A. CILS
ig58. La partie antérieure des bords des paupières est garnie de trois ou quatre rangées irrégulières de poils courts, raides , arqués , dont la 'grosseur augmente beaucoup depuis les deux angles de l’œil jusqu’au milieu , et qu’on appelle cils ( cilia ) (2). Ceux de la paupière supérieure sont plus nombreux et plus forts que ceux de l’inférieure. Les premiers sont arqués de haut en bas, et les seconds de bas en haut. Lorsqu’on ferme les paupières, ils s’entre-croisent, et forment une sorte de large gouttière , en raison de leur courbure.
B. GLANDES DE MEIBOM.
195g. Plus en arrière et plus près delà limite postérieure du bord des paupières, à peu près dans le milieu de ce bord, se trouve une série d’ouvertures disposées d’une manière régulière, qui sont également plus prononcées à la paupière supérieure qu’à l’inférieure, et qui n’occupent pas toute la largeur de ces voiles mobiles. Ces ouvertures mènent aux glandes cle Meibom, ou glandes sébacées des paupières [glands dœ Meibomianæ, s. palpebrarum sebaceœ ) , petites bourses très alongées, étroites, sinueuses, terminées en cul-de-sac, la plupart simples, quelquefois cependant divisées en plusieurs
(1) A. Schmidt, dans Ophthalmologischc Bibliotltch , t. III, cah. i, p. 18.
(2) H. Meibom , De vasis palpebrarum novis Epist. , Helmstædt, 1 666.
compartimens dans le fond , qui sont placées perpendiculairement au-dessous de la conjonctive , entre elle et les cartilages des paupières. Ces glandes sont remplies d’une substance jaunâtre, visqueuse, épaisse, appelée chassie [lenia), qui s’accumule autour des cils pendant le sommeil , et que sa couleur fait aisément distinguer de la conjonctive, qui est rougeâtre.
G, CARTILAGES PALPÉBRAOX.
1960. Chaque paupière renferme, entre les deux lames cutanées, et près de son bord libre, un cartilage oblong, qui détermine sa forme, et qu’on appelle tarse (tarsus ). Ces cartilages ont beaucoup plus d’étendue de dehors en dedans que de haut en bas, et ils sont très minces d’avant en arrière. Ils sont bien plus épais à leur bord libre et droit qu’à leur bord convexe, qui regarde la base des paupières; ils ne s’étendent, au côté interne, que jusqu’aux points lacrymaux, et cessent aussi, du côté externe, un peu avant la commissure des deux paupières. Leur bord convexe et leurs deux extrémités, tant l’interne que l’externe, dégénèrent en un tissu cellulaire très dense, qui porte le nom d e ligament {liganientunitarsi , internu/n et externum) aux deux angles de l’œil, et qui les unit au bord externe et au bord interne de l’ouverture antérieure de l’orbite.
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D. MÜSCLES DES PAUPIÈBES.
1961. Les paupières ont deux muscles qui agissent en sens inverse l’un de l’autre, X orbiculaire et le releveur propre. Le premier est commun à toutes deux; le second n’appartient qu’à la paupière supérieure. La paupière inférieure n’a pas de muscle particulier.
a. Orbiculaire des paupières.
1962. Le muscle orbiculaire clés paupières , naso- palpébral Ch. ( musculus sphincter palpebrarum, s. oculi, s. orbiculuris palpebrarum.) , est mince, membraniforme et circulaire,
DE L’ORGANE DE LA VUE
quoique de forme un peu alongée. Il occupe la partie supérieure et antérieure de la face et la partie inférieure et antérieure du crfine. Par conséquent, il n’est point, à beaucoup près, confiné seulement dans les paupières.
Sa partie interne est la plus faible, mais la plus épaisse. A partir de ce point , il s’étend considérablement en haut, en bas et en dehors.
Il s’attache, en haut et en bas, au ligament palpébral, de sorte qu’on peut dire qu’il part de l’angle interne de l’œil, et qu’il y revient.
Indépendamment de cette origine, on voit encore plusieurs autres faisceaux qui passent devant et derrière le ligament palpébral, d’où il suit qu’une portion du muscle se compose de fibres circulaires non interrompues.
Supérieurement le muscle orbiculaire naît, par de courtes fibres tendineuses , de l’extrémité supérieure de l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur, de l’unguis, et delà partie inférieure et antérieure des portions nasale et orbitaire du frontal.
Inférieurement il provient, par des fibres semblables, de la partie inférieure du bord interne et de la partie interne du bord inférieur de l’orbite, qui sont formées par l’apophyse montante et par le corps de l’os maxillaire supérieur.
Ses fibres s’écartent surtout les unes des autres dans sa partie inférieure; et de sa partie externe se détachent des faisceaux dont les uns se perdent dans le pannicule adipeux, tandis que les autres se jettent tant dans le petit zygomatique que dans le releveur de la lèvre supérieure.
La partie interne du muscle, celle qui est contenue dans les paupières, où elle se trouve placée immédiatement au-dessouK de la lame cutanée externe, est beaucoup moins étendue que l’externe. Elle se compose de fibres plus droites, plus minces et plus pâles que celles de cette dernière, avec laquelle elle se continue toutefois sans interruption, quoiqu’on l’ait considérée comme un muscle particulier, sous le nom de ciliaire [musculus ciliaris. )
b. Releveur propre de la paupière supérieure.
1965. Le muscle releveur propre ou élévateur de la paupière supérieure, orbilo-palpébral , Ch. ( musculus levator palpebrœ superioris ), est très long, mince et triangulaire. Il naît, par un court tendon , dans le fond de l’orbite , du périoste qui tapisse lapartie supérieure du trou optique, et se confond en cet endroit avec les tendons des muscles droit interne et droit supérieur de l’œil. Devenant ensuite peu à peu plus large et plus mince, il s’avance immédiatement sous la voûte orbitaire, en couvrant le muscle droit supérieur, d’abord à sa partie interne seulement, puis tout entier. Enfin il dégénère en une expansion tendineuse très mince, souvent à peine sensible, dont une partie s’attache au bord supérieur du cartilage palpébral supérieur, tandis que l’autre, passant entre le muscle orbiculaire des paupières et Ce cartilage, s’étend jusqu’à son bord inférieur, auquel elle s’insère.
Il relève la paupière supérieure.
E. TROISIÈME PAUPIÈRE BT CARONC08E LACRYMALE.
1964* Indépendamment de la paupière supérieure et de la paupière inférieure, on en trouve encore, dans le grand angle de l’œil, une troisième beaucoup plus petite et incomplète.
Les deux commissures palpébrales diffèrent l’une de l’autre par leur forme. L’externe est plus pointue que l’interne. Cette dernière ressemble à un petit prolongement plus étroit de la fente palpébrale vers le nez, dont la séparation d’avec le reste de la fente est marquée d’une manière bien sensible par les points lacrymaux, et qui se termine en dedans par un bord arrondi.
C’est dans cet espace que se trouve la troisième paupière.
Elle a la forme d’un triangle dont le sommet regarde en dedans , et le bord libre en dehors : ce dernier est demi-circulaire. Eile est produite par uue duplicature de la conjonctive, par un petit cartilage palpébral situé près de son bord libre,
DE l’orgahe de LA VUE.
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et par un nombre considérable de glandes sébacées réunies en une masse arrondie ou légèrement triangulaire, entre lesquelles se trouvent de petits poils droits, très déliés et analogues aux cils.
Les glandes sébacées sont situées tout-à-fait en dedans, et font surtout saillie à la face, antérieure.
Elles portent le nom de caroncule lacrymale ( caruncula lacryrnalis ). La partie externe et libre de la troisième paupière , celle qui dépasse de beaucoup la caroncule en devant, a reçu celui de repli semi-lunaire (plîca serai- lunaris).
Cette partie renferme donc en réalité tous les élémens d’une paupière. Elle ne diffère des deux paupières proprement dites que par sa petitesse et par l’absence, tant d’une lame cutanée externe que des fibres musculaires. C’est un véritable rudiment de la troisième paupière qui existe chez la plupart des animaux vertébrés. La paupière perpendiculaire de ces derniers n’en diffère effectivement que par les dimensions plus considérables qu’elle a acquises. Lorsqu’on descend dans l’échelle animale, on voit que son développement est toujours en raison inverse de celui des paupières horizontales, et qu’elle finit même par remplacer tout-à-fait ces dernières.