Ou bien il existe une maladie générale de l'oi^anisme
ai ANATOMIE PiTHOLOGIQUE GllféRÂlI!.
GaracCérisée d'abord par sa tendance à fournir des néoplasmes , et ensuite par la direction particulière que prend l'organisation dans ces néoplasmes, à savoir, l'atrophie rapide des cellules. Ces exsudats, en général petits, constituent des grains ou tubercules arrondis; une fois qu'ils sont devenus le siège d'une production de cellules et de noyaux, Tatrophie et la dessiccation s'en emp9rent. Les masses tuberculeuses qui apparaissent sous cette forme granuleuse, sont les seules pour lesquelles on pourrait revendiquer le titre de néoplasme spécifique.
Cette tendance particulière de l'organisation à fournir des blastêmes rapidement atrophiés, se traduit par deux variétés pathologiques, la tuberculose et la scrofulose.
L'étude spéciale de ces maladies rentre dans le domaine de la pathologie; la nature des masses tuberculeuses spéciales et développées accidentellement , sera traitée à propos des organes où on les rencontre.
m. Des parasites*
Les plantes et les animaux susceptibles de vivre pendant un certain temps sur ou dans le corps de l'homme, et de continuer à s'y développer, ont reçu le nom de plantes et d'animaux parasites.
Les plantes parasites appartiennent aux champignons microscopiques de l'organisation la plus simple; tantôt ce sont des vésicules, des cellules rondes ou ovales, tantôt de ces cellules partent des bourgeons vésiculeux; ou bien on voit des produits filamenteux et ramifiés, constitués par des cellules rangées en séries (fig. 43). On les rencontre sur la peau, dans le canal intestinal, dans l'arbre bronchique et ses divisions; leurs germes sont toujours importés du dehors, par l'air, les aliments et les boissons. Comme les sporiiles de ces champignons sont excessivement petites et répandues dans la nature en quantité innombrable, il est tout naturel que l'air, les aliments et les boissons , renferment très-souvent des germes de ce genre qui, trouvant dans le corps un sol favorable, continuent alors à s'y développer.
On doit regarder comme mêlés accidentellement aux sécré-
ANiLTOMlE PATBOLOGIQVE GÉniRALE* 125
tions , les champignons microscopiques qu'on rencontre dans le mucus buccal , dans les exsudais des cavités buccale et arrièrebuccale, du larynx, dans le contenu de l'estomac et des intestins, dans l'urine. Il n'en est pas de même pour les champignons qui vivent dans le favus et dans l'herpès tonsurans (vi(L Maladies db la peau et de l'appareil digestif) ; car ils constituent la cause essentielle de ces maladies.
Les animaux parasites vivent à la surfiice ou à l'intérieur du cor^s; leur présence occasionne parfois des incommodités diverses et des maladies secondaires. Ou bien des animaux adultes pénètrent en venant du dehors , ou bien des oâufs sont importés dans l'économie humaine; quant à l'bypotèse. de la génération spontanée t elle a été abandonnée aussitôt qu'on a connu l'histogénie , les différences sexuelles et le genre de vie des parasites*
Des insectes et des arachnides vivent à la surface du corps; ce sont d'abord les punaises et les puces : elles pondent leui^$ œufs autre part, et ne visitent le co,rps que pour y chercher leur nourriture; ce sont ensuite les poux, les acarus de la gaie , et les acewus des follicules : ils pondent leurs œufs sur ou dans l'épiderme et ne quittent pas^Ie corps qu'ils ont choisi pouf domicile (vid* Maladies de la peau).
Les vers intestinaux , les entozoaires, vivent dans l'intérieur du corps; ils se tiennent pour la plupart dans le canal intestinal; toutefois on en trouve aussi dans les conduits hépatiques, dans les reins, dans le tissu cellulaire et dans les autres parties du corps. Ils présentent un tégument extérieur très-mince, sont pourvus d'un orifice buccal et d'une cavité digestive, possèdent une sorte de système vasculaire et des appareils sexuels, qui, suivant les espèces, sont séparés ou réunis, chez le même animal; ils sont ovipares ou vivipares* Leur présence dans l'intestin, et surtout leur apparition dans d'autres parties du corps qni n'offrent aucune issue, était autrefois très-embarrassante; dans ces derniers temps, les recherches zoologiques sur les entozoaires des animaux ont jeté beaucoup de lumière sur ce point ; et bien que nous connaissons très-imparfaitement l'histoire des entozoaires de l'homme^
136 ANAtOMIK PAtHOLOOIQUfi GiPHÉRALE.
BOUS pouvons cependant j conclure par analogie, d'après ce que nous observons sur les helminthes d'autres espèces.
Il parait positif pour tous les vers intestinaux, que leurs ceufs ne se développent pas dans le lieu habité par la mère , mais dans un autre endroit, dans un aulre animal ou partotit AfUeurs; qu'il ne sort pas de Fœuf un jeune helminthe com^ plétement développé, semblable à la mère, mais qu^l naît un animal, sans sexualité, sans ressemblance av^c sa mère, qui faii-méme fournit des générations dissemblables ; et c'est ainsi qu'à travers plusieurs pontes successives, il finit par nattre un individu parfait, pourvu d'organes sexuels et susceptible de se reproduire.
Les œufs et les jeunes vers oiit besoin , pour aequérîr leur développement, d'un endroit déterminé; afin d*y parvenir, les jeunes animaux commencent leurs pérégrinations; à cet effet ils se glissent, ou pénètrent accidentellement par déglutition ; avec les aliments ou les boissons dansf les animaux que la nature leur a destinés comme séjour; si les jeunes vers n'atteignent pas cet endroit déterminé, ib périssent, ou restent à l'état d'animaux sans sexe, dans le lieu où ils sont arrivés.
Les entozoaires de l'homme pénètrent probablement toujours avec les aliments et les boissons , où ils existent à l'état d'oeufs ou de jeunes individus; il est plus difiicile d'expliquer la manière dont les entozoaires arrivent dans- le tissu cellulaire, dans les muscles, etc.; car ces animaux ne peuvent pénétrer dans ces endroits qu'en partant du canal intestinal ou qu'en étant apportés par le sang. Les deux voies sont possibles ; et on a vu chez les animaux des entozoaires voyager par tout le corps, et des helminthes microscopiques- renfermés dans le sang; il Ikudrait donc admettre qu'un jeune helminthe, après aroir abandonné l'intestin , rencontre sur sa route la paroi d'un vaisseau, qu'il la perce, s'introduit dans la masse du sang, et qu'il est ensuite transporté dans un capillaire où il s'arrête, où il s'établit et où il se développe. IVIais les pérégrinations directes à travers les parties molles paraissent plus vraisemblables; ces «niniaux y sont surtout propres par la disposition subulée de
leur orifice buoeal et par la couronne de crochets qui la garnit
Les principaux entozoaires sont :
Dans la famille des trématodbs : la dom^e du foie, et la douuê lancéolée; on les trouve dans les conduits hépathiques où elles peuvent avoir pénétré en venant de l'intestin. Les pérégrinations et les métamorphoses génératrices , observées sur les trématodes de certains animaux offrent beaucoup d'intérêt ; ainsi il se développe dans leurs jeunes des larves saeciformes ( utrieules de cereaipes) qui sont mises en liberté et qui continuent à vivre un certain temps comme animaux organisés; dans ces utrieules se développent d'autres animaux également sans sexua^ iité, qu'on appelait autrefois des cercaires, et ceux-ci , après 9v<Àr trouvé un endroit convenable, redeviennent des trématodes (vid* Malaihes du foie).
Parmi les ném atoIdes , nous avons dans le canal intestinal (vid* css^BULAMKs) l'oxjTure vermiculaire, f ascaride lombricoïde, le tricacéphafe de l'homme (T» dispar); dans les reins le strongU géant; dans la peau le filaire de Médine; dans les humeurs de Tœil le filaire de Vail humain* Les premiers de ces entozoaires pénètrent sans doute dans le corps avec les aliments; OH a vu quelquefois Tasearide perforer les parois intestinales , mais on n'a jamais observé d'autres pérégrinations. Un autre helminthe, d'ailleurs parfaitement semblable aux vers néma« toides, mais sans sexe apparent, le trichina, spiraUs, a son siège dans de petits kystes, entre les fibres musculaires; c'est probablement un nématoïde, qui n'ayant pas trouvé son endroit con* venable, est resté un animai dépourvu de sexe. .
Enfin on rencontre encore dans le corps humain des ento« xoaires de l'ordre des cesloïdes, à côté desquels il faut ranger probablement les vers cystique^* Parmi les cestoïdes nous avons les deux espèces de vers solitaires : le botriocéphale large, et le tœnia caeurbitain (71 solium) qui habitent le canal intestinal ; on ne<loit.pas les considérer comme des animaux simples, mais plutôt comme des réunions d'individus, analogues aux polypiers, pouvant se disjoindre et continuer à vivre isolés. De leurs œufs se développent des êtres, qu'on a décrits jusqu'ici comme un
128 ANATOMlB PATflOLOGiQOE GÉffÉRALE.
genre spécial d'entozoaires sous le nom de masséles (seolex) ; leur tête, qui ressemble à celle du taenia complètement développé , est attachée à un abdomen en forme d ampoule, sans parties sexuelles. Quand cet animal a trouvé un séjour convenable, il pousse, comme dans Th^^dre d'eau douce, hors de son ventre des bourgeons (les articulations des taenias), dont chacun se développe isolément pour son compte; il se produit un système de vaisseaux pour la circulation du suc nourricier , et un appareil sexuel complet; à la fin ces bourgeons sont mis en liberté, vivent pour leur propre compte, et deviennent des animaux ayant beaucoup de ressemblance avec les trématodes* Pendant que cela se passe à une extrémité, il pousse toujours de nou« velles articulations vers la tête* Il parait, d'après cela, que le tienia ne constitue pas un genre particulier^ mais qu'il n'est qu'une des métamorphoses génératrices d'un trématode*
La grande analogie que le cjr^Uoerque da tissu cMulmre (fi. cellulosœ) offre avec cette période du développement des taenias, désignée sous le nom de seolex, a fait supposer que ce ver vésicnlaire est un taenia qui, n'ayant pas trouvé de* séjour convenable, s'est enkysté ou entouré d'une capsule sans pousser de bourgeons (yid. Mauldjes des muscles).
Léchinocoque de l'homme parait aussi être un taenia four* voyé en voie de pérégrination (vid. Maladies du péritoine); l'animal ressemble à la tête du taenia de l'homme, n'a pas de sexe apparent, et se développe dans des vésicules dont la production reste encore un mystère; parfois cette vésicule existe seule, sans contenir d'échinocoque, et prend alors le nom d'acéphalocjrste. Ces vésicules qui n'offrent aucune structure régulière, sont composées de lamelles hyalines très-fines^ et se comportent envers les réactifs comme la fibrine coagulée; elles sont tout aussi étrangères que le cysticerque aux kystes fibro-celluleux qui leur servent d'enveloppe extérieure et les séparent des tissus environnants; ces kystes d'ailleurs, sont analogues à ceux qui se forment autour des corps étrangers en général.
AMTOMIË PATHOLOGIQUE SPÉCIALE.
L'anataiBÎe pcUholùgiqué spéciate nous fait connaître les allé- FacUuQsaEiatomMittes dans <^que tisso et dans chaque oi^ne en particulier. Elle a une double iiche à remplir : Tune théorique , en tant qu'elle nous montre dans les divers oi^anes le mode d'apparidon de toutes les altérations qu'embrasse l'anatomie pathologique et qu'elle expose leur histoire ^ sans avoir égard à leur mode d'apparition au lit du, malade; l'autre pra* tique, en tant qu'elle cherche à grouper ces altérations et à les coordonner pour les faire servir au diagnostic.
Comme sdence théorique elle a pour compagne h physiologie pathologique spéciede; celle-ci étmlie les causes qui produisent ces altérations pathologiques, les lois qui président à l'encbatnement des phénomènes et aux modifications fonctionnelles, en même temps qu'elle cherche à retrouver dans les procès morbides des lois physiologiques apparaissant au milieu de conditions anormales; comme science pratique , l'anatomie pathologique spéciale vient se joindre à la pathologie spéciale, qui ne considère pas les procès morbides en raison de leur histoire anatomique et pathologique, mais suivant leur mode d'apparition au lit du malade, et cela dans le but de venir en aide à la thérapeutique par l'établissement du diagnostic; aussi la pathologie si>éciale a-t-elle dû établir ou parachever certains groupes de maladies, sans que leur véritable nature ait été bien connue.
Il est réservé à l'avenir de la physiologie pathologique d'absorber et de remplacer la pathologie spéciale.
En examinant les altérations spéciales des organes , nous con«
130 ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPECULE.
sidérerons toujours la maladie comme dans notre introduction , et nous chercherons à donner à notre exposé un caractère pratique, en tenant compte autant que possible, des entités pathologiques admises dans les systèmes nosologiques.
Comme les connaissances relativement aux procès morbides généraux sont encore très-incomplètes, nous ne prendrons pas ces derniers pour base de notre dirision; nous préférons examiner les divers organes l'un après l'autre, et montrer les phénomènes qu'y produisent les procès morbides, autant du moins qu'ils nous sont connus.
Les divers organes seront considérés par -groupes physiologiques, réunissant, par exemple, les organes de la digestion, de la respiration, etc.
Quant aux altérations des divers systèmes organiques répandus partout, tels que les memi)ranes séreuses et muqueuses, au lieu d'en traiter dans un chapitre spécial, nous prciërons Jes étudier à propos des organes qu'ils tapissent.
Certains caractères anatomo - pathologiques sont communs à toutes les parties d'un de ces systèmes ; nous en donnerons lensemble en prenant une région spéciale pour exemple {vid. Cavité buccale , Péritoine).
Parmi les vices de conformation , nous considérerons seulêsaent ceux qui sont compatibles avec là vie et qui ont de l'importance pour le diagnostic et la thérapeutique.
ANiLtOUfifi PAtAOLOGiQUE SPECULE. 1^1
AMTOMIE PATHOIOGIÛUE DE L'APPAREIL DIGESTIF.