MORT DES ARBRES
cées par de nouvelles couches et deyiennent complètement inertes. Les organes absorbants, les feuilles et les extrémités radiculaires ne vivent qu'une année. Des productions semblables leur succèdent Tannée suivante. G*est donc réellement un nouvel arbre qui se développe et recouvre annuellement les anciens, dont la vie a cessé. L* origine de ce nouvel arbre est dans les boutons placés sur les rameaux de Tannée précédente, et qui peuvent être comparés à des graines.
Si, dans les plantes dites annuelles, le lin, la moutarde, Ton ne remarque pas cette accumulation d'individus superposés, comme dans les arbres, c'est que la fructification très-abondante de ces plantes, épuisant leurs tissus, anéantit leur force vitale : il n'y a pas alors production de boutons qui puissent entretenir la vie dans la couche du liber et fournir une nouvelle végétation Tannée suivante. Cela est si vrai que, si Ton empêche Tune d'elles de fructifier, en enlevant les fleurs à mesure qu'elles se développent, on voit se former des boutons à Taisselie des feuilles, le liber se maintient vivant au delà du terme ordinaire, et. Tannée suivante, ces boutons donnent naissance à un nouvel individu qui recouvre entièrement l'ancien. Si, donc, nous ne considérons que les parties essentiellement vivantes des arbres, nous pouvons dire qu'ils ne prolongent guère leur existence au delà de deux à trois ans. Mais, si nous donnons le nom d'arbre à l'ensemble des parties vivantes et des parties inertes, composées des anciennes couches ligneuses, nous dirons qu'il n'y a point de terme naturel à leur durée, parce que les forces vitales sont aussi énergiques dans le liber et dans les boutons d'un chêne de cent ans que dans ceux d'un chêne de trente ans.
La mort dans les arbres, considérée sous ce dernier point de vue, est donc toujours accidentelle. Néanmoins, quelques espèces paraissent céder plus promptement que d'autres à Tinfluence de ces causes accidentelles. Ainsi, les peupliers, les marronniers résistent moins longtemps que le chêne, Tif, etc. Leurs tissus, moins serrés et moins durs, sont plus facilement impressionnés par les causes destructives qui réagissent constamment sur eux. Mais, lorsqu'ils se trouvent placés hors de Tatteinte de ces causes, ils vivent aussi longtemps que le chêne et Tif. On cite Texemple de tilleuls, de peupliers et-de marronniers âgés de plusieurs siècles.