KYSTES A CONTENU SOUDE ou DEMÏ-SOUCDB
Leur contenu est toujours un produit des parois du kyste, et consiste en épitbélium libre et en graisse; la paroi est formée par une poche fibreuse revêtue d'épithélium , ou bien elle est orga^ nisée à la manière du derme; dans un kyste d'apparaice lisse et séreuse, on trouve parfois des ilôt» de derme. Nous avons déjà parlé des poils, des dents néoplastîques que présentent ces kystes.
Leur contenu est pulpeux, caséiforme, disposé en couches concentriques , ou formé d'une bouillie homogène ou grumeleuse {Jthéromé), Les éléments histologiques varient; l'épithé^ lium pavîmenteux , parfois tout à fait semblable à celui de Tépi* derme, ne conserve cette structure et ne renferme des noyaux <pie dans le voisinage de la paroi; vers le centre du kyste, la cellule épitbéliale devient un corps solide; au centre même, elle a disparu; entre les lamelles d'épithélium , ily a toujours une masse amorphe, albumineuse, et des molécules de graisse; on trouve aussi au centre des sels calcaires et des cristaux de cholestérine.
Très-souvent les cellules renferment de la graisse; elles se présentent alors comme des cellules épithéliales , aplaties, brillantes, arrondies ou anguleuses, sans noyaux ou granulées; ces écailles, mêlées à des molécules de graisse et à des cristaux de cholestérine, constituent le contenu du kyste.
Parfois les cellules que nous venons de décrire , sont disposées i^gulièrement ; entre elles sont placés les granules d.e graisse^
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qui rorment à l'entour un réseau : sous le microscope on jouit alors du coup d'œil d*un tissu composé de cellules polyédriques. J. MtJLLER a désigné ces kystes sous le nom de cholestéaiome , parce que l'analyse chimique y a fait reconnaître de la choies* térine; toutefois le cholestéatome ne constitue pas une espèce bien définie de tumeur; car les bords des ulcérations cutanées, lès fistules anciennes, les panaris, les pustules d'acné, les can«' croïdes (fîg. 19) présentent aussi ces mêmes cellules épithéiiales, disposées en lames régulières infiltrées de gtaisse.
Il n'est pas rare de trouver des kystes constitués entièrement par un épithélium pavimenteux, sans poche fibreuse; les couches épithéliales extérieures sont alors disposées en couches denses , cornées, et remplissent l'office de sac par rapport au restant de la masse épithéliale qui représente le contenu du kyste. Ces tumeurs ont quelquefois la structure du cholestéatome. Leur origine est douteuse : ou bien la poche primitive s'est atrophiée , a disparu , et les couches superficielles de i'épithélium se sont entité endurcies; ou bien ces tumeurs, sans avoir passé primitivement paria forme de kyste, sont le produit de l'organisation directe d'un blastéme en cellules épithéliales. En admettant cette dernière origine , il faudrait considérer ces tumeurs comme des productions analogues au cancer épithélial , ou bien comme foritiant transition à cette dégénérescence.
Les kystes à contenu séreux sont en partie des néoplasmes , en partie des produits qui viiennent de glandes sébacées dilatées (vid. Maladies de la peau). On les rencontre souvent dans le tissu cellulatre sous-cutané, dans l'ovaire, le péritoine, la duremère, dans les os, dans les poumons et dans d'autres endroits encore. Ils peuvent aussi subir des modifications parune inflammation , une crétification , etc.
B. — Des kystes composés ou tumeurs cystoïdes.
Lorsqu'un certain nombre de kystes viennent à se développer dans un espace resserré , ils forment des tumeurs multiloculaîres , gui se composent d'un grand nombre de kystes réunis. Le cou-
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teAu de ces kystes peut être séi'eux^ colloïde, épithéital, etc.; quelquefois on trouve des conleaus différents dans les difiiérentes loges de la tumeur* Chacun de ces kystes continue rarement à s'accroître régulièrement, d'ordinaire quelques-uns d'entre eux acquièrent un déTeloppement exagéré , et les autres se trouvent arrêtés dans leur développement par la pression qu'ils en éiH'ouvent et par la compression mutuelle. La tumeur est entièrement enveloppée dans une membrane, ou bien elle est libre et forme une masse en grappe, dans laquelle les kystes les plus superficiels sont les plus volumineux, et les kystes situés à l'in^ tériçur les plus petits. A Tincision d'une semblable masse cystique, on trouve dans rintérieur un système trabéculaire fibreux, circonscrivant des cavités sphériques ou polyédriques plus ou moins régulières ^ qui proviennent des parois des kystes; à la périphérie de ces tumeurs, on rencontre des kystes plus volumineux» arrondis , dégagés de la masse commune, à laquelle ils n'adhèrent que par leur face profonde. Une seule incision n'entame pas tous les kystes à la fois, et ceux qui sont restés intacts^ proéminent parfois diins Tintérieur des cavités soumises à l'inspection. La pression réciproque fait sauvent atrophier, disparaître les parois qui servent de cloison aux loges juxtaposées; alors les divers kystes communiquent entre eux.
Les cystoïdes augmentent : par le développement de chacun des kystes isolément, surtout à la périphérie; par la for* mation de nouveaux kystes , qui proviennent de la même souche que les premiers; ou bien encore par le développement de nouveaux kystes dans les parois des kystes principaux.
Selon HoDGxiN, ces tumeurs résulteraient dans le principe d'un kyste simple (kysie-mèré) , duquel se développerait ensuite le cystolde tout entier de deux manières possibles :
l.*" Ou bien de nouveaux kystes viendraient à se développer dans la paroi du kyste-mère, lesquels, à leur tour, verraient d'autres kystes se développer dans leur paroi ;
2."* Ou bien les jeunes kystes, au lieu de se former dans Tépaîs* seur des parois des kystes-mères, naîtraient par un bourgeonnement de la surface interne de ces derniers. Cet emboîtement
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se continuerait à l'infini dans les deux cas. Cette opinion a iié suggérée par l'examafi de cjstoïdes volumineux et très-eoQi{riiqués; mais Tétude attentive du mode de développement des cystoKdes pris à leur début, ne lui est pas favorable.
Quand ces kystes contiennent de la matière coUcrïde, alors la tumeur prend le nom de colloïde, de tumeur gUaiinU forme, àe tumeur aMolaire.^We se diUéreneie du cancer alvéolaire à contenu gélattniforme , en ce qu'elle provient de kystes distincts; mais la différence entre le cystoïde à contenu colloïde et le cancer colloïde n'est pas très-tranchée, et Ton rencontre souvent des tumeurs qu'on peut hésiter à rapporter à une espèce de préférence à l^autre; aussi quelques auteurs réunissent-ils dans une même classe toutes les tumeurs composées à contenu gélatiniforme, qu'elles soient cancéreuses ou cystoïdes.