E. GANGLIONS ABDOMINAUX
1894. Au-dessous de l’origine du nerf splanchnique, le cordon de jonction des ganglions limitrophes est toujours fort grêle. Il lui arrive même quelquefois de ne pas exister du tout, sur un point ou sur un autre, de sorte que ce qu’on appelle le tronc du grand sympathique offre une interruption en cct
DU NERF GANGLIONNAIRE
endroit (1), et que les ganglions limitrophes ne forment une seule et même série avec les ganglions et les plexus abdominaux qu’au moyen déconnexions intermédiaires. Cette série, lorsqu’elle arrive sur les vertèbres lombaires , se porte en devant. On y remarque des ganglions beaucoup plus petits , plus éloignés les uns des autres et moins constans dans leur situation que tous ceux qui ont été examinés jusqu’ici. Le supérieur est toujours plus volumineux que les autres , qui vont en diminuant peu à peu de haut en bas , et qui souvent n’existent pas du tout, ou sont du moins presque imperceptibles.
Les ganglions pelviens supérieurs du cordon limitrophe sont un peu plus gros que les lombaires inférieurs , et forment une série convergente de haut en bas On en compte généralement quatre à cinq, dont le dernier, situé en avant, entre le sacrum et le coccyx, s’anastomose avec le ganglion correspondant du côté opposé, par un filet court et mince, qui présente une convexité en bas. ,
Les ganglions lombaires et pelviens sont réunis par des filets qui diffèrent de ceux qu’on trouve entre les autres, non seulement par leur longueur, mais encore par leur nombre et leur volume, car il y en a ordinairement, entre chaque couple de ganglions, trois ou quatre qui sont beaucoup plus grêles que ceux qu’on voit entre les ganglions supérieurs.
Leurs branches externes vont à la rencontre des nerfs lombaires et sacrés, avec les branches antérieures desquels elles s’anastomosent, aux environs des trous de conjugaison et des trous sacrés.
Celles des ganglions lombaires supérieurs se dirigent obliquement de bas en haut. Les moyennes sont transversales, et les supérieures obliques de haut en bas. Ces dernières sont
(i) C’est ce que Haller a observé deux fois ( Elem . phys., t. IV, p. 261). Bichat a également fait cette observatioo( Jiech , phys. sur la vie et la mort , p. 82), dont il s’est servi comme du principal argument en faveur de son opinion que le nerf sympathique ne forme pas un tronc continu de la tête au bassin. Wrisberg ( Obs . anat. de ganglio plexuquc semitunari, § ip; dans Comm. Gœtting. , 1779,1. II, p. 102) a reconnu que cette disposition n’est qu’une anomalie, et Weber (Anat. comp. nervi sympaik.,p. 122) regarde l'observation comme douteuse.
très longues, tandis que les premières sont fort courtes. Quelques unes, plus petites, se rendent supérieurement au muscle psoas, inférieurement au pyramidal et au releveur de l’anus.
Les ganglions lombaires fournissent des branches internes, qui se portent à la face antérieure de l’aorte, et contribuent:! la formation du plexus aortique, descendu du mésentérique supérieur. Parmi celles des ganglions sacrés, les unes s’anastomosent ensemble au-devant du sacrum, les autres se jettent dans le plexus hypogastrique.
La série des ganglions limitrophes se termine inférieurement par des filets qui émanent en rayonnant du dernier d’entre eux, et qui se perdent dans la partie inférieure et postérieure du rectum.
i8g5. La marche que je viens de suivre , en décrivant le nerf ganglionnaire, diffère de toutes celles qui ont été adoptées jusqu’à ce jour, même par les anatomistes qui le considèrent comme formant un système en opposition directe avec le reste du système nerveux ; car on est dans l’usage de commencer par la portion qui descend le long de la colonne vertébrale, par le cordon ganglionnaire externe, et de terminer par la portion interne ou centrale. Cette conduite de ma part pourra paraître d’autant plus surprenante, au premier abord , que je me suis prononcé plusieurs fois contre l’opinion qu’il y a opposition manifeste entre les deux systèmes nerveux.
En effet le nerf ganglionnaire n’est que le dernier degré de développement d’une forme qu’on trouve déjà ébauchée dans plusieurs gradations. On peut en considérer comme une première trace le nerf diaphragmatique, qui, né de plusieurs paires cervicales , parcourt un long trajet pour se rendre à un muscle soumis à moitié aux ordres de la volonté, le diaphragme, le principal agent d’une fonction de la vie nutritive. Cette formation s’offre à nous plus développée dans les quatre nerfs cérébraux postérieurs , principalement dans le pneumogastrique , qui contracte des anastomoses plexiformes avec les nerfs cervicaux supérieurs, descend le long do cou, se répand dans l’appareil respiratoire , et s’étend jusqu’à l'estomac dans la cavité abdominale. Le trajet tout entier de ce. nerf vient d’aulantmieux à l’appui du rapprochement que j’éta-
DES DIFFÉRENCES l’ÉRlODlQrES DES NERFS. I 45
blis , qu’il produit de nombreux plexus, d’où partent des branches qui vont se distribuer aux organes. Le nerf ganglionnaire, si l’on excepte des filets qui proviennent peut-être de la glande pituitaire, ne naît plus immédiatement de la portion centrale du système nerveux, mais tire son origine de plusieurs paires cérébrales et de tous les nerfs spinaux. II descend plus bas que le pneumo-gastrique, donne des filets à tous ceux des organes de la vie végétative qui n’en reçoivent pas de ce dernier, et s’anastomose souvent avec les deux précédens. La structure plexiforme et ganglionnaire y est plus fortement prononcée que dans aucun autre nerf, de manière même que la partie interne de son expansion est arrivée au point de l’emporter sur l’externe, sur celle que sa forme, sa situation et ses connexions, tant avec l’encéphale qu’avec la moelle épinière, pourraient faire regarder comme son tronc, ainsi qu’on le pratique même ordinairement, et que celte partie interne s’est réellement élevée au rang et à la dignité de partie centrale.
Voilà pourquoi je me suis écarté de la route commune , quoique les connexions anatomiques et les rapports physiologiques du nerf ganglionnaire attestent qu’il est dépendant de la portion centrale du système nerveux, avec laquelle sa partie externe le met en connexion.