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V. Be la production du tisftu oortilafliioux nouveau

Le tissu cartilagineux de nouvelle formation s'observe rarement ; on le rencontre dans les fractures comme stade transitoire du cal; il se dépose dans l'usure des têtes articulaires tout autour de la surface usée; enfin il se présente aussi sous forme de tumeurs circonscrites. Les plaies et les pertes de substance des cartilages ne cicatrisent pas, ou se réparent au moyen de tissu fibreux.

Dans les fractures, Texsudat fourni par le périoste sert de blastême au cartilage de nouvelle formation ; on voit alors comme premier degré d'organisation, des noyaux nombreux disséminés dans un blastême amorphe ; plus tard ils sont enveloppés d'une membrane cellulaire. Dans cet état le jeune cartilage se compose de cellulfp réunies par une substance intercellulaire solide, qui s'agrandissent, acquièrent des parois plus épaisses, présentent un double contour et finissent par s'ossifier.

(VôTSCH.)

Les tumeurs cartilagineuses, les enchondromes , sont constituées par des masses plus ou moins considérables, variant de la grosseur d'un pois au volume d'une tête d'adulte, rondes, lobées ou granulées , dures ou rénitentes , dont la texture rappelle toutes les variétés du tissu cartilagineux normal; en effet ces produits consistent en cartilages hyalins, en fibro^cartilages, ou bien ils présentent les deux variétés à la fois.

Les enchondromes débarrassés du tissu conjonctif , lâche ou dense, qui d'ordinaire les enkyste, offrent une surface lisse, d'un gris blanc ou jaunâtre, brillante, de consistance très-différente, suivant que le cartilage hyalin ou fibreux occupe certains points ,

suivant que l'ossification ou le ramollissement ont eu lieu dans la tumeur. Sur une coupe on trouve rarement la texture régulière du cartilage normal; le plus souvent il existe des plaques nombreuses, petites, gélatineuses, environnées d'un tissu plus compacte évidemment fibreux, ainsi que des points d'ossifica* tion disséminés ou réunis en masse.

L'examen microscopique fait voir en résumé les mêmes, éléments bistologiques que dans le cartilage normal , seulement la forme et la disposition des cellules sont plus irrégulières et plus variées. La substance intercellulaire est homogène, ou bien elle renferme des fibres; celles-ci sont très- ténues et rares, quoiqu'elles forment de gros faisceaux , ou bien encore elles remplissent tout l'espace qui existe entre les cellules; tantôt c'est la substance intercellulaire qui prédomine et les cellules sont rares et écartées, tantôt on ne voit que des cellules et une très-petite quantité de substance intercellulaire. Quant aux cellules , ce sont ou bien de simples cellules à noyaux , ou de grandes vésicules à parois épaisses avec deux contours contenant une substance brillante homogène , dans laquelle se trouvent logés tantôt des noyaux , tantôt des cellules à noyaux {mcuoles des cartilages ou cellules-mères avec formation endogène). Dans l'enchondrome, à coté de cette t^ture qui rappelle plus ou moins celle du cartilage normal , on trouve d'autres dispositions bistologiques qui s'en écartent davantage : ce sont des cavités spacieuses, rondes, creusées dans la substance intercellulaire, remplies de cellules, à forme et à contenu très -variés, qui peuvent s'ossifier dans cette position. .

Le mode du développement des encbondromes n'est pas encore connu; toutes les observations ont été prises sur des tumeurs déjà complètement développées. L'enchondrome se nourrit par les vaisseaux de son enveloppe celluleuse, et par les vaisseaux contenus dans les faisceaux de fibres qui parfois la traversent.

L'enchondrome peut persister longtemps à l'état cartilagineux, sans éprouver aucun changement; d'autres fois il s'ossifie en tout ou en partie; alors :

Ou bien V ossification est régulière ; dans ce cas elle fournit

ANATOMIE PATHOLOGIQUE GIÊNÉRALE. 93

un tissu osseux spongieux ou compacte, présentant comme l'os normal, les lamelles concentriques, les corpuscules osseux et les canaiicules médullaires;

Ou bien on -trouve une masse osseuse, compacte, éburnée, sans apparence de texture osseuse normale;

Ou bien enfin l'ossification se réduit à un dépôt de sels calcaires dans les cellules du cartilage. Comme ces dernières varient, beaucoup dans leur forme et leur disposition , il en résulte que les dispositions de l'ossification sont des plus variées; le plus souvent elle se présente dans la substance intercellulaire sous forme d'anneaux opaques, simples ou combinés, plongés dans la substance interceliulaire.

Il arrive encore assez souvent que toute la masse cartilagineuse s'ossifie, et la tumeur est alors constituée en entier par une masse osseuse; ces produits ont quelquefois reçu le nom à'ostéoïdes.

Le ramollissement est un autre genre de métamorphose , qui du reste peut aussi s'emparer quelquefois des cartilages normaux; il consiste dans la transformation de la substance interceliulaire et des cellules qu'elle renferme, en une masse gélatiniforme qui plus tard peut prendre l'apparence de la sérosité.

L'enchondrome occupe principalement les os, surtout leis phalanges des doigts et des orteils, ensuite le sternum , les côtes; il débute à la surface dé l'os ou dans sa cavité médullaire, et dans ce dernier cas surtout, il distend les couches corticales des os et se revêt ainsi d'une coque osseuse. On le rencontre de plus dans le testiculîe, dans la mamelle, dans la parotide, dans le tissu cellulaire sous -cutané; enfin dans les tumeurs on le trouve quelquefois combiné avec d'autres néoplasmes, tels que le Sarcome ) le cancer.

L'enchondrome se présente souvent isolé; d'autres fois ces produits existent en très-grand nombre (par exemple de 10 à 20 sur les doigts et les orteils du même individu); ils sont le plus fréquents chez les enfants et d'ordinaire alors multiples. Leur étiologie est inconnue; chez les adultes, il est possible dans certains cas de rapporter leur cause à un coup, à une chute et à une inflammation consécutive.

94 ANATOMIE PATHOtOGIQUE GÉNÉRALE.

Ces tumeurs s'accroissent très-ienteinent et restent souvent stationnaires durant plusieurs années; en général l'ossification met un terme définitif à leur accroissement. Les individus qui portent de ces tumeurs, ne paraissent pas souffrants, même quand elles sont multiples chez eux. Mais quand la peau vient à se perforer, par suite de l'augmentation graduelle de l'enchondrome, il en résulte l'inflammation, la suppuration et la mortification du tissu cellulaire environnant, et consécutivement la destruction ulcéreuse de l'enchondrome et le dépérissement du malade. Quand ce travail envahit successivement plusieurs enchondromes existant chez le même individu , il peut amener la mort par épuisement.

On ne connaît pas de guérison survenue par résorption de la tumeur; l'extirpation donne des résultats durables; aussi les enchondromes doivent- ils être, pour la plupart , classés dans les tumeurs de bonne nature.

6« Be 1» prodaetlon du timmu ommeuiL nouTean»

Le tissu osseux de nouvelle formation se présente en général dans le sein des os ou à leur surface; le blastéme est fourni par les vaisseaux de l'os et surtout du périoste , suivant les lois ordinaires de la nutrition ou par voie d'inflammation. Le tissu osseux peut encore provenir de l'ossification de cartilages qtri , à l'état physiologique, ne sont pas destinés à s'ossifier^ de ligaments, de tendons, de muscles, de membranes, d'enchondromes, de tissu conjonctif néoplastique; enfin les kystes ovariques présentent des os tout à fait de nouvelle formation.

En général la production osseuse est précédée d'une production de cartilage; cependant le tissu conjonctif parait susceptible d'ossification directe , sans degré intermédiaire. On n'admet plus aujourd'hui les ostéoïdes comme des tumeurs d'une espèce distincte; en effet, ce ne sont pas au .fond des néoplasmes avec des caractères constants, mais des productions pathologiques constituées par des exostoses, ou résultant d'une distension des os occasionnée par du sarcome, par des cancers de ces organes , etc.,

ANATOMIS PATHOLOGIQUE G^lféRÀU. 9£

OU provenant de carcinomes dont ia trame fibreuse s'est ossifiée, ou formées par des fibroïdes remplis de concrétions.

Voici comment Vôtsch décrit le travail d'ossification du cartilage 9 provenant du biastéme que le périoste fournit dans les fractures : Dans le principe , les sels calcaires se déposent sur la paroi interne des cellules du cartilage , sous forme de granules; ensuite il vient aussi s'en déposer sur sa face externe , dans le sein de la substance intercellulaire; enfin il s'en dépose dans la paroi même de ia cellule, de sorte que les cellules calcifiées apparaissent au microscope comme des anneaux opaques* Plus tard, la substance interoellulaire se remplit également de grains calcaires, et les cavités des cellules (contenant encore parfois les nojaux) dépourvues de chaux , forment des espaces clairs dans le reste de la masse qui ne laisse plus traverser la lu<mière. Pins tard encore, en place des granules calcaires on aperçoit des grains plus gros, plus transparents, anguleux, dont les uns tapissent la paroi interne des cellules carlilagi** neuses, et dont les autres sont disséminés dans la substance intercellulaire. Arrivé à cet état de développement , le tissu osseux est plus transparent que dans la période précédente , où il était obscurci par les granules calcaires; 4es cavités des cellules se rétrécissent par le dép6t de ces grains, et les noyaux dispa« raissent. Le mode d'aggrégation de ces grains , qui épaississent peu à peu la paroi de la cellule et rétrécissent sa cavité , n'est pas très-intime ; il reste entre eux des espaces libres qui commu-^ niquent entre eux et avec la cavité de la cellule, et qui présentent au microscope l'aspect de ramifications réticulées ou arborisées. La cavité de la cellule prend elle-même la forme d'une étoile, dont les rayons se confondent dans ces arborisations. Ces cavités étoilées de6 cellules vides ou remplies de poussière calcaire, ont reçu le nom de corpuscules osseux et les ramifications qui en partent sous forme de petits conduits, celui de canalicules caU eophores. Mais ces cavités portent à tort le nom de corpuscules, car il n'est pas possible de les retirer de l'os ; les cellules , dont ils représentent la cavité , sont fort difficiles à isoler dans Vos arrivé à cet état de développement, attendu qu'elles sont soudées

-96 .ANJLT0M1E PATBOLOOKtOE QRflÉlULE.

entre elles par la subslance iateroellulaire également ossifiée* Cette opinion (]e Vôtsch sur la formation du cal n'est piis la seule qui ait été soutenue ; pour expliquer la formation des carralicules ramiBés, il n'est pas nécessaire d'admettre que la paroi cartilagineuse des cellules s-ossifie par grains isolés ^ qui plus tard se soudent incomplètement en laissant persister des racuoles ramîBées. Il suffit d'admettre que l'inBltration calcaire de cette paroi épaissie des cellules cartilagineuses se fait incompiétement, de telle sorte qu'il reste des espaces non envahis par Fiofil traction , espaces qui persistent sous forme de canalicules raaaifiés

(WlRCHOw).

Les mêmes phénomènes se retrouvent dans d'au très néoplasmes en voie d'ossiBcalion , dans les enehondroiçes (fig. 18), dans l'ossification des kystes de la glande tbj^roïde et même dans l'ossification normale de certains cartilagejs chez le foetus, bien qu'on admette pour ces derniers, que les sels calcaires se déposen.l d'abord dans la*substance intercellulaire et plus tard seuieaient dans la cellule.

Le tissu osseux nouveau, arrivé à l'état parfait, ressemble dans sa structure au tissu osseux physiologique, ou présente de grandes variétés sous le rapport de la dispK)sîtion ,* de la distribution des divers éléments; ainsi les canaliciites médullaires et la structure lamelleuse manquent souvent. Les corpuscules osseux se rencontent aussi sous les formes et la distribution les plus variées. Nous renvoyons pour les détails spéciaux aux maladies DES os , et à TossiFiGATiON des divers organes en particulier.

Comme l'ossification ne s'accompagne pas des mêmes phéno* mènes dans les tendons, dans les muscles, etc., nous préférons l'examiner dans chaque organe.

Des conerëtioiitf»

La formation de concrétions ostéi Formes est beaucoup plus fréquente. que le tissu osseux néoplastique proprement dit; ces concrétions sont des masses solides, semblables à des os mais sans aucune trace de texture osseuse, qui se forment dans tous

ANiflKHtn FATÉoi.ôcaoms Géifiiiii& $?

les tissus physiologiques et pathologiques, dans les exsudais amorphes ou organisés, dans les exlravasats, dans le mucus et les autres produits de sécrétion.

La contexture de ces concrétions est très-différente : tantôt ce sont des calculs friables , crétacés , plus ou moins poreux, ren* fermant une forte proportion de substance organique et quelquefois des molécules de graisse et des cristaux de cholestérine; tantôt ce sont des calculs compactes et durs, qu'on ne divise qu'aiec peine ou qu'à Taide de la scie; leur surface de division est blanche, brunâtre, comme la coupe d'un os compstcte. Les concrétions sont plus molles et friables à l'extérieur, leur nojau a souvent k dureté 'de 4a pierre; elles contiennent toujours plus de sels caloaives qu'il n^en existait dans les tissus, où elles sont déposées.

L'examen niioroscopique y montre : une substance organique amorphe et des petits grains de chaux; dans les concrétions cré* tacées, ces derniers constituent Télément principal, et sous le microscope ils donnent aux produits un aspect noir et confus; dans les masses dures, ébumées, les granules calcaires sont confondus ea noyaux plus gros ou en une masse homogène , où les objets sont plus translucides, semblables à du tissu osSeux : seulement iescaraclèrespde l'os manquent (corpuscules osseux, caôalicules).

Quelques cellules isolées peuvent aussi s'incruster et se remplir de sels calcaires ; ainsi sur le plexus choroïde des Tentri» cules cérébraux, on trouve des cellules incrastées, analogues au sable normal de la glande pinéale; il en est de même dans les sarcomes et les cancers (Rokitansky, Bbnnet). Les sels calcaires forment des grains et sont disposés irrégulièrement; d'autres fois ils se présentent en couches concentriques, déposées dans l'intérieur des cellules ou plus souvent autour d'elles.

Les concrétions , lorsqu'on les rencontre dans les parenchymes, sont la plupart du temps prises pour des ossifications, et différenciées du véritable tissu osseux sous le nom défausses ossifi» cations; elles reçoivent le nom de pierres ou calculs, lorsqu'on les rencontre dans des cavités ou dans des canaux , à l'état de corps Kbres ou adhérents aux parois. Nous étudierons dans i'ana-

d8 iNAtOMIC PATHOUMSIQUE GCNBIULB*

tofiiîe pathologique spéciale , les concrétions des divers organe» en particulier et les changements de texture qui s'y rattachent. L'analyse chimique de ces produits pathologiques donne comme élément prédominant, outre une matière organique, du carbonate et du phosphate de chaux, et seulement dans certains cas, du phosphate de magnésie et du chlorure de sodium.

9. De la prodaetton nouvelle du derme, des memliranes sëremseis et niai|iieuse0 » et de leurs tlë* pendanees.

Certaines tumeurs enkystées présentent un produit de nou- Telle formation, tout à fait analogue au derme; les parois de la tumeur sont formées en totalité ou en partie seulement de derme néoplastique 9 qui a la même structure. qu'à l'état normal, seulement ses papilles sont plus irrégulières ou manqu^at complètement ; il est dépourvu de nerfs, mais on y trouve un cborion fibreux, un épiderme, des follicules pileux avec leurs poils, des glandes sébacées et même des glandes sudoripares. Vépiderme est pavimenteux, son développement ressemble à celui de l'épiderme normal. Les poiis sont petits, pâles, à peine visibles ou grands et très-foncés; parfois ils sont tombés de leurs folli* cules et forment des paquets ou des écheveaux, leur développe* ment ressemble à celui des poils normaux. Dans leur follioule s'ouvrent souvent une ou deux glandes sébacées , gorgées de sébum. Les glandes sudoripares, éparpillées et ^i petit nombre, manquent parfois totalement; leur structure est la même que celle des glandes normales-

La réparation des pertes de substance du derme, quand elles s'étendent jusqu'au tissu cellulaire sous-cutané , n'a pas lieu par un derme nouveau , mais par une cicatrice fibreuse et solide , qui se revêt d'une couche très-légère d'épithélium pavimenteux et qui est entièrement dépourvue des autres caractères de l'épiderme. Quant à la perte de l'épiderme et à la destruction des couches superficielles du ohorion, elles guérissent souvent par la réparation complète des éléments détruits; dans ces cas.

AltATOÉIE PATdOLOâlQDB GifICRAUU dÂ

les canaux excréteurs des glandes se reforment et s'abouchent avec tes restes des anciens canaux; d'autres fois ils ne sont pas remplacés.

Vépiderme néoplastique ne peut se produire qu'à la condition d'une reproduction néoplastique de toutes les autres portions de la peau, parce qu'il n'est qu'une partie intégrante de l'enveloppe cutanée normale. On ne doit pas prendre pour un épiderme toute surface revêtue d'un épithélium pavimenteux nouveau; Tépiderme normal ne se rencontre en effet comme néoplasme, que dans les kystes dont nous venons de parier.

Quanta la production d'une couche épidermique sur les membranes muqueuses exposées au contact de i'aîr {prolapsus du mgî'n, etc.), elle n'est qu'apparente; la couche épiihéliale qui revêt ces parties, devient sans doute plus consistante et prend quelquesuns des caractères de l'épiderme, mais sans les acquérir tous. On a aussi considéré comme productions épidermiques , certains pro« duits pathologiques néopiastiques dont les éléments ressemblaient à ceux de l'épiderme (cancer épiihélial) , mais qui au fond sont loin de posséder les propriétés de la cuticule; dans ces cas, on a commis ta faute de juger un tissu d'après la forme et l'aspect de ses éléments^ et surtout de ses cellules.

Les poils néopiastiques se rencontrent seulement dans les kystes dont nous venons de parler, et sur les muqueuses. On prétend les avoir observés sur la muqueuse de la conjonctive, de ta vessie , du tube digestif, de la vulve.

Les ongles néoplastiques ne se rencontrent , comme production surnuméraire, qu'aux doigts ou aux orteils.

On trouve beaucoup plus fréquemment des membranes fibreuses néoplastiques, recouvertes d! épithélium panmenteuxt elles constituent d'ordinaire les parois des kystes, à contenu solide ou fluide.

Des fausses membranes organisées se développent sur les séreuses, et constituent une espèce de production néoplastique des séreuses; elles sont aussi formées par du tissu fibreux recouvert d'épiihélium pavimenteux. On ne rencontre pas d'autre production néoplastique de séreuses; leurs pertes de substance

100 ANATOMlk PATÉOtOÔlOtlE cépliRiLLÊ.

amènent ordinairement la soudure des surfaces blessées aveo les parties voisines; rarement elles se reproduisent.

On n'a pas encore rencontré de muqueuse néoplasdque; les pertes de substance de ces membranes ne guérissent qu'incomplètement, lorsque la perte de substance s'étend jusqu'au tissu cellulaire sous-muqueux ; elles sont remplacées par des cica. trices fibreuses , revêtues d'une couche légère d'épithélium pavimenteux. Cette couche épithéliale peut être éliminée à plu. sieurs reprises , et en général elle se reproduit toujours. La surface interne de certains abcès déjà anciens, des cavernes des trajets fistuleux paraissent révêtus d'une muqueuse nouvelle; cependant jamais on ne trouve une véritable membrane (jmern^ brane pyogénique) j mais les parois sont recouvertes d'un exsudât fluide ou solide, dans lequel il se forme continuellement de nouvelles cellules; semblables pour la plupart aux cellules du pus , elles ont rarement quelque analogie avec les cellules épithéliales, sont rejetées rapidement , et se mêlent avec les produits de i'abcès.

Les dents de nouvelle formation se rencontrent dans les kystes ovariques : encore leur développement n'y esuil connu que très -imparfaitement. Elles se développent toujours, comme les dents de la mâchoire, dans des follicules dentaires logés dans la paroi fibreuse des kystes, ou dans les alvéoles de fragments osseux également néoplastiques. On trouve dans les kystes, ces dents libres ou adhérentes ; elles ressemblent en tout point aux dents normales de la première ou de la seconde dentition. Elles existent ordinairement en petit nombre (1-10), parfois elles sont plus abondantes (dans un cas on en a compté jusqu'à 300). Les parois de ces kystes ont toujours la structure du derme et sont couvertes de poils.

Du reste, ces kystes qui renferment des dents et des poils n'ont aucune ressemblance avec les fœtus enkystés après une grossesse extra-utérine; ces derniers forment des masses compactes^ fibreuses, souvent en partie crétacées, dans lesquelles le squelette du fœtus est enchâssé; mais jamais on n'y trouve de longs poils et des dents développées.

AN^TOMÏB PÀTRaLOOIQUE GÉNÉRALE. 101

Nous avons étudié jusqu'ici la production nouvelle des tissus conjonctif et fibreux, adipeux, musculaire, nerveux, des vais* seaux et du sang, des pigments, du tissu osseux et cartilagineux, de la peaU et de ses appendices, enfin des membranes séreuses et des dents; on n'a observé ni la production par voie néoplaslique, ni la régénération des autres tissus et or* ganes de l'économie.

lO. Deis iLystes et des tumeurs enkystëes.

Les kystes sont des néoplasmes qui ont peu de représenta tants dans Téconomie normale; on peut tout au plus les comparer aux follicules de Graaf dans l'ovaire; comme ces derniers, ils sont, formés, d'un sac fermé de toutes parts, le kyste, et d'un contenu de nature différente. Le kyste sert d'envelpppe au contenu, ou bien il joue, par rapport à celui-ci, le rôle d'organe de sécrétion.

Les kystes peuvent apparaître dans presque tous les organes; tantôt ils sont entièrement de nouvelle formation, tantôt ils tirent leur origine de cavités normales dilatées ou transformées (canaux et follicule^); ils sont solitaires (kyste simple) ou réunis et forment alors une tumeur cysli que composée ou multiple; leur contenu varie beaucoup : il est liquide ou solide, amorr phe ou organisé.

A. — Les kystes simples.

1 .) — KTSTBS SÉBEUX. — Leur sac est formé de tissu fibreux, uni extérieurement aux parties environnantes par du tissu conjonctif; à l'intérieur ce sac est lisse^ et souvent révétu d'une couche d'épithélium pavimenteux; ils renferment un liquide incolore ou jaunâtre, dont la composition rappelle celle des exsudais séreux ou des épancbements .hydropiques (eau, albumine, sels , et matières extractives) , aussi ce contenu ne présente«t-il aucune trace d'organisation , aucune formation (le cellules.

Les kystes qui offrent cette structure, peuvent se produire de plusieurs manières; ce ne sont pas de$ néoplasmes caraicté-

102 ÂIIATOIIIB PATHOLOGIQUE GÉnÉRAUU

risés par un travail pathologique spécifique, mais les restes permanents de procès morbides différents dans leur origine.

a) Tantôt ils constituent de véritables néoplasmes, prove* nant d'un blastéme pathologique, solide ou liquide.

Dans le blastéme liquide, la fibrine se coagule, se dépose sur les parois formées aux dépens des tissus normaux écartés par l'exsudat, s'organise en tissu fibreux yascularisé, et constitue le sac; le reste du blastéme persiste à Fétat de contenu fluide. Les kystes qui se produisent de cette manière, souvent petits dans le principe, augmentent de volume; en effet les vaisseaux dont le sac est pourvu, lui permettent de s'accroître et de sécréter du nouveau liquide, qui, en s'ajoutant au contenu primitif, augmente le volume de la tumeur. La composition du blastéme rarie; quelquefois il est de nature inflammatoire, ou bien un produit d'extravasation.

Les kystes qui proviennent dCexsudats ou d'extrauasats solides, exigent une liquéfaction partielle préalable de la fibrine coagulée, tandis que la partie périphérique^ se transformant en tîssu fibreux, forme le sac. La liquéfaction a lieu, ou bien par la transformation de la fibrine en une masse molle, albumineuse, ou par la transformation de la fibrine en cellules (cellules du pus), qui disparaissent par la métamorphose graisseuse et amènent la formation d'un liquide émutsif Par suite des rapports d'échange avec le sang, cette masse, après qu'elle est devenue liquide, se change graduellement en sérum.

Lorsqu'un exsudât séreux dépourvu de fibrine vient à s'épancher sous les tissus ou entre les séreuses, il les soulève; de là peut aussi résulter un produit kystiforme, dont les parois ne sont plus formées par un sac fibreux, distinct, pourvu de nouveaux vaisseaux, mais seulement par les tissus anciens dont les fibres ont été écartées par l'exsudat (fig. 33). Ces faux kystes séreux se rencontrent souvent dans le péritoine, dans le plexus choroïde , dans le cordon spermatique où ils se nomment hydrocèle enkysté.

Suivant Roritanskv , chaque kyste néoplastique résulterait •d'une cellule (cellule-mère) qui s'accroîtrait par voie de gêné-

ANATOMIB PATaOLOGlQUS GéfiéilALI. 108

ration endogène ; cette hypothèse toute spéculative a besoin d'être confirmée par les faits.

b) D'autres fois les kystes séreux se forment par la dUataiion et la transformation graduelle de certains tissus normaux.

Ces derniers comprennent ou bien des espaces clos, tels que les follicules de Graaf, les vésicules des glandes vasculaires; les glandes lenticulaires des muqueuses; le développement du kyste résulte de la sécrétion abondante d'un liquide séreux qui se fait dans ces tissus, de la dilatation de leurs parois et de leur transformation en tissu conjonotif vasculajrisé, aux dépens des tissus voisins ou au moyen de nouvelles exsudations;

D'autres fois ce sont des canaux glandulaires ou des foUi* cuies p<Hirvus d'un conduit excréteur, tels que les tubes rénaux, les glandes sébacées; le kyste se forme dans ces cas par suite d'un obstacle à l'écoulement des produits sécrétés qui s'accumulent , par la dilatation des parois , et par leur transformation en sacs; le contenu séreux provient de l'échange graduel des mat^iaux du sang ou d'une nouvelle exsudation séreuse; il est rare cependant que le contenu de ces kystes soit purement séreux, d'ordinaire il contient des restes de sécrétions antérieures.

Nous retrouvons un travail analogue dans ce qu'on a appelé la fausse hydn^ie de la vésicule biliaire, du bassinet rénal, des trompes, des bronches; par suite de l'obstacle apporté à récoulement de leurs sécrétions, ces organes peuvent être transformés peu à peu en kystes à parois épaisses et à contenu séreux.

Autant il est facile sur le cadavre de constater la présence dTun kyste, autant on trouve souvent de difficultés à élucider son mode de production; leur siège et la connaissance du développement de ces tumeurs serviront en général à nous guider, la structure du kyste n'apprend rien à cet égard*

Les kystes séreux restent intacts , ou ils éprouvent des chan*^ gements par des produits exsudés ou extravasés , par une cer-^ taine quantité de graisse mise en liberté, de sels calcaires et ê€' cholestérine , par la çrétification qui s'empare tantôt des

104 ÂNATOMIE PA.TB0U>G1QDE 6iNiaAI&

parois seules, tantôt de celles-ci et du contenu de la tumeur* Us peuvent se détruire par Tinflammation , par la suppuration des tissus voisins. Dans la partie spéciale de ce Traité, nous apprendrons à connaître leur importance, très-différente daiU leurs suivant leur siège, relativement à la fonction et aux modifications de texture des organes.

Les corps étrangers, tels que les balles, les concrétions, les parasites, déterminent par Tirritation qu'ils produisent une exsudation, qui elle-même donne lieu dans certains cas à une espèce particulière de kystes séreux. Autour de ces corps étrangers, il se forme ordinairement une poche irrégulière de tissu conjonctif , intimement liée aux tissus voisins et qu'on en isole diflBoilement; quelquefois la poche prend plus de consistance et se trouve séparée par un exsudât séreux du corps étranger, qui alQrs se trouve libre dans son contenu* Dans cette classe appartiennent les poches fibreuses des parasites yésiculaires , de Féchinocoque et des cysticerques (fig. 34).

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