformation conduit d’une manière plus directe encore à celle dans laquelle il se trouve totalement divisé en un nombre considérable de ganglions plus petits, dont aucun ne surpasse de beaucoup les autres en volume.

Parmi toutes ces formes , celles dans lesquelles la masse centrale offre le plus de concentration sont évidemment d’un ordre supérieur aux autres ; elles offrent une répétition fort remarquable du développement de la portion centrale du système nerveux de la vie animale , tant dans l’embryon que dans la série entière des animaux.

Le plexus solaire t considéré dans son ensemble, occupe un espace considérable. Il s’étend en longueur depuis le bord supérieur de l’artère cœliaque jusqu’au-dessous des artères rénales, et sa largeur est d’un à deux pouces.

De même que l’artère cœliaque , il se partage ordinairement en trois parties principales.

De sa partie moyenne et supérieure partent immédiatement des filets nerveux qui, réunis à d’autres filets du nerf pneumo-gastrique gauche, donnent naissance au plexus coronaire stomachique supérieur , storno-gastrique , Ch. ( plexus coronarius ,s. ventriculi superior , s. minor ), qui accompagne l’artère coronaire stomachique supérieure, le long de la petite courbure de l’estomac, s’étend jusqu’à l’orifice gauche de ce viscère , et s’anastomose , principalement sur la face postérieure de l’estomac, avec le plexus coronaire stomachique inférieur et le plexus hépatique gauche , auxquels il envoie des rameaux de communication.

Le second de ces plexus, qui est le plus volumineux de tous, porte le nom de plexus hépatique ( plexus hepalicus ). Il descend de gauche à droite, line portion accompagne l’ar-r

tère coronaire stomachique droite inférieure, le long de la i grande courbure de l’estomac, où elle se distribue , sous le nom de plexus coronaire stomachique inferieur ( plexus coronarius slornàcMcus inferiorf, l’autre, plus considérable , se joint aux vaisseaux hépatiques, avec lesquels elle gagne le foie. Elle accompagne d’abord l’artère hépatique ; mais , au voisinage du sinus de la veine porte, elle se partage en plexus hépatique droitet plexus hépatique gauche. Le premier est plus ( considérable que l’autre, et compi sé de six à huit filets. Il pénètre dans le lobe droit du foie. Le gauche est destiné au lobe gauche de cet organe. Tous deux s’anastomosent avec des filets du nerf pneumo-gastrique droit, et forment encore de petits renflemens , de distance en distance, dans la substance i du foie. Avant de pénétrer dans cette glande , ils envoient des filets au pylore , ainsi qu’aux artères duodénales et pancréatiques.

Indépendamment de ces plexus , il s’en détache quelquefois du ganglion semi-lunaire droit , un autre plus petit , dont les filets pénètrent d’arrière en avant et de bas en haut dans le petit lobe du foie.

De la partie droite inférieure du plexus solaire et du ganglion semi-lunaire gauche naît le plexus splénique ( plexus splenicus), dont les ramifications, accompagnant celles de l’artère splénique, qu’elles entourent, passent sur le pancréas, envoient des filets à cette glande , ainsi qu’au grand cul-desac de l’estomac , où ils forment le petit plexus stomachique inférieur ( plexus venlriculi inferior et minor ) , et pénètrent ensuite dans la substance de la rate, avec les branches de l’artère splénique.

De la partie inférieure des ganglions semi-lunaires , du plexus hépatique et du plexus splénique proviennent des branches qui se réunissent pour former le plexus mésentérique supérieur ( plexus mesentericus superior ). Ce plexus accompagne le tronc et les ramifications de l’artère mésentérique supérieure ; ses filets se distribuent principalement à l’intestin grêle et au gros intestin. Quelques uns s’introduisent aussi dans le pancréas.

La partie supérieure des ganglions' semi-lunaires envoie,

DU NEUF GANGLIONNAIRE

de chaque côté , quatre ou cinq branches considérables , qui , fortifiées par des filets du plexus mésentérique supérieur, descendent vers les artères rénales , et, s’entremêlant de cinq à six petits ganglions subalternes, forment le plexus rénal ( plexus renalis ) de chaque côté, qui donne des ramifications nombreuses aux capsules atrabilaires et aux reins.

Ce plexus communique en haut et en dehors, tant avec les ganglions thoraciques inférieurs qu’avec les lombaires supérieurs , par des rameaux dont les supérieurs se réunissent en branches plus volumineuses , qui vont gagner, chacune isolément , les ganglions limitrophes et les cordons nerveux par lesquels ces derniers sont unis les uns avec les autres.

En bas le même plexus se continue avec le plexus spermatique ( plexus spermaticus ), qui descend le long des vaisseaux spermatiques , s’anastomose avec les plexus mésentérique supérieur et inférieur , donne des filets à l’uretère, et s’étend chez l’homme jusqu’au testicule , chez la femme jusqu’à l’ovaire.

Du plexus mésentérique supérieur se détachent inférieurement des branches qui descendent au-devant de l’aorte abdominale, et vont se jeter dans le plexus mésentérique inférieur, colique gauche , Ch. ( plexus mesente ricus , s. rnesaraicus inferior, s. médius , Yieussens). Ce dernier, qui est moins considérable que le supérieur, embrasse l’artère mésentérique inférieure. Il ne contient qu’un petit nombre de ganglions peu volumineux, au voisinage de l’origine de cette artère.

Près de l’entrée du bassin il se partage en deux moitiés.

L’une, le plexus mésentérique inférieur proprement dit , accompagne les branches et les rameaux de l’artère mésentérique inférieure , et s’anastomose avec les ganglions lombaires, quelquefois aussi avec les branches antérieures de quelques nerfs lombaires.

L’autre , dirigée en dehors et en bas , porte le nom de plexus hypogastrique ( plexus hypogastricus , s. mesentei'icus inferior , s. tertius , s. posterior) , s’anastomose avec les portions lombaire et sacrée du cordon limitrophe du nerf ganglionnaire , de même qu’avec les nerfs sacrés , et , accompagnant les vaisseaux hypogastriques, se distribue au rectum

et à la vessie , chez l’homme à la prostate et aux vésicules séminales , chez la femme à la matrice et au vagin. Il sort aussi du bassin avec des branches externes de l’artère hypogastrique.

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