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Quant aux bases qui nous ont servi pour ce tableau, ce sont les suivantes : la distance convenable pour des arbres sur une ligne étant 8 mètres^ nous avons pensé que, placés sur deux lignes^ ces arbres étant privés du côté intérieur, vers la tête et vers les racines, d'un quart de l'espace dont jouissent les arbres sur une ligne, il fallait augmenter la distance d'un quart, soit 2 mètres ; pour trois lignes nous avons augmenté de moitié ; pour quatre lignes et plus, nous avons ajouté deux tiers.
Les indications que nous venons de donner sont pour le cas où Ton veut obtenir des arbres leur plus grand développement et d'une surface de terrain la plus grande somme possible de bois de service ayant le plus de valeur. Mais il conviendra d'ap-
FORME DES PLANTATIOiNS. 81
porter quelques modifications à ces distances pour l'exécution de plusieurs des plantations dont nous nous occupons.
Ainsi pour la plantation des routes^ on a à redouter un ombrage trop épais de la tête des arbres. Aussi a-t-on adopté dans ce cas un intervalle régulier de 10 mètres, quelles que soient la nature du sol et Tespèce d'arbres plantés.
Pour la plantation des glacis des places fortes on a intérêt à -ce que les racines des arbres s'enchevêtrent rapidement les unes dans les autres. On pourra alors diminuer d'un tiers les distances indiquées dans notre tableau.
Mais ces prescriptions devront être suivies pour la plantation des canaux et pour celle des massifs uniquement destinés à la production du bois de service.
2^ Disposition des lignes les unes par rapport aux autres, — Les lignes doivent être parfaitement parallèles les unes aux autres. La distance à réserver entre elles est déterminée par les indications que nous avons déjà fournies, et qui s'appliquent, nonseulement aux arbres sur la même ligne, mais encore aux lignes entre elles.
3<* Disposition des arbres les uns par rapport aux autres sur les différentes lignes. — Si la plantation se compose d'une seule ligne, la place des arbres, est indiquée d'une manière invariable par la distance à laquelle ils doivent se trouver les uns des autres. Mais, s'il s'agit de plusieurs lignes réunies, on peut donner aux arbres d'une ligne, par rapport à ceux des autres lignes, plusieurs dispositions différentes qui ne sont pas sans influence sur la végétation.
Ainsi on distingue deux dispositions : la plantation carrée et la plantation en quinconce^,
La plantation carrée (fig. 99) présente, comme on le voit, la disposition suivante : chaque arbre occupe, comme en A l'un des angles d'un triangle rectangle. D'où il suit que chacun d'eux (L) se trouve placé au milieu d'un carré, dont quatre autres arbres, B, C, P, E, occupent les angles, et quatre autres
1 Cette forme de plantation, usitée chez les Romains, portait le nom que nous lui donnons ici et qui dérive du mot latin quincunxj employé pour désigner le chiffre romain Y; il y a en effet un grande similitude entre ce chiffre et les triangles équilntéraax (jue forment les arbres dans cette sorte de plantation.
plus rapprochés^ F^ G^ H, 1^ le milieu du carré. Le terrain est partagé, par les lignes de plantation, en une foule de petits carrés, et offre à peu près 1* aspect d*un échiquier.
Une légère attention suffit pour apercevoir les défauts de cette sorte de plantation. Les arhres ne sont pas équidistants; de sorte que chacun d'eux^ tendant à développer sa tête circulairement , s'y trouve de bonne heure arrêté par ses quatre plus proches voisins. Or, ces vices que nous venons de signaler n*étant compensés par aucun avantage, nous pensons qu'on devra renoncer à cette forme de plantation, au moins pour celles en bordure. Pour les avenues destinées à Tornement et aux promenades publiques, elle présente moins d'inconvénients, en ce que les lignes rapprochées Tune de l'autre ne dépassent jamais le nombre de deux. D'ailleurs il est bon que la vue puisse tra-
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Fig, 99. — Plautation carrée.
Fig» 100. — Plantation en quinconce.
verser perpendiculairement ces sortes de plantations sans rencontrer d'obstacles.
Dans la plantation en quinconce {fig. 100), chaque arbre ^A] est entouré par six autres arbres placés sur des lignes inclinées à 60% de telle sorte que chacun d'eux occupe Tun des angles d*un triangle équilatéral (B).
Plantés à une distance parfaitement égale de tous leurs voisins^ les arbres forment une tête bien ronde, parfaitement libre de tout contact étranger, et autour de laquelle la lumière pénètre librement. Aucune partie du sol n'est perdue pour la végétation ; exposées, au contraire, par des clairières^ continues dans plusieurs sens, aux courants d'air, aux rayons du soleil et aux bénignes influences de la rosée, les productions se rapprochent bien davantage, et pour la quantité et pour la qualité^ de celles qui croissent isolées.
Enfin Tavantage le plus important, c'est que, à surface de terrain égale et à distance égale entre les arbres, on peut en placer un bien plus grand nombre avec la plantation en quinconce qu'avec la plantation carrée.
On est surpris qu'à eôté de semblables avantages la forme en quinconce soit si peu usitée. Gela tient peut-être à ce qu'elle exige plus de soin pour être appliquée avec succès ; car une erreur de 1 ou 2 centimètres dans les alignements suffit pour en détruire complètement Tharmonie.
Plantation en futaie on en maAiifs* — - Les plantations en futaie peuvent être considérées, eu égard à leur forme, sous deux points de vue principaux : 1* la distance à réserver entre les arbres ; 2* la disposition des arbres les uns par rapport aux autres sur les différentes lignes.
La distance à réserver entre les arbres, soit sur la même ligne, soit entre les lignes, étant celle que nous avons indiquée dans Tun des tableaux précédents pour les plantations en bordure ou en avenue composées de quatre lignes rapprochées^ nous n'y reviendrons pas } quant à leur disposition, on peut adopter soit la forme carrée, soit celle en quinconce. Mais, comme les inconvénients que nous avons reconnus à la forme carrée pour les bordures se reproduisent, au moins avec la même gravité, pour les plantations en futaie, nous pensons qu'on devra exclusivement employer celle en quinconce.
Choix de« arbres. — On ne saurait trop recommander de bien choisir les arbres destinés aux plantations qui nous occupent ; car un mauvais choix compromettrait le succès. Nous avons vu de ces plantations qu'on avait été obligé de recommencer jusqu'à trois fois ; les arbres mal choisis avaient mau-
vais pied, ils étaient trop âgés, ou leur tige, trop faible par rapport à son élévation, n'avait pu résister à la violence des vents. Ces arbres défectueux sont, à la vérité, ordinairement vendus à très-bas prix ; mais si Ton tient compte des frais trois fois répétés de plantation et d'acquisition^ ainsi que de la perte de temps qui en résulte, on trouvera que ce mode d'agir est de beaucoup plus coûteux.
Le choix des arbres destinés aux plantations d'alignement doit être surtout déterminé : 1° par leurs dimensions ; 2° par le mode de culture quUls ont reçu dans la pépinière ; 3° par la nature du sol de cette pépinière. •
Leurs dimensions, — La plupart des arbres peuvent être transplantés, même après avoir acquis un grand développement ; il suffit de pouvoir les déplanter avec presque toutes leurs racines, et de faire des trous assez grands pour qu'elles soient reçues à Taise. Mais cette opération ne peut se faire, pour des arbres de 8 ou 10 mètres d'élévation, par exemple, sans des dépenses considérables dont on ne serait pas indemnisé par la formation plus prompte d'une bordure, d'une avenue ou d'une futaie. D'ailleurs, quoi qu'on fasse, les arbres transplantés dans un âge avancé ne présentent jamais la longue durée et le beau développement de ceux qui ont été plantés plus jeunes. Ils ne sont pas non plus aussi solidement fixés dans le sol et résistent moins bien aux vents violents. Il faudra donc choisir, pour les plantations d'alignement des arbres moins âgés. Il y a cependant quelques circonstances exceptionnelles où Ton peut planter de grands arbres, mais c'est seulement lorsqu'il s'agit de plantations d'ornement. Nous examinerons plus loin celte question en traitant de ces sortes de plantations.
Pour les plantations d'alignement, dont nous nous occupons, il suffit que les arbres soient assez développés pour se défendre convenablement de Tardéur du soleil, à laquelle ils sont d'autant plus sensibles, qu'ils en ont été en partie privés dans la pépinière ; il faut aussi qu'ils aient acquis assez de force ou de rusticité pour surmonter facilement le passage du terrain fertile de là pépinière dans celui, ordinairement moins riche, où on les plante à demeure. Il faut^ en outre, choisir le moment où leur développement est tel qu'on puisse encore les déplanter facile-