‹ Manuel d'anatomie pathologiqueChapitre 11 sur 64 · I. CaDal alimentaire · texte numérisé non relu

I. CaDal alimentaire

!• Cavité liaceale et nrrière-lioaclie*

VICES DE CONFORMATION. — Ce sont : Le bec de lièvre (l&bium leporindh) , division simple ou double de la lèvre supérieure en dehors de la ligne médiane, avec ou sans division concomitante de l'os maxillaire supérieur et du palais.

La gueule de loup (rictus ldpinds), division simple ou double du palais ou de son voile, ou bien des deux parties en même temps.

Ces deux vices de conformation résultent d'un défaut de réunion de l'os intermaxillaire avec le maxillaire supérieur et l'os palatin. Si la réunion ne se fait pas du tout, la division est double; elle est simple, si la réunion ne se fait que d'un côté; on comprend d'après cela que cette division ne peut jamais êlre située sur la ligne médiane.

La division du voile du palais peut aussi être la suite d'un défaut de réunion des deux portions palatines du maxillaire supérieur.

Jtrésie de la bouche. L'adhérence des lèvres est i^are; on rencontre pjus fréquemment un arrêt de développement des os de la face , entraînant l'absence de la bouche et de la cavité buccale.

Absence et division de la luette.

HTPjèRÉMiB ET HEMORRHAGIE. — Chez les enfants nouveau-nés et à l'époque de la dentition , la muqueuse (comme du reste celle de tout le canal intestinal et des bronches) est constamment dans un état d'bypérémie, très-rouge et disposée aux hémorrhagies. Il n'est pas rare de la trouver fortement

l33 AlfiLTOMlE PATHOLOGIQUE Si»éciÂLC«

injectée, quelquefois même ecchymosée. Chez l'adulte on rencontre plus fréquemment Thypérémie de la cavité buccale, particulièrement des gencives et des lèvres (dans le scorbut, rhydrargyrose), ou celle du voile du palais et de Tarrièrebouche, avec ou sans exsudation concomitante (après des refroidissements, dans la syphilis).

HYPERTROPHIE. — Les enfants scrofuleux et les crétins présentent très-souvent Yhypertrophie des lèures et parfois aussi de la langue. Les hypérémies et inflammations chroniques laissent souvent après elle une hypertrophie : de la luette, dont la pointe atteint dans ces cas le dos de la langue; des amygdales, dont les bords viennent à se toucher et forment ainsi une cloison qui peut isoler complètement la cavité buccale de rarrière-bouche; des glandules labiales , buccales et pharyngiennes qui, très-distendues par leur produit de sécrétion, font alors une saillie considérable sous la muqueuse. L'hypertrophie de ces glandes résulte d'une augmentation et d'une dilatation des follicules acinlformes qui les composent, de t'épaississement de leurs parois , d'une production plus abondante de ceHules et de la formation de tissu conjonctif nouveau.

mPLAMMATIOIV. L INFLAMMATION DE LA MEMBRANE MUQEDSE.

— a) Inflammation catarrhale. — La marche et les ^mp-. tomes de l'inflammation cat^rrhale dans une muqueuse sont en général les suivants : L'afllux considérable de suc nutritif qui a lieu dans cette inflammation , s'accompagne tantôt d'une forte hypérémie des capillaires, tantôt se fait sans . injection très -appréciable de la membrane; ce plasma qui peut être modifié dans sa nature , s'écoule en partie sous ^ forme d'un liquide amorphe, ou sert en partie de blastéme à une abondante production de cellules. Si l'exsudation se fait lentement et en petite quantité, elles atteignent toutes le développement des cellules épithéliales et se séparent de la couche muqueuse, après lui avoir fourni un enduit pûltacé grisâtre ou blanchâtre. Si l'exsudation se fait rapidement, die contient beaucoup de blastéme, les cellules nouvellement formées sont repoussées par le travail qui se fait au-dessous d'elles, avant d'avoir atteint

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPECULE, 133

leur entier déTeloppenient, et se présentent alors sous là forme de petites cellules rondes, avec 1 à 2 noyaux, à contenu homogène (en tout semblables aux cellules épitfaéliales des couches profondes dans la muqueuse normale). Si l'exsudation est profuse, on n'y trouvera. que les cellules qu'on rencontre comme élément primitif de toute exsudation (et qui par cela même ont été appelées cellules d'exsudation, ou si le produit a l'aspect du pus, globules du pus) , c'est-à-dire de petites cellules rondes, à contenu homogène ou granulé, avec 2 — 4 noyaux en train de se réunir. Dans ces cas la muqueuse est recouverte d'un liquide crémeux, blanchâtre ou jaunâtre qui n'est que du pus. Le plus souvent aussi les follicules participent à l'inflammation , et leurs surfaces présentent la même série de modifications que la muqueuse elle-même.

Quand l'exsudation diminue, les 'cellules se détachent avec moins de rapidité et reprennent peu à .peu le véritable caractère des cellules épithéliales. Le catarrhe est guéri lorsque l'affluence des liquides nutritifs est revenue à sa quantité normale.

Les modifications de texture qui persistent dans les muqueuses après une inflammation 6atarrhale chronique , se Liornent aux changements superficiels que nous venons de décrire,, ou s'étendent à tous les éléments de cette membrane; alors par suite d'une infiltration considérable de matière plastique dans son tissu, elle se boursoufle, s'épaissit; ou bien en même temps que l'exsudation a lieu , le pouvoir résorbant devient plus considérable et il se produit une atrophie inflammatoire; les follicules se dilatent et leurs parois s'épaissisjsent ; la dilatation des vaisseaux persiste après l'inflammation et donne parfois à la muqueuse une coloration bleuâtre; des hémorrhagies ont lieu quelquefois, l'hématine se change plus tard en pigment et colore les muqueuses en brun ou en noir.

Le tableau anatomique de l'inflammation catarrhale aiguë est en général le suivant : la muqueuse présente une coloration rouge, uniforme ou par plaques : les veines seules sont injectées; elle est légèrement boursouflée et recouverte d'un exsudât gluant, purulent, trouble ou transparent; ses glandes sont légèrement

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boursouflées; sa consistance a diminué , elle se laisse déchirer facilement*

Dans le catarrhe chronique la muqueuse est boursouflée ou atrophiée, molle ou plus consistante, colorée en rouge foncé; le plus souvent il j a production de pigment brun ou noir; les follicules sont tuméfiés, plus rarement atrophiés; la mucpieuse est recouverte de mucosités rougeâtres ou même de pus.

Le catarrhe de la can^Ué buccale — siomatUe érjrihémateuse catarrhale — assez fréquent chez les nouveau-nés , s'acoompagne chez eux d'une rougeur très-prononcée et d'un exsudai peu abondant; à Tépoque de la dentition, il se déclare souvent une stomatite très-intense, aj^ant son point de départ dans les gen* cives. Chez Tadulte cette maladie se montre après l'ingestion d'aliments trop chauds ou très*épioés, de liqueurs fortes, par l'usage du tabac , etc. , après l'administration du mercure , et enfin dans le scorbut.

Le catarrhe de Varrière^ouche — angine caktprliale'^-'Se rencontre après des refroidissements, dans la ^philis , après l'usage du mercure ou de l'iode; ses symptômes ne présentent rien de particulier; il suit la marôbe que nous venons de décrire pour l'inflammation des muqueuses ea général. Quand il y a eu des récidives fréquentes ou que l'affection a duré longtemps, alors il persiste une injection des veines et un boursouflement des glandules muqueuses. Le voile du palais et la luette se relâchent; cette dernière s'allonge quelquefois jusque sur le dos de la langue. D'ordinaire l'inflammation se propage aussi aux amygdales, dont les follicules fournissent alors une sécrétion abondante; ces glandes se gonflent et leur surface se recouvre de produits de sécrétion et d'un exsudât blanc ou jaunâtre. L'inflammation répétée des amygdales laisse à sa suite une augmentation de volume permanente , une hypertrophie , parfois aussi •la dilatation d'un seul ou de plusieurs follicules par de la matière exsudée , qui plus tard devient atbéromateuse ou crétacée. Rarement les amygdales sont seules enflammées {angine tonsillairé).

b) Inflammation croupale. — L'inflammation croupale des jnuqueuses est en général aiguë. Dans ces cas il se dépose

ÀNATOMie PÀTDOLOGlQliE SPECIALE. 136

rapidement à la surËicé de la louqueiise ud exsudât abondant , riche en fibrine , qui se coagule vite et qui recouvre la muqueuse sous forme d'une couche jaunâtre , caséeu&e ou coriace : c'est la membrane croupale* Les couches épithé- Haies sont détruites momentanément et parfois on retrouve leurs oeltutes au milieu de la matière plastique; sauvent aussi des couches épithéliales sont soulevées par Texsudat et déposées à sa surface. Cet exsudât mollasse et humide s'organise bientôt en cellules; lorsque ee développement des cellules est hâtif, l'ezsudat prend l'aspect du pus et l'on dit afors que la membrane croupale se change. en pus; d'autres fois £(u coatraire, Texsudat est plus ferme, plus pauvre en eau , la formation des cellules s'j fait très-lentement, et ii persiste longtemps à l'état de masse solide et amorphe, forme sous laquelle il se détache; ou bien il se change en un liquide moléculaire albumineux, analogue à la fibrine coagulée du sang. Ces fausses membranes, qu'elles se soient organisées ou non, sont détachées et expulsées d'une seule pièce par l'apparition d'un exsudât liquide qui les sou^ lève; ou bien elles ne sont expulsées qu'en partie et le reste est résorbé, après que les cellules ont préalablement subi la transformation graisseuse ou se sont converties eu un liquide albumineux solubie. Jamais les membranes croupsiles ne s'organisait ni en tissu conjonctif, ni en vaisseaux.

Après l'expulsion de ces membranes , la muqueuse mise à nu n'est plus protégée par les couches épithéliales détruites; elle saigne facilement, présente un aspect ulcéreux corr^é; mais du reste elle n'est pas altérée dans sa structure. Bientôt le plasma qui humecte la surface muqueuse libre, s'organise en cellules qui fournissent la couche épithéliale nouvelle; souvent pourtant un nouvel exsudât croupal se fait au même ^fKlroit et est expulsé de la même manière, phénomène qui peut se rqiéter plusieurs fois.

Dans ces inflammations croupales on n'aperçoit souvent ni à l'œil nu , ni au microscope , aucune trace d'injection des capillaires; peut-être n'est-elle que passagère, ou même ne se produit^elle pas du tout*

136 ANATOMlfi PÀTBOtOGIQDE SpiClàLE.

Les pseudo-membranes croupales de la bouche et du gosier s'étendent rarement sur toute la muqueuse; ordinairement elles sont circonscrites à certains points isolés , où elles forment des plaques d'apparence vésiculeuse (aphthes),

1) Stomatite des nouveau-nés et des nourissons — Muguet-^ Stomatite vésiculeuse, exsudative — Soor. Cette inflammation, qui est assez fréquente , ne s^observe que chez les enfants dans les trois premiers mois qui suivent la naissance. Sur la muqueuse de la bouche et de la langue, naturellement trèsrouge chez ces petits malades , se montrent alors des exsudais blanchâtres , tantôt comme des lambeaux flottants, comme des pseudo -membranes ou comme des gazes réticulées, tantôt comme des petits boutons de la grandeur d'une tête d'épingle; ces exsudats sont constitués par de la fibrine coagulée et par les couches épithéliales qui se sont détachées de la muqueuse* A ces éléments se joignent bientôt, mais en petit nomJbre, des cellules de nouvelle formation et des champignons microscopiques. Ces derniers, qui d'ordinaire se rencontrent dansJes mucosités buccales sous forme de filaments ou de cellules isolées (fig. 43) , trouvent dans les exsudats un terrain très-favorable et s'y multiplient avec une grande rapidité. Beaucoup de pathalogistes regardent ces champignons comme l'élément essentiel du muguet, qui se distinguerait ainsi des aphthes par un caractère particulier»

Cette exsudation commence ordinairement par la pointe et les bords de, la langue, s'étend de là sur la face interne des joues, sur la muqueuse palatine, quelquefois aussi dans l'œsophage, et même jusque dans l'estomac Bednar a décrit une forme particulière de diphthéritite, circonscrite aux parties latérales du palais.

La marche du muguet est subaiguë; quand les produits exsudés se sont détachés une ou plusieurs fois, ils laissent après eux des érosions légèrement concaves, qui ne tardent pas à s'égaliser par la reproduction des couches épithéliales.

Les causes sont tantôt locales (un lait aigre, des aliments irritants), tantôt générales, et dans ce cas le muguet coïncide

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avec le catarrhe de l'estomac et des intestins ^ ou lui est consécutif.

2) Àphthes — Jphthes secondaires^ cachectiques. — Leurs caractètes anatomiques sont les mêmes que ceux du muguet des nou- Teau-nés, dont ils se distinguent cependant sous le rapport étiologique. Les aphthes apparaissent à tout âge chez des malades arrivés au marasme le plus profond. Ils se montrent le plus communément chez les phtisiques, les typhoïques, les cancéreux, quelques jours avant la mort, dans les inflammations viscérales graves: pneumonies, entérites. Chez les vieillards malades, chez les sujets cachectiques, toute irritation détermine à peu près des aphthes dans la cavité buccale.

3) Croup de la coi^ité buccale et du gosier. — Gomme affection primaire et unique, il se rencontre rarement sous forme d'inflammation croupale, avec des pseudo- membranes étendues; il accompagne d'ordinaire le croup laryngien, ou n'est qu'un épipfaénomène d'exanthèmes graves (surtout la scarlatine) du typhus, de la péritonite puerpérale, etc. Ces exsuda ts suivent exactement la marche que nous avons déjà décrite plus haut; on y trouve aussi de nombreux champignons microscopiques^

ay Inflammation diphthéritique. L'inflammation diphthéritique des muqueuses en général se caractérise par un exsudât très* riche en fibrine, qui se dépose dans le tissu lui-même de la muqueuse, et qui se gangrène bientôt avec les parties qu'il enveloppe, sans avoir présenté aucune trace d'organisation. Cette fonte gangreneuse se fait lentement, les tissus se convertissent en une masse molle, moléculaire et sont éliminés peu à peu par petits lambeaux mortifiés; ou bien toute la masse est éliminée à la fois sous forme d'escharre. Après l'élimination de l'exsudat ou de i'escharre, on voit une surface ulcérée, un ulcère aphtheux, dont le fond saignant, fendillé, déchiqueté, montre quelquefois à nu le tissu conjonctif de la muqueuse ou le tissu cellulaire sous-muqueux. Si de nouvelles exsudations diphthéritiques ne se font pas dans ce point malade, les lambeaux flottants de la muqueuse se détachent les premiers, puis la perte de substance se comble par du tissu conjonctif de nouvelle formation; celui-ci peut même se revêtir d'une faible couche

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épitbéiiale, mais jamais la muqueuse ne recouvre complétemeiil sa structure normale.

li n'est pas rare de voir les inflammations diphthéritique et croupale se combiner ensemble; après qu'un exsudât s'est produit à la surface de la muqueuse, plus tard il s'en forme parfois d'autres dans le tissu même de la membrane , qui entraînent la fonte gangreneuse de cette dernière.

Sur le cadavre la membrane croupale et l'exsudat dipbthër»* tique offrent ordinairement le même aspect : l'une et l'autre se présentent comme une masse blanche ^ jaunâtre (m grisâtre , caséeuse; seulement l'exsudat croupal se laisse détacher de la muqueuse y tandis que l'exsudat dipbtbéritiqueiui est intimement adhérent et ne peut s'enlever qu'en produisant une perte de substance sur la muqueuse elle-même.

On trouve le plus souvent sur le cadavre de l'hypérémie capillaire; on voit quelquefois cependant des exsudations eon* sidérables sans rougeur concomitante.

1) Les inflammations légères diphthéHliques de la muqueuse buceale -** Stomacaee bénigne, — ne sont pas rares : limitées à des points circonscrits , elles laissent après elles, quand l'exsudat s'est détaché , des ulcérations guérissant le plus souvent facilement, mais qui d'autres fois, la cause continuant à agir^ se creusent de plus en plus par de nouvelles exsudations , deviennent rongeantes et détruisent couche par couche tous les tissus voisins. Les causes sont presque toujours locales , par exemple, des dents ou des dtioots pointus, tranchants, des blessures, ete.; d'autres fois au contraire, l'affection buccale est purement sympathique d'un catarrhe de l'estomac et ne guérit qu'avec ce dernier.

2) Sloniacace maligne — • Fegar — maladie épidémique qui souvent s'accompagne de troubles généraux considérables. 1^ muqueuse et le tissu cellulaire sous-muqueux sont bypérémiés et saignent facilement ; les exsudais sont étendus , jaunes ou colo* rés en rouge, en brun , en noir par du sang; ils se détruisent rapidement et laissent à leur suite des ulcérations profondes qui se réunissent ^ guérissent ou s'étendent de plus en plus. La

ÀNATOMiE PàTHOLOGiQlBB SPÉCIiU.E. 139

muqueuse palatine est rarement afFectée en même temps. La stomacace maligne se montre le plus souvent chez des sujets très-débilités (enfants scrofuleux, séjour dans des habitations bumides).

3) L'inflammaUon di^théritique de la muqueuse du palais et de l'arrière-cai^ité buccale ^- Jngme gangreneuse, — est une maladie très-dangereuse , qui se montre comme affeetion secondaire dans les exanthèmes, dans, le tjphus, ou qui débute comme affection primaire sous forme épidémique, en s'accompagnant d'uD appareil sjmpt()matique grave. Dans ces cas, outre le palais et les amygdales , Texsùdation. occupe encore parfois les joues, les gencives^, le pharj'nx et Tcesophage ; la muqueuse se détache par lambeaux ou se réduit en bouillie gangreneuse. Quand il y a guérison, la muqueuse est remplacée par un tissu indulaire solide et fibreux \ celui-ci par sa rétraction continuelle, détermine parfois des retrécissemaits de Tisthme du gosier» L'angine gangreneuse se complique aussi de croup laryngien^

IL L'iNFLAVMÀTlON im TISSU QELLUtAlRE SOliS-HUQtJElIX CSt la plu- .

part du temps combinée, avec l'inflammati&n de la muqueuse, et n'intéresse que des points isolés des cavités buccale ou pharyngienne. Hypérémie très-forte; muqueuse hyperémiée ou libre; exsudât séreux ou fibrineux , en petite quantité ou très-abondant, déterminant un gonflement considérable des parties enflammées: ce produit plastique se résorbe, et l'affection guérit , ou bien au contraire il s'organise, d'où résultent tantôt des fibres et des Vaisseaux nouveaux {hypertrophie) ^ tantôt la production de pus qui forme des collections fluctuantes sous la fiiuqueuse {abcès); celle-ci ordinairement s'atrophie, se perfore, et le pus s'écoule au dehors.

les lèi^res sont rarement le siège de cette espèce d'inflammation, qui a pour suites ordinaires un gonflement permanent des lèvres et l'ulcération de leur muqueuse.

Elle est fréquente dans lesgencii^s, à l'époque de la dentition ou quand il y a carie des dents; dans ces cas elle se termine le plus souvent par suppuration : parulies.

Elle est également fréquente dans le gosier et les amygdales

140 ANATOMIE PATHCUiOGlQUB SPECIALE.

«- Jngine phlegmoneuse , rhunuUismale ; — ici aussi l'exsudat se transforme rapidement en pus; dans les amygdales il se change tout aussi souvent en tissu conjonctif, et détermine une hyper* tropbie permanente de ces organes, qui deviennent quelquefois énormes. Des refroidissements violents en sont la cause ordinaire. Dans quelques cas on a rencontré, sans cause appréciable, des abcès dans le tissu cellulaire sous-muqueux.

III. Inflammations et ulcérations symptomatiques d'affections GÉNÉRALES. — a) Stomatite mercurielle. — Cette maladie est le résultat de l'usage prolongé du mercure; elle se montre nonseulement après son emploi à l'intérieur, mais aussi après des frictions ou des bains, qui en contenaient en solution. La muqueuse buccale, quelquefois aussi celle du gosier, mais particulièrement celle des gencives, s'bypérémie, se recouvre de couches épaisses d'épithélium , et à travers cet enduit grisâtre on voit par transparence la rougeur livide de la muqueuse. Puis sur les gencives, sur les côtés de la langue, au bord interne des lèvres, à la face interne des joues,' il se forme après la chute des membranes oroupales superficielles, des ulcérations, des excoriations légères, peu profondes; quand l'exsudat a été diphtbéritique, il se produit des ulcères plus profonds, à bords tranchants, dentelés, violets, à fond blanchâtre et saignant facilement. Après de fortes doses de mercure ou après son administration trop prolongée, la tuméfaction de la muqueuse est quelquefois excessive et la salivation d'une intensité considérable ; de larges portions de muqueuse se détruisent dans les exsudats dipbtbéri tiques, les ulcérations s'étendent aux os, à la peau, et peuvent causer des ravages affreux.

b) Les affections sypiiylitiques qui se montrent dans la bouche et le gosier sont très-variées. Aux lèvres on trouve des chancres et des pustules plates. Nous voyons en outre des hypérémies de toute la muqueuse du gosier et du palais avec ou sans exsudât (angine syphilitique^; des hypérémies circonscrites de la muqueuse palatine, quelquefois en forme de demi-cercle; elles déterminent en général une transsudation de matière , plastique et une exfoliation épithéliale , de là l'enduit grisâtre

ANÂTOMIfi PÂTHOtOGIQim âPkuifi. 141

dont ces parties sont recourertes. Fréquemment on trouve des ulcérations déterminées par des inflammations circonscrites de la muqueuse , avec suppuration et fonte des tissus , quel* quefois avec exsudations croupales ou dipbtbérîtîques. Les ulcères ronds, de forme ovale, en croissants, à bords taillés à pic, à fond grisâtre iardacé, sont superficiels ou pénètrent jusqu'au tissu cellulaire sous- muqueux ; d'autres fois il y a destruction complète de tous lès tissus du voile du palais et de toutes les parties molles de Parrière-boucbe; ces ulcères siègent aux lèvres, particulièrement à la commissure, au voile du palais, à la luette, au pbarjnx, sur les amygdales, sur la langue et les joues. Leur guérison consiste dans la formation d'un tissu inodulaire fibreux qui se rétracte. Les amygdales et les follicules muqueux s'ulcèrent également. Dans le tissu cellulaire sous -muqueux, on rencontre quelquefois des tubercules syphilitiques; ce sont des exsudats très-ricbes en fibrine, de la grandeur d'un pois ou d'une fève, ayant tous les caractères du tubercule; la plupart du temps ils sont résorbés , plus rarement ils se ramollissent et déterminent la perforation et l'ulcération de la muqueuse.

c) Les malades atteints de scorbut souffirent toujours d'bypérémies, d'infiltrations séreuses et d'ulcères de la muqueuse et du tissu cellulaire sous-muqueux de la bouche; l'élimination des exsudats diphthéri tiques parait être la cause la plus ordinaire de ces ulcérations, qui sont livides, à fond lardacé, saignant facilement ; elles sont très-difficiles à guérir.

d) Chez les sujets scrofuleux, les inflammations et les ulcérations de ce genre sont très «fréquentes; elles ont leur siège aux amygdales , au palais , à la base de la langue et à d'autres endroits, et s'accompagnent en général du gonflement des ganglions lymphatiques correspondants de la région sous-maxillaire. Tantôt leur marche est bénigne, tantôt elles produisent des désordres considérables tant dans les parties molles que dans les os , qui se carient et se nécrosent.

é) Enfin il se montre dans le gosier d'autres ulcérations dont on n'a jamais pu démontrer la liaison positive avec des troubles généraux quelconques; ces ulcères s'étendent rapidement, dé-

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truisent la muqueuse et le tissu cellulaire sous-muqueux, sans pourtant présenter de caractère spécifique^ On les a tour à tour désignées sous les noms A* ulcérations rhumatismales , cachée^ tiques, cancéreuses.

f) Pustules de la variole. — Elles se montrent isolément dans les cas de variole ^ ou recouvrent toute la muqueuse de la bouche, du gosier et de la langue.

OAivoRàiaa. ■— Noma — cancer aquatique. — Oii le rencontre coiqme affection idiopathique , particulièrement chez les enfants de 3 à 8 ans, chez des sujets faibles, cachectiques, mal nourris, mal logés; ou bien encore comme complication d'exanthèmes graves et des tj^pfaus. Le noma est dû à l'exacerbation de la diphthérite buccale, ou bien la maladiç débute comme gangrène. D'ordinaire au début du mal, un point de la joue s'hypérémîe, devient rouge -violet, ic gonfle, s'indure; bientôt après il est noir et œdémateux; Pépithélium de la muqueuse et l'épiderme de la joue sont soulevés sous forme de vésicules par une sérosité trouble {phlyctènes gangreneuses); les tissus infiltrés se dissolvent; la peau se maintient encore quelque temps sous forme d'une escharre noire , qui en tombant laisse après elle une perforation de ta joue. Dans la plupart des cas, l'infiltration et la gangrène s'étendent rapidement : la joue, les gencives sont détruites, les os dénudés se carient et se nécrosent (d'après Froriep, par .la macération ils prennent l'aspect d'os calcinés). La guérison est rare; la cause complètement inconnue.

La gangrène du pharynx des gencives et des autres parties de la bouche , à la suite d'inflammations diphthéritiques violentes , est assez rare.

NÉOPLASiUES PATHOL.OGIQ17BS. — Sur les lêvres on trouve: 1 ) Des productions verruqueuses de toutes sortes (vid. Malad. DE LA peau); elles apparaissent ordinairement sans cause appréciable, quelquefois après une compression, une contusion de la lèvre, ou comme affection syphilitique (surtout aux angles de la bouche). Elles s'enflamment parfois à la suite d'irritations répétées, l'épitbélium se détache en masse sous forme de croûtes: dans ces cas on les a souvent confondues avec des carcinomes*

AlVÀTOIflE PATJlOLOeiQIJE SPhdlkVR. 143

Ces productions peuvent cependant acquérir un véritable caractère cancéreux (vUL Cancroïde). L'extirpation amène une guérison radicale.

2) Des iéléangieciasiesn

3) Des dégénérescences colloïdes des follicules labiaux.-^Les gnâns (jacinï) des glandules sont distendus par de la matière eolloïde , jusqu'à acquérir le volume d'un pois ou d'une fève » et se présentent comme des tumeurs cystiques arrondies, composées d'alvéoles plus ou moins grandes, qui sont remplies de matière coUolide* Ordinairement un seul follicule se trouve intéressé; d'autres fois ils s'affectent en masse et produisent alors un gonflement considérable et général de la tèvre.

4) Des cancers ou deseancroïdes. — La forme la plus fréquente du cancer des lèvres, c'est le cancer épithélial; il peut débuter sous la peau ou bien résulter de la transformation cancéreuse de verrues (vid. Maladies de la peau).

Dans la bouohe et le gosier on trouve :

1/ Des tumeurs papillaire^ de la muqueuse, siégeant surtout au palais et à la luette.

S.*" Deajibroïdes et de» sarcomes , qui partent du tissu cellulaire sous-muqueux ou des os>, et soulèvent la muqueuse; celleci conserve sa texture normale, s'atropbie ou s'bypertropbie. Ces tumeurs varient en volume depuis une aveline jusqu'à un ceuf de poule; elles portent le nom d'épulies quand elles siègent aux gencives, et celui de polypes quand elles occupent le gosier.

Les follicules des amygdales sont souvent distendus en forme de kyste par leur produit de sécrétion ou par un exsudât quelconque ; le contenu de ces kystes se crétifie quelquefois.

%. lift lattsaeé

VIGBS 0B CONFORMATION. — On trouve parfois la langue soudée en totalité ou en partie au plancher ou à la voûte de la bouche; l'adhérence par le frein (Jilet) constitue la variété la plus fréquente. — La langue peut encore être fendue dans le

144 ANATOlIlE PÂTH0L06IQCE SP£CUUE.

sens de sa longueur, manquer en partie, présenter des dimensions exagérées (chez les crétins) ou être très-petite.

RTPBRTROPHIB.— Quand elle n'est pas congéniaie , l'bjper-» trophie de la langue résulte d'une inflammation antérieure; souvent alors cet organe atteint un tel développement , qu'il fait saillie entre les lèvres, s'iodure, se déforme, perd ses papilles et présente une sur£ice unie.

IIVFL.AJIUIIATIOIV. — Le coiorrhô de la muqueuse linguale accompagne toujours celui des autres parties de la muqueuse buccale; il se rencontre aussi idiopathiquement à la ^te de l'irritation produite par les aliments acres, la fumée de tabac, etc.; il se reconnaît à Thypérémie de ses papilles et à une hypersécrétion épitbéliale, qui forme l'enduit grisitre de la langue. Si l'inflammation s'étend aux tissus sous-jacents, le gonflement est général, les villosités de la sulrlace de la langue disparaissent, elle devient lisse et d'un rouge vif. L'inflammation de tous les tissus de la langue, la glossiie proprement dite, se caractérise par un gonflement très-rapide, la dureté et une forte rougeur de l'organe. En général les exsudats se résorbent rapidement, et la langue reprend son volume normal; quelquefois ils se transforment en tissu conjonctif, et la langue conserve une augmentation de volume (hypertrophie inflammatoire, induration), reste dure, est gênée dans ses mouvements; rarement les exsudats passent à la suppuration : dans ces cas il se forme, entre les muscles, des abcès qui s'ouvrent à la base de la langue. La glossite générale est toujours aiguë; à la suite des blessures et surtout de l'irritation causée par des fragments de dents, il survient des inflammations circonscrites, à marche chronique , s'accompagnant d'induration et laissant des cicatrices dures qui on t été prises quelquefois pour des cancers et extirpées comme tels.

La langue peut au reste participer aux afiections inflammatoires et ulcéreuses de toute nature, dont la cavité bucccale peut être le siège. On y rencontre entre autres à sa surface, des ulcérations et des inflammations syphilitiques , et dans son tissu même des indurations inflammatoires circonscrites, qui constituent les tubercules syphilitiques. Les scrofuleux présentent des inflammations analogues.

CANCBR. -^ Le cancer envahit souvent la langue sous forme d'encéphaiolde , de squirrhe , et le plus fréquemment de cancrolde épttfaélial; il constitue dans le tissu de cet organe des tubercules plus ou moins volumineux, recouverts par la muqueuse linguale gonflée et fournissant une sécrétion ëpitbéliale abondante. En progressant , le caneer peut envahir la muqueuse , qui s'ulcère et fournit de la sanie. Lorsque les* tubercules s'ouvrent au dehors, après s'être ramollis dans leur centre , Tuleère est infundibuKforme. En général Taffisction cancéreuse envahit les tissus voisins, se propage dans le xkmst cellulaire du cou , aux ganglions lymphatiques, et envahit quelquefois jusqu'au larynx.

Se muirflix et ««o|iltf»se«

VIGBfi IKB cOiWBOOuifA.'no^K. — Terminaison en cul de sac dans le pharynx ov dans le voisinage du cardia ; — Dilatation sacc^orme; — -^ coiiMoauniisation avec la trachée; — déviation de l'oesophage à droite; — retrécLs^meot du pharynx.

La fistule camgéniale du col s'ouvre extérieurement sur le côté du col, à 14 millimètres au*dessus de la clavicule; de là part un trajet irè&sétroit, qui se dirige en. haut et en dedans, s'ouvre dans le pharynx à la hauteur de l'os hyoïde ou s'y termine en cul de sac. Cette anomalie résulte d'un défaut de réunion complète de la seconde ou troisième fente cervicale. , wnjL\TATl0ViS. — «) Le pharynx et l'œsophage peuvent être uniforniément dilatés dans la totalité de leur parcours avec des parois en général épaissies , surtout la tunique musculeuse (fig. 25). Les causes de cette lésion sont le rétrécissement du cardia et les catarrhes chroniques du pharynx. Chez les vieillards on trouve parfois une dilatation de l'œsophage avec amincissement de ses parois.

b) Dans les rétrécissements du cardia ou de l'œsophage, il se produit quelquefois une dilatation saccilbrme des parties situées aurdessus du rétrécissement (fig. 26).

c) On voit aussi des hernies de ta muqueuse à travers la tunique musculeuse , sous forme de petites pQches rondes

146 ÂfiriTomc pàtbouhuoœ spjbcui*^

qui plus tard gagnent en loqgueur et an ampleiir. Elles se montrent surtout dans le tiers inférieur du pharynx, où elles passent entre les fibres horizontales du constricteur inférieur. Cette altération, très-rare d'ailleurs, a sa cause dans un arrêt en ce point de mucosités, d'aliments, de pepin/s, eto.; daQS un repli de la muqueuse , qui se trouve repoussée de plus en plus par raccumulation successive de nouvelles matières alimentaires, ^u point de s'allonger en doigt de gant et de faire sailUe au dehors de l'enveloppe musculaire , sous forme de diverti^lum* RÉTRÉcassBMBNTS. — Us proviennent : a) De compressions extérieures: Goitre, tumeurs ganglionnaires, cancers siégeant au col ou dans le médiastin, anévrismes, exostoses des corps vertébraux, anomalie du parcpurs de l'artère sous-clavière droite {dysphagia lusorid)^ etc.

b) D'altérations anatomiques survenues dans les parois du canal, telles qu'une cicatrice rétractile après des dipbthérites, le cancer de ces parties (dyspliagia callosà) , l'hjrpertrophie de la tunique musculeuse.

c) D'un rétrécissement du canal sans altération de texture; cette dernière forme, probablement congéniale, a été quelquefois observée au cardia; elle parait due à un trouble dans l'influx nerveux.

HYPÉRBiHiB, JNWijAMMATio^. -- Vhjrpérémie de la muqueuse du pharynx est physiologique chez les nouveau-nés. Elle se présente aussi comme état pathologique , mais elle n'a aucune importance.

Jn^mnialion catarrhale de la muqueuse pharyngo^rnsopha* gienne. — Elle se rencontre fréquemment à l'état aigu chez les nouveau-nés y avec une injection considérable et une exfoliation de la couche épitfaéliale; elle est rare chez l'adulte, où elle se montre après l'ingestion de boissons ou d'aliments trop acres ou trop chauds. Un catarrhe chronique léger est souvent un reliqus|t du catarrhe aigu , quelquefois aussi il est primitif; la muqueuse est épaissie, brune on grise, il y a formation abondante de mucosités et d'épithélium , et relâchement ou épaississeotônt de la tunique inusculeuse.

AffAtOlitlB PAtHOLÛtîtQUE SirfciALC. lH

Ii^lammaë&ns croupale et diphthèritique. — Très-raremenl primitiTes , eli^s sont ie plus souvent la suite de l'extension du muguet, d'un croup pharyngien, de l'angine di]d>tbéritique, d'aphthes de la bouche; ou bien elles accompagnent le croup laryngien. On les a encore observées dans les exanthèmes graves, dans le typhus, te choléra, la djssenterie. L'inflammation s'étend parfois du pharynx jusqu'aux cardia, de sorte que la membrane croupale revêt tout l'oesopliage. Cette maladie est souvent mortelle; quand elke guérit, les exsudats se déladîent par fragment, en laissant quelquefois après eux des ulcérations de la muqueuse.

Les abcès primaires du pfiarynx sont la suite d'une inflammation du tissu cellulaire sous-muqueux ; les abcès secondaires {^ossiflu&Us) proviennent de la carie des vertèbres cervicales {abcès rèlro-pharyngiens) ; ils soulèvent la paroi postérieure du pharynx , et se font rarement spontanément jour au dehors; la plupart du temps ils deviennent mortels, en causant l'asphyxie par compression du larynx. On a trouvé quelquefois dans l'œsophage des collections purulentes siégeant entre les tuniques de ce canal.

Les inflammations de ces parties reconnaissent encore pour cause : des corps étrangers (aiguilles, os) qui s'arrêtent dams l'œsophage , le perforent quelquefois ou bien y provoquent des suppurations et des abcès; des substances corrosipes qui par leur action chimique déterminent des escharres et des inflammations diphthéritiq»es diihises; des cicairices fibreuses provenant d'ulcérations guéries et se présentant sons forme de constrictions circulaires, de brides, de ponts, de valvules; l'usage du tartre stibié provoque parfois , dans le tiers inférieur de l'œsophage , des pustules qui laissent des ulcérations profondes.

Chez les varioleux , on rencontre encore des pustules sur la muqueuse; chez lés individus affectés de pemphigus^ on a trouvé dans l'œsophage les bulks qui caractérisent cet exanthème.

Ulcérations du pharynx. — Elles peuvent être syphilitiques , ou bien persister après la chute d'escharres diphthéritiques.

Ces ulcérations se retrouvent dans l'œsophage à la suite

148 ANÀTOHIE PATHOLOGIQUE SPÉCIAtE..

d'escbanres/oa chez les nouveau-nés après une simple inflammation de la muqueuse; on rencontre aussi des ulcérations cancéreuses, des perforations ulcératives produites par le contact d'un ganglion lymphatique suppuré, par des abcès dans le voisinage de l'œsophage : les mêmes causes peuvent faire communiquer l'œsophage avec la trachée. D'après Albers, il se présente encore dans l'œsophage une ulcération analogue à l'ulcère perforant de Vesl^om^c (ulcère simple de Tcesophage, \lbers); elle a son siège ordinaire sur la paroi antérieure^ au point correspondant à la bifurcation de la trachée; perfore peu à peu les tuniques de l'œsophage; établit des communications avec la trachée, les plèvres, le médiastin, l'aorte; et détermine même l'ulcération du poumon. Le passage de substances irritantes et surtout l'usage de Teau-de-vie , paraissent la cause habituelle de cette ulcération.

iiAiiiOL.iJSSE]|iB!!«T. — Toutes les tuniques de l'œsophage, surtout dans sa partie inférieure, se transforment par plaques isolées en une bouillie molle, sans qu'on ait pu découvrir la cause de celte altération; il n'est pas rare de voir ce ramollissement s'étendre au tissu cellulaire voisin et au médiastin , et le contenu de l'œsophage se déverser dans la cavité pleurale (principalement à gauche). Ce ramollissement est presque toujours sjrmptomatique d'un ramollissement de l'estomac.

wéoPi^SMBS PATHOiiOGiQUBS. — H y a production de tissu conjonctif nouveau dans les cicatrices après Ijes inflammations diphthéritiques ; quant aux callosités que les anciens auteurs ont notées comme les causes des rétrécissements de l'œsophage, ce n'étaient probablement que des masses cancéreuses.

, On rencontre assez souvent dans l'œsophage de petites tumeurs papillaires.

Lesjibroïdes se montrent dans l'œsophage tantôt à l'état de petites masses rondes sous -muqueuses, tantôt sous forme de masses polypeuses simples ou lobées, ayant pris naissance dans le tissu cellulaire sous-muqueux et quelquefois môme sur le périchondre des anneaux de la trachée.

ÀNÀTOHIE PATHOLOGIQUE SPECULE. 149

> Très-rarement on trouve dans l'œsophage de véritables ossifications; les rétrécissements peuvent devenir le siège de Fausses ossifications par formation de concrétions calcaires.

On y trouve encore des polypes muqueux.

Les lipomes du tissu cellulaire sous-muqueux sont rares.

Le cancer au contraire est très -fréquent, surtout dans le tiers supérieur. Il a son point de départ dans le tissu cellulaire sous-muqueux, d'où il s'étend rapidement à la couche musculeuse. D'ordinaire il est primaire et solitaire dans l'organisme, plus rarement consécutif à une affection cancéreuse ayant débuté dans d'autres organes; il peut être de nature encépbaioïde , squirrheuse ou épithéliale; au début il se dépose dans les parois de l'œsophage, sous forme de mamelons plus ou moims confluents; plus rarement il apparaît comme une couche égale infiltrée entre les tuniques. La lumière de l'œsophage est constamment rétrécie; dans cet état, la muqueuse qui recouvre le tissu carcinomateux est affectée de catarrhe, plus tard elle s'ulcère et le cancer apparaît à nu, formant le fond de l'ulcère. En même temps les tissus et les ganglions voisins se changent en tissu carcinomateux , qui dans des cas rares s'étend jusqu'à la plèvre, le poumon et le cœur. Par suite du ramollissement du carcinome et de son ulcération , il résulte des perforations de la trachée, des bronches ou de l'aorte.

Kystes. — Les glandules en grappe qui garnissent l'œsophage peuvent, par la rétention et l'accumulation de leur contenu et par la distension de leurs parois, devenir le siège de petits kystes , qui proéminent sur la muqueuse sous forme de vésicules transparentes.

4« Estomac.

VIGBS DB CONFORMATION. — Dans quelques cas rares on a vu l'estomac manquer, le reste du tube intestinal présentant d'ailleurs un développement normal ; — ou bien il n'est représenté que par une dilatation sacciforme du tube digestif, placée à l'extrémité inférieure de Tœsophage; — quelquefois des rétrécissements le partagent en 2 ou 3 compartiments.

16é ANArOMIE PkTBOWGHQlPE SrÉCUiX.

L'estooiajC peut être sîttié en dehors de la cavilé abdominale, ea méiBie temps qu^iMie partie ou la totalité de Fintestin; — une portion de k paroi antérieure de Toi^ne peut faire hernie à travers les muscles abdominaux, et soulever les téguments sous, forme de globe {hernie de Pesiomac). — Dans Finvwsion splanchnique , le cul de sac cardtacpie se trouve à droite — quelquefois l'estomac est placé perpendieulairement. -^ Quand il y a absence totale ou partielle du diaphragme,. Testomae peut être, situé dans la cavité thoracique.

Le pylore se termine rarement en cul de sac

DOLATA'naNS. -*- La dilatation générale se rencontre après l'ingestion fréquente d'aliments trop copieux, après un usage immodéré de vomitifs ou d'excitants stomachicpies, après les commotions de la r^ion épigastrique, après les tractions exercées par Tépiploon sur la grande* courbure de l'estomao dans les hernies épiploïques , à la suite d'un rétrécissement du pylore, après les péritonites, les gastrites ebroniques.

Les- dilatalions partielles unilatérales, d^ailleurs très- rares, se r^giconirent seulement (juand il existe un rétrécissement: de l'estomac lui-même.

La dilatation peut être portée au point que la grande cour-^ bureatteint la symphyse pubienne. L'amincissement des tuniques est rarement proportionné au degré de dilatation de l'organe; elles conservent au contraire ordinairement leur épaisseur normale (hypertrophie relaliue) ou s'épaississent énormément. Cet épaississement {hypertrophie)^ qui porte particulièrement sur la tunique musculeuse et le tissu cellulaire sous-muqueux, se rencontre principalement dans la dilatation occasionnée par un rétrécissement du pylore; c'est aussi la portion pylorique de l'estomac qui présente de l'épaississement , tandis que la portion cardiaque est amincie.

L'estomac dilaté contient ordinairement des boissons et des aliments plus ou moins décomposés, du mucus et du suc gastriqiie, quelquefois une quantité de liquide qui dépasse de beaucoup la quantité de boissons ingérées et qui est probable* ment un produit de la sécrétion gafitrique.

ÀNÂTOniE PitraOLOGfQtlE SKCfÀLE. 151

mmÊBfWiefSi vb voimma^ -^ On trouve T'estomac rétracté €t plus peih qn^à l'ordinaire après un jeûne prolongé , après une ahération de ses parois, une gastrite cboronique , un carci* nome, après la production de tissu cicatriciel : ce dernier peut en outre partager l'estoniiœ en deux loges.

D'après RociTâNSKYy la diminution de volume de restomac avec amineisseBient des parois se présente encore comme atrophie spontanée, maladie très-rahre» très-longue, s'acconspagnant de marasme général et d'atrophie des poumons et du cœur. .

HYPénéniiB. anémib» — Chez les nouveau*nés une forte rougeur de la muqueuse stomacale est physiologicpie;- toutefois chez \^ nouveau^nÀ et même déjà chez le fœtus , des injections vives, étendues, avec ecchymoses et exsudation sanguine dans la cavité de l'estomac, sont assez fréquentes; elles paraissent résulter d'un trouUe dans la circulation du cœur, du poumon^ de la rate, du foie; on trouve encore chez les adultes dies hypé-^ rémies produites par l'usage de substances excitantes, de spiritueux, de boissons et d'aliments trop chauds ou trop froids, etc. L'hypérémie se présente sous des formes très^variées : tantôt ce sont des arborisations veineuses , tantôt des injections capillaires apparaissait en pointillés ou par plaques. Du sang extravasé ou le sémm^ sanguin transsudé et coloré en rouge , ne peuvent pas être résorbés ; l'hématine se transforme en pigment qui donne à la muqueuse une coloration uniforme ou ponctuée , depuis le gris ardoisé jusqu'au noir.

L'hypérémie à elle seule ne constitue pas une maladie de l'estomac susceptible d'être diagnostiquée; elle n'a dé signification qile lorsqu'elle accompagne le catarrhe stomacal , ou cpx'elle est le prodrome d'une inflammation ou d'une hémorrfaagie. Oa trouve fréquemment dans l'estomac des hypérémies cadaifériques.

V anémie de l'estomac se présente après Tanémie générale, les pertes de sang, après le marasme.

HÈilOiaiRA'caE»- — Les infiltrations sanguines de la muqueuse stomacale aiîcompagnent très-souvent l'hypérémie de l'organe, et se produisent dans les mêmes circonstances. Les hémor4>hagies plus considérables dans la cavité même de l'organe

16t ARâlOlliB PATBOLOGIOra SPECIALE

sont plus rares et peuvent se monU*er dans les mémeé conditions ; on les trouve en outre avec un flux menstruel ou hémorrhoïdal anormal, dans le scorbut, dans la rupture de vaisseaux d'un certain calibre, de veines variqueuses, d'anévrismes, avec des ulcérations , des carcinomes, dans le catarrhe stomacal ou à la suite d'érosions de la muqueuse* Assez fréquemment l'estomac est rempli de sang, tandis que la muqueuse ne présente que de faibles traces d'bypérémie ou de rupture vasculatre. Du reste, le sang, peut arriver dms P^tomac par la idéglutition, quand il pénètre dans Je pharynx venant des fosses nasales ou des brondies, ou qu'il airive. directement dans l'œsophage par la rupture d'un petit vaisseau ou d'un anévrisme de Taorte*

Les hémaiémè^s se présentant, à toutiige*

Le sang contenu dans l'estomac perd bientôt sa coloration rouge; il se divise dans les matières contenues dans l'organe, et les caillots- se désagrègent pour donner naissance à une masse liquide noirâtre, semblable à du marc de café et composée de. sérum, de corpuscules . sanguin» décomposés, de granulations pigmentaires et des autres substances que renfermait déjà l'estomac. Quand les bémorrbagies sont très-lentes et se répètent souvent (cakirrhe chronique , érosion hémorrha^ gique, ulcération, cancer), le sang se colore rapidement en brun ou en noir, et la plupart du temps est rejeté par les vomissement* .

nUFl^iiliiiATlOilv. — a) L'inflammation aiguë de toutes les tuniques de l'estomac ou de la muqueuse et du tissu cellulaire sous-muqueux, ne s'étend jamais à toute la surface du viscère; elle a sa cause ordinaire dans l'ingestion d'aliments trop chauds ou trop froids, dans l'usage de médicaments actifs, dans de fortes brûlures* La gastrite spontanée aiguë n'existe pas*

On voit dans certains points une forte injection capillaire du tissu cellulaire sous-muqueux et de la muqueuse elle-même ; l'infiltration de ces parties par un exsudât séreux et conséquemment leur ramollissement; fréquemment il y a simultanément des ecchymoses et une injection des petites veines.

AMlTOHlfi PATBÛLOGIQCB SVkCUMJB^ l&S

De toutes les substances, les acides minéraux et les aleaUs caustiques déterminent les înfltmmatiofis les plus intenses et les plus atguês. Leur premier efFet est une décomposition chimique, d'où résulte une mortification de Fépithélium et des coudiès superficielles de la muqueuse, tandis qu'au-dessous les tissus sont injectés avec exsudât. Quelquefois aussi la muqueuse et le tissu cellulaire sous-muqueux sont convertis immédiatement en une escbarre blanche ou en une bouillie gangreneuse , avec infiU tration séreuse de toutes les parties environnantes^ Rarement ces inflammations parviennent à la guérison, qui s'opère par la formation d^une cicatrice fibreuse, rayonnée en étoile par suite du froncem^dt des tissus; mais jamais la muqueuse ne se reproduit*

b) L'inflammation catarrhale aiguë est plus fréquente , occupe toute la muqueuse stomacale et se montre tantôt au bas^fond , tantôt à la portion pjlorique. Elle peut être idiopathique ou sjmptomatique d'autres maladies (entérite, typhus, exanthèmes). La muqueuse est d'un rouge uniforme, boursouflée, ramollie et couverte de mucosités épaisses; dans le tissu cellulaire sousmuqueux on voit des injections veineuses, arbortsées. Dans certains endroits on rencontre parfois des pertesi de substance de la muqueuse sous forme d* ulcères simples, d^érosions hémor* rhagiques ou d* ulcères folliculeux. Lé catarrhe stomacal aigu est fréquent chez les nouveau-nés et les nourrissons; chez l'adulte il détermine ce qu'on nomme V embarras gastrique (status gastrieus) , l^état saburral, et se rencontre dans les fièvres gastrique, bilieuse, muqueuse, et dans le choléra.

c) Le catarrhe stomacal chronique est très-fréquent comme maladie idiopathique , à la suite d'ingestion de boissons et d'aliments irritants (surtout d'eau de vie) , de médicaments , de refroidissements, etc. ou bien comme affection symptomatique d'une maladie du cœur ou de la phthisie pulmonaire; on le trouve encore complicant beaucoup d'autres affections* Toute la muqueuse peut être intéressée ou bien seulement la partie pylorique; la muqueuse est en général boursouflée et ramollie, rarement elle est ferme, mince et atrophiée (ce dernier état

t64 AltATOMIE PitTROaiGIQDS SVfiCtAiC.

s'obserre quelquefois comme stade de terminaison de cerèatnes gastrites) ; sa coloration est normale ou bien rouge, brune, gris* ardoisé; quelcpiefois elle présente un aspect mamelonné (qui , d'après Frsrigbs, serait dû soit à des moléeules graisseuses dé^ posées dans le tissu cellulaire, soit au gonflement des fofiicules lenticulaires) ; répithélium cjlindrique est en partie détruit; au oomaKncement les follicules sécrétants, le suc gastrique, ne présentent aucune altéra lion , mais bientôt ils deviennent le sî^e d'une abondante formation de cellules; les follicules lenticnlailires sont gonflés et apparaissent en grand nombre. La muqueuse esft unie ou pUssée (certains pKs sont même boursouflés isolément et font saillie comme des poljpes dans la cavité stomacale);, elle est recouverte d'un mucus abondant, épais , visqueux ,. rarement puriforme. L'bjpérémie manque ordinairement ou se borne à ffuelques arborisations dans le tissu cellulaire sous-muqueox; d'autres fois au contraire, elle est considérable et s'accompagne d'ecchymoses; quelquefois les plis seuls sont colorés en rouge ou en gris ardoisé. Les altérations de la muqueuse peuvent être insignifiantes , tandis que celles du tissu cellulaire sous-mmpieux et de la tunique musculeuse o&ent plus de gravité. On trouve quelquefois des ulcérations et des érosions hémorrhagiques.

Le tissu cellulaire sous-muqueux est souvent parfaitement iotact; d'autres fois il est infiltré de sérosité; dans les catarrhes très-chroniques il s'est hypertrophié comme la tunique musculeuse. La membrane séreuse est rarement épaissie, quelquefois légèrement injectée*

Quant au contenu de l'estomac, il ne présente souvent de par^ ticulier qu'une couche épaisse de mucosités; fréquemment il est riche en liquide aqueux acide ; on^ le trouve aussi coloré en rouge par du sang, ou bien il forme une masse ayant l'aspect du marc de café et provenant de la décomposition du sang.

Le catarrhestomacal peut guérir; quelquefois il ^j joint d'autres altérations inciu*ablès et nécessairement mortelles , telles qu'un épaississement de la portion pylorique et du pylore lui-même , OU' la destruction successive de toute la muqueuse stomacale. Le plus souvent l'estomac est ratatiné, ses parois sont tendues ,

AHATOVIB PATH0I.0G1Q0K SPtciÀU. 165

la séreuse de It portion pylorique est épaissie, fibrense, flréquemment injectée. La tunique musculeuse , coajoittteoient arec le tissu ceUulaire sou^muqueux, est transformée en une masse solide, fibreuse, constituée par une cioache de tissu conjonctif de 2 à 6 millimètres d'épaisseur; ou bien elle est hjrpertrofdïiée, et dam ce eas,. la production, nouvelle de fibres musculaires organiques et de cellules fibro-plastiques lui donne Taspect d'un tissu dense , d'apparence gélatiniforme ou même cartilagineuse, traversé par de rares faisceaux fibreux blanchâtres. La coupe présente un: aspect aréoiaire qui,. dfapYès Brdch, ne devient apparent que sur les coupes pratiquées perpendi* culairement à la direction des fibre» musculaires hypertrophiées* (Dans te cancer colloïde vrai , la disposition aréoiaire se reconnait , quelle que soit la direction de la coupe, et Ton peut exprima le suc contenu dans les aréoles). La muqueuse présente des plis nombreux; son tissu cellulaire est épaissi; les glandes, les follicules sécHréteurs du suc gastrique et les follicules lenticulaires sont remplis de cellules; dans les parties où l'altération est la plus avancée, les follicules manquent complètement. La plupart du temps on trouve des exsudats amorphes ou organisés , déposés entre les follicules stomacaux, et par suite un épaississement de la muqueuse ; dans quelques points isolés il en résulte des masses et des plaques indurées , où les glandes font dé&ut et sont remplacées par du tissu conjonctif nouveau très-abondant. L'épîthélium cylindrique est détruit et remplacé par une couche de mucus avec des cellules d'exsudation rondes. On trouve encore parfois des ulcérations , des érosions , des ecchymoses. La lumière du pylore est d'ordinaire considérablement rétrécie. Cet état de l'estomac, qui n'est que le résultat d'un procès inflammatoire datant de plusieurs années, se nomme habituellement gastrite chronique, hypertrophie storruiccUe ou bien aussi cancer de l'estomac. Il est bien rare que les exsudats se transforment en pus, qui fuse entre les tuniques et détermine parfois des perforations.

d) VHnflammaiion croupale est rare; sur le nourrisson elle se montre sous forme de muguet ou comme exsudation circon-

156 ANilTOMIE PATHOLOGIQUE SPECULE.

scriie dans ie catarrhe stbtnacal; on la trouve à tout âge comme compliquant les exanthèmes graves, avec la pyoémie, après de fortes doses de tartre stibié. Très -rarement les exsudais diphthéritiqiies déterminent par leur ramollissement àe& ulcères aphtheux.

. é) \J inflammation du tissu cellulaire sous-muqueux ^ très-rare , présente en général le caractère aigu ; elle s'accompagne de la formation de foyers purulents étendus , et même de la perforation de la muqueuse.

La gangrène de la muqueuse stomacale se montre après l'action d'un acide minéral , etc. , ou bien est concomitante d'une gastrite violente chez les nouveau-nés (Billard). ' Vl.céRATlONS i>E l^^ESTOMAG. — 1) Les ulcères inflammatoires simples — se présentent rarement dans l'estomac sous forme de pertes de substances de la muqueuse , dentelées , rondes ou oblongues ; ils sont en général superficiels, petits, et atteignent rarement le tissu cellulaire sous-muqueux. Dans quelques cas ils prennent beaucoup d'extension, gagnent en profondeur et causent des désordres considérables. Ces ulcères sont la suite d'une recrudescence d'un catarrhe chronique ou aigu circonscrit.

2) Érosion kéniorrhagique , — nom appliqué par Gruveilhier à des ulcérations simples, très superficielles, à fond saignant; elles sont arrondies, oblongues ou allongées sur le sommet des plis de la muqueuse / leur étendue varie entre 2 — 12 millimètres de diamètre et au delà; leur nombre est variable, quelquefois elles existent en grande quantité. Ces érosions s'observent le plus souvent dans les catarrhes chroniques ou aigus , et constituent la seule source d'hémorrhagies souvent considérables; après leur guérison on trouve une cicatrice lisse, colorée en noir par du pigment.

3) Ulcères fotliculeux; — on donne ordinairement ce noîn à de petites ulcérations de la muqueuse stomacale, rondes ou infundîbuliformes. ïl n'est pas démontré jusqu'ici que ces ulcérations tirent leur origine de la fonte purulente des follicules gastriques. D'après Billard, ce seraient des follicules lenticu*

AlfATOVllB PàTHOLOGIQUB SPicUtB^ 167

laires qui s'ëlèvent sousTorme de petites .granulations blanches» et qui s'ulcèrent quelquefois; il a observé cette gastrite foUieuleuse chez des nouveau-nés.

4) L'ulcère perforant de l'estomac (Rokitansky) — uieère chrà* nique simple de f estomac (Cruyeilhier) — se montre la plupart du temps à la paroi postérieure de la portion pjtorique de Testomac, près de la petite courbure; on le rencontre aussi dans d'autres points de l'estomac et dans la partie supérieure du duodénum. Il a de 5 — 8 centimètres à 5 — 7 millimètres de diamètre, est le plus souvent rond ou ovale, rarement irrégulier et déchiqueté; il provient parfois de la réunion de plusieurs ulcères. Les bords ne s'élèvent pas au-des&us du niveau de la muqueuse, ils sont tranchants, sans injection; quelquefois par suite du boursouflement de la muqueuse et du tissu cellulaire sous* iDuqueux , ils deviennent durs et proéminents, ce qui rend l'ulcère infundibuliforme et lui donne l'aspect d'un carcinome; le fond de l'ulcère est lisse, constitué d'abord par le tissu cellulaire sous-muqueux, après la disparition, de celui-ci par la tunique musculeuse, et enfin par le péritoine qu'il perfore souvenlé A ce degré, on voit dans l'estomac une perforation ronde, plus étroite du côté de la séreuse que du côté de la muqueuse.

L'ulcère perforant de l'estomac est très-fréquent. Ordinairement il y a en même temps catarrhe de la muqueuse stomacale.

La marche de ces ulcérations est en général chronique; elles peuvent guérir à tous les degrés de leur développement; suivant que la perte de substance est superficielle ou profonde, la cicatrice fibreuse sera plus épaisse et plus solide, ordinairement étoilée. Si l'ulcère s'est étendu jusqu'au péritoine, la cicatrice détermine dans la tunique de Testomac des étranglements circulaires ou en forme de croissant. Gomme les ulcères ont ordinairement leur siège sur la paroi postérieure de l'estomac, il existe dans le voisinage de la cicatrice de fortes brides fibreuses qui produisent des adhérences avec les parties voisines.

Quand la perforation se fait sur une portion de l'estomac exempte d'adhérence, la guérison ne s'obtient pas, car le con^

15S AiviiTOHiï pkmoto&mÈ ^CUtfe.

tenu de l'organe s'épanche dans la cavité du péritoine et détermine une péritonite rapidemenl; mortellef mais si l'ulcération siège sur. une partie en rapport avec d'autres prjg^anes, la gnérisou peut avoir lieu, pourvu que ces organes (pancréas^ lobe gauche du foie) aient d'abord contracté des adhérences solides avec les parois de l'estomac. Dans ces conditions, l'organe adhérent remplace la paroi de l'estomac en formant le fond de l'ulcère; et dans lé cas le plus heureux, ce fond se recouvre d'une couche de tissu fibreux, lisse, brillant, qui forme la continuation des bords de l'ulcère égaleinent cicatrisés^ dans les cas moins heureux, le contact du contenu de l'estomac provoque une inflammation de l'organe adhérent et du tissu ceU lulaire qui les soude : l'adhérence se relâche et les matières de l'estomac pénètrent dans le tissu cellulaire; mais /ici encore la.guérison peut avoir lieu par la formation répétée de tiasu cellulo-fibreux néoplastique, et l'estomac communique alors par sa partie postérieure avec des cavités sinueuses revêtues de tissu cellulo-fibreux ; plus souvent l'exsudat ne s'organise pas, mais passe à la suppuration, l'inflammation s'étend au péritoine et détermine une péritonite mortelle. Dans quelques cas rares , l'ulcération se propage aux organes adhérents, et l'on trouve des ulcérations sur le foie, le pancréas, des perforations du diaphragme , et même des ulcérations du poumon.

La destruction des vaisseaux provoque fréquemment sur les bords de l'ulcère des hémorrbagies, qui peuvent être mortelles quand un gros vaisseau est atteint.

L'étiologie de ces. ulcères est encore très*obscure; ils sont très-fréquents chez les femmes à l'âge adulte et surtout chez les jeunes filles chlorotiques, où 'ils guérissent facilement, mais récidivent souvent et deviennent la cause la plus fréquente des d^if^pepsies et des cardialgies dont ces malades sont atteintes* Chez les hommes, on prétend que cette altération est provoquée principalement par des écarts de régime, l'ingestion de boissons froides ou l'usage immodéré de l'eau-de-vie.

o) Les ulcères aphtheux — se rencontrent chez les nouveaunés , à la suite de l'élimination d'escharres diphthériliques.

RAMEOiXifi^BMEBiT. — Le romoilissemenl de Vesiomac chez les nourrissons -* est une altération que présentent assez fré«qu^nment les cadayres des nouveau^nés. Il consiste dans une espèee de dissolution, des parois stomacales qui s'achève sur le cadavre, mais dont le commencement parait daler des der* niànes heures de la vie dess petits malades; les lois ordinaires de la décomposition cadavérique ne suffisent pas à elles seules pour eipliquer les désordres qu'on observe. L'affection se rencontre chez des enfants mal nourris, ou élevés avec des aliments farineux , ou recevant un lait de mauvaise qualité, toutes substances qui s'accumulent au cul de sac cardiaque de l'estomac» déterminent un catarrhe de la muqueuse et passent rapidement à la décomposition ; celle-ci s'étend à la muqueuse, et après la mort aux autres tuniques de l'estomac. Les symptômes qui font diagnostiquer sur le vivant -le ramollissement de Testo* mac, n'appartieoâent pas au ramollissement proprement dit, mais bien au catarrhe de l'estomac et de l'intestin qui l'a précédé , ou bien à des maladies toutes différentes , comme rhjdrocépbale ^iguê , l'hypertrophie du cerveau , qui existent simultanément et influent peut-être beaucoup sur le ramollisse* ment stomacal.

Fréquemment la muqueuse seule du grand cul de sac est ramollie sur une étendue plus ou moins considérable; elle est convertie en une bouillie amorphe ou li'a pas perdu sa forme. Si la tunique musculeuse et le péritoine sont ramollis en même temps, ils forment une masse gélatineuse, qui ne diffère parfois des tissus normaux que par sa décoloration, mais le plus souvent ces parties sont converties en une gelée d'un gris rougeâtre, parcourue par des traînées noirâtres, et que le moindre contact réduit en une bouillie liquide; rarement les parois de l'estomac sont perforées et son contenu épanché dans la cavité abdominale. (Une perforation pendant la vie avec péritonite consécutive, etc., n'a pas encore été observée). La couleur du ramollissement est parfois brune ou d'un noir rougeâtre, par la transformation en pigment du sang épanché pendant le catarrhe qui a précédé le ramollissement. Quelque-

160 ÀNÀTOkiB PÀTHOiOGlQOe spiciu£«

fois aussi le sang est converti dans les vaisseaux en une masse noire granulée.

Ce ramollissement n'est pas limité exactement comme une ulcération, mais se continue avec les tissus sains par une transition insensible. Souvent on trouve en même temps à la partie inférieure de l'œsophage, un point ramolli ou même perforé et le contenu de l'estomac éppnché dans la plèvre. , ( L>'^l>^6i^^ complète pendant la vie des sj^mptômes de pleurésie et d'emphysème donne de fortes probabilités que la perforation s'est produite seulement après la mort;. Il n'est pas rare de rencontrer quelques portions d'intestins ramollies de la même manière.

Le ramollissement de l'estomac se rencontre, quoique trèsrarement, à toutes les périodes de la vie. Chez l'adulte comme chez le nourrisson, cette altération n'est qu'un effet cadavérique, préparé pendant la vie par un catarrhe de la muqueuse ou résultant de sa désorganisation par des aliments en état de décomposition; quelquefois c'est la seule lésion qu'on trouve sur le cadavre , ou bien il existe des traces de maladies du cerveau (particulièrement d'hydrocéphale aiguë) ou d'autres affections aiguës. L'influence des maladies cérébrales sur le ramollissement de l'estomac n'est rien d'impossible, vu la fréquence avec laquelle ces deux états se compliquent ; mais jusqu'ici ces rapports n'ont été ni démontrés ni expliqués.

D'après sa couleur^ le ramollissement a été distingué en gelaiineux et en ramollissement brun ou noir; les deux variétés paraissent résulter d'un procès morbide identique, seulement la coloration noire est la suite d'une plus grande richesse en sang et d'une pigmentation plus forte,

NEOPLASMES PATHOLOGIQUES. — Le lissu conjonciif néoplastique se rencontre dans l'hypertrophie des membranes de l'estomac, surtout à la région pyiorique, et comme épaississement circonscrit du tissu cellulaire sous - muqùeux et du feuillet pérîtonéal.

Le tissu adipeux néoplastique se présente dans le tissu celfulaire sous-muqueux en petites masses rondes, qui soulèvent la tunique muqueuse et font alors saillie dans l'estomac , ou qui

AJftATdllIB PÀTHOlOOiQDS SPECIALE. l6l

pénétrent à Iravers les fibres de la musculeuse et proéminent sous le péritoine.

Les poljrpes muqueux de Testomac proviennent , comme ceux du canal intestinal, de replis de la muqueuse gonflés par une infiltration inflammatoire; il en résulte des tumeurs faisant saillie dans la cavité abdominale, du volume d'un^pois à celui d'une aveline, à pédicule large ou étroit; quelquefois leur centre est formé par un prolongement du tissu cellulaire sous* muque^ix (fig. 31). On les observe à la suite de catarrhes trèsanciens; ils peuvent devenir téfangiectasiques , carcinomateux. Certaines tumeurs polypeuses de ce genre se composent d'uii groupe de glandules stomacales ' utriculaires , hypertrophiées (Rcinbardt). D'autres de ces polypes sont des tumeurs papillaires, analogues à celles qui se trouvent aussi dans le reste du canal digestif; elles peuvent se combiner avec le cancer (fig, 28).

Le cancer de Testomac est fréquent et apparaît sous des formes très-variées :

Sous forme de cancer cUuéolaire, il constitue quelquefois une masse gélatiniforme de 12«-*27 millimètres d'épaisseur, ayant son point de départ dans le tissu cellulaire sous-muqueux et la muqueuse, et s'étendant en général sur toute la moitié pylorique de l'estomac' et même au delà.

Sous forme de squirrhe et d^encéphaloïde, il a aussi son siège ordinaire sur la moitié pylorique et de préférence dans les parties les plus rapprochées du pylore ; l'origine de ces cancers est dans le tissu cellulaire sous-muqueux, où ils sont infiltrés sous forme de masse uniformément squirrheuse, ou bien ils y constituent des tumeurs isolées, molles ou consistantes, de la grosseur d'une aveline jusqu'à celle d'un œuf de poule. La tunique musculaire des points malades n'éprouve aucun chan* gement ou présente les mêmes caractères que dans le catarrhe chronique ; la muqueuse se boursoufle , se ramollit et se convertit en une bouillie noirâtre; souvent le squirrhe l'envahit à son tour. Dans les deux cas, le cancer fait saillie à ce degré dans la cavité de l'estomac; sa destruction commence ainsi : Souvent les parties superficielles se ramollissent et tombent,

163 AHATOMIE PATHOLOGIQUE SPéciAUE*

et il en résilie dans la masse cancéreuse des pertes de substance en général concaves (ulcérations carcinomateuses) ; d'autres fois sur le fond de l'ulcère qui devient végétant, s'élèvent de nouvelles masses moins consistantes , de forme pol^peuse ou en chou-fleur , qui proéminent dans l'estomac et se changent bientôt en une bouillie molle , noirâtre et villeuse ; le plus souvent ces cancers sont très-mous , riches en vaisseaux Cfongus hématodes, masses érectiles)^ On voit encore le carcinome se développer dans des tumeurs papillaires, dans des masses polypenses déjà anciennes.

Le cancer s'étend ordinairement aux ganglions lymphatiques voisins , quelquefois aussi au pancréas , au colon , au foie , dans toute la portion de ces organes qui est cootigqë à l'estomac. Le plus souvent cet organe et surtout le pylore sont soudés aux parties voisines par du tissu cellulaire très-dense. Rarement l'estomac reste libre d'adhérences , et alors son poids le fait descendre dans la cavité abdominale, quelquefois jusqu'au niveau de la symphyse pubienne.

Quand la dégénérescence cancéreuse a envahi une grande surface de l'estomac, les parois de cet organe sont épaissies et sa cavité rétrécie; si, comme cela arrive en général , la lésion a son siège au pylore ou à côté, la lumière de cet «orifice se rétrécit, tandis que l'estomac se dilate par l'accumulation des aliments qui ne peuvent pas le franchir. Du reste le rétrécissement peut cesser plus tard par la destruction de la tumeur et l'élimination des parties ramollies.

Pendant le développement du cancer , il y a de fréquentes hémorrhagies , qui proviennent tant de l'ulcère lui-même que de la muqueuse ramollie; aussi les matières contenues dans l'estomac sont -elles souvent colorées en rouge, en brun ou en noir. Fréquemment il existe, simultanément avec le cancer, un catarrhe de la muqueuse, et quelquefois des érosions bémor* rhagiques et des ulcères perforants.

Le cancer de l'estomac est en général primitif, plus rarement il se communique à cet organe en partant des organes voisins. Tantôt il est solitaire dans l'organisme, tantôt il s'accom-

ANàTOMIB PÀTBOLOGIQUE SPJa/ltC* f6$

pagne de carcinomes du foie, du pancréas, de l'intestin, de Tovaire, etc.

L'altération cancéreuse s-observe très-rarement sur la paroi antérieure de Testomac, dans le cul de sac cardiaque et au cardia lui-même.

La muqueuse stomacale est rarement le siège de tubercules; leur marche, du reste, est identique à celle des tubercules de Tintestin (vid. Tubercules intestinaux). On reconnaît qu'un ulcère stomûcaè est tuberculeux , à ce que les ganglions Ij^mpfaatiques voisins se trouvent infiltrés de matière tuberculeuse. Les tubercules de la tunique péritonéale de l'estomac peuvent, par leur ramollissement, devenir la cause de perforations (Beneke).

DU CONTENU I>£ L.'E$TOMAC ET DB LA MATIÈRE DBS TOMiSSEntENTS. — Dans la plupart des affections de l'estomac les malades ne supportent pas les aliments solides ; voilà pourquoi , à TautopsTe, on ne trouve ordinairement dans cet organe que des matières liquides, telles que dé l'eau , des aliments plus ou moins décomposés par le suc gastrique ^ des débris de plantes , des molécules de graisse , des globules amylacés , etc. , le tout mélangé, suivant les maladies, avec des mucosités, des exsudats, du sang, des masses cancéreuses; déplus le contenu de l'estomac présente souvent en gi'ande quantité des espèces analogues au champignon de la levure de bière ( Torula cerevisias)* Dans la maladie appelée vomissement aqueux , l'estomac parait sécréter de l'eau.

Le mucus est composé d'une masse amorphe visqueuse , d'épithélium cj'lindrique , de petites cellules rondes à un seul noyau, provenant des utricules sécréteurs du suc gastrique: ces cellules prédominent dans le mucus fourni par le catarrhe de l'estomac. Dans les matières vomies on trouve encore mêlées au mucus les grandes cellules de l'épithélium pavimenteux, buccal ei CBSophagien.

Les exsudats fournis par l'estomac se mêlent au mucus et au contenu de l'estomac avec une grande rapidité, ce qui rend leur élude difiBcile* On voit parfois des cellules d'exsudation, jcomme traces de leur organisation. Les membranes croupales

t64 ANATOBilE PATHOLOGIQDË SpfciiXfi*

sonl très-rares. Dans le choléra il se fait une abondante exsu* dation aqueuse, mêlée de flocons de mucus.

Le sang se présente en gros caillots, ou bien il est mélangé uniformément au contenu de Testomac qu'il colore en rouge; ordinairement Thématine se décompose rapidement, les globules sanguins disparaissent et laissent comme résidu de petites granulations pigmentaires noires, qui colorent le contenu stomacal en brun ou en noir. Dans toutes les maladies de l'estomac qui s'accompagnent de fréquentes hémorrbagies dans sa cavité, Testomac ou les matières vomies présentent ces masses couleur chocolat ou marc de café, qui ne sont null^neirt pathognomoniques du cancer de l'estomac.

Quant aux champignons microscopiques , ce sout des cellules à nojaux, rondes ou ovales, qui émettent des prolongements filiformes.

Une production qui parait être une métamorphose fort remar^ quable de ces corpuscules du ferment , est connue sous le nom de Sarcina ventriculL Elle apparaît sous forme de corpuscules carrés ou cubiques , qui paraissent provenir de la transformation d'une cellule du ferment, dont les noyaux se sont partagés en quatre parties; aussi ce corpuscule cubique se présente- 1- il d'abord avec quatre noyaux. Cette fissiparité des cellules con* tinue et donne lieu à la production de corps cubiques plus grands, contenant 16, 32, 64,256, 612 noyaux (fig. 44). Ces corpuscules finissent par se dissoudre, et les noyaux redeviennent libres. La sarcina ventriculi sl été observée chez l'homme sain comme chez l'homme malade; aussi jusqu'à présent ne saurait-on lui assigner de signification pathologique précise.

Parfois le contenu de l'estomac et les matières vomies ren« ferment en outre de la bile , du chyme , des fèces , des vers intestinaux, des concrétions pierreuses.

Quant aux grenouilles , aux lézards , etc., ces animaux peuvent bien avoir été avalés, mais la haute température de l'estomac ne Imir permet pas de continuer à y vivre; et toutes les observations d'dnimaux qui doivent avoir vécu et s'être multipliés dans l'estomac, ne sont que pures fictions, ou proviennent de supercheries*

ANA701IIE PktBOWGlQXm SPEClAtE. 16£.

5* Tube digestif*

VICES DB GOiVFORiiiATiON. — L'absence totale du tube digestif chez des fœtus d'ailieurs bien développés, est très-rare; fabsence de certaines portions de l'intestin se rencontre quelquefois et constitue sa brièveté générale ou partielle. On observe encore la terminaison borgne du canal digestif, dans un point quelcoiique, d'ordinaire dans le colon; mais l'anomalie la plus fréquente , c'est l'absence du rectum ou seulement V imperforation de l'anus (atresia ani). On a aussi rencontré l'ouverture en boutonnière d'une anse intestinale soudée à la paroi abdominale ; — l'ouverture de l'intestin dans la vessie , le vagin, ou l'ouverture commune de ces parties (cloaque).

Le diverticulum vrai (Meckel) est un appendice en cul de sac de Tiléum, formé par toutes les tuniques de l'intestin, inséré à 30 — 120 centimètres de distance de la valvule cœcale, reliquat du canal omphalo-mésentérique. Il a de Ifi — 18 centimètres de longueur, est plus étroit ou plus large que l'intestin, de forme conique, cylindrique ou en massue; il part à angle droit ou aigu du bord convexe ou concave de l'intestin* Quelquefois il est soudé à la paroi abdominale par du tissu cellulaire, et devient la cause d'étranglements internes; ou bien encore il est en communication avec l'ombilic et s'y ouvre, tandis que la portion d'intestin située au-dessous est rétrécie. Il est parfois renfermé dans un sac herniare.

Quant aux autres vices de conformation, ce sont : le rétrécissement de la lumière de l'intestin dans différents points (l'intestin est rarement rétréci dans toute sa longueur) et les diverses espèces d'ectopie de l'intestin :

1.* La Hernie abdominale et ombilicale, provenant de la nonréunion de la ligne blanche et de l'ombilic;

2/ La Hernie inguinale congéniale , par pénétration de l'intestin dans le canal du même nom;

3/ La Hernie diaphragmaiique; par l'absence d'unepartie du diaphragme, l'intest\p peut faire hernie dans la cavité thoracique.

166 ANATOMIE PATBOLOGIQDE SPEOIALB.

Dans la transposition générale des viscères, le cœcum est situé à gauche, PS romain à droite, etc.; en même temps le foie est placé à gauche, la rate à droite, le grand cul de sac de l'estomac à droite, le poumon gauche présente trois lobes, le droit n'en a que deux; le cœur est à dr<Mte.

DiiiATATlON. — C'est au*dessus des points rétrécis du canal digestif qu'on rencontre le plus fréquemment les dilatations intestinales; dans ces cas, la tunique musculeuse est rarement épaissie, toutes les parois sont amincies ou présentent leur épaisseur normale. Ces dilatations succèdent parfois à Tii^estion longtemps continuée d'une trop grande quantité d'aliments, surtout de ceux qui favorisent le développement de gaz; on les voit après un état paralytique de la tunique musculeuse occasionné par une contusion, un coup violent; après la péritonite, le typhus, la dyssenterie, le choléra, des catarrhes chroniques intestinaux.

Lorsque les dilatations sont unilatérales, elles forment ce qu'on appelle les faux diverticulums ; ceux-ci oonsistent dans une hernie de la muqueuse à travers la tunique musculeuse , de telle sorte que la muqueuse intestinale se trouve immédiatement recouverte par le péritoine; ces hernies se présentent surtout au gros intestin, j forment des appendices mamelonnés, de la grandeur d'un pois à celui d'un oeuf de poule, insérés sur le bord convexe de l'intestin , et peuvent contenir des matières fécales ou des concrétions. Dans l'intestin grêle, elles ont ordinairement leur siège sur la paroi concave et sont situées entre les lames du mésentère.

RÉTBÉCISSEMEIVT. *^ La lumière du canal intestinal peut être rétrécie:

1) Par des altérations de texture des parois (rétrécissements, cancer, cicatrices, adhérences);

3) Par la pression exercée par des tumeurs étrangères à l'intestin;

3) Par des ectopies (hernies, invaginations, tiraillements).

Enfin, le canal intestinal a une tendance manifeste à se rétrécir dans les points où, par une cause quelconque, le cours . des matières fécales vient à être interrompu*

ANATOMIS PATHOLOGIQUE SPECIALE. 167

BGTOPIES. — 1.° £a herniéi résuite du prolapsus d'une partie de l'intestin à travers une ouverture normale des parois intes^ tinales élargies, ou bien à travers une éraillure anormale ou artificielle de ces parois; dans tous les cas le péritoine pariétal est poussé au devant de l'intestin hernie et forme le sac herniaire*

a) Hernie inguinale congénicde; -^ l'intestin pénètre dans la cavité de la tunique vaginale qui n'est pas oblitérée, se trouve en contact direct avec le testicule et ne possède pas un sac herniaire particulier; le sac séreux qui contient la hernie, se compose donc et de la tunique vaginale du testicule, et du canal séreux par lequel elle communique avec le péritoine. Sa direction est oblique.

b) Hernie inguinale oblique (acquise). — L'intestin pénètre par l'ouverture périlonéale du canal inguinal (fossette inguinale externe placée en dehors du repli péritonéal qui renferme Tartère épigastrique, d'où le nom de /ternie inguinale externe), pousse devant lui le péritoine , s'en revêt et apparaît à l'ouverture cutanée ou inguinale de ce canal.

c) Hernie inffMnaledireete.-^L'iûie&iinfénèlredaifis l^ fossette inguinale interne (en dedans de l'artère épigastrique, d'où le nom de hernie inguinale interne)^ pousse devant lui le péri^ toine et le fascia transuersalis, soulève directement d'arrière en aTant les autres couches des parois abdominales, et arrive ainsi dans l'ouverture sous-cutanée du canal inguinal.

d) Hernie crurale. — L'intestin pousse devant lui le péritoine et la partie du fascia transifersalis (s^ptum transuersum) qui bouche l'ouverture abdominale du canal crural, pénètre dans ce canal, soulève le fascia crebriformis qui forme sa paroi ant^ieure, et alors ou bien l'intestin amincit \e fascia crebrifor- • mis et s'eu coiffe , ou bien il s'engage dans un des nombreux orifices de ce fascia, et arrive ainsi sous la peau. Dans ce cas» le sac herniaire doublé par le septum transifersum arrive tout à fait sous la peau.

Maïs il peut encore se faire que cette dernière tunique fibreuse vienne à manquer. En effet quelquefois l'intestin recouvert de son sac péritonéal, au lieu de pousser au devant de

168 àukremE rAZ80i.ooiQSE «pccials.

lui le sepCum transTcrse^ s'engage dans un pertuis de ee^epttim ; dans ces cas la hernie n'a pas de «ae fibreux propre (fascia propria 9 Cooper).

D'autres fois l'intestin, au lieu de pénétrer par l'anneau crural même (oiu^erlure abdominale du canal crural) ^ s'engage dans l'ouverture infundibulirorme de la gaine des vaisseaux; dans œ cas particulier, la hernie est envelc^pée d'une tunique fibreuse qui, au lieu de provenir duseplum transverse, s'est formée aux dépens de la gaine vasculaire dilatée en ce point.

e) Hernie omAilicale* — L'intestin pénètre par rouverture ombilicale ou par une éraillure avoisinant cette ouverture..

/) Hernie abdominale*'^ L'intestin pénè&re par une éraillure de la ligne blanche.

g) Hernie isofdatique. — L'intestin pénètre par la grande édiancruve sciatique.

A) Hernie du trouoi^ale*''-- L'intestin pénètre par le trou ovale.

i) Hernie diaphragmaiigue* — L'intestin passe à travers une éràiHure oongéniale ou accidentelle du diaphragme*

k) Hernie périnéale* •— L'inlestin et te péritcnne passent à travers réraillure des fibres du releveur de l'anus, et apparaissent sous la peau, d'ordinaire à droite du périnée.

2.° Étranglement interne (incarceratio , stranchdlatio interna).-— il provient d'un déplacement de l'intestin, sans que celui-^oi quitte, comme dans la hernie, la cavité abdominale; de là résulte une oblitération de son calibre dans un ou deux points et un arrêt dans le cours des matières fécales.

Voici les diflërents mécanismes selon lesquels cet accident a lieu :

a) Une portion d'intestin rendue lourde par un contenu abondant de matières fécales durcies , ou bien une portion d'é» piploon, pèsent sur une anse intestinale et la compriment; d'ordmaire c'est l'intestin grêle qui pèse ainsi sur le colon. Les causes prédisposantes sont : la situation vicieuse congéniale du colon, la <lescente de l'intestin grêle, et à un âge avancé, le tiraillement de l'épiploon dans les hernies scrotales considérables.

b) L'étraffgleinent repose sur une torsion de la masse intes» tinale, ce mécanisme comporte lui-même trois variétés:

L'intestin se tord sur son propre axe; une demi- rotation isemblable a été observée sur le colon ascendant , et à l'endroit où le colon fsMt suite au rectum.

Le mésentère de l'intestin grêle s'enroule en se tordant sur lui-même et prend la forme d'un cône; dans cet enroulement le mésentère ^itraine l'intestin après lui.

Une portion de l'intestm- (par exemple une anse de l'intestin grêle, l'S romain, le coecum) forme l'axe sur lequel se tord une anse intestinale avec son mésentère.

c) L'étranglement se produit dans des ouvertures où l'intestin a pénétré. Ces ouvertures sont formées ordinairement par des adhérences» des filaments ^ des pseudo-membranes, des brides (à la suite d'inflammation) qui se jettent d'un intestin à l'autre, ou qui des parois abdominales se rendent sur d'autres organes. Cette forme d'étranglement est la plus fréquente.

Plus rarement l'étranglement est dû à l'adhérence d'un dher^ ticulum intestinal avec la paroi abdominale, à des adhérences du cœcum ou de l'appendice vermiculaire , du grand épiploon , à des ouvertures ou des fissures du mésentère; enfin l'intestin peut s'étrangler dans l'A/rt/tt^de Winsloow. L'étranglement d'une anse intestinale ou de l'épiploon se fait encore quelquefois dans une déchirure de l'utérus.

Au point de l'étranglement, il se produit un arrêt dans la circulation du sang, une entéro-péritonite et fréquemment une gangrène; au-dessus de l'étranglement, l'intestin se distend énormément par les matières fécales et les gaz accumulés.

La lumière de l'anse intestinale comprise dans une hernie peut cesser d'être viable par des causes multiples; dans ces cas, les phénomènes ressemblent tout à fait à ceux de l'étranglement interne.

3) Invagination (intdssosceptio). * — L'invagination consiste dans l'intussusception d'une portion plus ou moins grande de l'intestin avec la portion correspondante du mésentère dans la partie d'intestin qui lui fait suite , rarement dans celle qui la

170 ANATOIliE PATaOI.06iaDB SPBCUIA

précède (volvulus descendant et aacendcauy II apparaU sur le trajet de l'intestin ooninie une tumeur (fig. 29, a, b), dans laquelle les parois intestinales sont superposées en trcus couches; la première, la couche extérieure (ce), constitue la gatne ; c'est la partie d'intestin qui a reçu le voIquIus, celui-ci se coni^ pose lui-même de deux couches, savoir la moyenne (b) et l'interne (d). Les couches externe et moyenne sont en contact par leurs muqueuses; les couches moyenne et interne se touchent par leur face péritonéale et sont séparées dans un point par les plis du mésentère auquel elles s'insèrent (f). Dans oe mécanisme le mésentère est constamment tiraillé et plissé; par la traction qu^il exerce sur le voItuIus, il attire ce dernier de son cQté et lui donne une direction oblique*

Cette invagination se rencontre sur l'intestin grêle et sur le gros intestin , mais le plus souvent elle consiste dans la pénétration de l'intestin grêle dans le gros intestin, de sorte qu'il est assez souvent possible d'atteindre par l'anus l'ouverture interne (d) du volvulttS.

L'invagination se produit de manière que c'est l'ouverture interne ou muqueuse du volvulus (d) qui avance, sans que les surfaces péritonéales des couches moyenne et interne perdent leurs rapports; à mesure que le volvulus gagne en longueur, c'est aux dépens de la gaine ou de la couche externe (b, c, c), laquelle, en se renversant de plus en plus, devient ainsi couche moyenne.

On explique difficilement le début du volvulus; il est à supposer que la partie qui pénètre est plus étroite , plus solide , douée de mouvements péristaltiques plus vifs que ceux de la portion engainante; de là résulte au début un petit cul de sac : une fois formé, il continue de s'allonger sous l'influence de mouvements péristaltiques incessants, la progression du volvulus étant d'ailleurs favorisée et par son propre poids et peutêtre aussi par la position qu'il occupe dans l'abdomen. Le relâchement de la portion engainante est pour beaucoup dans ce mécanisme, et la preuve en est que le volvulus est toujours précédé de diarrhées chroniques, d'un catarrhe intestinal partiel qui élargit l'intestin et le rend flasque.

Les suke» immédiates de rinvagination sont Tarrét de la cir^ culaCion dans la portion depériloine tiraillée , son hypérémioet rinflammation de la eouche péritonéale qui revêt les parliai en-. Irantes et sortantes du tube invaginé, et quelquefois de toute la masse* L'inflammation peut s'élendre au péritoine voisin, déterminer des exsudais abondants, ou la gangrène de points isolés de l'invagination. Tant que le calibre de Tinleslin invaginé reste iibre, il peut être traversé par les matières fécales, mais lentement et avec peine ; souvent l'inflammation amène du gonflement et par suite un étranglaient, la lumière est oblitérée dans un point (particulièrement au point d'entrée), et il en résulte un iléuSé Dans tous ces cas la mort arrive rapidement»

D'autres fois les inakdes dépérissent lentement , avec tous les symptômes d'un marasme eflrayant ; alors la portion invaginée se maintient à Fétat d'bypérémie ou d'inflammation , les surfaces séreuses se soudent, la muqueuse secrète des mucosités abondantes, le reste du canal est à l'état de catarrhe,. les matières fécales ne progressent que fort lentement, ia digestion et l'assimilation deviennent plus mauvaises de jour en jour, jusqu'à ce qu'enfin il en résulte une atrophie complète et la mort, ou qu'une accumulation subite du gaz dans les intestins pro* duise le même effet par ia gêne qu'elle apporte à la re^iration*

Dans quelques cas le volvulus se gangrène et se détache^ et comme la portion invaginée a contracté des adhérence^ avec la g^ine, à son point d'entrée (orifice péritonéeU), le calibre normal.de l'intestip se rétablit, les deux tubes interne et moyen sont expulsés au dehors et le malade guérit parfois; mais le plus souvent il succombe , malgré l'élimination du volvulus en totalité ou en partie. Chez les sujets qui ont succombé à des affections cérébrales graves (par exemple, à une méningite aiguë), on voit quelquefois des invaginations qui certainement ne se. sont produites que fort peu de temps avant la mort et pendant l'agonie, car on n'j trouve ni bjpérémiç ni inflammation, et le volvulus se laisse dérouler facilement sur le cadavre.

4) Chute du rectum (fig. 30). — Parfois une portion du rectum ^

172 ÀNATOMifi PAraOLOOIQUE SPÉCIàftB.

qu'un catarrhe chronique ou une distensioD habituelle ont rendue flasque, commence à prolaber au commencement de la défécation, sous forme de gonflement msulaîre, pour rentrer ordinairement après. Mais le même mécanisme se répète à chaque défécation; le mal augmente, la réduction devient plus difficile , et plus tard le prolapsus reste permanent. Il se présente comme une tumeur rouge , violacée , . allongée x>u pyriforme , étranglée vers l'anus par la » contraction du sphincter ; au sommet de la tumeur se voit l'ou^vertiire intestinale. La muqueuse exposée à l'air et au frottement s'enflamme et se botirsoidle; l'arrêt de la circulation donne âu iprolapsug une coloration rouge bleuâtre. L'arrêt des matières féeales •n'est pas à craindre. >

L'intestin prolabé est en général rédudiUe ; rarement M fie forme entre les surfaces cutanées des adhérences qui s'opposent à la réduction. Le prolapsus peut être -détruit en partie ou. en totalité par la gangrène, et rejeté au defaorsi

5) Les inflexions anormales de l'intesdn résultent d'adhérehces qu'il a contractées avec la- paroi * abdominale ou avec d'autres organes, de manière que les deux bouts de l'anse intestinale forment entre eux un angle très-^aigu ou éprouvent même une torsion, par suite de la torsion correspondante du mésentère. Dans les deux cas la lumière du canal est rétrécie et le cours des matières fécales gêné.

HYPSRÉMIB. — L'hypérémie de l'intestin dans sa totalité est rare ; elle est en général limitée à certaines portions du canal; elle apparaît tantôt comme injection des grosses vdine» et comme arborisation de leurs racines (obstacle à la circulation de la veine-porte dans les maladies du foie , ou des veines caves dans les maladies du cœur) , tantôt comme injection capillaire uni* forme, colorant l'intestin en rouge vif ou brun; ou bien encore l'injection (produite par des irritants) se présente sous forme de stries ou de pointillé.

L'injection est bornée à la muqueuse ou au tissu cellulaire sous-muqueux ; d'autres fois elle s'étend à toutes les tuniques de l'intestin.

AHâlOHlE FànOLOGlQin ftpÉeUUB* t73

yhypéréinîe est la plus rive dans ies portions d'intestin étranglées y d'où aussi- la coloration brune bleuâtre de ces points.

Les sujets qui ont succombé à des affections cérébrales ou spinales y ou qui sont restés longtemps paralysés, présentent encore des bypérémies; l'injection, en général yeineuse dans ces cas, aflecte une forme deadri tique ; souyent pourtant elle est caj^llaire, la rougeur devient uniforme et s'étend de la mu** qoeuse aux autres tuniques intestinales, de manière que des portions entières d'intesdn finissent par offrir une teinte bleu-rouge*

HjfcMomaaAGiBé -*- Assez fréquentes après les bypérémies, sous forme de petites ecchymoses pointillées ou comme des extravasats étendus, ou bien enfin comaie contenu intestinaL .

Aif âzMDiB. — L'anémie de l'intestin se rencontre souvent avec son atrophie , après des pertes considérables et dans le marasme général.

HYPBRmOFHBB. ATROmiB. ~ I^ portions d'intestin dans un état d'inflammation chronique, cpà s'est étendue de la muqueuse aux autres tuniques (comme cela arrive pour le catarrhe chronique de Testomac) présentent une hypertrophie de tous les tissus.

Dans les câtaniies dironiques., Ja muqueuse seule s'fayper-. tropbie par l'accumuiartion du produit de sécrétion dans les folKcuies tubuieux et par l'exsodatîon qui se fait entre eux.

L'augmentation d'activité dans la portion d'intestin qui pré« cède l'obstade, a pour résultat un épaississeraent de la tunique musculeuse au-dessus du rétrécissement.

L'amincissement de toutes les tuniques est le plus souvent la suite d'un marasme général, d'un catarrhe chronique, de typhus. Après certaines diarrhées on trouve la muqueuse seule amincie.

Dans la vieillesse, on a remarqué une atrophie des follicules et des villosités.

i!VFl<A]iiiiiATiON* — 1. Inflammation catarrhale. *— Dans le catarrhe des muqueuses stomacale et intestinale il se fait une exsudation plus abondante de plasma, non-seulement sur la surface libre de l'intestin (exsudation qui se décèle par l'abondance des productions épitbéliales), mais encore dans les

174 AKAioim pAnoLOGKiotf sptakVÊ*

utricuies et particul^rement clans les follicules lenticulaires, dans lesquels aussi la sécrétion et la forOMittOfi de cellules épithéliales est augmentée. L'exsudat est très-abondant et s'écoule sous forme de liquide séreux, aqueux; ou bien il se produit en petite quantité et est employé en partie ou en totalité à une formation nouvelle de cellules. Ces cellules néoplastiques de la couche épithéliale sont rondes comme les jeunes cellules de Pépi« thélium payimenteux; quand la nutrition est rederenue normale, les cellules épitbéliales reprennent rapidement la forme cylindrique. Dans les glandes tabulées, les ceiiiiles ne subissent ordinairement pas de modifications. Rarement l'exsudation est d'une abondance telle que les cellules qui y nais^nt perdent tout à fait le caractère de jeunes cellules épithéliales pour prendre la forme de cellules du pus; dans ces cas, il j a sup* puration à la surface de l'intestin.

Comme les glandes lenticulaires n'ont point de conduit excréteur, i'exsudat et la formation de oelluks doivent nécessairement déterminer une augmentation progressive de volume de ces capsules; aussi voyons^nous le plus souvent dans les catarrhes intestinaux, le gonflement soit des follicules lenticulaires isolés , soit dés follicules réunis, formant les plaques de Peyer ; leur volume varie depuis celui d'une tète d'épingle jusqu'à celui d'un pois; ils renferment dans une substance intercellulaire amorphe les cellules qu'on trouve dans leur cavité à l'état normal, rarement des cellules d'exsudation. Ils peuvent rester longtemps dans cet état ; souvent ils grandissait jusqu'à acqué^ rir un diamètre de 7 millimètres. Quelquefois ils s'ouvrent ou suppurent , ou bien leur contenu se change en masse tuberculeuse (vid. Tubercules intestinaux).

Vhypérémie dans le catarrhe est très- variable; elle peut manquer complètement; ordinairement modérée, on la trouve quelquefois, surtout dans te catarrhe suraigu, sous forme d'bypérémie capillaire très-intense et portant sur des points isolés (principalement au sommet des valvules conniventes, au voisinage des follicules solitaires et des plaques de Peyer, et sur ces plaques elles-mêmes).

AlfATOMil PikTHOLOGIQOB gfiakïX» ' l7Â

L'hypérémie et l'exsudation interstitielle tuméfient la muqueuse , la rendent plus molle , plus chargée de sucs; sa couleur ne change pas ou devient plus foncée, tachetée y d'un rouge uni-' forme; quand les viUosités sont injectées, elle a l'aspect d'un ?elours rouge.

Dans le catarrhe suraigu, en même temps que l'exsudation augmente,, il se fait parfois, une résorption plus active, une atrophie inflammatoire de la muqueuse*

Dans le catarrhe chronique tenace, la muqueuse reste gonflée et plus consistante; elle possède une teinte brune ou grisâtre par la foroiatîoii de pigmeiU, C'est surtout dans les villosilés qu'on trouve des granules pigmeotaîres noirs,, résultant probablement de légères extravasattons sanguines ou de la sortie , à travers les vaisseaux des villosités, d'un ^érum contenant de rhématine. Le tissu cellulaire sous-muqueux, ordinairement intact dans les catarrhes simples , est toujours infiltré de séro»té dans les catarrhes suraigus; quand l'aflection est chronique, il devient plus épaisf de même que la tunique musculeuse. Ce gonflement de la jnuqueuse, lorsqu'il se concentre sur un seul point, peut produire des saillies en forme de polype.

Outre les. altéra tiens précédentes, il n'est pas rare de trouver dans le tube digçstif des ukérations de la muqueuse.

Le premier degré des ulcérations simples de la muqueuse intestinale consiste dans des érosions, c'est-à-dire des points où avec augmentation de l'hypérémie et production d'exsudat il y a déjà perte de substance des tissus; ces érosions s'étendent en pro« fondeur et en largeur , et prennent alors l'aspect d'un ulcère rond , allongé (le plus souvent en forme de ceinture , suivant la circonférence de l'intestin) ou déchiqueté ; elles sont isolées ou confluentes, et s'observent aussi sur lesplàqnes dePEVER. Leur fond est formé par le tissu cellulaire sous-muqueux , leurs bords par la muqueuse ordinairement gonflée et hypérémiée ; quelquefois il existe dans le tissu cellulaire sous-muqueux des trajets fistuleux d'une ulcération à l'autre. La destruction des vaisseaux par ces ulcérations donne quelquefois lieu à des hémorrhagies considérables. Elles guérissent par la formation d'une cicatrice fibreuse ordinairement colorée en gris ardoisé.

176 miTOÉIE PATflOLOGlQOE SpkdktEé

A côté de ces ulcères simples on rencontre encore, et cela quelquefois comme seule forme d'ulcération , des ulcères faUi' culeux; tantôt ils résultent de la rupture des follicules lenti,. culaires distendus par Texsudat , et se présentent alors dans la muqueuse sous forme de petites cavités creusées en entonnoir; tantôt ils sont la suite d'une yéritable destruction de ces follicules, en même temps quHine exsudation plus abondante se fait dans leur cavité et dans leur voisinage. On voit alors des ulcérations rondes, de la grandeur d'un pois jusqu'à celle d'une fève, à bords relevés et injectés, à fond tomenteux. Par la continuation de la fonte purulente de la muqueuse et par la con« fluence d'un certain nombre de ces ulcérations folliculeuses , if se produit souvent des destructions étendues de la muqueuse.

Le catarrhe général de toute la muqueuse y d'ailleurs très-rare, se rencontre comme maladie idiopatbique ou comme affection concomitante du typbus, du choléra, delà péritonite puerpérale et quelquefois des exanthèmes.

Le plus souvent le catarrhe est limité à certaines portions de l'intestin, et particulièrement à Vileum et au colon. Aussi se montre-t-il dans ces points comme une des maladies aiguës les plus fréquentes, intéressant ces parties à tous les degrés , depuis l'irritation la plus faible jusqu'à l'inflammation la plus violente; d'autre part combiné à la gastrite, il fournit un élément anatomtque important dans l'histoire des fièvres gastricpies, typhoïdes, muqueuses, intestinales, de l'entérite muqueuSe des auteurs, de la diarrhée, etc.; ou bien encore il prend une marche chronique et forme le véritable catarrhe intestinal.

L'inflammation catarrhale se montre à tout âge, mais elle est surtout très «fréquente et très -grave chez les noui^eau-né^ et les nourrissons; chez eux elle est tantôt provoquée par une nourriture insuffisante, tantôt elle se montre à l'époque de la dentition , comme suite d'une augmentation du développement général de l'appareil digestif. Souvent tes follicules lenticulaires participent à l'inflammation d'une manière très-marquée, aussi certains auteurs ont -ils regardé l'inflammation des follicules comme la maladie principale et l'ont-ils appelé entérite foUicU'

AliàTOMIE PifÉOLOGÎQtJE SPECIALE^ 171

kuse; tuais dans beaucoup de cas tes follicules ne sont pas sensibl^nent affectés. Dans V intestin grêle y toute la muqueuse se prend, et parmi les follicules ce sont surtout lés plaques de PfeYER qui sont affectées; dans le gros intestin, il se déclare souvent ensHÎle uAe ulcération des follicules lenticulaires. Le catarrhe ititestînat chronicpie des nourrissons amène fréquemment une- atrophie gfénérate et la mort.

Lé catarrhe peut laisser à sa suite un gonflement persistant des fbltiôules ^rUicidaires de l'intestin ; ceux qui ont été affecté^ peuvent même ' disparaître. A. la place des follicules solitaires détruits ou dans les plaques de Peyer, on trouve quelquefois des cicatrices de là muqueuse unies et pigmentées.

Les ùeBiAseSies plus fréquentes du catarrhe stomacal sont : le refroidissement, des boissons et des aliments irritants, des corps élrsongers (masses fééales, vers^ calculs biliaires, noyaux, etc.), une noon^iture insuffifsante et un genre de vie irrégulier, de grands efforts musculaires , la forte chaleur ou le froid excessif, les Gontagiums.

Diaprés leur ^ëgc on distingue :

1) Le eaiarrhe général âe tout tintestin;

2) La deiodénHe ou gastro-duodénite. — Elle se rencontre assez fréquemment sous fôrili'e dé catarrhe' aigu ou chronique, à la suite d^un mauvais' régime , de calculs biliaires, de brûlures de la peau ; elle pnyvîeftt peut-être aussi d'une composition anormale de la bile. Par suite du boursouflement de la muqueuse, rortfice du canal cholédoque est rétréci ^ cet obstacle, ou peutêtre aussi la propagation du catarrhe sur les conduits biliaires , s'oppose à l'écoulement de la bile et provoque un ictère.

3) VHéite. — L'inflammation catarrhale de l'iléon existe rarement seule; ordinairement elle est compliquée de catarrhe stomacal.

4) La Tjrphlite stercorale. — Ce catarrhe localisé au coecum , est provoqué par le séjour prolongé de matières fécales dures , de noyaux de cerises, etc., dans cette partie de Fintestîn. Le catarrhe devient chronique ; l'excitation que produit la présence continuelle de matières étrangères , exaspère souvent

178 ANATpMIE PATBOLOGHHIS SRÉaÀLE.

Taffection dans oertaips endroits , d'où résultent des uloérations de la muqueuse, des foj^ers purulents dans le tissu cellulaire sous-muqueux , des fusées et par suite la destruction étendue des tissus; enlBn une péritonite concomitante détermine, à l'aide de fausses membranes^ des adhérences avec la paroi «abdominale et le fascia iliaca. Ces derniers accidents peuvent prendre un caractère chronique; ils peuvent se présenter comme Fecaoerbation aiguë du catarrhe chronique, ou bien apparaître dès le début comme inflammation aiguë de la muqueuse et du tissu cellulaire sous - muqueux. Dans les cas à marche aiguë et quand la suppuration est étendue , il se produit facilement dans la paroi postérieure de l'intestin une perforation, qui elle-même a pour suite rintlammalion et la suppuration du tissu cellulaire «ouspéritonéal , des abcès de la fosse iliaque, ou même une périto» nite. Dans les cas chroniques , la guérison arrive quelquefois; les pertes de substance de la muqueuse et du tissu cellulaire sousmuqueux sont reinplacées par des cicatrices fibreuses; les débris de la muqueuse restent ardoisés et le cœcum se rétracte»

On a nommé pérytiphlUe l'inflammation du tissu ceUulaîre qui réunit la paroi postérieure du coecum au fascia itiaca (dans les cas où le cœcum n'est pas contenu en entier dans un repli péritonéal mesoccecum) , ainsi que l'inflammation du tissu cellulaire sous-péritonéal des régions voisines. Cette inflammation est la suite de la ijrphlUe stercoraU (avec ou sans perforation), ou bien elle est primitive, idiopathique et existe simultanément avec d'autres inflammations du tissu cellulaire dans l'éooD.omie. L'exsudat passe rapidement au pus, et des collection» purulentea se forment autour du cœcum. L'inflammation du tissu cellulaire s'étend quelquefois aux tuniques intestinales; de là des perforations qui livrent passage aux matières fécales.

• 6) L'appendice vermiculaire — présente les mêmes altérations. Ain^, assez souvent il est le siège d'une inflammation catharrhale à la suite de l'irritation provoquée par la présence de matières fécales durcies, de noyaux de cerises, etc.; après que le catarrhe a été de longue durée, il se produit aussi dans ces cas des ulcérations, des fo^rers purulents dans le tissu cellulaire sou6»

ANATOmB PATROLOmoVe SMRCIALÏ. 179

muqueux , des perforations ayec épancheinent du contenu intestinal dans la cavité abdominale, ou quand il s'est déjà établi des adhérences avec le fascia iliaca , dans le tissu cellulaire sotis» périionéal ; dans le premier cas, il en résulte une péritonite générale, le plus souvent mortelle; dans le second, une inflammation du tissu cellulaire sous- péri tonéal avec formation de foyers purulents , qui plus tard peut se propager au péritoine. Si le corps étranger se fait jour dans Tintestin avant que la perforation n'ait eu lieu, il peut y avoir guérison; l'appendice vermi^ulaire se rétrécît en général alors et s'oblitère par la rétracticHi de cicatrices fibreuses.

6) La eolUe. -— L'inflammation catarrhaie du- colou est fréquente ^ se montre ordinairement comme maladie idiopathique à marche chronique, accompagnée d'ulcérations de la muqueuse et des follicules ientieuiaires; ta plupart des coliques, des diarrhées, des iienteries n^ont pas d'autre cause. La colite est trèsfréquente diez les enfants de tout âge, souvent mortdie chez les nourrissons, et devient gravé par son action immédiate ou par les désordres qu'elle entraine (relâchement de l'inte^in et accumulation de gaz, de matières fécales, d'infarctus). La eolite constitue le fond d'un grand nombre d'affections des adultes, surtout dans la classe des hypocondries.

V ulcération des follicules solikùres du gros intestin s'observe surtout chez les nourrissons et chez les enfants un peu plus âgés, quelquefois aussi chez les adultes; elle peut durer des années entières , causer des désordres étendus dans l'intestin , être suivie d'hémorrhagie et guérir par la formation de cicatrices.

7) La proctite ou rectile. — Tantôt elle accompagne la colite^ tantôt est idiopathique; elfe consiste dans une inflammation catarrhaie aiguë survenue après des plaies, par l'irritation due à la présence de corps étrangers, de vers, après un violent refroidissement, etc.; plus souvent dans les mêmes conditions ou bien à la suite de stases sanguines veineuses dans la muqueuse , il se déclare une inflammation chronique. Le catarrhe chronique du rectum est caractérisé par une sécrétion muqueuse abonn

180 ANATOlâlE PATâOLCMÏlQUE SPÉCIALE.

dante (blennorrhée) j par Thypertrophie lente qu^il entraîné à sa suite, par le relâchement de toutes les tuniques intestinales et le développement variqueux des veines hémorroïdales* £n général il se produit encore des ulcérations, des boursouflements isolés faisant saillie dans le canal,. et Fépaisstssement du tissu cellulaire voisin. Les ulcérations se bornent à la mu* queuse ou bien s'étendent sur le tissu, cellulaire, sous-muqueux; rarement cependant il survient des fusées purulentes, des perforations de la tunique musculeu&e et l'inflammation du tissu cellulaire voisin ; s'il s'y forme du pus qui vient à se faire jour par la peau du périnée, il en résulte une fistule rectale.

Le catarrhe -du rectum est parfois la suite d'une infection par du mucus blennorrhagique ; suivant Rokitansky , quand il s'étend à toute la muqueuse, il en détermine l'atrophie ainsi que le froncement du rectum ; quand il est limité à certaines portions de l'intestin, le mal produit un épaisfiâssement annulaire et calleux des tuniques rectales et s'accompagne 4'ulcérations annulaires , à bords décdupés et reposant sur les callosités rétractiles. D'ordinaire il se forme des condylomes à la marge de l'anus.

L'orifice anal peut encore être le siège de chancres , de <3ondjlomes syphilitiques larges ou pointus.

La périproctite ou périreciit^. — C'est l'inflammation du tissu cellulaire qui unit le rectum au sacrum et aux intestins voi»ns ; elle se montre à la suite d'un catarrhe chronique intestinal , ou comme maladie primitive. Dans ce dernier cas, elle est concomitante d'une suppuration aiguë du tissu cellulaire , considérable et étendue à d'autres exsudats; la périproctite survient aussi après une inflammation circonscrite suivie de suppuration , surtout à la suite de refroidissement. L'exsudat passe ordinairement à la suppuration qui, lorsqu'elle est aiguë, s'étend rapidement , gagne le tissu cellulaire du bassin , y détermine des abcès considérables et des perforations du rectum , de la peau, du péritoine, de la vessie ou du vagin. La suppuration chronique reste circonscrite dans une petite étendue, le pus perfore la peau {fistule borgne externe ou incomplète) ou le

ANATOHIE PATR0L001QUE SPECIALE. I8t

rectum {fistule borgne interne^ , ou les deux en même temps , en produisant une fistule rectale complète ; ou Jbien la suppuration s'étend avec les mêmes accidents que dans les cas aigus.

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