OPÉRATIONS CONTRE LA SÉCHERESSE DU SOL
diatement au-dessous d'elles. Celles-ci produisent le même effet sur les particules inférieures, et c'est ainsi que de proche en proche la sécheresse parvient à de grandes profondeurs.
A Taide du binage^ on ameublit la superficie du sol ; cette couche supérieure ainsi pulvérisée perd, il est vrai, rapidement son humidité, mais, n'étant plus adhérente à la partie inférieure, elle ne répare plus aux dépens de* celle-ci la perte qu'elle a éprouvée, et, s'interposant entre Faction du soleil et la couche inférieure, elle devient un obstacle au dessèchement de cette dernière. Pour maintenir cet état de choses, il faut donner un nouveau binage après chaque ondée de pluie; car celle-ci, en mouillant la surface, lui fait contracter une nouvelle adhérence avec la couche inférieure, et détruit les effets du premier binage.
Les binages peuvent être surtout utilement employés dans les terres ai^ileuses, qu'ils maintiennent dans un état convenable d'ameublissement.
Couvertures, — Quant aux terres légères, siliceuses ou calcaires, elles sont très-perméables et toujours trop exposées à Té vaporation. Il conviendra de remplacer les binages par les couvertures. Celles-ci pourront se composer déjeunes tiges de genêts de bruyère, de fougère, de feuilles sèches, d'herbes de marais, de mauvaises litières. On en forme à la surface du sol une couche continue épaisse d'environ 0"*, 08. Ces couvertures offrent le triple avantage d'empêcher les effets de l'évaporation sur le sol, de s'opposer à la cfoissance des plantes nuisibles, de pouvoir être enterrées et de servir ainsi d'engrais lors de l'enlèvement des plants. Leur action sera la même que celle des binages, c'est-à« dire que, non adhérentes avec la surface du sol, elles seront un obstacle à l'action des rayons solaires.
Il sera bon de réunir ces couvertures^ pendant chaque hiver, en une ligne entre les rangs d'arbres, afin d'empêcher les mulots et les souris de s'y réfugier et de ronger le pied des arbres, et aussi pour exposer à l'action des gelées les insectes nuisibles qui s'y abritent.
Arrosements, — Les deux opérations précédentes suffiront pour défendre de la sécheresse les pépinières du Nord et du Centre,
mais elles seront impuissantes dans les pépinières du Midi, Là il faudra avoir recours nécessairement aux arrosements appliqués sous forme d'irrigation. Aussi ces pépinières ne devront être établies que là où celte opération pourra être pratiquée^ et les plates-bandes et carrés devront être situés un peu au-dessous du niveau des chemins afm que les eaux puissent y être facilement amenées. — U est difficile d'indiquer d'une manière précise la fréquence et Ta^ondance de ces arrosements; cela dépend du degré de perméabilité du sol et de l'intensité de la chaleur ; toutefois un arrosement répelé toutes les semaines pendant les grandes chaleurs sera généralement sufûsant. Il sera bon d'arroser autant que possible dans la soirée. Si Ton peut joindre les couvertures à cette opération^ Tévaporation sera moins rapide et les arrosements seront plus profitables.
Formatton de la ti|^e des arbres de haut Jet* — Les }K)utures que Ton a plantées dans les carrés a (fig. 34), ainsi que les jeunes plants qu'on y a repiqués pour former des arbres de haut jet, doivent recevoir pendant leur développement certains soins destinés à imprimer à leur tige une direction convenable.
Boutures. — Les boutures développent deux ou trois bourgeons pendant le premier été qui suit leur plantation. Au commencement de mars suivant, on choisit le plus vigoureux des trois rameaux et on le place dans une position verticale en rattachant, au moyen d'un osier, contre le prolongement de la bouture (fig, 44), puis on supprime la moitié de la longueur des deux autres rameaux. Il résulte de cette opération que le rameau A choisi pour former la tête de l'arbre acquiert une grande vigueur. Après une nouvelle année de végétation on coupe en B le sommet de la bouture.
Recepage des plants repiqués, — Il est bien rare que les plants repiqués destinés à former des arbres dé haut jet se développent de façon à produire une tige droite et vigoureuse. On leur applique alors le recepage qui donne à coup sûr ce résultat. On pro • cède ainsi :
Après la deuxième année de végétation, vers Ja fin de février, on coupe la tige de tous ces jeunes plants à 0", iO environ audessus du soi. Ce tronçon de tige se couvre bientôt de bourgeons