NUTRITION
lieu. L'acide carbonique est progressivement absorbé par l'eau qui le cède à mesure à la plante de menthe; celle-ci le décompose et rejette l'oxygène, lequel s'accumule successivement au sommet du bocal 6, tandis que Ton voit Teau s'élever dans le bocal c et y occuper un espace à peu près égal à celui de l'oxygène qui s'accumule au-dessus de la plante de menthe. . D'un autre côté^ si un jeune arbre en végétation est plongé dans l'obscurité complète^ les parties qui se développent contiennent^ à volume égal^une bien moins grande proportion de charbon que celles développées à la lumière ; en outre^ elles sont d'une couleur jaunâtre et chargées d'une bien plus grande quantité de fluides aqueux. Ceci prouve évidemment que le carbone ou charbon ne peut être Gxé dans la plante qu'à Taide du concours de la luniière, et que la présence de cet agent est également nécessaire pour que la sève se débarrasse de son eau surabondante^ au moyen de la transpiration.
Les plantes qui se développent dans de pareilles circonstances offrent toutes ces accidents auxquels on donne le nom d'étiolément.
On peut conchire de ces faits^ que plus les arbres sont exposés à une lumière vive, plus leur bois est dur et compacte , parce qu'ils peuvent assimiler une plus grande quantité de carbone. En effet, la tige d'un arbre placé isolément sur une haute montagne, contiendra plus de charbon, sera d'une plus grande dureté, se conservera plus longtemps qu'une tige de la même espèce, du mêixie volume, mais développée au milieu d'une épaisse futaie.
Parmi les diverses influences de la lumière sur la végétation, une des plus remarquables estceUe qu'elle exerce sur la direction des tiges. Placez une plante en végétation dans un appartement percé de deux ouvertures latérales, l'une donnant accès à l'air sans donner passage à la lumière, l'autre laissant arriver la lumière sans donner accès à l'air ; et Ton verra tous les rameaux se diriger vers la seconde ouverture.
Voici comment se produit ce phénomène. Lorsqu'un bourgeon feuille reçoit plus de lumière d'un côté que de l'autre, le côté le plus éclairé élabore plus complètement la sève des racines ; il y a sur ce point dûbourgeon une plus grande quantité de carbone ûxée dans les tissus ; ceux-ci croissent moins longtemps en lon-
gueur, parce qu'ils sont plus vite solidifiés, et que d'ailleurs les vaisseaux ligneux descendants, qui se forment en plus grande abondance sur ce point, arrêtent aussi plus vite l'allongement des vaisseaux ascendants. Mais^ le côté opposé recevant une moins grande quantité de cambiura, et les vaisseaux descendants se formant moins vite, les tissus s'allongent plus longtemps. Or, comme les deux côtés d'un même bourgeon ne peuvent pas se séparer l'un de l'autre pour croître chacun à sa façon, il faudra nécessairement que ce bourgeon se courbe du côté où il s'allonge le moins, c'est-à-dire du côté le plus éclairé. Ceci nous explique pourquoi les branches des arbres en espalier, qui ne reçoivent la lumière que d'un seul côté, tendent sans cesse à se diriger en avant ; pourquoi les arbres des lisières des for4ts inclinent leurs branches plus du côté extérieur que du côté intérieur ; pourquoi enfin ces mêmes arbres sont généralement plus gros, moins élevés, plus ramifiés que ceux de l'intérieur de la forêt qui n'offrent de ramifications qu'à leur sommet, et n'ont jamais une grosseur proportionnée à leur élévation. Tous ces faits doivent être expliqués par l'influence de la lumière, et non, comme l'avaient pensé quelques cultivateurs, par celle de l'air, dont la libre circulation n'est nullement contrariée dans ces diverses circonstances.
Telles sont les principales modifications que subissent, dans les feuifles, les divers fluides absorbés, avant de servir à l'accroissement des arbres. Voyons maintenant quelle route suit cette sève pour arriver aux différents points où doivent se faire de nouveaux développements.
La sève, après avoir reçu les modifications précédentes dans le tissu cellulaire des feuilles, devient moins liquide, et acquiert le caractère d'un nouveau fluide, connu sous le nom de cambiûm. Ainsi préparé, le cambium passe des cellules de la feuille dans lesnervures du même organe, composées, comme.nous le savons, de vaisseaux ou tissu vasculaire. 11 circule dans ces vaisseaux et parvient, en descendant, jusqu'à la base du pétiole. Là, il détermine la formation d'une couche d'aubier et de liber, puis une partie descend par les vaisseaux de cette même couche de liber (c, fig. 7). On donne à ce second mouvement de la sève le nom de sève descendante.
Plusieurs physiologistes onl nié le passage du cambium ou sëïc descendante par le liber. Ils ont pensé qu'il suivait les vaisseaux de la couche d'aubier. Le fait suivant est venu donner tort à cette opinion. Si l'on enlève un anneau d'écorce à la tige ou à une branctie d'un arbre en végélalion (A, fig. 27).
on voit bientôt se furmi^r au bord supérieur de la plaie un bourrelet (a). Si l'on opère celle section sur une blanche dépourvue ou dégarnie de feuilles (B), il ne se forme point do bourrelet à la lèvre supérieure [b). Ce bourrelet ne se développe qu'à mesure que les feuilles , apparaissant sur cette branche, viennent élaborer le cambium. Il fst diflicile de ne pas conclure de ces faits que la sève descendante suit, pour opérer ce mouvement, les couches de liber, et qu'arrêtée parla section annulaire, elle donne lieu au bourrelet.
AccroiucmeBt. — Le phénomène par lequel le fluide organisateur ou cambium est répacti sur les divers points du végétal et sert à son développement constitue VaccToissement. On dbtingne dans l'accroissement celui de la tige et celui des
L'accroissement do ta tige présente deux phénomènes : l'accroissement en longueur, et l'accroissement en diamètre.
AecroisMempiit en long;near. — l^ cambium élaboré par les feuilles pendant tout le temps de la végétation n'est pas emploie en totalité à la formation de nouvelles parties; une cer-
Fig. 27.
ÎS PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE,
laino quantité reste en dépôt dans les tissus de l'arbre pendant l'hiviT, pour servir au premier développemeni, lore du réveil de la viigélalioti, aioi-s qu'il n'y a pas encore de rouilles, qui puissent concourir à sa préparation. Pour prouver ce tait, on coupe, vers le milieu de l'hiver, le tronc d'un arbre; on le conserve jusqu'au printemps dans un endroit un peu humide pour empêcher l'évaporation des fluides qu'il lenferme, et on le voit, au printemps, développer des bourgeons longs quelquefois d'un mètre. Le Ironc étant privé de racines et de feuilles, ces bourgeons sont évidemment alimentés par le cambium tenu en réserve dans les tissus de cette partie de l'arbre.
Au printemps donc, lorsque la température commence à s'élever, les tissus des végétaux, excités par la chaleur, retrouvent toute leur énergie vitale. Les boutons acquièrent une surexcitation particulière ; l'ascension de la sève, des racines vers le sommet de l'arbre, commence à s'effectuer avec une grande force. Ce fluide, comprime à l'extrémité des rameaux dans les vaisseaux les plus extérieurs de la jeune couche d'aubier (A, fig. 26), agit sur les vaisseaux qui forment l'axe rudimenlairc des boutons (B et C) et détermine l'allongement de cet axe ; c'est alors que commence l'accroissement en longueur des bourgeons dont les premiers tissus sont constitués à l'aide du cambium tenu en réserve dans les parties environnantes. Ces jeunes bourgeons se composent d'abord d'un aie (B, Fig. a. fig. 28) : c'est l'étui médullaire rempli
CDuptYïKicieeroBied-dn jg moelle (D, fig. 28). Cet étui méir°n"VBmfri d"iru''rBfln'iL*- ^"""'''^ ^^' formé de quelques vaisseaux ; puis il est recouvert' par une couche Irès-mince de liber, de tissu sous-ëpidermoide (CE), et
répiderme (F). Ces dififërentes parties sont les seules dans les arbres qui se développent de bas en haut^ ef naissent toujours d'un bouton : c*est le système ascendant. Toutes les autres par* tics se développent constamment de haut en bas comme nous le Terrons plus loin.
Bientôt après cette évolution de l'axe des bourgeons^ les premières feuilles (G) se déploient^ et, commençant immédiatement leurs fonctions, transforment en cambium la sève des racines. Il s'établit alors, dans chacun de ces nouveaux prolongements, une lutte entre deux effets opposés : la sève ascendante qui, par sa force, détermine le prolongement des tissus ; et la sève descendante ou cambium qui, déposant sur son passage des matières nutritives, tend à constituer et à solidifier ces mêmes parties, à diminuer leur élasticité, et à arrêter ainsi leur allongement. Le développement des filets ligneux (H), et du liber (l), qui naissent de la base des feuilles en se dirigeant de haut en bas, contribue aussi beaucoup à arrêter cette élongation, qui cesse toujours vers la fin de Tannée, en commençant d'abord par la base des bourgeons.
Tel est, en général, le mode d^accroissement en hauteur des arbres ; le tronc, les branches et les rameaux se sont ainsi étendus par le développement successif de bourgeons term|§aux.
Ce qu'il y a de remarquable dans ce qui précède, c'est, comme nous venons de le dire, que les bourgeons, après s'être allongés pendant une année environ, restent stationnaires, ou, du moins, que leur prolongement n'a plus lieu que par le développement dun nouveau bourgeon terminal. Ainsi Duhamel fixa, à d'égales distances les unes des autres, des pointes, disposées sur une ligne longitudinale, sur des troncs, des branches et des rameaux , après plusieurs années d'observations, il ne remarqua pas que l'espace réservé entre ces pointes eût augmenté.
La longueur qu'acquiert chaque boiu*geon pendant l'année de son développement varie en raison de plusieurs circonstances.
Si l'on compare entre eux deux arbres de même espèce placés dans des circonstances différentes, on observera souvent que la plupart des bourgeons développés par l'un seront beaucoup plus longs que ceux de Taulre. Ce fait a pour cause générale l'inéga* Vilé d'action de la sève ascendante et celle de la sève descen-
dante. En effets si Tun de ces arbres se trouve planté dans un sol humide et dans une position ombragée, la sève ascendante, trèsabondante, et surtout très-aqueuse, agira avec force sur rallongement des bourgeons ; d'un autre côté, les fonctions des feuilles se faisant incomplètement, en raison du peu de lumière qui les éclaire, la sève descendante ou cambium sera aussi trèsaqueuse et peu riche en principes organisateurs. 11 résultera de ces deux causes que les tissus des bourgeons se solidifieront lentement, que les productions descendantes du bois et du liber seront peu abondantes, et que les bourgeons devront acquérir bien plus de longueur dans un temps donné.
Si, au contraire, un autre individu de la même espèce se trouve planté dans un terrain sec, exposé à une lumière très- vive, la sève ascendante sera moins aqueuse et plus riche en principes nutritifs, les feuilles fonctionneront avec une grande énergie, et la sève descendante sera très-riche en molécules organisatrices. Il en résultera que les tissus des bourgeons étant,d'un côté, soustraits à une partie de l'influence de la sève ascendante, et, de Tautre, recevant une grande quantité de molécules nutritives, se solidifieront bien plus promptement, et que leur allongement se trouvera aussi plus vite arrêté par l'abondance des filets ligneux ^j^orticaux descendants. Ces bourgeons acquerront alors bien moms d'étendue dans un temps donné.
On trouvera encore des différences très-grandes entre les diverses espèces ligneuses, quanta la longueur de leurs bourgeons. Ici elles ne sont plus dues seulement à rinfiuence des causes extérieures, mais encore au mode de nutiition particulier à chaque sorte d'arbre. Comparons, par exemple, la vigne et le chêne. La vigne développe des bourgeons qui acquièrent souvent jusqu'à 5 et 6 mètres de long, tandis que dans le chêne les plus vigoureux ne dépassent guère i mètre. Gela tient à ce que la vigne, s'assimilant une bien moins grande proportion de matière carbonée que le chêne^ les causes qui s'opposent à l'allongement des tissus s'y produisent avec moins d'intensité. Nous pourrions en dire autant du saule, du peuplier, du tilleuly comparés au chêne ; aussi le bois de ces arbres est-il, à volume égal, bien moins riche en charbon que celui du chêne.
L'allongement des bourgeons, observé sui* un même individu,
offre aussi des difTérenccs remarquables. On voit que le bourgeon terminal d'un rameau est toujours plus vigoureux et acquiert plus de longueur que ceux placés au-dessous (B, fig. 4). Ce phénomène s'explique quand oq songe que la sève ascendante, trouvant moins dobstacles à circuler dans une ligne droite que dans une ligne brisée^ doit agir avec bien plus d'énergie sur l'allongement du bourgeon terminal que sur celui des bourgeons latéraux. Nous devons ajouter que le bouton terminal d'un rameau étant formé après les boutons latéraux, les vaisseaux ligneux qui y portent la sève des racines recouvrent en grande partie ceux qui alimentent directement les boutons latéraux^ -il en résulte que les vaisseaux du bouton terminal, formant immédiatement l'extrémité des radicelles, absorbent plus facilement et en plus grande quantité les fluides répandus dans le sol; cela est si vrai que les boutons terminaux se dévclo(>pent toujours avant les boutons latéraux. On voit aussi que plus un rameau développe de bourgeons, moins ceux-ci acquièrent de longueur ; la sève ascendante, partageant son action entre les divers bourgeons, agit d'autant moins -activement sur chacun d'eux qu'ils sont plus nombreux. Nous nous rappellerons ces principes lorsr que nous nous occuperons de l'élagage.
JLccrof ssement en diamètre; — L'accroissement . en diamètre des diverses parties de la tige commence à s'opérer en même temps que leur développement en longueur. Suivons cet accroissement dans une jeune tige née depuis quelques jours seulement.
A mesure que cette jeune lige s'allonge et que les feuilles se déploient, celles-ci élaborent le cambium. Ce fluide organisateur, une fois formé, descend, par les nervures de la feuille, jusqu'à la base du pétiole. Là il produit un. certain nombre de vaisseaux ligneux (M, fig, 7) qui, naissant de ce point, recouvrent le canal médullaire et se prolongent jusqu'à Texlrémité des radicelles : c'est la première formation de l'aubier. Les feuilles qui se développent au-dessus de la première fournissent égalcmentun certain nombre de ces vaisseaux ligneux (D, fig, 7) qui recouvrent successivement ceux des feuilles placées au-dessous, et se prolongent également jusqu'à Textrémité des racines. Ce développement et cette superposition successive de vaisseaux ligneux se produisent
sur la jeune tige tant qu'elle donne naissance à de nouvelles feuilles. Vers Tautorane, les feuilles venant à disparaître, il n'y a plus préparation de cambium, et les formations ligneuses cessent. La sève ascendante n'étant plus appelée par les feuilles, les fonctions des racines sont aussi en partie suspendues. Ce qui se forme ainsi d'aubier sur la tige, pendant le cours de la végétation, donne lieu à une couche séparée de celles qui suivront par une petite ligne de couleur plus foncée (/î^. 6).
S'il est vrai quMl se forme chaque année sur la tige une couche distincte de bois, il doit être possible de déterminer approximativement l'âge d'un arbre, en comptant sur la coupe transversale de son tronc le nombre de ses couches ligneuses ; mais, pour que le calcul puisse approcher de la vérité, l'arbre doit être coupé près de sa base ; car, si la section était opérée sur un point plus élevé que celui où s'est arrêté, la première année, l'allongement de la jeune tige, et par conséquent, la formation de la première couche ligneuse (en A, par exemple, fig, 9), on compterait une ou plusieurs couches de moins.
Pour prouver le degré de précisiofi de ce procédé, nous citerons le fait suivant. Nous avons coupé transversalement le tronc d'un platane qui fut abattu, en 1838, par un ouragan sur le boulevard Martainville, à Rouen. Cette avenue fut plantée en 1776, sous l'intendance de M. de Crosne. Eh bien, en comptant les couches ligneuses de cette coupe, nous en avons trouvé 67. Le nombre d'années écoulées de 1776 à 1838 est de 62; comme l'arbre avait au moins 5 ans quand on l'a planté, on voit que le nombre de couches observées indiquait son âge d'une manière assez exacte.
En considérant attentivement la masse du corps-ligneux sur la coupe transversale d'un tronc d'arbre déjà âgé, on remarque que les couches concentriques qui la composent offrent entre elles une grande irrégularité d'épaisseur. L'étude comparée de la coupe d'un certain nombre de troncs de vieux arbres a démontré, qu'en général, leur accroissement en grosseur est d'abord assez prompt, mais qu'à une certaine époque de leur existence, époque assez reculée d'ailleurs et variant selon les espètes> l'accroissement annuel diminue beaucoup et se continue ensuite jusqu'à la mort de l'arbre sans perdre ni gagner sensi-
blemcnt. Cette diminution d'accroissement paraît tenir à deux causes, savoir : on piemier lieu, à ee que les racines, en s'éloignant en profondeur de l'induence de l'air libre, remplissent moins bien leurs fonctions ; en second lieUj à ce que l'écorcc du Irone devient, en vieillissant,, plus sèche, moins flexible, et s'oppose ainsi au libre accroissement du liber et de l'aubier. Knighl, physiologiste anglais, a vu que de vieux poirieri et pommiers, après avoir été débarrassés de la partie eitérieure,sèche et désorganisée de leur écorce, ont formé plus de bois en deux ans qu'ils ne l'avaient fait pendant les vingt années précédentes. Au surplus, ces deux causes générales sont modiflëcs par la plus ou moins grande fertilité des diverses zones de terre que les racines rencontrent dans leur trajet pendant ta vie de l'arbre. * Ainsi, OD voit quelquefois des couches ligneuses, développées pendant la jeunesse de l'arbre, èlre plus minces que celles qui les précèdent et les suivent. Ces couches correspondent à une époque de la vie de l'arbre où les racines se trouvaient engagées dans une terre moins fertile.
Quelquefois aussi, presque toutes les couches ligneuses de certains troncs présentent, vers le même point de leur étendue circulaire (en A, fig. 29), une épaisseur plus considérable que »ers les autres points ; de telle sorte que le canal médullaire parait être placé latéralement, et que le tronc offre de ce côté un rcnncmenl longitudinal Irès-marqué. Ce phénomène est dû à la présence d'une grosse branche au-dessus de ce point. Celle- ci supportant un plus grand nombre de feuilles , il s'; produit plus de cambium et de vaisseaux ligneux, et les couches de bois acquièrent nécessairement de f'9- *"■
ce C3té plus d'épaisseur. Si on '^"'P^ lnins»eri»j« d'une lige
venait à supprimer cette grosse io™tc>piu>éi)iiue>d'uDc6té. branche, ces couches ligneuses cesseraient aussitôt leur accroissement disproportionné!. Nous avons vu, en étudiant l'organisation du corps ligneux,
qu'il offre deux parties distinctes : F une centrale^ d'un tissu plus serrée plus dur^ ordinairement plus coloré, et à laquelle on donne le nom de bois parfait; Tautre placée àTextérieur, d*un tissu plus lâche, d*une couleur toujours jaunâtre, et que Ton connaît sous le nom d'aubier. C'est ici le moment de parler de la formation du bois parfait.
Nous savons que l'ascension de la sève s'opère surtout par la couche d'aubier la plus extérieure ; cette couche conserve ses fonctions pendant une, deux, quelquefois même pendant quatre ans, selon le diamètre plus ou moins grand des vaisseaux qui charrient la sève et qui s'obstruent plus ou moins vite. Si Ton opère, au printemps, une section annulaire, large de 0^,\0 en- • viron sur le tronc d'un faux acacia, par exemple, dont le tissu est très-serré, et qu'on isole cette plaie du contact de Fair, la partie placée au-dessus de la section languira pendant le restant de Fannée, mais elle ne végétera plus au printemps suivant. La couche d'aubier ne conservant ses fonctions que pendant une année, n'aura pu être remplacée, au point de la section annulaire, par une nouvelle couche, et la sève ascendante n'arrivant plus aux feuilles, Farbre mourra. L'orme, dont le tissu est un peu plus mou, soumis à la même expérience, ne cesse de vivre qu'au bout de deux ans. Le marronnier, le peuplier, le saule, à tissus plus lâches et moins faciles à obstruer, vivent encore pendant trois et quatre ans.
Tant que les couches ligneuses servent à la circulation des fluides, elles reçoivent toujours quelques molécules nutritives 'qui viennent augmenter leur densité, et continuent de faire partie de l'aubier. Mais bientôt, les vaisseaux qui composent ces couches Unissant par s'obstruer, leurs fonctions cessent ; les fluides qu'elles contiennent encore se solidifient, elles acquièrent plus de dureté, une coloration plus intense, et prennent enûn le caractère du bois parfait.
Néanmoins, dans les arbres à bois mou, le marronnier, le peuplier, les couches ligneuses centrales diffèrent peu des couches extérieures, et le bois parfait y est peu distinct de l'aubier : c'est que le cambium élaboré par les feuilles de ces arbres est bien moins riche en matière carbonée, et que, les tissus qui en résultent élant plus lâches, les vaisseaux cessent leurs fonctions avant
d'être complélementobslniés et d'avoiracquis une grande dureté. La circulation des fluides est alors empêchée dans ces yaisseaux par les nouvelles couches d'aubier qui^ venant les recouvrir annuellement, privent leur extrémité inférieure du contact immédiat du sol et les empêchent d'absorber.
Une fois que les couches ligneuses sont passées à l'état de bois parfait, elles ne servent plus qu'à supporter les parties essentiellement vivantes, c'est-à-dire les couches d'aubier les plus extérieures et récorcc. Encore le bois parfait n'est-il pas, sous ce rapport, indispensable à Texistencc des arbres ; car on voit tous les jours des chênes^ des ormes , des saules entièrement creux et qui végètent cependant avec force. Ce fait a servi à démontrer combien était peu fondée l'opinion de ceux qui pensaient que l'ascension de la sève continuait de s'opérer par le canal médullaire.
Les diverses parties que comprend Vécorce présentant un mode d'accroissement différent, nous devons les étudier séparément : occupons-nous d'abord du liber.
Le iiber^ partie la plus intérieure de Técorce, immédiatement en contact avec Taubier (E et F, fig. 7], se compose, comme nous le savons déjà, de feuillets minces superposés, et formés euxmêmes par la réunion de vaisseaux. Ces vaisseaux naissent aussi de la base des feuilles (E, fig, 7) et se prolongent, comme les filets ligneux, jusqu'à l'extrémité des radicelles. Seulement, dans le liber, les vaisseaux qui descendent successivement se développent les uns au-dessous des autres (F, fig. 7), de sorte que les plus nouvellement formés sont toujours les plus intérieurs; tandis que dans le corps ligneux, les nouvelles couches se recouvrant l'une l'autre, la plus jeune est toujours à l'extérieur de l'aubier. Ce^ui se forme de vaisseaux du liber pendant le cours de la végétation d'une année donne lieu, comme dans l'aubier, à une couche distincte.
Lecambium préparé dans les feuilles ne concourt pas seulement au développement des vaisseaux descendants de l'aubier et du liber, il produit encore le tissu cellulaire interposé entre les mailles formées par ces différents vaisseaux (r, fig. 8). Ainsi, une pai-tie du cambium circule en descendant dans les vaisseaux du liber ; il s' extravase par les pores et les fentes de ces vaisseaux^
entre la couche d'aubier la plus extérieure et la couche du liber la plus intérieure (en g, fig. 7). Là^ à mesure que les vaisseaux de Taubier et du liber s'allongent et s'organisent^ le cambium donne lieu à la formation du tissu cellulaire qui existe entre leurs mailles^ et maintient en outre le trajet parcouru par ces vaisseaux dans un état d'humidité favorable à leur développement.
Tel est le mode de formation du corps ligneux et des couches du liber. L'année suivante^ au printemps, les vaisseaux de la couche d'aubier formés avant l'hiver servent à faire arriver la sève des racines jusqu'aux boutons ; les feuilles se déploient et concourent à la production de deux nouvelles couches, une couche d'aubier et une couche de liber, qui sont interposées entre les deux précédentes; c'est-à-dire, que la nouvelle couche d'aubier recouvre la dernière formée, et que la nouvelle couche de liber, se développant au-dessous de celle qui l'a précédée, la repousse à l'extérieur. C'est de cette manière qu'a lieu l'accroissement en diamètre du tronc, des branches et des rameaux des
arbres.
Dans les jeunes tiges, on rencontre, à l'extérieur du liber, une couche de tissu cellulaire de couleur souvent verdâtre, à laquelle on a donné le nom de tissu sous-épidermoide {e, fig, 7). Cette couche est le résultat du cambium sécrété par le tissu cellulaire placé entre les mailles du liber, et répandu par les vaisseaux du liber dans lesquels il circule.
Une nouvelle couche de ce tissu sous-épidermoïde est produite chaque année dans les jeunes liges, et repousse les anciennes à l'extérieur. Cet état de choses se continue jusqu'à ce que, par le grossissement du corps ligneux, les couches du liber les plus anciennes et les plus extérieures viennent à se distendre, à se déchirer. Mises en contact avec l'air, ces couches se dessèchent et passent à l'état de couches corticales inertes (d, fig, 6). C'est alors que le liber encore vivant, étant recouvert par ces couches sans vie, il n'y a plus production de tissu sous-épidermoïde : c'est ce que l'on remarque sur les vieux troncs.
Néanmoins, quelques espèces offrent, sous ce rapport, une anomalie remarquable. Dans le bouleau, le merisier, le chéneliége et d'autres espèces encore, le liber est organisé de manière
à se distendre assez pour se déchirer trcs^pcu sous Tinfluencc du grossissement du corps ligneux. Il en résulte que les aucicnnes couches du liber passant moins vite à l'état de couches corticales^ la production du tissu sous-épidermoïde est beaucoup plus prolongée^ et que les courhcs annuelles de ce tii^su s'accumulent en plus grand nombre à la surface du ti'onc^ et lui donnent sou* vent un aspect particulier. Dans le bouleau et le merisier, ces feuillets minces et blancs qui couvrent la surface du tronc ne sont autre chos<e que les couches accumulées du tissu sous-épidermoîde. Dans le chéne-liége, le liège qui se forme sur le tronc est également dû à la réunion des couches annuelles du tissu sous-épidermoïde. Cependant, les troocs mêmes de ces espèces unissent, en vieillissant, par déchirer les couches de liber, les placer sous Tinfluence de Tair et les faire passer à l'état de couches corticales. Celles-ci se détachent alors de la tige par fragments et mettent à nu les couches vivantes du liber, et Ton voit se former, à la surface de ces couches^ de nouveaux tissus sousépidermoïdes qui se détacheront d'eux-mêmes après un certain nombre d'années.
L'épiderme, dans Les jeunes rameaux, est, comme nous l'avons vu, une petite pellicule mince, transparente, qui recouvre la première couche du tissu sous-épidermoîde. Cet épiderme paraît être destiné k abriter la couche inférieure, alors qu'il n'existe pas encore d'anciennes couches de tissu sous-épidermoïde pour remplir cette fonction. Ce qu'il y a -de certain, c'est que, dans les branches un peu âgées, où ces anciennes couches sont nom* breuses, il n'y a^plus formation d'épiderme.
Ainsi que nous venons de le voir, les couches corticales , dont nous avons parlé en nous occupant de la structure de la tige (d, fig, 6), ne sont que la réunion des anciennes couches du liber desséchées et désorganisées par l'impression de l'air. Ce qui le prouve, c'est que, dans les jeunes tiges, on ne rencontre pas ces couches. On n'y trouve, comme écorce, que du liber, du tissu sous-épidermoldeet de Tépiderme. Le corps ligneux, grossissant continuellement par l'addition annuelle de nouvelles parties, distend considérablement les couches corticales les plus anciennement formées, celles qui sont les plus extérieures. Il en résulte que les mailles du tissu de ces couches s'entr'ouvrent et se des-
ainent k la surrace des vieux troncs sous forme de losanges trèsallongées. C'est ce qui donne aus troncs de la plupart de nos arbres cet aspect rugueux, augmenté encore par l'action destructive de l'air. Dans le platane, le hêtre, cette cause agit dilîércmment ; les anciennes coucties de liber, à mesure qu'elles pasi^ent à l'étal de couches corlicales, se détachent du tronc par plaques plus ou moins grahdes, et tombent.
Un phénomène bien remarquable, dans l'accroissement de l'écorce, c'est la facilité avec laquelle elle recouîre les plaies faites à la tige des arbres. Si l'on enlève, au printemps, .une certaine
quantité d'écoicesurleironc d'un arbre, jusqu'à l'aubier {/S3. 30), le liber est tronqué et mis à nu sur tiius les bords de la plaie. Bientôt la s6ve descendante ou cambium, arrêtée dans sa marche, s'eitravase par l'oritice des vaisseaux coupés, se solidiGe, s'organise, et forme un bourrelet sur le bord supérieur delà plaie et sur les deux bords latéraux (fig. 31). Ces bourrelets sont d'abord formés par une petite masse de tissu cellulaire; mais bientôt les Qlets ligneux et ceuxdu liber, descendant des feuilles à la face extérieure de l'aubier et à la face intérieure du liber, rencontrent également la solution de continuité. Pénétrant alors le bourrelet de tissu cellulaire, ils rampent d'abord horizontalement à la partie supérieure de la plaie, puis, descendent de chaque côté comme l'indique la figure 3'2, où l'ou a enlevé la couche de tissu celinlairequi recouvrait ces productions : de soi-le, qu'à la fin de
AGCROlSSEliENT. 39
TaDDée^ ces bourrelets sont formés par une petite couche d'aubier et uQe couche d'écorce.
L'année suivante, une nouvelle couche d'aubier et une de liber s'interposent entre les couches de Tannée précédente, et le bour* relet grossit d'autant. Chaque année, le même phénomène se reproduit, jusqu'à ce que ces bourrelets unissent par se joindre au centre de la plaie, et par la clore entièrement (fig. 33).
Toutefois il reste une trace indélébile de cette plaie sur la couche d'aubier qui a été exposée pendant plus ou moins de temps à l'influence désorgànisatrice de l'air. Cette surface, qui a acquis une couleur brune, et qui n'a contracté aucune adhérence avec l'aubier des bourrelets qui sont venus la recouvrir peu à peu, est toujours visible dans l'intérieur de l'arbre.
C'est de cette manière qu'on explique la présence de dessins, de chiffres dont on trouve quelquefois la trace dans le corps 11* gneuxde cei-tains arbres lorsqu'on vient à les exploiter.
Nous avons dit que l'accroissement annuel des tiges en longueur et en diamètre est continu ; néanmoins, dans beaucoup de cas, on remarque deux périodes d'accroissement pendant le temps de la végétation. Au printemps, la circulation des fluides étant très-active, les feuilles, nouvellement développées, remplissent leurs fonctions avec beaucoup d'énergie. L'accroissement 9es diverses parties de la tige est alors très-rapide, et c'est à ce premier moment de la circulation qu'on donne le nom de sève du printemps. Mais, si l'on se rappelle que l'élaboration des fluides s'opère dans le tissu cellulaire des feuilles, et si l'on songe à la masse de fluides qui est décomposée et recomposée dans chaque cellule sous l'influence delà lumière, on concevra facilement que le jeu, que l'action vitale de ces cellules ne puissent se prolonger longtemps aveè la même intensité, et que les feuilles ne remplissent plus leurs fonctions avec la même rapidité qu'à leur début. D'ailleurs, ces cellules finissent par être obstruées par les matières terreuses dissoutes dans les liquides puisés dans la terre par les racines et qui s'y déposent. 11 en résulte que les fonctions des feuiUes diminuent peu à peu depuis le printemps jusqu'au moment où eUes sont entièrement obstruées ; l'accroissement suit nécessairement cette diminution.
Souvent, les mêmes feuilles continuent leurs fonctions jusqu'à
la fin de l'automne ; alors raccroissement aura été continu. Mais, souvent aussi, dans les individus très-vigoureux, dans ceux qui puisent et élaborent Une grande quantité de fluides nutritifs, les feuilles se trouvent obstruées bien avant cette époque; c'est or« dinairement vers le mois d'août que ce phénomène se produit. Toute l'énergie vitale se porte alors sur les boutons placés à l'extrémité des rameaux ; et ceux-ci, stimulés par la chaleur, se développent et donnent naissance à de nouvelles feuilles. Ces feuilles fonctionnent avec beaucoup d'activité, et déterminent une recrudescence dans la circulation des fluides et dans Taccroissement. C'est à cette recrudescence de végétation qu'on a donné le nom de sève d'août.
Lorsque la sève d*août se manifeste dans les premiers jours d*août, les rameaux qui en résultent peuvent recevoir avant l'hiver une organisation et une solidification qui les mettent à Fabri de Tinfluence fâcheuse des gelées. Mais, quelquefois aussi^ cette recrudescence de végétation n'a lieu que vers le mois de septembre ; et les productions auxquelles elle donne lieu restent alors molles, herbacées, souiTrent beaucoup pendant Thiver, et ne fournissent au printemps suivant que des bourgeons peu vigoureux. Tel est, en somme, le phénomène de l'accroissement des tiges. Disons un mot de l'accroissement des racines.
Accrolssenent des racineti* — L'accroissement en diamètre des racines est en tout semblable à celui des liges ; mais leur accroissement en longueur diffère essentiellement de celui des parties aériennes des arbres. L'allongement des tiges est le résultat de l'action de la sève des racines sur les vaisseaux ascendants du canal médullaire et de l'écorce des jeunes bourgeons. Dans les racines, au contraire, cet accroissement est produit par le prolongement des vaisseaux ligneux qui, en de&- •ccndant jusqu'à l'extrémité des racines, se recouvrent sans cesse les uns les autres et déterminent l'allongement des radicelles. Parfois, ces vaisseaux ligneux, empêchés dans leur trajet, s'écartent de leur direction naturelle, percent l'écorce de la racine et donnent lieu aux nombreuses ramific^itions qu'on y remarque. L'allongement des racines comparé à celui des tiges présente encore celte autre différence : nous avons vu que Taxe des bourgeons continue de s'allonger dans toutes ses parties pendant
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un certain laps de temps ; les jeunes prolongements radicaux . ne croissent au contraire que par leur extrémité. C'est ce que Ton pourra constater au moyen de signes tracés à des distances égales sur un jeune prolongement radical ; l'intervalle existant entre eux ne changera pas^ et Ton constatera au delà du dernier toute la longueur que ce prolongement aura acquis pendant l'expérience. Les racines sont recouvertes d'une écorce constituée comme celle des rameaux. Leur liber est aussi le résultat du prolongement des vaisseaux de Técorce qui naissent de la base des feuilles.
L'allongement des racines suit en générai le progrès de celui des bourgeons. Toutefois un certain nombre déjeunes prolongements radicaux paraissent précéder chaque année Fapparilion des premières feuilles. En effet on observe souvent, en déplantant les arbres vers la fin du mois de février, de nouvelles radicelles développées depuis quelques jours seulement. Ces jeunes racines sont formées par des filets ligneux et corticaux qui, surpris à la fin de l'automne dans leur mouvement de descension par les premiers froids, se sont arrêtés, pour reprendre leur trajet sous l'influence des variations de température qui, pendant l'hiver, empêchent la végétation de rester complètement suspendue. Ces vaisseaux ligneux et corticaux, produits par les feuilles voisines du bouton tenuinal de chaque rameau, portent tout d'abord la sève vers ces boutons qui se développent toujours les premiers au printemps.
La présence d*une certaine quantité d'air est indispensable à la vie des racines et à l'accomplissement- de leurs fonctions. Si, par une circonstance quelconque, elles se trouvent enterrées à une trop grande profondeur, elles ne fonctionnent plus et finissent par pourrir. C'est ce que Ton remarque pour le pivot de la racine de nos grands arbres, qui commence à ^e détruire après les quatre ou cinq premières années de leur existence. De nombreuses ramifications se développent alors du collet, et elles sont d'autant plus grosses qu'elles sont plus près de la surface du sol. Nous aurons à faire Tapplication de ces faits lorsque nous parlerons des plantations.
Si l'on compare le développement des divisions de la racine avec celui des divisions de la tige, on remarque que, presque
toujours^ les plus grosses ramifications de la racine se trouvent placées au-dessous des plus grosses branches qm, pourvues d'une grande masse de feuilles^ préparent une quantité considérable de cambium^ et envoient vers la base de nombreux filets ligneux. Il en résulte que les racines placées au-dessous de ces branches prennent plus de développement que sur les autres points.
Mort èen àrbreé. — L'énergie vitale donne aux molécules qui arrivent dans, les tissus des arbres, une forcé telle qu'elles résistent jusqu^à certain point aux lois des affinités chitiiiques et de la pesanteur. Tant que cette force est prédoniitiante^ elle fait passer la matière brute à Tétat de matière organisée ; mais, comme, la pesanteur et les affibités agissent sans relâche- et toujours avec une égale intensité^ tandis que l'énergie vitale se ra-^ lentit et's'éteint même par un trop long exercice, tôt ou tard la vie cessey et les formes de l'organisation disparaissent. Lé temps suffit donc pour amener la mort des arbres, indépendamment d*une foule de circonstances accidentelles qui viennent souvent troubler l'action des forces vitales et déterminer des nialàdies qui abrègent la durée de chaque individu. . * .
En traitant de la culture des arbres, nous nous ' arrêterons à l'étude de leurs maladies, et nous indiquerons les moyens de les . prévenir ou d'y remédier. Occupons-nous seulement ici de leur mort naturette.
En considérant la vieillesse du tronc de certains arbres âgés de (dus de huit cents ans, comme celui du Chêne-Chapelle d*Allouville, dans la Seine- Inférieure (pi. I), ou de plus de quatorze cents ans, comme ceux des ifs de la Haie-dé-Routot, dans le département de l'Eure (pi. U), on serait tenté de croire à l'immortalité dé quelques-uns d'entre eux. On croirait qu'ils échappent à la loi générale, 'd'après laquelle chaque être organisé doit périr dans un temps donné. Mais, en se reportant à l'examen de leur mode d'accroissement, on reconnaît qiie, comme dans toutes les plantes, la vie né se prolonge dans chacun de leurs organes que pendarit:*i>èti d'années. En effet, les parties essentiellement vivantes des arbres, c'est-à-dire les couches les plus jeunes du liber et dô l'aubiei*, ne conservent guère leurs fonctions que pendant àkMX h trois ans ; au bout de ce temps, elles sont rempla-