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PRÉPARATION DU SOL

Vroug. — La confection des trous doit être considérée sous quatre points de vue différents : leur forme, leurs dimensions, l'époque où on doit les exécuter, la manière dont ils doivent être faits.

Les trous destinés à la plantation des arbres de haut jet peuvent être circulaires ou carrés. Sans attacher une grande importance à cette question^ nous pensons qu'on devra donner la préférence à la forme circulaire, parce que, Tarbre étant placé au centre, ses racines trouveront un espace égal à parcourir de tous côtés, tandis qu'au milieu d'un trou carré les racines qui se dirigeront perpendiculairement sur les côtés se heurteront plus tôt contre la terre non remuée que celles qui prendront une direction diagonale.

On a remarqué que les racines, ayant constamment besoin de l'influence de Fair, tendent à se développer plutôt horizontalement que verticalement ; les trous devront donc être plus larges que profonds. Cette largeur doit varier, selon que le sol est plus ou moins fertile. En effet, plus il y aura de différence entre la fertilité de la pépinière et celle du nouveau terrain, plus on devra retarder le moment oii les racines des arbres seront obligées de s^'engager dans la terre non remuée. On pourra, au contraire, diminuer rétendue des trous lorsque le terrain à planter s'éloigner^ peu par sa fertilité de celui de la pépinière. Les deux limites extrêmes seront, pour les terrains les plus médiocres, au moins 2 mètres de largeur, et pour les terrains les plus fertiles, 1 mètre. Il sera facile de prendre des largeurs intermédiaires, selon que le sol se rapprochera plus ou moins de ces deux points extrêmes. Dans tous les cas, il n'y aura qu'avantage pour les arbres à ^tendre les limitjBs que nous venons de poser, tandis qu'il y aurait de graves inconvénients à les restreindre. Il n'y a qu'une seule circonstance où l'on puisse sans inconvénient faire des trous moindres d'un mètre de largeur : c'est lorsqu'on plante un sol qui a été défoncé uniformément sur toute son étendue, ou lorsqu'on plante la levée d'un fossé dont le sol a aussi été ameubli.

La profondeur des trous doit être moins considérable que leur largeur ; elle varie en raison de la plus ou moins grande dose d'humidité que retient le sol. Plus le sol est exposé à la sécheresse,

plus les arbres ont besoin d*enfoncer profondément leurs racines pour que celles-ci trouvent rbumidité qui leur est nécessaire. Dans les terrains humides^ au contraire^ les racines ont une tendance bien prononcée à se rapprocher de la surface pour éviter rbumidité surabondante qui les empêche de recevoir Tinfluence de l'air.

Dans les terrains les plus secs^ les trous ne devront pas avoir moins de 0",80 de profondeur, et ne pas dépasser 0",3o dans les sols les plus humides.

On n'a pas jusqu'à présent attaché assez d'importance à l'époque la plus convenable pour ouvrir les trous destinés aux plantations. On fait généralement cette opération au moment même de la plantation; nous pensons que cette pratique est vicieuse, et qu'il y a tout avantage à faire ce travail quelques mois avant la plantation. La couche de terre placée au-dessous de la surface, et qui est généralement peu propre à la végétation parce qu'elle n'a pas encore reçu Tinfluence fertilisante de l'air, se trouvera si^sammeot aérée lorsque viendra la mise en terre des arbres, et sera surtout beaucoup plus friable.

Lorsque le point que doit occuper chaque arbre est déterminé, on prend un bout de cordeau présentant en longueur exactement le rayon de la circonférence du trou à ouvrir. On flxe à chaque extrémité une cheville pointue, on enfonce l'une déciles au point qui doit être occupé parla tige, on tend lé cordeau, et Ton trace avec l'autre cheville la circonférence du trou. Ceci fait, on pratique l'excavation en se servant de la bêche, de la pioche ou de la pelle, suivant que la terre est plus ou moins meuble. Il est important de séparer les différentes couches du sol à mesure qu'on les extrait. Ainsi on lève d'abord toute la couche superficielle, le gazon, jusqu'à 0"»,12 environ de profondeur, et on le meta part sur Tun des côtés du trou en A (fig, 97). On attaque ensuite la couche inférieure dont on enlève une épaisseur de 0",20 environ, que Ton place en B. La couche de terre suivante est également enlevée et mise de côté en G. Puis le fond du trou est remué, afin de l'ouvrir à Tinfluence fertilisante de l'atmosphère.

Après avoir exécuté le trou, il sera bon de se procurer» pour les terrains légers et exposés à la sécheresse, des terres silico-

PHËPARATlOfl DU SOL. 7S

argileuses ; pour les sols exposés à une humidité Eurabondante, on prendra des mortiers, des plâtras concassés, des sables grawleuz ou mSœe de la marne délitée; pour les sols précédents

Fif, VI. — Trou prépiré pour l> plantilion.

et pour tous les autres, ce seront des vases de mares, d'étangs ou de fossés, exposées à l'air depuis une année, ou encore des gazons recueillis à l'avance et décomposés. On déposera au bord de chaque trou (en Det en F) environ 0",t cube de chacune de ces substances. L'argile forcera le terrain à retenir plus d'humidité; les plâtras et mortiers diminueront, au contraire, la compacité du sol et faciliteront l'écoulement des eaux surabondantes; enfin, les dernières substances amélioreront la terre parles débris organiquesqu'elles contiennent. Après ces travaux, on abandonnera le trou jusqu'au moment de la plantation.

Tr*neIiÉci. — Le mode de préparation du sol au moyen de tranchées consiste à ouvrir une tranchée continue à la place que doit occuper chaque ligne d'atbres. La profondeur et la largeur eu sont déterminées par les circonstances que nous avons indiquées pour la dimension des trous.

Voici commenton opère : soit une bande de 2 mètres de large sur t mètre de profondeur à défoncer d'A en B {fg. 88) ; si le sol n'est pas de bonne qualité, on répand d'abord à la surface de cette bande les terres argileuses ou autres. H, dont nous avons parlé, pour améliorer le terrain, et cela enune couche de 0",1 5 d'épaisseur environ. Ceci fait, on ouvre une tranchée de C en D, longue de fsSO, profonde de O^fii et comprenant la largeur de

la bande. La terre qu'on en extrait est portée en E pour comtilor l'eitrémilé opposée. On enlève enmite au fond de la tranchée une couche d'une i^paisseur égale à celle que l'on a répandue ùla surface, soit environ 0",lSi. Cette terre est rejetée en L sur l'un des côtés de ia tranchée, pour être enlevée après l'opé-

ration. On entame alors une première tranche de terre en F, large seulement de 0°",20, et profonde aussi de O^.SS^On fait tomber cette terre dans la tranchée, on en mélange bien les différentes couches, puis avec la pelle l'ouvrier la rejette derrière lui en C, de façon qu'elle n'occupe pas plus d'espace qu'atant son déplacement. Il en résulte que l'ouvrier conserve ainsi au fond de la tranchée une place suffisante pour travailler sans gSne. Il lève ensuite au-dessous de cette tranchée une nouvelle couche I, de O",! S d'épaisseur, qu'il jette au debors ; il entame alors une seconde tranchée verticale de 0">,20 de laideur, dont il mélange bien l&i différentes parties, et qu'il place derrière lui, à côlé de la première ; et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité opposée de la bande, qui est fermée au moyen de la terre qu'on j a déposée au début de l'opération, en ayant toujours le soin d'enlever au-dessous de chaque tranche successive, 0",I5 de terre, qu'on jette en dehors de la tranchée. Lorsque le défoncement est terminé, la surface de la bande, bien nivelée, doit être élevée à 0'°,I4 au-dessus du sol environnant, aûn que la terre, en se tassant, ne produise pas de dépression.

Ce mode est certainement préférable au premier, car il amé-

liore une bien plus grande surface de terrain et rend plus vigoureuse la végétation des arbres; mais aussi la dépense est beaucoup plus élevée : aussi ne doit-on l'employer que si les arbres doivent être^ au plus^ à 4 mètres les uns des autres, ou s'ils sont plantés dans un sol de très-mauvaise qualité.

Les plantations d'alignement forestières se rattachent toutes aux deux formes suivantes : les plantations en bordure et en ave^ HUBy et les platUations en futaies ou massifs.

Plantatlei&s en bordure et en avenae. — Pour les plantations en bordure et en avenue^ il convient d'étudier : 1<> la distance à réserver entre les arbres; 2° la disposition des lignes les unes par rapport aux autres; ^^ la disposition des arbres les uns par rapport aux autres sur les différentes lignes.

l** La distance à réserver entre les arbres est de la plus grande importance. Beaucoup de plantations de ce genre n'ont donné que de chétifs résultats pour n^avoir pas été suffisamment espacées.

En général, on a une tendance fâcheuse à planter à des distances beaucoup trop rapprochées, dans i'espoir d'obtenir un résultat plus prompt.- On obtient, en effet, en plantant trèsserré, une avenue plus tôt garnie de branches et de verdure ; mais les arbres, se joignant par leurs branches et leurs racines longtemps avant d'être arrivés au maximum de leur développement, se gênent les uns les autres, se disputent la terre et la lumière, restent rabougris ; les plus vigoureux étouffent les plus faibles et créent dans la plantation des vides nombreux.

C'est une grande erreur de penser que plus on plantera dru, plus le produit en bois sera considérable. 11 est, pour chaque espèce et pour chaque sol, certaines limites qu'on ne peut dépasser sans voir le produit diminuer dans la même proportion. Si les arbres d'une avenue d'ormes ou de hêtres sont plantés aune distance moitié plus considérable qu'ils ne devraient l'être, le produit sera diminué de moitié ; et cela, parce que ces arbres n'auront pu couvrir utilement tout l'espace qu'on a laissé à chacun d'eux. Si, au contraire, ils sont plantés à une distance

moitié trop rapprochée^ on obtiendra en volume la même quantité de bois^ mais ce bois sera de très-petit échantillon, parce que ces arbres, se nuisant mutuellement, n'auront pu acquérir leur développement normal.

On a cru pouvoir profiter du bénéfice des plantations trèsdrues, tout eh échappant à leurs inconvénients, en plantant dans la même li^ne deux espèces d'arbres différentes s'accommodant du même terrrain et se développant beaucoup plus rapidement Fune que Tautre. Ainsi, entre des chênes ou des ormes plantés à une distance convenable, on intercalait un frêne ou un peuplier. On espérait que le frêne ou le peuplier, poussant beaucoup plus vite que le chêne ou l'orme, pourrait arriver à Tâge d'exploitation sans avoir nui à ceux-ci. Malheureusement tous les essais qui ont été tentés sous ce rapport ont échoué.

Ce résultat était, du reste, facile à prévoir; car, l'espèce la plus vigoureuse s'emparant bientôt, aux dépens de celle qui Test moins, du sol et de la lumière, on est bientôt obligé, si Ton ne veut pas voir étouffer l'espèce à végétation lente, de mutiler la tige de Tespèce vigoureuse, afin d'arrêter sa végétation ; encore ses racines nuisent-elles toujours au développement de celles de la première. De telle sorte qu'en définitive on n'obtient de ce mode de plantation que des arbres chétifs. Lors même que Ton réussirait à faire croître ainsi deux espèces différentes, on reconnaîtrait encore, au moment de Texploitaiion, un inconvénient qui suffirait pour faire abandonner cet usage. Si Ton exploite le peuplier ou le frêne à l'âge de quarante ou cinquante ans, les ormes ou les chênes, habitués jusqu'alors à vivre pressés les uns contre les autres, se trouvant isolés tout à coup, seront exposés à l'infiuence brûlante du soleil, leurs écorces se durciront et leur végétation deviendra languissante. D'un autre côté, privés de l'appui mutuel qu'ils recevaient contre la violence des vents, beaucoup seront renversés.

Ce mode de plantation ne peut réussir qu'en plaçant les arbres à végétation lente à une distance moitié plus grande que celle qui leur convient, puis en plaçant entre chacun d'eux un arbre à croissance rapide. Ces divers arbres se développent alors sans se nuire; et lorsqu'on vient à exploiter l'espèce abois mou, vers l'âge de quarante ou cinquante ans, les individus à bois dur

ont acquis alors un grand accroissement et dessinent encore parfaitement l'avenue. Mais il ne faut faire usage de ce moyen que si Ton tient absolument à ce que Tavenue donne rapidement de Tombrage^ car Ton perd ainsi sur la qualité du produit, attendu que les bois blancs n'ont jamais la même yaleur^que les bois durs.

La distance qu'il convient de réserver entre les arbres plantés en bordure ou en avenue est déterminée par trois circonstances. :

{^ La nature du sol;

2<* Les espèces d'arbres;

3° Le nombre de lignes qui sont placées Tune près de Tautre.

On comprend bien que la nature du sol doive influer sur ]a distance à réserver entre les arbres^ puisqu'ils prennent plus ou moins de développement^ selon que le sol est plu» ou moins fertile. D'un autre côté, les diverses espèces âk arbres étant loin d'acquérir le même développement^ toutes choses égales d'ailleurs^ il ne faudra pas réserver le même espaae entre toutes les espèces.

Enfin^ des arbres plantés sur une seule ligne isolée pourront être beaucoup plus rapprocbés les uns des autres que si cette ligne est bordée de chaque côté par deux autres lignes. Dans* le premier cas^ les racines pourront s'étendre sans obstacle dans la direction perpendiculaire à la lîgne^ et il en sera de même pour les branches qui recevront sans partage l'influence de la lumière. Dans le second cas^ au contraire, chacun de ces arbres étant entouré de toutes parts par d'autres individus, rallongement de leurs racines sera bientôt arrêté par celui des racines voisines y et leurs branches seront privées d'une partie de la lumière.

Le tableau suivant indique la distance la plus convenable à réserver entre les arbres de ces sortes de plantations dans un soi de très-bonne qualité.

On diminuera ces distances d'un quart dans les terrains de qualité moyenne et de moitié dans les sols très-médiocres.

NOMS des

ESPÈCES d'arbres.

Chênes

Ormes

Châtaigaier commun

Hêtre

Platane

Tilleul

Vernis du Japon

Sapin de Normandie

— épicéa

Peuplier de Virginie.. . . . .

— argenté

•— blanc de Hollande

— du Canada

Mûrier blanc

Pin maritime

— laricio

— - de Weymoutb

— pignon

— d'Alep

Mélèze

Erable svcomore

— plane

Frêne

Noyer noir

Pin syWestre

Robinier faux-acacia

Micocoulier

Charme commun »

Aune commun ,

Peuplier d'Italie

Cyprès pyramidal

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