CHAPITRE II. - ORIGINE DES MONUMENTS
et la Syrie. En effet, le royaume de Judée isolait par sa position v60oraphique ces deux grandes puissances, dont l'union aurait pu rendre
Figure 4. - Catacombes tusculanes.
vaine toute tentative d'expansion et de conquête en Orient de la part
des Romains (1).
Un cimetière juif, peut-être du temps de Pompée-le-Grand, fut
PNA OmAR 1 virr, 11; 17-32; XI, 1-3: XIV, 16-19, 24; JOSÈPHE FL., Ant. DR CIPOID 2 XTIT; 5,7, 9.
découvert par Bosio sur la voie de Porto; puis on en perdit les traces. Le père Marchi le chercha en vain, au siècle dernier; un éboulement produit par la pluie nous en révéla seulement l'existence, en 1906; mais il était presque complètement détruit. On pourrait croire par là que les catacombes juives sont le type primitif des cimetières chrétiens de Rome; le père Marchi fut de cet avis; mais De Rossi pensa que les deux genres de cimetières tiraient plutôt leur origine d’un modèle commun, les tombeaux de la Palestine.
ARTICLE II. — Noms généraux des cimetières et des hypogées chrétiens — Terrain dans lequel furent ereusées les catacombes — Le tombeau étrusque — Le tombeau romain (1).
Les anciens auteurs donnent aux cimetières chrétiens plusieurs noms dont les principaux sont area, crypte, crypte arénaire, arénaire.
On appelait areae (mot que l’on pourrait traduire en français par surfaces), les cimetières établis à la surface du sol, qui existaient surtout en Afrique. Cela explique le eri lancé par la populace païenne qui, en 203, se ruait furibonde à la profanation et à la destruction des tombeaux chrétiens: Areae non sint! (à bas les areae) (2). Le sens du mot area est confirmé par une inscription de la Mauritanie, qui dit: Aream ad sepulcra cultor Verbi (Evelpius) contulit (Evelpius, adorateur du Verbe, donna le terrain pour les tombeaux). Mais on donna aussi le nom de area au terrain superposé à un hypogée ou appartenant à un tombeau, et cette propriété était exprimée par la formule juridique: cedere monumento (laisser une place au monument).
On entend par crypte toute espèce de souterrains ; Ce mot peut donc désigner tantôt les galeries, tantôt les chambres sépulcrales des catacombes. L’addition de l’adjectif arénaire indique qu el a été creusée dans une roche aride et sablonneuse.
Mais, au contraire, le nom crypta arenarum a tout à fait le même sens qu'arenarium, et n’exprime pas autre chose qu’une carrière de sable, arenae fodinae.
Quand on étudie les anciens documents (itinéraires, calendriers, martyrologes, ete.) par rapport aux cimetières romains, il est nécessaire de ne pas oublier ces différences, si l’on veut éviter les erreurs qui ont
mis pendant de longs siècles les prédécesseurs du père Marchi sur une fausse route.
(1) Notiones, Vol. T, pars. I, pag. 223 et seq. (2) TERTULLIEN, Ad Seapulam, 3: «Sub Hilariano praeside, de areis sepulturarum nostrarum acclamatum est: Areae non sint!».