CHAPITRE VI. - LES ÉDIFICES SACRÉS
enfermés dans un cercle, qui semblent des flammes. Du style gothique flamboyant sont la façade et la coupole de la cathédrale de Burgos (1221-1238).
La plupart du temps, la façade est ornée, dans sa partie moyenne ou supérieure, d’une grande rosace contenant une colonnade rayonnante ou d’autres dessins d’une forme presque toujours rayonnante ; des rosaces plus petites sont un peu partout et spécialement dans les
Figure 96 - Cathédrale de Famagouste.
églises de France. Partout, à l’extérieur, se dressent des tours et des contreforts masqués parfois par des dais, des pilastres en faisceau, des clochetons avec fleurons et festons de toute sorte, faisant saillie à l'extérieur (fig. 95).
Plus encore que dans le style roman, les portes de l’église gothique, généralement au nombre de trois correspondant aux trois nefs, étaient ce qu'on pouvait faire de plus artistique dans ces temps-là. Non seulement l’espace qui restait au-dessus du vide de la porte, mais aussi, comme dans al cathédrale de Valence, les côtes ogivales sortant comme des faisceaux des pilastres des montants, étaient décorées de statues.
l'4 MANUEL D'ARCHÉOLOGIÉ CHRÉTIENNE
De telles portes avaient naturellement besoin de contreforts; ceux-ei -étaient façonnés en forme de tabernacles surmontés de clochetons (Cathédrale de Tarragone).
Les tours commencent par un plan carré, qui se change en plan .octagonel arrivé à une certaine hauteur, finissent en flèches pyramidales très pointues, soutenant parfois une statue. Elles occupent souvent le centre immédiatement après la façade, ou le centre du transept, où plus souvent il y à la coupole; mais il n’est pas rare que les tours soient jumelles et égales, disposées sur les deux côtés de la façade ou derrière eux.
Le type du style gothique se divise en primaire, secondaire ou tertiaire. Le gothique primaire fleurit en France de 1140 à 1220, et en Allemagne de 1220 à 1250. Ses formes sont un peu pesantes et conservent encore de nombreuses formes décoratives romanes; puis il devient de plus en plus léger et répudie toute forme traditionnelle, en gardant seulement quelques éléments originaux et propres au style roman. Pourtant il est difficile de trouver un édifice qui présente entièrement ce premier caractère du style gothique; en France on trouve le chœur de l’abbatiale de Saint-Denis (1140-1144), là cathédrale de Paris (1163-1220), celle de Noyon commencée à la même époque, celle . de Laon de la fin du xrr1° siècle, celle de Chartres (1195-1260); celle de Soissons et la coupole de la cathédrale de Senlis, du commencement . du xx1° siècle. Notons en outre en Allemagne l’église Notre-Dame de Trèves (1227-1243), la cathédrale de Magdebourg (1208-1263), Sainte- Elisabeth de Marbourg avec trois nefs égales (1235-1283); en Belgique, Sainte-Gudule à Bruxelles (1226- ei en Suisse, là cathédrale de Lausanne.
Le style secondaire.est plus élégant, LE élancé, plus riche de déco- “ration; on l’appelle aussi style gothique rayonnant à cause de ses nombreuses fenêtres formées ou ornées de rosaces rayonnantes. On peut . dire que cette période est celle de la plus grande perfection de ce style. Les plus beaux modèles en sont la cathédrale d’ Amiens (1220-1280), la Sainte-Chapelle (1243-1251) et l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris; les cathédrales de Cologne, de Strasbourg et de Metz, de Ra- -tisbonne et d’'Halberstadt, en Allemagne, où, comme dans la cathédrale de Meiïssen, les trois nefs sont parfois d’égale hauteur.
Hors de la France et de l’Allemagne, on rencontre très peu ces deux manières de style gothique; dans les pays méridionaux domine surtout le style gothique dit fleuri ou encore flamboyant, qui se distingue des deux précédents par une décoration excessive et une raideur de - formes ; dans ses ornements prévaut la forme lancéolée comme une langue