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CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE

ARTICLE IT. — La Divinité de Jésus-Christ (1).

Pour quiconque lit une seule fois l'Evangile, ce sera un étonnement de voir des hommes 2dmettant comme vrais les faits et gestes de Jésus- Christ durant sa vie mortelle, douter de sa divinité et plus encore là nier. Il s’est même trouvé de ces hommes audacieux pour accuser le Concile de Nicée d’avoir divinisé Jésus-Christ. Mais leur ignorance des monuments 6t de l’histoire des trois premiers siècles de l'Eglise ne permet assurément pas de les prendre au sérieux. Les protestants plus érudits tendent leurs efforts à trouver l’affirmation de la Divinité de Jésus-Christ dans l'Evangile de $S. Jean et dans les lettres de S. Paul. Il y à mieux encore: quelques-uns, fouillant les évangiles synoptiques, cherchent à y puiser l’essence de la doctrine de J. C. C’est ainsi que le professeur Adolphe Harnack est parvenu à mettre hors de doute que Dieu est le père du genre humain. Vraiment cette vérité est la première que tout enfant émet en récitant le «Notre Père » et elle est exprimée par un chrétien du 11° siècle gravant sur la tombe de sa famille :

«O Père de tous ceux que tu as créés, reCois-les (c. à. d.) Irène, Zoè et Marcel. À toi soit la gloire dans le Christ ».

L'inscription toutefois contient une expression que M. Harnack n’admettra en aucune manière, la prière pour les défunts, mais qui prononcée au second siècle comme soulagement d’un esprit confiant et d’un cœur qui espère, vaut beaucoup plus que les prétentieuses affirmations du professeur de Berlin qui voudrait imposer au vingtième siècle le résultat de ses études rationalistes comme l'essence de la vérité religieuse.

Laissant de côté ce sujet qui, malgré son attrait, sort du but de notre étude, il nous suffira de faire voir la croyance du peuple chrétien en la divinité de notre Sauveur, et nous pourrons à cette fin mettre en évidence bon nombre de monuments. Tout en nous restreignant aux plus importants, nous pourrons affirmer que rien n'apparaît avec tant d’évidence dans les inscriptions et les monuments primitifs de tout genre que la croyance en la divinité de Jésus-Christ. Les inscriptions les plus anciennes nous donnent, entre autres, les formules suivantes :

(1) Notiones, Vol. II, pars I, p. 69 et ss.

— EN OEQ KYPE!IO XPEIZTO — En Dieu leNChristemotre Seigneur.

— IN D CHRISTO — ÆEn Dieu le Christ.

— EN OEQ & (XPioro) — Dans le Christ Dieu.

— IN DOMINO ZESV — Dans le Seigneur Jésus.

— ZHXZHE EN KYP.Q XPIZTO — Vis dans notre Seigneur le Christ. si

Voici maintenant quelques exemples d'inscriptions complètes :

KA . DIAQTA . FAYKYTATOQ.:

AAEADQZ OEOAQPQ . ZOMEN .

EN OEQ (poisson)

Claudius Philotée (fit) au très-doux frère Théodore: vivons en Dieu (Jésus- Christ Fils de Dieu, Sauveur).

Dans cette inscription la figure du poisson prend la place de Jésus- Christ, il est en effet reconnu que le mot poisson, en grec IXOYZ, est composé des lettres initiales des paroles suivantes:

’Incodc Xptoros Oeoù V'ids Zurnp

c’est le credo le plus court et en même temps le plus explicite concernant la personne de Jésus-Christ (1).

Figure 111. - (Cimetière de S. Calixte).

O Bettonius, sois en paix, et le Seigneur l’'IXOYZ, (Jésus-Christ, Fils de Dieu Sauveur) avec ton esprit ! (figure 111).

Figure 112. - Inscription du cimetière du Tusculum.

(1) Voir OpraT, Du schisme de Donat, 3, 2 P. L. XI, 991: « Cuius piscis nomen secundum appellationem Graecam, in uno nomine per singulas litteras turbam sanctorum nominum continet, IXOYZ quod est Latinum: Jesus Christus Dei Filius Salvator ».

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