INFLAMMATION
A. — De la uoqdeuse.
!• Inflammation catarrhale. — Le catarrhe aigu est provoqué par l'impression d'un air froid, de boissons froides ou chaudes, par un refroidissement général; il se montre dans les exanthèmes, le typhus. La muqueuse est injectée, ramollie, boursouflée, recouverte d'épithélium ou de pus; on voit parfois des érosions ou des ulcérations. Il y a guérison ou passage à l'état chronique.
Le catarrhe chronique est la suite d'un catarrhe aigu ou se montre chronique d'emblée; il a la même éliologie que le catarrhe aigu, et de plus s'observe très- fréquemment chez les tuberculeux, les scrofuleux, dans les maladies du cœur, dans les tumeurs du larynx; il est ordinairement très-tenace, et récidive souvent. La muqueuse est pâle et présente des arbori-
iNÀtOMtiE PATHOLOèlQCJE SPECli^LÉ. &43
sations vasculaires , ou une teinte rouge foncé ou ardoisée; elfe est gonflée, hypertrophiée, plus rarement atrophiée.
Dans certains cas t hypertrophie porte principalement sur les glandes du larynx et des bronches, qui peuvent acquérir un développement énorme (7-14 millim.de diamètre) et proéminer dans la cavité du tube aérien sous forme de polypes. Le tissu cellulaire sous-muqueux est le plus souvent infiltré, épaissi et induré; cette dégénérescence jointe à l'hypertrophie de la muqueuse, détermine ce qu'on a appelé les rétrécissements du larynx et de la trachée , et les hypertrophies de l'épiglôtte. Dans un pelit nombre de cas , le tissu cellulaire sous-muqueux est atrophié en même temps que la muqueuse. Les muscfies sont en général épaissis, flasques, les cordes vocales épaissies, relâchées, rarement plus tendues que de coutume. Quelquefois muscles et cordes vocales sont atrophiés à un haut degré.
Parfois (surtout dans le typhus) il se développe des érosions ou des ulcérations de la muqueuse, rarement des ulcérations des follicules.
L'inflammation et l'ulcération ont peu de tendance à se pro^ pager au tissu cellulaire sous-muqueux et au périchondre; dans ces cas il survient une disparition progressive de ces parties : phthisie laryngée.
RoKiTANSKY a établi, comme espèce particulière, un ^catarrlie blennorrhagique^ produit par aW/ie métastase du virus biennorrhagique^ de Turèthre sur le larynx, et qui le plus souvent a pour suite «an rétrécissement blennorrhagique du larynx^ par suite d'un épaississement considérable du tissu cellulaire sous-muqueux.
2) Inflammation croupale. — a) Le croup des enfants» C'est une des maladies les plus dangereuses de cette période de la vie; tantôt il se borne au larynx, tantôt il s'étend à la trachée, plus rarement aux bronches et aux vésicules pulmonaires. La membrane croupale est uniformément répandue sur la muqueuse ou n'y forme que des ilôts; elle est mince comme un crépe^ ou épaisse de 2-5 millimètres, solide comrne de la fibrine coagulée ou molle, crémeuse, puriforme, d'une couleur blanche.
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OU jaunâtre, ou grisâtre ou verdâtre, très -adhérente ou lâche. La muqueuse sous-jaoente se présente sous des états divers. Elle est injectée, d'un rouge vif ou brun, ou bien tout à fait pâle, quelquefois infiltrée de sérosité et parsemée d'ecchymoses; tissu cellulaire sous-muqueux en général infiltré de sérosité. La membrane crpupale une fois détachée, la guérison arrive, ou bien il se forme une nouvelle exsudation , qui quelquefois est diphthéritique, envahit la muqueuse dans toute son épaisseur et provoque sa destruction.
b) Le croup secondairedu larynx et des bronches qui se rencontre avecTangine diphthéritique et des aphlhes du palais , se propage de la muqueuse palatine par continuité de tissu; il se montre encore dans les exanthèmes , dans le typhus , le choléra et avec la pyoémie en compagnie d'autres exsudations croupaies étendues. L'exsudat se change fréquemment en pus et en sanie; souvent il est de nature diphthéritique.
c) Le^ aphthes laryngiens compliquent rarement les aphtbes palatins; ils accompagnent plus fréquemment des tubercules du larynx et des poumons , et laissent la plupart du temps des ulcérations à leur suite.
d) L'infUunmaiion érysipélateuse dans Térysipèle du cou s'étend quelquefois jusqu'au larynx.
Dans la variole on trouve quelquefois des pustules varioliques dans le larynx et sur les bronches; elles sont petites et passent à la suppuration; leur développement peut s'accompagner d'injection générale ou d'exsudation croupale.
B. — Inflammation dd tissu cellulaire sous-muqueux.
Inflammations aiguè's. — Les inflammations aiguës du tissu cellulaire sous-muqueux compliquent l'inflammation catarrhale aiguë de la muqueuse, ou bien apparaissent isolées sous des formes très -différentes; elles siègent le plus souvent dans les parties susglottiques, et déterminent facilement l'oblitération de la glotte par l'infiltration séreuse ou par des exsudats qui passent à la suppuration; on les désigne sous le nom Ôl œdème 4e la glotte. Dans le typhus et les exanthèmes, les exsudats
passent au pus , la muqueuse se perfore , les cartilages se dénudent et le larynx se détruit.
Dans le tissu cellulaire sous - muqueux de la muqueuse susglottique il se fait fréquemment un épanchement aigu de sérosité; c'est cette forme qui d'ordinaire reçoit exclusivementle nom d'oedème de la glotte. Dans cette affection, qui n'est pas très-rare , la glotte se trouve recouverte par des plis de la muqueuse^ œdémateux, tendus ou lâches; l'épîglotte infiltrée prend parfois la forme d'une massue. Cette maladie est dans quelques cas idiopathique, plus souvent elle complique les laryngites catarrhale et croupale , l'infiltration cancéreuse ou tuberculeuse du larynx et des parties environnantes.
Inflammation catarrhale chronique» — Elle persiste ordinairement après le catarrhe aigu; elle a pour résultat un épaississement du tissu cellulaire sous-muqueux par du tissu fibreux, et par suite le rétrécissement du larynx.