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CHAPITRE VI. - LES ÉDIFICES SACRÉS

En Espagne, l’architecture roman : prit aussi différents noms selon les différentes réziones où elle sè développa. Les relations avec leroyaume voisin, celui de France, spécialement au temps d’Alphonse VI, les nombreux pélerinages à S. Jacques-de-Compostelle, le libre commerce avec l'Italie et la fondation de nombreux monastères furent les causes de son développement. Cependant elle n'existe que dans les régions qui furent des possessions chrétiennes avant le xIr* siècle, dans les royaumes de Castille, de Léon, de Navarre, de Catalogne ainsi que dans le royaume de Portugal. Cette architecture reproduit les caractères de

Figure 91. - Le Patriarchium Lateranense avant. sa démolition (d’après une ancienne gravure).

l’art roman en Languedoc et en Gascogne avec quelques influences du style de Bourgogne; on peut donc dire que l’Espagne, après avoir abandonné l'écriture wisigothique, adopta, avec l'écriture française, l’architecture française. La préexistante architecture wisigothique différait peu du style carolingien, comme le démontrent les églises à colonnes de $. Jean de Baños, S. Millau de Suso, S. Romain de la Hornijà, S. Jean de Pravia (774-783), Cancellos, Bamba, Cerro del Griego, Cristo de la Lux et S. Sébastien de Tolède. Quant à l'influence byzantine, excepté l’église de S. Michel de Lincio à plan central, et celle de $. Michel de Tarrassa qui date du x1° ou du xt1r° siècle, on peut dire qu’elle fut insignifiante. Très limitée fut aussi l’influence de l’art arabe ou mauresque, auquel l’art roman espagnol emprunta l’arc dépassé, c’est-àdire plus grand que le demi-cercle ou orné de feston, et quelques détails décoratifs de forme géométrique, qui ne manquaient pourtant pas dans le style roman de France. Outre quelques-unes des églises déjà

nommées, on peut citer comme exemples les églises déjà $. Cebrian de Mazote, du monastère de Valdedios, de $S. Sauveur près de Villaviciosa, de Lebena près de Santander et celle de S. Michel près d’'Escalada (Léon) où l’arc dépassé est si systématique que le plan même de ses trois absides à cette forme. Elle présente de plus un élément purement espagnol, c’est-à-dire un portique qui s'étend sur tout un côté, à l'extérieur de l’édifice et qui rappelle les anciens temples périptères.

Figure 92. - Église abbatiale de Maria-Laach (style roman).

Le même portique se retrouve dans les églises de $. Millau, $. Paul de Ségovie et S. Salvador de Sepulveda; la chapelle de l’abbaye de Roncevaux construite par Charlemagne et reconstruite au xI° siècle, et l’église circulaire d’Eunate en Navarre sont entourées d’un portique semblable. L'emploi de ces portiques s’étendit aussi hors d’Espagne,

en Sicile et jusque dans le Roussillon français, à Serralongue (Pyré-

nées-Orientales); ils servaient d’atrium dans les basiliques romaines et aussi de lieu de sépulture pour les riches.

Le style roman espagnol à subi aussi l'influence lombarde des maîtres comacini dans les régions du nord-est, comme en France les églises du sud-est, d’où ces artistes passèrent en Catalogne. L'église abbatiale de Ripoll en est un bel exemple, avec ses tours parallélipipèdes ornés d’ornements arqués; les colonnes des entrées soutenues par des

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