LIVRE SIXIÈME
SPLAN CHNOLOGIE.
1899. La splanchnologie , ou la branche de l’anatomie qui traite des appareils fonctionnels, comprend la description des partiesles plus compliquées de l’organisme, de celles qui doivent naissance à la réunion d’un nombre plus ou moins considérable d’organes simples. On ne saurait considérer ces parties comme appartenantes à la même classe que celles dont nous nous sommes occupés jusqu’ici, parce qu’elles diffèrent trop, soit de ces dernières , soit les unes des autres. Cependant il est à remarquer qu’on peut, en dernière analyse, les rapporter aux systèmes cutané et glandulaire, sous le point de vue de leurs caractères essentiels.
A l’égard de la fonction qu’elles remplissent, elles se partagent, sous ce rapport, en deux classes , suivant qu’elles établissent plus particulièrement des relations, soit intellectuelles , soit matérielles, entre l’organisme et le monde extérieur. Les premières sont les organes des sens ; les autres sont proprement ce qu’on désigne sous le nom de viscères.
Les organes des sens perçoivent d’une manière active les impressions des qualités appartenantes , soit au corps même dont ils font partie, soit aux objets du dehors. Ils les propagent au cerveau par le moyen de leur nerfs, et déterminent dans ce viscère la production des idées , c’est-à-dire qu’ils y produisent des modifications du principe spirituel, dont il est l’organe immédiat.
Parmi les viscères, les uns s’emparent des substances étrangères du dehors, les autres travaillent à éloigner tout ce que l’action vitale a mis hors de service , ou à isoler les parties propres à produire de nouveaux corps semblables, c’est-à-dire à éliminer de l’organisme tout ce qui nepeutplus lui être utile ettoutee qui ne peut servir à la conservation de l’espèce. Quelques uns de ces organes, comme lr canal intestinal et le poumon,
président aux deux fonctions en même temps; d’autres, telsque les reins et les parties génitales, n’accomplissent que la fonction d’élimination : tous ont cela de commun, qu’ils forment des substances nouvelles, et que, de cette manière , ils entretiennent sans cesse l’état normal de l’individu. La substance élaborée par les organes génitaux sert en outre, et principalement , à assurer la durée de l’espèce.
Quelque différens que soient les résultats et la manière d’agir des organes des sens et des appareils proprement dits de formation, les premiers sont, à l’égard de l’esprit , la même chose précisément que ce que sont les seconds par rapport au corps. D’ailleurs les sens inférieurs, ceux de l’odorat, du goût et du toucher, qui sont la base de tous, font insensiblement le passage des sens supérieurs, ceux de la vue et de l’ouïe , aux viscères proprement dits, tant sous le point de vue delà forme et de la situation, que sous celui de la manière d’agir. On peut établir en outre que les organes sensoriaux et les viscères proprement dits ont plusieurs caractères communs, qui sont les suivans:
i° Ils sont des développemens du système cutané.
2° Ils sont situés en totalité ou en grande partie dans des , cavités osseuses plus ou moins complètes.
3° Ils sont prolongés en outre par des replis valvulaires de j la peau , pourvus eux-mêmes de glandes simples et de poils.
4° Ils sont simples ou tout au plus doubles. Dans le pre- j mier cas , leur situation est telle que la ligne médiane les partage en deux parties égales; dans le second, il yen a un de , chaque côté, à droite et à gauche.
Comme l’organe immédiat du principe spirituel est celui que j’ai considéré en dernier lieu, la méthode la plus convenable consiste à examiner d’abord l’organe du sens qui a le plus de rapports avec l’intelligence , celui de l’ouïe, et à traiter ensuite de celui de la vue. A ce dernier se rattache celui *
de l’odorat, et au dernier rang se place celui du goût, qui fait j
déjà partie de l’appareil digestif. Après avoir décrit cet appa- [ rai, je passerai aux organes de la respiration et de la voix, puis à ceux de la sécrétion de l’urine et de la génération. Je ti terminerai enfin par l’histoire de l’embryogénie.