‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 70 sur 289 · DES ORGANES DÉS SENS · texte numérisé non relu

DES ORGANES DÉS SENS

1900. Tous les organes des sens (1) se ressemblent par les caractères suivons ;

i° Ils sont tous placés dans la tête. L’organe de l’ouïe est le plus reculé eu arrière, et il appartient tout entier au crâne; c’est aussi celui qui se trouve placé le plus sur le côté, et ses deux moitiés latérales sont tout-à-fait séparées l’une de l’autre. La cavité qu’occupe l’organe de la vue est formée en partie parles os du crâne , et en plus grande partie par ceux de la face. Celle de l’organe olfactif appartient encore davantage à la face, qui contribue même presque seule à la produire , attendu que l’ethmoïde fait moins partie du crâne que de la face. La cavité de la langue n’est composée que d’os faciaux. Dans le même temps les moitiés droite et gauche se rapprochent peu à peu l’une de l’autre, depuis l’organe de l’ouïe jusqu’à celui du goût, en sorte qu’elles finissent par se confondre ensemble dans la langue.

20 Ils ont tous des connexions avec l’encéphale , au moyen de nerfs gros et courts. Le nerf auditif est le plus court, et, proportion gardée, le plus volumineux. Il naît du calamus scriptorius , comme d’une cavité propre, de manière que nul

(1) A. Molinetti, Dissertât iones analomicce et patliologicie de scnsibus et eorum organis , padoue , 1669. — Casserio , Pantæslliesejon , hoc est de (jitinque scnsibus liber, organorum fabricam , ttsum et actionem confinons , Venise, 1699. — Haller, De scnsibus in généré, Gœttingue, 1 y4-1 2- — Lecat, Traité des sens , Amsterdam, 1 744- — Sœmmerring, Ahbildungcn der mensclilichen Sinnorgane, Francfort, 1809. — D’autres ouvrages traitent de plusieurs sens à la fois ; je les citerai à l’occasion de celui qui

s’y trouve décrit le premier.

l60 ANATOMIE SPECIALE.

autre nerf des organes sensoriels n’a des connexions aussi intimes que lui avec la masse encéphalique.

3° Tous reçoivent leurs nerfs de deux paires au moins. L’un

riel, et l’autre, qui est le plus petit, prend celui de ne rf accessoire. Dans les organes de l’ouïe, de la vue et de l’odorat, le nerf sensoriel constitue autant de paires distinctes, les nerfs auditif, optique et olfactif, tandis que, dans l’organe du goût , il n’est qu’une simple branche du trijumeau. La source commune des nerfs accessoires est le nerf trijumeau; mais celte catégorie comprend encore l’hypoglosse, le glosso - pharyngien, le facial, les trois moteurs oculaires et le grand sympathique. Les noms sous lesquels on désigne plusieurs de ces cordons nerveux annoncent déjà que la fonction principale des nerfs accessoires consiste à exciter les mouvemens de l’organe sensoriel. Le nerf olfactif est le seul qui fasse, jusqu’à un certain point, exception à la règle, puisque ses nerfs accessoires proprement dits se répandent dans la membrane muqueuse du nez, de même que son nerf sensoriel. Il n’y a pas , de toute nécessité, des connexions entre les nerfs sensoriels et les nerfs accessoires. Ces connexions n’existent pas dans les organes de l’ouïe et de la vue. Elles sont faibles , et vraisemblablement inconstantes, dans l’organe de l’odorat, et on ne les trouve bien développées que dans la langue , celui de tous les organes des sens qui ressemble le plus à l’organe du sens général.

4° Les nerfs sensoriels proprement dits s’épanouissent plus ou moins manifestement sous la forme d’une membrane mince , qui est couverte d’une manière immédiate par un fluide audessus duquel se trouve un tissu analogue à l’épiderme.

5° Ils communiquent tous ensemble , par des conduits plus ou moins larges , des prolongemens de la membrane cutanée interne, qui en font partie, et qui jouent un rôle d’autant plus grand dans leur organisation, qu’eux-mêmes sont arrivés à un moindre degré de développement. Plus il y a de ressemblance entre eux, comme entre l’organe du goût et celui de l’odorat, plus cette communication est libre et étendue, de manière qu’ils ne font réellement qu’un dans les premiers temps de la vie, époque à laquelle la cloison du palais, qui doit séparer

de l’organe de l’ocie. 161

ses deux derniers l’un de l’autre, n’est point encore formée. La communication entre ces deux organes sensoriels et les autres est aussi d’autant plus marquée que l’embryon se rapproche davantage du moment de sa formation.

En réalité, le système cutané est plus ou moins manifestement le prototype de tous les organes des sens, et les tégumens extérieurs sont le siège du sentiment, comme la main et le pied, mais surtout la main, sont celui de la modification particulière de la faculté de sentir qu’on désigne sous le nom de toucher.

Page 1