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La série où le développement s'arrête au fuseau

S.*" La série où prédominent les cellules transitoires, incapables de se métamorphoser en tissu conjonctif;. cette série parait constituer le d^ré intermédiaire à la production du cancer.

Ces trois séries d'éléments peuvent se trouver réunies; la prédominance de l'une ou de l'autre servira seule à classifier ces produits pathologiques.

Les sarcomes sont en général très-vasculaires; ils augmentent plus rapidement que les fibroîdes. Parfois ils croissent très-vite par la production incessante de nouvelles cellules, forment alors des masses molles, fongueuses, écartent les parties environnantes et atrophient les tissus qu'ils ont envahis; lorsqu'elles sont situées dans le voisinage de la peau , ces tumeurs la percent, et par la décomposition des portions exposées à l'air, leur surface s'ulcère et végète continuellement. Il arrive aussi que

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des glandes lymphatiques voisines s'infiltrent de tissu sarco^ mateux.

Les sarcomes peuvent parfois se cicatriser : cela se fait par la transformation graisseuse des cellules et la résorption de cette graisse; le tissu conjonctif, unique reste de la tumeur, se contracte et persiste sous forme de noyaux durs, cartilagineux, que l'examen microscopique est seul à même de différencier des fibroïdes et des cancers fibreux.

Le sarcome simple, le sarcome fibreux et le fibroïde, se compliquent parfois de formations cystiques, Cystosarcome {vid, Cystosarcome). Certaines parties des sarcomes peuvent acquérir la structure des carcinomes; il peut se développer du tissu cartilagineux et graisseux dans leur sein et enfin des masses colloïdes, gélaliniformes , très -considérables. La nature des néoplasmes décrits sous le nom de sarcome gélatineux, de collonema, est encore imparfaitement connue; suivant quelques auteurs, ils seraient constitués par des noyauiE, des tmmv!%f dtt tissu conjonctif et de la masse colloïde; d'autres considèrent ces pro* ductions pathologiques comme des sarcomes imparfaits.

Les sarcomes prennent naissance dans tous les organes, mais surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané, sous-muqueux , sousséreux et même intermusculaire; ils se rencontrent souvent dans Tutérus, les aponévroses, les os, les glandes, le cerveau, etc. — Tandis que les fibroïdes se bornent à comprimer seulement les tissus, les sarcomes provoquent l'atrophie et la résorption plus ou moins complète de Torgane qu'ils envahissent.

D'ordinaire cette espèce de tumeur est solitaire; parfois cependant les sarcomes existent en grand nombre en même temps; leurs dimensions sont aussi variables que celle des fibroïdes; ils se produisent à tout âge ; leur origine çst la plupart du temps inconnue. Souvent sur la peau et les muqueuses , ils proviennent manifestement de granulations, qui persistent, deviennent plus consistantes et s'accroissent; les granulations pourraient d'ailleurs être en général rangées à côté des sarcomes.

Les sarcomes restent parfois très-longtemps stationnaires et, comme les fibroïdes , ne sont nuisibles qu'en qualité de qorps

ANATOMIE PATHOLOGIQUE GENERALE. Sl

étrangers; plus fréquemment, leur accroissement est rapide: ils sont plus fâcheux alors par l'atrophie qu'ils occasionnent dans les tissus normaux; enfin ils peuvent, comme les carcinomes, augmenter rapidement, se faire jour au dehors, s'ulcérer et s'étendre aux glandes lymphatiques.

On n'a pas observé la résorption du sarcome. La guérison peut se faire par cicatrisation. L'extirpation dans la majeure partie des cas est suivie de guérison ; les récidives sont rares : quand elles ont lieu, elles présentent les mêmes caractères que ceux du carcinome.

D'après leur structure, les sarcomes appartiennent aux productions hétérologues ; d*après leur terminaison , ils sont le plus souvent bénins, quelquefois cependant ils doivent être placés parmi les tumeurs malignes.

%. ll« la prodaetUm da tiesa adipemc liouTeau et de la i;raift«e patholag^lque*

A. — Tissw GONJOKdTir adipeux.

Le tissu conjonctif adipeux de nouvelle formation, d'ailleurs parfaitement semblable au tissu physiologique , se rencontre fréquemment et en général dans des parties qui renferment déjà du tissu adipeux. ~

Nous le trouvons comme hypertrophie du tissu normal, ou bien à l'état de tumeur sous forme de masses isolées.

Les plaies et les pertes de substance du tissu celiulo-graisseux normal se guérissent au moyen de' cicatrices fibreuses, dépourvues de graisse.

Nous en étudierons V hypertrophie avec les maladies des organes qui contiennent , à Tétat normal, du tissu celiulo-graisseux.

Les tumeurs constituées par du tissu conjonctif adipeux , se nomment lipomes; elles consistent en une trame de tissu cellulaire, dont les interstices sont remplis par des cellules adipeuses; leur volume varie depuis celui d'une aveline jusqu'aux dimensions de la tête d'un adulte; elles pèsent parfois de 6 à 10 kilo-

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grammes. Tantôt elles se confondent avec les parties voisines, tantôt elles en sont nettement séparées : dans ce cas elles possèdent une enveloppe solide de tissu cellulaire, et sont dites enkystées. Cette enveloppe générale, formée de tissu conjonclif, leur fait rarement défaut, et les divise en lobes ou lobules de formes variées.

Lçs tumeurs dans lesquelles le tissu conjonctif prédomine tellement sur la graisse qu'elles deviennent compactes et lardacées, sont dites des stéaiomeSy nom sous lequel on désignait autrefois toutes les tumeurs qui offraient une consistance et un aspect lardacés.

Le développement bistologique des cellules adipeuses est encore inconnu ; leur structure est celle du tissu adipeux physiologique (fig. 13).

Les lipomes ont en général leur siège dans le panicule adipeux , surtout dans les points où ce dernier est très-développé (Cesses , périnée, cuisse, dos, épaule); on les rencontre encore dans le tissu cellulaire sous-muqueux et sous-séreux, sur les capsules synoviales (J. Muller Ta rencontré au genou et décrit sous le nom de Lipoma arborescens) ^ sur les glandes, dans les c;ystoïdes. Ces tumeurs tantôt sont enchâssées dans les tissus, tantôt elles forment (parfois comme les polypes) des corps saillants et même pédicules.

' On les trouve solitaires ou disséminées en grand nombre dans une foule de points; elles apparaissent à tout âge, plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes. Leur cause occasionnelle est en général inconnue; dans certains cas, comme pour les autres néoplasmes , elles paraissent dues à un coup , à une contusion sur un point de la peau.

Elles croissent lentement, sans préjudice pour la santé; rarement elles deviennent nuisibles par la pression ou la distension qu'elles exercent sur les tissus voisins. Il arrive aussi qu'elles s'enflamment et s'ulcèrent; par là elles font dépérir le malade et peuvent amener la mort par une suppuration prolongée. La guérison spontanée n'a jamais lieu; l'extirpation amène une guérison radicale; les récidives sont rares.

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B. — Cellules adipeuses.

cl) Nous savons que la métamorphose graisseuse de la cellule s'annonce par l'apparition* dans sa cavité de granules graisseux, qui s'agglomèrent sans se confondre. L'infiltration graisseuse de la cellule se fait autrement : il apparaît alors dans la cellule de petites gouttelettes adipeuses qui , par l'afilux de nouvelles quantités de graisse, se confondent en une seule grosse goutte remplissant toute la cavité de la cellule, dont le contenu et le noj^au disparaissent; les cellules ressemblent alors aux cellules adipeuses normales (fig. 14).

Ces phénomènes qui ont probablement lieu dans le développement embryonnaire et pathologique des cellules du tissu celluloadipeux, sont surtout faciles à étudier dans le foie sur les cellules du foie gras, et dans les cellules épitbélîales remplies de graisse, qui se rencontrent dans certaines tumeurs enkystées (Jthéromey Cholestéatome). Dans le foie gras, les cellules qui entourent les divisions de la veine -porte, se remplissent les premières de graisse; on peut aussi produire artificiellement cette dégénérescence, en injectant de l'huile dans les vaisseaux sanguins.

h) Bardeleben, dans des muscles qui avaient subi la dégéné*» rescence graisseuse , a observé la formation de cellules adipeuses nouvelles sans transformation préalable des cellules préexistantes, d'ailleurs entièrement dépourvues de graisse {vid* Maladies des muscles)*"

s* Be la prodaetlon du tissu musculaire noureau»

On ne saurait douter de la production néoplastique de faisceaux musculaires striés, dans l'hypertrophie des muscles (cœur, biceps brachial, etc.); on n'est cependant pas encore parvenu à suivre les degrés du développement de la fibre musculaire dans ces organes; aussi nous est-il impossibe d'indiquer le mode suivant lequel , dans les tissus pathologiques , les fibres musculaires proviennent des cellules.

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Dans une tumeur du testicule, Rokitansky a trouvé des fibres musculaires néoplastiques à stries transversales; dans une tumeur ovarrque, Wircbow a observé du tissu musculaire embryonnaire, consistant en cellules allongées, striées en travers; il propose pour les néoplasmes de ce genre la dénomination de myosarcome.

Dans les muscles, les plaies et les pertes de substance se réunissent par des cicatrices fibreuses, sans traces de tissu musculaire nouveau.

Quant au tissu musculaire organique de nouvelle formation , il se rencontre ordinairement comme hypertrophie des muscles organiques et les fibres nouvelles proviennent de la transformation de fuseaux. Dans les fibro'ides, les sarcomes, les cancers, on trouve parfois de semblables fibres, soit isolées, soit réunies en masse et représentant un tissu analogue aux muscles organiques.

4* De la production du tissu ncnreux noUToaUé

Les néoplasmes du tissu nerveux et leur mode de développement par un blastéme amorphe et par des cellules, sont encore incomplètement connus. Les bouts des nerfs divisés se réunissent par des fibres nerveuses néoplasliques, en même temps que la fonction s'y rétablit. On n'a pas encore observé de régénération du cerveau, ni des ganglions. L'hypertrophie du cerveau est due, suivant Rokitansky, à une accumulation exagérée de la substance granuleuse qui relie les globules nerveux entre eux. On a vu , chez des pigeons, la moelle épinière se régénérer après avoir été coupée, les mouvements revenir en même temps, et la sensibilité reparaître dans les parties paralysées par l'opération ; au bout de trois mois, le tissu cicatriciel renfermait des cellules de substance grise et un petit nombre de tubes nerveux (Brown- Séquard.)

Nous ne connaissons pas de reproduction du tissu nerveux dans d'autres organes. Wirchow a constaté des fibres nerveuses dans des adhérences.

▲ffATONIE PATHOtOGlQCnE oMrALE. 85

5« He la prodactlon noairelle de iralsseaum et de

sang;*

Il se développe très-rréquemment des vaisseaux sanguins de nouvelle formation; ce travail néoplaslique commence dans les blastémes en même temps que la formation des autres tissus; et pendant que ceux-ci sont encore en voie de développement, le plus souvent il s'est déjà formé un système de capillaires qui sont entrés en communication avec les vaisseaux des tissus environnants , et qui servent à la nutrition du néoplasme. Aussi les vaisseaux néoplasliques sont-ils des parties intégrantes de la plupart des productions pathologiques nouvelles; on les rencontre dans tous les exsudais organisés, dans les fausses membranes^ etc., dans les cancers, les sarcomes, les fibrotdes.

Les néoplasmes présentent à la fois des capillaires, et des vaisseaux veineux et artériels. Les troncs artériels qui nourrissent le néoplasme, sont les anciens vaisiseaux agrandis et dilatés; les capillaires au contraire, proviennent toujours de formation nouvelle.

L'histoire du développement histologique du sang et des vaisseaux dans les néoplasmes, présente encore de nombreuses lacunes. Mais il est positif que dans le blastéme amorphe il peut se développer, comme formation nouvelle, un réseau de vaisseaux sanguins indépendants des vaisseaux circonvoisins , dont ils n'émanent pas, et destinés à entrer seulement plus tard en communication avec eux. Suivant quelques observateurs, le sang se formerait en premier; les globules sanguins néopla&tiques se trouveraient réunis en groupes irréguliers dans des lacunes de blastéme amorphe ; plus tard ces lacunes s'étendraient pour se ramifier, se rejoindre et former un système de canaux sans parois; enfin ce réseau vasculaire se trouverait achevé, alors que par un travail secondaire ces canalicules se seraient garnis d'une paroi vasculaire. Suivant Bruch, dans quelques cas cette formation de parois vasculaires pourrait manquer, et le sang resterait dans un système de canaux sans parois. Ces observations ont encore besoin de se confirmer.

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Quant au mode de production des globules sanguins, on n'a encore fait à cet égard aucune observation positive ; comme on les a toujours rencontrés déjà colorés et avec la même conformation que les globules normaux, il reste encore à savoir, si on n'a pas pris des amas de globules sanguins normaux mêlés à l'exsudat, pour des globules sanguins néoplastiques.

On explique aussi très-imparfaitement la formation des parois; leur histogénie répondrait à la théorie de Wolf sur le développement des vaisseaux dans Tembryon. Mais la théorie de ScHWAN (pour Tembryon) compte aussi des partisans; il en est qui font provenir les vaisseaux de cellules-mères, contenant des globules sanguins; celles-ci viendraient à se ramifier et à s'anastomoser. On a aussi admis pour la formation des vaisseaux des rangées de cellules, se soudant, suivant Taxe de la série, en un seul conduit; on aurait alors, comme dans les capillaires normaux les plus ténus, un vaisseau à simple paroi garnie de noyaux; les globules sanguins y entreraient seulement plus tard.

Les vaisseaux de nouvelle formation se présentent le plus souvent comme de larges capillaires; leur paroi est hyaline et garnie de noyaux, comme dans les capillaires normaux trèsfins ; outre ces capillaires, qu'en raison de leur calibre on appelle énormes, on trouve aussi des vaisseaux avec des parois bien développées, mais d'ordinaire sans caractère tranché de structure veineuse ou artérielle. Les gros capillaires forment un réseau très-large et irrégulier; à l'examen microscopique on voit des canaux ou des cylindres transparents, vides de sang ou remplis de globules sanguins.

On ne sait pas encore comment les vaisseaux de nouvelles formation entrent en communication avec les vaisseaux normaux, si l'anastomose se fait par des veines, des artères ou des capillaires. Les résultats fournis par les injections sont incomplets; mais les communications une fois bien établies, il est certain qu'il arrive du sang artériel et qu'il repart du sang veineux, tout à fait comme dans les tissus normaux; car l'accroissement et la nutrition du néoplasme ne sauraient s'effectuer sans un échange de matériaux.

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De même qu'ils servent à la nutrition, les vaisseaux de nouyelle formation peuvent encore amener des inflammations , des hémorragies, ou bien par leur oblitération déterminer l'atrophie, la mortification des néoplasmes; en outre ils sont sujets à toutes les altération» des vaisseaux normaux.

En général les blastêmes se vascularisent rapidement; souirent, au bout de trois à quatre jours, on y voit déjà des capillaires. Le nombre des vaisseaux de nouvelle formation varie beaucoup; dans certains néoplasmes on a peine à les trouver, dans d'autres ils existent en très-grand nombre.

Les vaisseaux de nouvelle formation ne paraissent pas suscep« tibles de constituer à eux seuls des tumeurs; les tumeurs érectiles ou caverneuses proviennent de la dilatation de vaisseaux déjà existants, Téléangiectasies {yid. Maladies des vaisseaux).

Nos connaissances sur les vaisseaux lymphatiques de nouyelie formation sont encore moins avancées. J'ai observé pour ma part dans deux sarcomes, de petites ramifications analogues à des lymphatiques normaux ; dans ces deux cas , je n'ai pas trouvé de troncs capillaires, mais seulement des culs de sac semblables à des villosités, qui paraissaient les racines de ces lymphatiques (fig. 16). Leurs parois étaient garnies de fibres longitudinales et de noyaux, leur contenu consistait en u;ie masse granuleuse; la plupart de ces noyaux étaient des gouttelettes de graisse. Il me fut impossible d'apercevoir leur communication avec des lymphatiques plus considérables et garnis de valvules*

•• Ito la production des plsments patholoslqueo.

L'augmentation ou la diminution dans la quantité du sang, l'amincissement ou l'épaississement des épanchements sanguins et des exsuda ts , le développement de granules graisseux (métomorphose graisseuse, athérome), le dépôt de la matière colorante de la bile et enfin la présence du pigment grenu ^ sont autant de conditions qui produisent des changements dans la coloration des organes et des tissus. La plupart des change-

M ANATOMIE PATHOLOGIQUE Gi^NÉRALE^

ments permanents de ce genre tiennent à la présence de ces molécules de pigment ; et lorsqu'il est question de pigment , on entend particulièrement par là le pigment à i*élat granuleux ou moléculaire, bien que les globules graisseux et la matière colorante de la bile méritent déjà le nom de pigment.

Les molécules de pigment donnent aux tissus une couleur jaune, brune, rouge ou noire; on les observe comme lésion pathologique dans les tissus physiologiques et dans les néoplasmes; le pigment se présente tantôt sous forme de granules, libres dans les tissus ou renfermés dans des celiales prg^ menlaires, tantôt sous forme de petits cristaux noirs ou rougeâtres.

Bien que le mode du développement de tous les pigments pathologiques n'ait pas encore été démontré, les faits connus jusqu'à ce jour permettent cependant de chercher, comme trèsprobable, l'origine de tout pigment granuleux dans une transformation de la matière colorante du sang.

Les gramdes de pigment paraissent se produire de deux manières :

1) Par la transformation de l'hématine qui a abandonné les globules sanguins, comme cela se voit dans les épanchements de sang; au début, l'hématine pénètre et colore uniformément tous les tissus; plus tard elle se solidifie, en se réunissant en granules (Wirchow); ou bien elle se dépose dans des granules déjà existants, formés primitivement de protéine ou de graisse, qui deviennent alors des molécules de pigment (Broch).

2) Les pigments peuvent aussi provenir des globules rouges du sang eux-mêmes, qui dans les extravasats se flétrissent, se racornissent , se condensent , se foncent en couleur , se ramassent, se confondent pour former des amas irréguliers, et finissent , en restant isolés ou en se réunissant , par constituer des molécules de pigment; d'après quelques observateurs, chaque globule sanguin pourrait se diviser en plusieurs granules de ce genre.

Dans le principe les corpuscules de pigment (fig. 17 ) sont

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colorés en jaune ou en rouge; ils conservent cette teinte ou deviennent bruns et noirs; dans certains organes, la coloration persiste toujours de la même manière : dans les poumons par exemple elle est noire. La dimension de ces corpuscules varie depuis .la grosseur d'un très-petit grain jusqu'au volume de noyaux assez considérables; leur forme est irrégulière , en général anguleuse, rarement arrondie, leur surface souvent brillante; leurs contours sont tranchés, noirs.

Au lieu de molécules on trouve parfois des corpuscules plus volumineux ou réunis en amas. Les granules sont placés isolément; ils sont disséminés ou réunis en tas irréguliers ou ronds; parfois ils sont renfermés dans des cellules.

Cesceiluies pigmeniaires (fig. 17) ne sont pas des néoplasmes particuliers, qui préexistaient dans les tissus et qui par hasard contenaient du pigment. Toutes les cellules (épithéliales, cancéreuses, fibro-plastiques, etc.) peuvent devenir des cellules pigmentaires. La pigmentation des cellules commence avec rimbibilion par Thématine sortie des globules sanguins; celle-ci colore uniformément toute la cellule ou seulement le nojau, ou bien la coloration ne s'étend pas jusqu'à ce dernier. Au bout d'un certain temps (ce qui se voit en comparant entre eux des extravasats anciens et récents) , la matière colorante se solidifie et passe à l'état grenu , absolument comme en dehors des cellules (ou bien la cellule renfermait déjà des corpuscules amorphes , qui deviennent des granules pigmentaires colorés). Le nombre des granules renfermés dans les cellules varie beaucoup: les unes en contiennent très-peu , d'autres en renferment un plus grand nombre; enfin certaines cellules en sont entièrement remplies, probablement par une imbibition répétée d'hématine : dans ce dernier cas , la membrane cellulaire peut disparaître, et il reste alors un amas rond de granules pigmentaires qui finit par se désagréger. Les cellules qui renferment des granules de pigment n'en sont pas moins susceptibles de subir toutes les autres métamorphoses; elles peuvent se froncer, s'atrophier, ou se transformer en cellules granulées.

Suivant d'autres auteurs , une membrane cellulaire nouvelle

90 uuTomc PAnou)GH|cs gbrébauu

▼tendrait eoTelopper deg anus de globules sanguins ou pigmentaires, et se garnirai l phis tard d'un noyau*

Les cristaux ne se renoontrent pas aussi fréquemment que les granules; ce sont des plaques rfaombiques ou des prismes , allongés, rouges ou noirs; plus rarement des aiguilles isolées ou disposées en touflfes, placées ordinairement à coté des granules en tas distincts; quelquefois ces cristaux se trouvent contenus dans la cellule elle-même. Leur grandeur et leur épaisseur sont très-Yariables (10 à 40 millionimètres de longueur, sur 1 à 2 millionimètres de largeur; dans un cas, N. Guulot a pu les distinguer à l'œil nu : ils avaient près de 1 centimètre de longueur); leur composition chimique est encore inconnue; ils proviennent de la transformation des granulations pigmentaires.

Le pigment ne constitue jamais à lui seul la totalité d'une tumeur; les tumeurs mélaniques (fig. 1 7 bis) sont des néoplasmes de diverses espèces, dans lesquels il s'est développé accidentellement du pigment (fibroide , sarcome , canc^). Quelquefois il s'est développé du pigment en quantité tellement surabondante que la texture primitive du néoplasme en est obscurcie; dans les cancers ainsi modifiés, par exemple, on ne trouve plus au milieu d'une trame fibreuse, qu'un liquide semblable à de l'encre, des granules de pigment, et des amas de corpuscules sans aucune espèce de cellules; mais alors des recberches répétées dans le cours de la maladie, ou bien l'examen de cancers existant simultanément sur le même individu , fournissent des points d*appui pour le diagnostic.

Dans la partie spéciale de ce Traité nous examinerons le mode de développement des pigments dans les divers organes , et les (Rangements de texture qu'ils y produisent*

L'analyse chimique des pigments n'a donné jusqu'à présent que des résultats fort incomplets. Les pigments noirs peuvent être ramenés au rouge par les réactifs chimiques, ou bien ils se montrent insensibles envers eux; ils sont insolubles dans les acides, et riches en carbone. La solution de potasse caustique, ainsi que les acides minéraux, modifient le$ pigments

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bruns, rouges et jaunes ; la potasse les dissout en même tempft qu'elle les décompose (dans certaines conditions déterminées) ; par TactioB des acides la couleur rouge ou jaune des pigments passe au brun rouge, au vert, au bleu, au rose et enfin au jaune, en même temps qu'ils sont décomposés»

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