‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 95 sur 289 · I. PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

I. PAUPIÈRES

1957. Les paupières ( palpebrœ ) sont des replis perpendiculaires placés devant l’orifice antérieur de l’orbite , qu’ils ferment d’une manière plus ou moins complète. On les distingue en supérieure et inférieure. Elles sont confondues ensemble dans le grand angle ou angle interne et dans le petit angle ou angle externe de l’œil [canthi oculi , internus et extemus ) , et séparées l’une de l’autre, dans toute leur largeur , par une fente transversale [fissura palpebraruin).

La supérieure est beaucoup plus grande que l’inférieure. Du grand angle de l’œil part un ligament aplati, formé de fibres transversales, et long de quelques lignes, qui se porte en dedans , entre les fibres de la portion interne du muscle orbiculaire, et dont l’extrémité interne, plus large que l’externe, s’attache à la partie supérieure dé l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur. C’est le ligament palpébral ( liga mentum palpébrale ).

gue, 1818. J. -A. Hegar, Diss. de oculi partibus quibusdam, Gœttingue , 1818. — C.-F. Simonson , Anatomico- physiologicus tractatus de oculo , Copenhague, 1820.

(1) Rosenmuller, Organortim lacrymalium partiumque oculi externarum descri ptio, Léipsick, 1797.

Les paupières sont composées de deux laines cutanées, l’une externe et l’autre interne, d’un cartilage et de fibres musculaires. Elles contiennent rarement de la graisse, ou même il ne s’y en amasse jamais.

La lame cutanée extérieure fait partie du système cutané j externe. Elle ne diffère du reste de la peau qu’en ce qu’elle est très mince et dégarnie de poils.

Sur les bords des paupières, dont la largeur est à peu près d’une ligne , elle se continue avec la lame interne , qui appartient au système cutané interne, c’est-à-dire à la série des membranes muqueuses. Aussi cette lame est-elle mince, rougeâtre et humide.

On lui donne le nom de conjonctive ( conjunctiva ). Elle tapisse la face interne des paupières, dans toute leur hauteur, se réfléchit sur elle-même dans les endroits où ces voiles mobiles tiennent au reste de la peau, et, prenant le nom de tunique adnëe ( tunica adnata ) , s’applique sur la partie antérieure delà sclérotique, dont il est toujours facile de la séparer, et qu’elie recouvre jusqu’à la circonférence de la cornée transparente. Du moins n’est-il pas possible de démontrer rigoureusement qu’elle s’étend aussi sur la face antérieure de cette dernière membrane , car si l’on voit , dans certains cas pathologiques, une lamelle se soulever sur la face antérieure de la cornée, cette circonstance autorise à conjecturer, mais ne prouve pas que la lamelle en question soit un prolongement de la conjonctive. En admettant même que celle-ci passe réellement sur la cornée, et qu’elle se confond avec la pellicule extérieure de cette membrane, sans aucune trace de séparation, il ne résulterait pas de là qu’elle ait en cet endroit les caractères d’une membrane séreuse (i), car la face antérieure de la cornée transparente semble appartenir bien plutôt à la classe des muqueuses (2). Walther a déjà démontré (3) qu’on avait eu tort de vouloir repousser la conjonctive tout entière

(1) P. -F . Walther, Abhandlungen aus dem Gebiete der prahtisclien Med. , Landshut , 1810 , p. 4i3.

(2) Wandrop, Morbid analomy of the eyo, Edimbourg, 1818, p. i4»

(3) Loc. cit. , p. 4 1 2 3 4*

DE 1,’ORGANE DE LA VUE

de !a catégorie de ces dernières membranes (i). Les adhérences entre ses deux portions tournées l’une vers l’autre, qui ont été alléguées pour l’éloigner des autres muqueuses, et dont on s’est même servi jusqu’à un certain point pour s’autoriser à la reporter parmi les séreuses, sont des accidens rares, et qui ne surviennent vraisemblablement qu’à la suite de la suppuration, cas dans lequel on voit fréquemment les membranes muqueuses elles-mêmes contracter des adhérences.

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